#1 Qu'est-ce que l'inclusion ?
By iCAP Université Claude Bernard Lyon 1
Summary
Topics Covered
- L'inclusion oppose exclusion et normalise la différence
- Accès universel au savoir contre exclusion mondiale
- Compensation et accessibilité numérique transforment l'université
- Co-construire inclusion avec publics spécifiques
- Inclusion fait de la diversité la nouvelle norme
Full Transcript
Bienvenue dans notre série podcast favoriser l'inclusion à l'université. Un
podcast pour comprendre comment l'inclusion transforme l'université et profite à l'ensemble de ses publics.
Aujourd'hui, nous retrouvons Philippe Yotard, enseignant chercheur à Lyon université. Avec lui, nous allons parler
université. Avec lui, nous allons parler d'égalité, de diversité des parcours, d'accessibilité, mais aussi de transformation profonde de l'université.
Parce que l'inclusion n'est pas un slogan, mais un processus et surtout une opportunité de rendre l'université plus juste, plus humaine et plus riche pour toutes et tous.
C'est parti pour l'épisode 1 de la série podcast favoriser l'inclusion à l'université créée par le service ICAP de Lyon 1, Université Claude Bernard.
Bonjour Philippe Lotard, merci d'être avec nous. Je voulais voir avec vous
avec nous. Je voulais voir avec vous comment peut-on définir cette notion d'inclusion ?
Alors qu'est-ce que l'inclusion ? Bah
l'inclusion d'abord c'est un processus.
C'est un processus. C'est pas quelque chose qui se décrète comme ça et qu'on va établir une bonne fois pour toutes.
C'est un processus un processus qui d'abord s'oppose à un autre processus qui est celui de l'exclusion.
l'exclusion qui consiste ou bien à maintenir des gens en dehors du groupe ou en dehors de l'institution ou bien à les sortir du groupe, aller sortir de l'organisation.
par exemple le fait d'exclure dans le champ sportif des femmes parce qu'elles produisent trop de testostérone et donc on va les exclure de la catégorie femme.
Là, il y a vraiment un processus qui consiste à sortir du groupe ou à sortir de l'organisation, à sortir de la pratique des personnes en raison de caractéristiques. Donc l'inclusion va
caractéristiques. Donc l'inclusion va s'opposer à ça et notamment dans le cadre universitaire, dans le cadre de l'éducation, ça va consister à normaliser l'accueil de la différence.
l'inclusion est le processus par lequel on va normaliser l'accueil des personnes différentes que ces différences proviennent de caractéristiques physique organique psychologique
neurologique, social. Donc l'idée c'est
neurologique, social. Donc l'idée c'est de se dire à quelles conditions on va accueillir ces personnes et on va mettre en œuvre un mode de fonctionnement qui
permet qui leur permet de d'évoluer normalement. justement, j'utilise
normalement. justement, j'utilise volontairement le terme normalement, c'est-à-dire sans sans handicap, sans blocage, euh sans euh sans Oui. sans
obstacles. Et donc l'idée, c'est de réfléchir aux conditions par lesquelles on va pouvoir accueillir ces personnes différentes. Sinon, par
défaut, euh je dirais c'est toujours les mêmes personnes qu'on va retrouver dans les différentes formations, différents posts et cetera. Donc ça veut dire que l'inclusion suppose une réflexion
qui est guidée par un principe, le principe d'égalité, l'égalité de tous, l'égalité réelle de tous face à l'accès aux études, face à l'accès au savoir. Et
cette égalité comme principe oblige à penser nous oblige à penser aux manières, aux dispositifs, aux techniques que l'on va devoir mettre en
place pour accueillir des personnes qui sans cela ne pourrai pas être accueilli dans l'université par exemple.
Justement, quels sont les enjeux de l'inclusion dans l'enseignement supérieur et plus globalement dans l'enseignement ?
Tout d'abord, c'est l'accès au savoir.
Permettre à toutes les personnes d'accéder au savoir, d'accéder au plus haut niveau de connaissance, d'accéder aux conditions de la pensée critique, d'accéder à la capacité de produire
soi-même de la connaissance. Donc ça
c'est un véritable enjeu dans une société comme la nôtre qui est une société de la connaissance, une connaissance qui va vite, une connaissance qui se diffuse très vite et une méconnaissance
qui se diffuse aussi. Donc l'enjeu du passage par l'université, c'est de permettre à toutes les populations de la terre d'avoir accès à ce savoir le plus
élevé. Si on sort de notre nombril
élevé. Si on sort de notre nombril francophone et européen, un des premiers enjeux que va par exemple développer l'UNESCO, c'est l'accès des filles à l'éducation.
Ce qui se passe aujourd'hui par exemple en Afghanistan est très révélateur de la manière dont on peut couper certaines populations de l'accès au savoir en l'occurrence les filles. Donc là, il y a un véritable enjeu à l'échelle de la
planète, c'est l'accès des filles à l'école puis au lycée ou enseignement secondaire puis à l'université.
Si on on revient maintenant en France et en Europe, on voit bien qu'on a les mêmes enjeux. par exemple avec des
mêmes enjeux. par exemple avec des populations qui sont éloignées de l'université pour des raisons sociales, des raisons de maîtrise de la langue, des raisons économiques et puis également des personnes qui sont en
difficulté en raison de ce qu'on appelle les situations de handicap. des
personnes qui vont vivre avec des difficultés par exemple à à prendre des informations, à les traiter, à adopter des comportements en en public, des comportements
collectifs. Donc on a tout un tas de
collectifs. Donc on a tout un tas de personnes comme ça qui sont en difficulté pour des différentes raisons.
Et aujourd'hui, une des finalités de l'ensemble des systèmes éducatifs européens et donc français consiste justement à inclure tout le monde, à permettre à tout le
monde d'accéder à l'université. Sauf que
ça va pas de soin.
Selon vous, quelles sont les solutions pour une inclusion réussie ?
La loi de 2005, la loi de 2005 sur le handicap en France impose deux choses.
Elle impose d'une part une compensation du handicap, ce qui veut dire qu'on doit réfléchir pour tout types de handicap à la manière dont on peut compenser, c'est-à-dire à la manière dont on peut
proposer des outils, des pédagogies, des encadrements, des accompagnements qui vont permettre à tout le monde de pouvoir tranquillement suivre un cours.
Si je peux pas prendre de notes, j'aurais peut-être une scrère ou un secrétaire. Si je ne vois pas, ben
secrétaire. Si je ne vois pas, ben j'aurais peut-être des des informations orales et cetera et cetera. Donc ça
c'est le premier point. L'autre point,
c'est l'accessibilité, compensation du handicap et accessibilité, c'est-à-dire créer des conditions pour tout le monde d'accéder au savoir. Aujourd'hui, on
dispose quand même d'outils relativement nouveaux, notamment le numérique, les plateformes en ligne qui permettent d'ajuster les iPads, enfin tout ce qui s'est constitué depuis un peu plus de 10
ans et qui permettent finalement à toute personne d'avoir les outils que personnellement elle va pouvoir ajuster pour lui permettre de compenser à son niveau le handicap. Alors que dans le
même temps, structurellement, l'université doit travailler à mettre en œuvre la compensation, non pas à titre singulier uniquement, mais pour l'ensemble des étudiants et des
étudiantes, sachant que les compensations du handicap en général ont aussi un impact sur le bien-être et le bon fonctionnement de l'ensemble de l'université pour tous les publics. Un
exemple, le fait d'avoir des espaces de travail dans lesquels les personnes qui ne supportent pas un environnement sonore ou ou visuel trop agressif, c'est
aussi un plus pour des personnes qui peuvent s'y retrouver ponctuellement pour se reposer, pour se concentrer et cetera. Donc on voit qu'il y a un impact
cetera. Donc on voit qu'il y a un impact de l'inclusion qui ne concerne pas seulement les publics spécifiques, mais que la transformation que ça opère sur le fonctionnement même de l'université,
c'est un un plus pour l'ensemble des usagers et des usagers.
Et pour finir, qu'est-ce qu'on peut faire à l'université pour améliorer l'accueil et l'inclusion des étudiants ?
Alors, les solutions, elles sont diverses, bien sûr, elles sont diverses, elles sont collectives. Je dirais que les meilleures solutions sont aussi celles qui se construisent avec les personnes concernées.
par exemple des étudiants neuroatypiqu avec eux comment ils fonctionnent, quels sont leurs besoins, leurs attentes, de quoi il comment ils peuvent justement
être dans un environnement qui leur permet d'être bien et de pas être dans angoisse, ne pas être dans dans le refus de venir parce qu'il parce qu'ils sont justement ils peuvent être en panique, on fera rien. Donc là, il faut vraiment
accueillir les différents publics.
travailler avec des personnes sourdes, travailler avec des personnes non voyantes, travailler y compris avec des personnes aussi qui peuvent être des haut potentiel. Toutes les personnes qui
haut potentiel. Toutes les personnes qui finalement se caractérisent par un fonctionnement spécifique. Et ce
fonctionnement spécifique. Et ce fonctionnement spécifique, si on le connaît pas, on peut pas adapter. Donc
la première chose, c'est ça, c'est travailler avec les publics concernés.
De la même façon si on parle d'inclure par exemple les jeunes qui viennent des quartiers défavorisés. Alors, on peut
quartiers défavorisés. Alors, on peut mettre en place des cordés de la réussite. Il existe des dispositifs.
réussite. Il existe des dispositifs.
Mais si on travaille pas avec ces jeunes, si on va pas les rencontrer au lycée, si on va pas les rencontrer dans les quartiers pour leur demander d'abord pour leur permettre de s'apercevoir qu'ils peuvent être là, qu'ils ont leur
place, que l'université c'est pas un monde complètement différent du leur qui peuvent venir, qui peuvent déjà voir comment ça se passe, comment ça marche.
Ça c'est déjà un pas important. Donc ça
veut dire être attentif aux spécificités de chaque public, ceux qui passent par leur rencontre. Deuxièmement, ça veut
leur rencontre. Deuxièmement, ça veut dire structurer l'inclusion.
L'inclusion, c'est pas quelque chose qu'on décrète, c'est quelque chose que l'on va travailler et que l'on va travailler dans un plan global, dans un plan global qui concerne aussi bien les étudiants, les étudiantes que le
personnel et qui va supposer qu'on mette en place des dispositifs. Alors, par exemple, ça
des dispositifs. Alors, par exemple, ça peut être un dispositif qui va justement essayer de coordonner les différents services. Ça aussi coordonner les
services. Ça aussi coordonner les services de scolarité, les ressources humaines, les services de communication, les services pédagogiques. Donc
structurer un projet d'inclusion, une politique d'inclusion et communiquer sur cette politique. Ce qui permet aux personnes
politique. Ce qui permet aux personnes qui sont concerné de se dire que peut-être là elles ont leur place ou peut-être là si elles si elles viennent elles seront écoutées, entendu et que
leurs propositions seront reconnues.
Deuxième chose, il y a un gros travail à faire, je pense, au niveau global de la formation des enseignants et des enseignantes parce que la différence c'est pas quelque chose pour laquelle
spontanément on va être en mesure de réagir. On a plutôt tendance à se à se
réagir. On a plutôt tendance à se à se recruter entre soi. Les personnes qui arrivent à l'université, c'est plutôt des personnes qui ont toujours bien réussi, qui ont réussi le bac, qui ont réussi leurs études, qui ont réussi qui
ont pu faire une thèse, qui ont réussi à publier et donc à être qualifié et être recruté. Donc voilà, c'est des gens qui
recruté. Donc voilà, c'est des gens qui sont plutôt dans une dynamique de réussite et avoir face à eux des gens qui ne réussissent pas pour des raisons très concrètes, qui ne parviennent pas la conscience des collègues, des
enseignants, des enseignantes, ça nous permet pas d'agir. Euh je prends un exemple, l'accès à l'écriture. On a
aujourd'hui des jeunes qui peuvent venir à l'université même s'ils sont en très grosse difficulté sur l'écriture parce qu'on a des outils qui permettent d'oraliser, qui permettent de passer par l'oral, qui permettent de passer par la
vidéo. Si jamais les collègues ne sont
vidéo. Si jamais les collègues ne sont pas sensibilisés aux difficultés de ces enfants-là, de ces jeunes, de ces étudiants ou de ces étudiantes là et qu'il reste figé sur l'écriture, ça va
bloquer. Donc il y a un travail de
bloquer. Donc il y a un travail de formation à faire à la différence, au handicap, aux différences sociales aussi. Le langage
aussi. Le langage par le fait même que je parle sans me préoccuper du niveau de perception du langage des autres, j'exclus des gens parce que par défaut,
je considère que mon propos, mon langage est accessible à tous, ce qui n'est pas le cas.
Pour résumer, la logique inclusive est radicalement différente de la logique de l'écart à la norme. L'inclusion consiste
à considérer que face à une situation, c'est la diversité des profils, des attentes et des besoins qui constituent la norme. Mais faisons le parallèle
la norme. Mais faisons le parallèle entre égalité, équité et inclusion.
Quand l'égalité traite tous les individus de la même manière, quand l'équité apporte des réponses différentes sous forme de compensation aux situation rencontré, l'inclusion
quant à elle vise à réfléchir et planifier les besoins diversifiés des individus. L'inclusion dans
individus. L'inclusion dans l'enseignement supérieur, c'est bien plus qu'une question de justice.
L'UNESCO considère l'inclusion comme une approche dynamique pour répondre positivement à la diversité des apprenants et considérer les différences entre les individus non comme des
problèmes mais comme des opportunités d'enrichir l'apprentissage.
En relevant les défis et en mettant en place des solutions adaptées, nous pouvons créer un environnement d'apprentissage plus juste, plus innovant et surtout plus humain.
Favoriser l'inclusion à l'université, une série de podcasts conçus par le service ICAP de Lyon Université Claude Bernard dans le cadre du projet include, ce projet a été financé par l'ANR,
l'Agence nationale de la recherche au sein du programme France 2030. M.
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