Ce que les entrepreneurs français ont à apprendre des américains !
By Sixtine Moullé-Berteaux
Summary
Topics Covered
- L'entrepreneuriat français : amour viscéral ou folie rationnelle ?
- La dure leçon du sacrifice entrepreneurial : quand l'argent des VCs devient le produit.
- La culture américaine : la frontière mentale comme moteur de dépassement.
- L'entrepreneur 'non-recrutable' : prisonnier de sa liberté.
- Le dérèglement entrepreneurial : la névrose comme moteur de l'exceptionnel.
Full Transcript
Il a décidé de mettre fin à séjour et c'est brutal parce que tu te poses plein de questions. Moi, je l'ai appelé 13 fois dans la semaine avant qu'il se suicide. Il n'a jamais répondu. J'ai eu une boîte où je me suis beaucoup
se suicide. Il n'a jamais répondu. J'ai eu une boîte où je me suis beaucoup investi et du jour au lendemain, je me suis fait virer de ma propre boîte en une heure. Une partie de mes associés ont voté contre moi. On entreprend en France comme on tombe amoureux. Il y a quelque chose de viscéral, c'est beaucoup moins rationnel, c'est beaucoup plus émotionnel, c'est dans les tripes, c'est obsessionnel. Ouais, avant, j'étais
investisseur. J'ai trouvé que c'était vraiment un métier de merde. Et je me disais en
investisseur. J'ai trouvé que c'était vraiment un métier de merde. Et je me disais en fait, tu prends de l'argent à des gens très riches pour les rendre encore plus riches. Ça ne sert vraiment à rien puisqu'ils sont déjà riches. J'ai été longtemps persuadé
riches. Ça ne sert vraiment à rien puisqu'ils sont déjà riches. J'ai été longtemps persuadé que tout était fait contre moi. Non, je suis peut-être un entrepreneur ménopausé.
Bonjour à tous. Pour ce deuxième épisode, on reçoit un invité incroyable qui n'est d'autre que Carlos Diaz. Carlos Diaz est un entrepreneur, un investisseur et le créateur du podcast Le Festin qui en ce moment éblouit tout l'écosystème entrepreneurial français. Je reçois des personnages comme Carlos parce que je suis convaincue que pour en arriver là où ils en sont aujourd'hui, chaque entrepreneur doit aller vers une direction, une vision. Et pour ça,
forcément, il y a un énorme chemin parcouru. Et c'est de cette direction que je veux que l'on traite aujourd'hui. L'idée c'est que le podcast se résume en quatre pôles.
Le pôle Nord, ce qui te guide. Le pôle Sud, d'où tu viens. Le pôle
Est, ce que tu attends encore. Et le pôle Ouest, ce que tu fuis. Évidemment,
les questions sont orientées autour de ces pôles-là. Mais Carlos n'a pas le droit de choisir deux fois la même direction, ce qui le pousse à devoir choisir des pôles dont il n'a pas forcément envie qu'on lui pose les questions. J'espère que cette vidéo vous plaira. N'hésitez pas à continuer à me dire absolument tous vos retours. J'ai adoré
vous plaira. N'hésitez pas à continuer à me dire absolument tous vos retours. J'ai adoré
ça la dernière fois. Merci encore parce que du coup, ce n'est que ma deuxième vidéo. Mais vos retours m'ont aidé. J'espère que du coup, l'interview va vous plaire. Il
vidéo. Mais vos retours m'ont aidé. J'espère que du coup, l'interview va vous plaire. Il
y a d'autres invités incroyables qui arrivent. Donc voilà, n'hésitez pas à vous abonner, à liker et à commenter pour me faire tous vos retours. C'est avec grand plaisir que je les reçois. Très bonne vidéo. Bonjour Carlos. Salut Sixtine. Je suis ravie de te recevoir. Moi aussi. Merci d'être venu des Etats-Unis parce qu'effectivement tu n'habites... Spécialement pour toi.
recevoir. Moi aussi. Merci d'être venu des Etats-Unis parce qu'effectivement tu n'habites... Spécialement pour toi.
Ça fait très plaisir, je n'y crois pas trop mais... J'ai pris la F83 et j'ai atterri hier et je suis là aujourd'hui. Tu n'es pas venu en bateau ?
Non, je suis venu en avion cette fois. Oui. Cette fois ? Parce que parfois, tu imagines qu'il s'appelle trois semaines de croisière. Trois semaines. Non, alors écoute, je suis ravie de faire ce petit format avec toi. Donc, comme je t'ai expliqué les différents pôles, tu n'as pas le droit de choisir deux fois de suite le même pôle.
Donc, je t'en prie, je te laisse la main. Lequel tu veux choisir en premier ? Bon, on va commencer. Je ne sais pas d'ailleurs, ça serait intéressant tes autres
? Bon, on va commencer. Je ne sais pas d'ailleurs, ça serait intéressant tes autres invités. Moi, j'ai envie de commencer par le sud. C'est marrant, Anthony, il avait préféré
invités. Moi, j'ai envie de commencer par le sud. C'est marrant, Anthony, il avait préféré le nord, tu vois, chacun. Ah ouais ? Parce que lui, il est très driveé.
Oui, sur le futur. Il se projette. Oui. On a pas tout à fait le même âge. J'aime bien Anthony, on est copains. Donc, je vais commencer par le sud.
même âge. J'aime bien Anthony, on est copains. Donc, je vais commencer par le sud.
S'il y a un deuil perso ou pro qui t'a le plus transformé, ce serait lequel ? Waouh. Ah bah, on commence dans le début. C'est chaud, quoi. Deuil perso
lequel ? Waouh. Ah bah, on commence dans le début. C'est chaud, quoi. Deuil perso
ou pro ? Il y a du perso et du pro, quoi. Tu veux quoi, là ? Ce que tu estimes le plus intéressant à partager. Qui t'a vraiment marqué,
là ? Ce que tu estimes le plus intéressant à partager. Qui t'a vraiment marqué, qui a marqué un tournant ? a marqué un tournant, les deux. Mais
j'ai mon meilleur ami qui s'est suicidé. C'est chaud de commencer par là, quand même. Mais
c'est horrible, quoi.
Avant d'être entrepreneur et d'être dans la tech et tout ça, c'est un ami avec qui on faisait de la musique. J'avais
un groupe de musique, on était très, très proches. Et
il y a sept ans, il a décidé de mettre fin à ses jours et c'est brutal parce que tu te poses plein de questions. Moi, je l'ai appelé 13 fois dans la semaine avant qu'il se suicide. Il n'a jamais répondu. Et bien sûr, tu te dis si j'avais appelé une quatorzième fois, tu essaies de comprendre et tu ne comprends rien. Ça, c'est un truc que je pense que
Il y a plein de monde qui ont dû vivre des choses pareilles, mais je le souhaite vraiment à personne. C'est très, très dur. Il n'y a pas une journée où je ne pense pas à lui, même encore aujourd'hui. Des fois, je le vois dans la rue. Tu vois ? J'ai l'impression de le voir. Bien
évidemment que ce n'est pas lui. Et maintenant, avant, ça m'a hanté un petit peu.
Aujourd'hui, ça me fait presque sourire. Tu vois ? Ah tiens ! Ou pourquoi je pensais à lui là maintenant ? Aujourd'hui, je n'avais pas pensé à lui, c'est toi qui me fais penser à lui. Non, ce n'est pas grave. Maintenant, c'est heureux, parce que je veux garder les bons moments et les bons souvenirs qu'on a eus ensemble.
Mais je n'ai pas vu sa détresse. Je n'ai pas compris. Je ne l'ai pas vu sombrer. Je ne l'ai pas vu... Et puis, il y a eu
vu sombrer. Je ne l'ai pas vu... Et puis, il y a eu ce geste incroyable qui... Et je n'ai pas vu ça.
Donc ça, c'est sur un plan perso, ça a été un tournant dans ma vie.
Ça, c'est clair. Ça a eu une conséquence après où tu t'es dit tiens, j'ai envie de vivre plus à fond quelque chose. Est ce que tu as une réalité plus proche de la conséquence ? C'est que je me suis dit qu'on connaît. Il
y a plein de choses. Je me suis dit qu'on faisait on ne faisait pas suffisamment attention aux gens qui nous entourent, bien évidemment. Maintenant,
ça a changé aussi énormément de choses dans mon... Tu sais que moi, je suis un mec un peu cash et je fais beaucoup plus attention à ce que je dis aux gens parce qu'on ne sait pas ce que les gens vivent et la souffrance qu'ils peuvent avoir. Et on peut faire en fait beaucoup de mal aux gens et on ne sait pas ce qu'ils sont en train de traverser, tu
vois ? Et donc ça, ça m'a changé, je pense, un petit peu
vois ? Et donc ça, ça m'a changé, je pense, un petit peu là-dessus sur essayer d'être plus léger, d'être plus drôle et d'être moins, de froisser un peu moins, de faire attention un peu plus aux gens, j'espère. Avec nos
potes, on était un groupe et on s'est dit, il faut qu'on se voit plus et en fait, tu vois, on ne se voit pas plus. Ça n'a pas vraiment changé ce genre de choses-là, je trouve. Oui, ça peut faire l'effet pendant quelques semaines, mais au bout d'un moment, le naturel... Oui, après, on a des vies, c'est fou, on vit tous. Moi, je vis aux États-Unis, ils vivent en France, on a des
métiers différents. Et voilà, mais... Ouais, donc, ça, ouais,
métiers différents. Et voilà, mais... Ouais, donc, ça, ouais, voilà. C'est chaud, on commence... Oui, c'était pas fait exprès, je pensais pas que tu
voilà. C'est chaud, on commence... Oui, c'était pas fait exprès, je pensais pas que tu prendrais le pôle sud en premier aussi. Mais ouais, il y a ça. Sur un
plan pro...
J'ai eu une boîte où je me suis beaucoup investi et du jour au lendemain, je me suis fait virer de ma propre boîte en conseil d'administration en une heure.
C'est chaud aussi, quoi. Tu t'y attends pas, tu sais pas. Moi,
j'étais parti aux États-Unis pour ouvrir le business aux US et en fait, les investisseurs se sont organisés pour pour me pousser dehors. Et je rentre à Paris comme aujourd'hui. Tu vois, tu vis aux États-Unis, tu rentres à Paris, tu as un conseil d'administration et tu découvres l'ordre du jour qui n'est pas celui qu'on t'avait donné. Et tu découvres qu'il y a
la révocation du CEO à l'ordre du jour. Toi, tu es là, what ? Alors
que tu n'as rien fait de spécial. C'est juste que tu empêches un agenda et donc on va te remplacer... Et ça, c'est hyper chaud à vivre aussi, quand tu montes tous les crayons. Horrible. Et dès que tu as des investisseurs, moi j'ai l'habitude de dire, avoir des investisseurs, c'est comme avoir sa belle-mère qui
vit à la maison. C'est vrai. Tu es toujours chez toi, mais tu n'es plus vraiment chez toi. Et donc, tu n'as plus forcément tous les pouvoirs. Et c'était des fonds ou c'était des business angels ? Non, c'était des fonds.
pouvoirs. Et c'était des fonds ou c'était des business angels ? Non, c'était des fonds.
Oui ? Mais une partie de mes associés ont voté contre moi.
Des gens avec qui... T'imagines ? Des gens avec qui t'as monté la boîte, etc. Et bien évidemment, ça s'est pas bien passé après. Et... Bon,
l'histoire est longue, quoi. Mais c'était un épisode aussi très, très douloureux de créer une boîte, de donner un maximum. Je pense
que... Monter une start-up, c'est un acte qui est sacrificiel. Je pense que c'est une erreur qu'on fait ici en France, notamment dans cette nouvelle génération d'entrepreneurs qui est née dans les dix dernières années parce qu'on avait besoin de faire émerger avec Macron une nouvelle génération d'entrepreneurs.
Et super, je pense que c'est génial. Sauf qu'on a fait émerger une génération d'entrepreneurs à qui on a expliqué que monter des boîtes, c'était facile et que ça allait être indolore. et que vous inquiétez pas, on va vous donner de l'argent, il y a un écosystème, t'as besoin de bureau, tiens voilà Station F, Kima va
te donner 100 000, etc. Donc en gros, c'est indolore. Et en
fait, on a oublié la part sacrificielle de la création d'entreprise. Et quand tu sacrifies, enfin il faut être fou pour monter une boîte, c'est
d'entreprise. Et quand tu sacrifies, enfin il faut être fou pour monter une boîte, c'est complètement irrationnel. Tu vas
complètement irrationnel. Tu vas dépenser ton temps, qui est précieux. Généralement, quand tu es jeune, c'est des opportunités que tu laisses sur le bas-côté. Peut-être un peu d'argent, ta santé physique, ta santé mentale, tes amis, peut-être aussi ta relation amoureuse. Enfin, il y a beaucoup, beaucoup de choses
qui sont... Oui, ça te coûte beaucoup par rapport aux risques. Avec une chance de
qui sont... Oui, ça te coûte beaucoup par rapport aux risques. Avec une chance de réussite qui est très faible. Et quand tu as sacrifié tout ça...
Moi, par exemple, tu vois, avec cette boîte Blue Kiwi, je voulais partir aux États-Unis. Je n'étais pas marié avec ma femme avec qui je suis depuis très longtemps.
États-Unis. Je n'étais pas marié avec ma femme avec qui je suis depuis très longtemps.
Et pour avoir un visa, on s'est marié alors qu'on avait déjà des enfants. On
part, on déménage, femme, enfant, on s'installe dans un nouveau pays avec une nouvelle culture.
Et tentons de redire quelques mois après ton installation, tu dégages.
Et alors que tu t'es sacrifié et investi à fond, en plus pour des conneries, parce que tu dégages que pour des raisons politiques, parce qu'on a besoin de reprendre le pouvoir dans la boîte et que tu nous empêches de faire ce qu'on a envie. Ça aussi, ça a été très, très dur. Moi, je n'ai pas
envie. Ça aussi, ça a été très, très dur. Moi, je n'ai pas honte de le dire. Je suis passé par une phase de dépression après ça. C'est
normal. Donc, ils ont été sympas. Ils m'ont donné un poste. honorifique de
Chief Strategy Officer et j'ai été payé à rien foutre, ce qui est pire encore.
Tu vois, j'ai pu garder mes parts, je ne suis pas parti en bad liver.
Tu vois, j'ai été malgré tout à peu près traité correctement. Mais le coup de poignard, il est là. Et donc, donc
correctement. Mais le coup de poignard, il est là. Et donc, donc voilà, quand tu commences à dérouler les câbles en tant qu'entrepreneur et puis dans la vie, Tu prends des coups de poignard qui sont assez... Mais bon voilà, ça te rend plus fort. C'est marrant
parce que je dis souvent aux gens, et je ne m'y connais pas du tout autant que toi sur le sujet, mais de faire attention quand il est avec des fonds parce que si tu n'as pas besoin de lever des millions d'euros, en tout cas quand tu es en France, lever en financement participatif si tu as un business qui est très B2C, c'est génial, ou lever avec des business angels si tu arrives
à en trouver. Parce que des fonds, ils te mettent des clauses. Nous, on a failli le faire, heureusement, on ne l'a pas fait. Et en fait, tu ne te rends même pas compte parce que quand tu es très naïf, quand tu entreprends, tu ne te rends pas compte de ce que c'est. Tu te dis « ouais, de toute façon, le worst case scenario, ça ne va jamais vraiment arriver, ça va aller.
» C'est comme un contrat de mariage. Oui, je ne sais pas, je ne suis pas mariée encore, mais j'imagine. Tu prévois le pire. Oui, tu prévois le pire. Le
pire est prévu dans le contrat. Tu parles pas si ça arrive. Le pire n'arrivera jamais, bien évidemment. Mais bien sûr que le pire arrive. La vie, elle est faite de moments heureux et de moments mal. Les divorces sont horribles alors que les gens se sont énormément aimés. C'est ça qui est fou. Moi, je l'ai vécu et c'est ça qui est fou. Oui. Mais je pense que tu as raison de dire, et
je pense que c'est important de le dire pour les gens qui... réfléchissent à monter une boîte, l'argent des investisseurs du capital risque, donc des VCs, ce qu'on appelle le venture capital en anglais, c'est l'argent le plus cher au monde. L'argent le
moins cher au monde, c'est le revenu, c'est le chiffre d'affaires. Il ne te dilue pas, tu gardes toujours 100% de ta boîte et il n'a pas de taux d'intérêt.
Après, tu as l'emprunt qui ne te dilue pas non plus. Tu vas faire un emprunt à la banque, la banque ne te prend pas des parts dans ta boîte.
mais il va falloir lui rembourser cet argent avec des intérêts. Le VC, c'est dilutif, il prend des parts dans ta boîte et il y a un taux d'intérêt parce que tu vas avoir des liquidations préférences. Donc, il va falloir rembourser ce qu'ils t'ont donné avec des intérêts et sur le reste, tu vas partager selon les parts de chacun dans la boîte. Donc, c'est l'argent le plus cher au monde. Donc, il faut
aller chercher cet argent-là quand on ne peut pas faire de revenus. Donc, il faut bien se poser la question, est-ce qu'on ne peut pas faire de revenus ? quand
on ne peut pas emprunter auprès de la banque, il y a aussi plein de situations où c'est le cas. Tu vois, une société comme OpenAI qui fait ChatGPT, ChatGPT a été lancé en 2022. La boîte existait depuis huit ans, ça faisait huit ans qu'ils faisaient de la recherche. Ils n'avaient aucun produit de lancé, donc ils ne pouvaient pas faire de revenus, personne n'allait leur prêter de l'argent. À ce moment-là, sur des
projets comme ça, où tu n'as pas le choix, bien évidemment, mais c'est un risque que tu cours, qui est énorme, parce qu'ils prennent un tel risque qu'ils ont besoin absolument que leur investissement retourne de l'argent. Et moi, j'ai l'habitude de dire, c'est qu'en tant qu'entrepreneur, souvent les
l'argent. Et moi, j'ai l'habitude de dire, c'est qu'en tant qu'entrepreneur, souvent les entrepreneurs pensent qu'ils sont les clients des investisseurs. Vous n'êtes pas le client des investisseurs, vous êtes le produit. Les clients des investisseurs, ce sont les LP, les Limited Partners, qui leur ont confié de l'argent pour investir en échange d'un retour sur
investissement. C'est-à-dire qu'ils leur disent, tiens, je te donne un million, va déployer cet argent-là
investissement. C'est-à-dire qu'ils leur disent, tiens, je te donne un million, va déployer cet argent-là sur tout un tas de startups, mais dans dix ans, je veux que tu m'en rendes trois. C'est ça, leurs clients. Et donc, la startup, c'est le produit, c'est la
rendes trois. C'est ça, leurs clients. Et donc, la startup, c'est le produit, c'est la vache chalée. C'est-à-dire qu'eux, ils ont un troupeau de vaches qui traient, en espérant qu'il
vache chalée. C'est-à-dire qu'eux, ils ont un troupeau de vaches qui traient, en espérant qu'il y ait une vache qui ait plus de lait qu'une autre. Donc, il faut comprendre que tu n'es pas le client des VCs, tu es le produit.
Mais il faut bien comprendre ce modèle-là. Et souvent, il y a des entrepreneurs qui pensent qu'ils sont les clients des VC et qu'il y a une relation de client à fournir. Pas du tout. Je suis d'accord. Bon, allez, donne-moi un autre pôle. Alors,
à fournir. Pas du tout. Je suis d'accord. Bon, allez, donne-moi un autre pôle. Alors,
le pôle... Allez,
on va aller au nord. On va suivre Anthony. Alors, toi qui navigues entre la France et les États-Unis, qu'est-ce que les entrepreneurs français... ont à apprendre des Américains ?
Alors, ça aussi, c'est une question très vache, parce que à force que j'en parle, les gens me disent « ça y est, il va faire du French bashing ».
J'ai commencé à avoir une réputation... J'ai l'impression qu'il y a un « license to kill » sur ma tête. Non, moi, c'est vraiment, je me disais, est-ce qu'il n'y a pas un avis tranché de me dire qu'on n'arrête pas de dire que les entrepreneurs américains et la mentalité américaine est dix fois mieux ? Et je suis la première à le dire sur beaucoup d'aspects. Mais j'étais
mieux ? Et je suis la première à le dire sur beaucoup d'aspects. Mais j'étais
quand même curieuse de me dire, est-ce qu'il n'y a pas un truc, toi qui connais quand même très bien maintenant les Américains, est-ce qu'il n'y a pas un truc que les Français font, que les Américains devraient se dire « Ok, on devrait quand même faire la même chose ». les Français font mieux l'amour que les Américains. À
part ça, sur le business, je ne sais pas. Ça, c'est
énorme. Sur le business, tu n'as même pas un mini-truc. Mais non, bien sûr que si. Ça aurait pu. Mais je pense
si. Ça aurait pu. Mais je pense qu'on a, nous Français, on a une vision presque artistique de la chose.
pour continuer dans l'analogie justement je te disais de l'amour je pense qu'on entreprend en France comme on tombe amoureux il y a quelque chose de viscéral c'est beaucoup moins rationnel c'est beaucoup plus émotionnel c'est dans les tripes
c'est obsessionnel Je pense qu'il y a cette relation à l'entrepreneuriat où, tu sais, c'est comme moi, je connais beaucoup d'entrepreneurs français.
Ils sont obsédés par leurs projets, par leurs idées. Le projet devient un peu comme l'être aimé. Tu as envie de passer un maximum de temps avec cette personne,
l'être aimé. Tu as envie de passer un maximum de temps avec cette personne, avec ce projet. Tu ne vois d'ailleurs pas le temps passer. Tu t'en fiches. Tu
ne fais pas ça pour être riche, quoi. Au départ, pas du tout. Non, pas
du tout. C'est le sens de ta vie. Et tu te brûles, tu te consumes dans ce truc. Et il y a une relation comme ça un petit peu...
C'est plus dans les tripes chez les Français que dans la tête. Et ce qui nous amène peut-être d'ailleurs à faire des erreurs et à louper des choses par manque de... de rationalité,
les choses comme ça. Les Américains sont beaucoup plus pragmatiques, fonctionnels. Ils
voient des opportunités. Ils ont... J'ai jamais
entendu un Américain parler de sa boîte en disant « mon bébé », par exemple.
Alors que les Français, j'ai entendu plein de gens dire « tu sais, mon entreprise, c'est comme mon enfant ». C'est chaud de dire ça. C'est une
erreur d'ailleurs, parce qu'au passage, on ne vend pas ses enfants. Oui, et puis surtout, on ne va pas mettre autant d'émotionnel, surtout dans sa boîte. Oui, il y a une part très émotionnelle. Alors, je pense que du coup, ça nous rend très attachants, très créatifs, parce que dans une relation, si tu veux que ça marche, il faut être créatif. Et la passion,
elle est visible.
Mais je pense que les Américains, eux, sont plus efficaces.
Plus efficaces et ils réussissent généralement mieux parce qu'ils s'encombrent de moins de choses. Par exemple, c'est d'ailleurs pour ça que les Français ont du mal à abandonner leur startup. Les
startups françaises, elles durent trop longtemps. ça dure des années, ils sont amoureux, donc ils essayent de faire tout pour que ça marche. L'Américain, il ne se pose pas cette question-là. Il n'y a rien d'émotionnel, il n'y a rien de viscéral. Donc, si ce n'est pas la bonne opportunité, si le marché ne réagit
viscéral. Donc, si ce n'est pas la bonne opportunité, si le marché ne réagit pas comme il faut, il jette et il recommence. Donc, je pense que Après 15 ans passés aux États-Unis, il y a plein d'autres différences, mais je trouve que ça, c'est un truc qui me fera passer.
Après, les Américains, ils sont redoutables. Ils ont
une capacité à simplifier, mais voilà, encore une fois, ça me ramène encore à ça. L'amour, c'est compliqué, quoi. Donc... Tu ne peux pas simplifier une relation amoureuse. Sinon, ça n'a aucun intérêt, si c'est lisse. Mais eux,
c'est pour ça qu'ils pitchent en une minute. Ils t'expliquent un truc de façon hyper tranchante. C'est obvious, c'est-à-dire que c'est immédiat. Et c'est
tranchante. C'est obvious, c'est-à-dire que c'est immédiat. Et c'est
redoutablement efficace. Ils ont un niveau d'ambition qui est colossal. Mais ça, ça tient, c'est un truc que j'ai découvert, parce
colossal. Mais ça, ça tient, c'est un truc que j'ai découvert, parce que maintenant, je suis américain, je ne suis pas simplement français, donc je suis devenu américain. Donc, en devenant américain, je me suis intéressé à l'histoire. Bon, ce n'est pas
américain. Donc, en devenant américain, je me suis intéressé à l'histoire. Bon, ce n'est pas très compliqué, elle n'est pas très longue, mais à la civilisation, au pathos américain. Il y a un truc très intéressant dans la culture
américain. Il y a un truc très intéressant dans la culture américaine que je n'avais pas compris, c'est cette notion de frontière. D'ailleurs, c'est
intéressant parce qu'on parle de nord, de sud, d'est et d'ouest. Les Américains considèrent qu'ils sont un peuple élu, comme les Juifs d'ailleurs. Donc, ça veut dire qu'ils ont une destinée sur Terre. Ce sont des colons qui sont arrivés sur la côte est américaine et il y a eu cette conquête de l'ouest. Et donc, ils ont été complètement fondés par la notion de repousser une frontière et de déplacer cette
frontière. au maximum, ça veut dire donc de se dépasser
frontière. au maximum, ça veut dire donc de se dépasser soi-même et d'être dans une logique de conquête, de dépassement, pour repousser les limites géographiques d'abord. Et puis ils sont arrivés à San Francisco, qui était la destination finale, où là, face au Pacifique, c'est fini, quoi. Mais ils n'ont pas renoncé à cette notion de frontière, et cette frontière,
fini, quoi. Mais ils n'ont pas renoncé à cette notion de frontière, et cette frontière, elle est devenue mentale. C'est-à-dire que
Et tu le vois dans le sport, les Américains, dans ce dépassement, dans cette volonté de dire « I'm gonna make it, just do it », qui pourrait être, à mon sens, la devise des Américains. Il n'y a pas de limite physique. C'est-à-dire que même, par exemple, tu vois le climat, on parle beaucoup du climat,
physique. C'est-à-dire que même, par exemple, tu vois le climat, on parle beaucoup du climat, du réchauffement, tout ça. Les Américains s'en foutent complètement parce qu'ils considèrent que les limites physiques ne s'appliquent pas à eux. Oui, il y a un réchauffement climatique, mais on s'en fout parce qu'on va être capable de dépasser le climat,
parce qu'on a dépassé les contraintes géographiques. On a déplacé les frontières. On a conquis l'espace. Tout est possible à partir du moment où tu as
frontières. On a conquis l'espace. Tout est possible à partir du moment où tu as une forme de volonté. Cette puissance que les Français ne comprennent pas, qu'ils voient un peu comme une forme... de volonté d'impérialisme, de conquête, de choses comme ça. C'est un truc qui est ancré chez eux depuis tout petit. Tu
comme ça. C'est un truc qui est ancré chez eux depuis tout petit. Tu
vois des enfants, par exemple, au parc. Un gamin
va tomber du jeu d'enfant. La mère
française va se précipiter. « Oh mon Dieu ! » « Tu vois, je te l'avais dit, viens t'asseoir. » Et puis, tu as du filet à BN, quoi. «
Et mange ton truc. » Mon pauvre chéri. Le
gamin américain tombe du même truc, la mère va regarder et va lui dire « Ouais, presque ! Vas-y, continue ! Remonte-toi ! » Et ne va surtout pas... Je
Ouais, presque ! Vas-y, continue ! Remonte-toi ! » Et ne va surtout pas... Je
l'avais entendu, elle est tellement vraie comme image. Et donc, ils sont là en disant « Vas-y, continue ! Refais-le ! Dépasse-toi ! » Oui, you can make it. Et si t'échoues, c'est pas grave. Et si t'échoues, c'est pas grave.
Et échouer, ça fait partie du process. Et voilà. Alors que dans l'autre cas, venir t'asseoir à côté de ta mère, c'est peut-être que j'aurais pas dû essayer. Bah
oui. Non mais c'est vrai. Alors à la fois, les Américains, je les envie parce que je trouve que leur vie est finalement assez simple. Ils sont driveés par un truc. Ils regardent devant. Ils se posent pas tellement de questions. Et
truc. Ils regardent devant. Ils se posent pas tellement de questions. Et
puis en même temps, je suis très admiratif parce que c'est un peuple qui vit sans aucun filet. Ça ne marche pas, tu te casses la gueule, c'est brutal.
Nous, on se dit souvent, si ça ne va pas, je ne suis pas, je tombe malade ou un truc comme ça, on rentre en France. Il y a une sorte de retour comme ça possible. Eux, il n'y a rien. Moi, je parle avec beaucoup à San Francisco, tu sais, on a beaucoup d'hommes laisses. Dans la rue, on a une crise du fentanyl qui est assez énorme. Et je parle un petit peu
avec eux parce que mes studios du podcast sont dans Tandeloine, qui est vraiment un quartier au centre de SF où il y a... C'est un peu la cour des miracles et on a beaucoup... C'est un peu comme la colline du Crac. Imagine ça
près de l'avenue Montaigne. C'est à peu près ça. Et l'histoire qu'ils me racontent, c'est toujours la même. Il y a trois ingrédients dans leur histoire. C'est... j'ai
perdu mon job, ma femme m'a quitté, je me suis mis à prendre du crack.
Je me suis mis à prendre du crack, ma femme m'a quitté, j'ai perdu mon job. Enfin tu vois, c'est toujours les mêmes trois trucs, dans un ordre différent et
job. Enfin tu vois, c'est toujours les mêmes trois trucs, dans un ordre différent et bien évidemment dans un contexte différent. Mais le
résultat de ça, c'était dans la rue, quoi. Et
avec une espérance de vie de quatre ans, quoi. Parce que quand tu es sous fentanyl, tu meurs au bout de quatre ans, quoi, toi. C'est dur. La société, elle est très, très, très, très dure. Oui, ça, je trouve que les Français ne se rendent pas du tout compte aussi de la chance qu'ils ont là-dessus. Quand tu rentres en France, tu te dis, mais tu détestes deux choses. Tu détestes les gens qui
profitent du service public et du système. Tu te dis, mais vous êtes fou. Vous
ne vous rendez pas compte de la chance que vous avez. Et quand tu entends les gens, ouais, il a fallu que je fasse quatre médecins pour avoir un arrêt maladie. C'est dire qu'ils disent ça. Oui, je... Moi, je m'assois sur des terrasses
maladie. C'est dire qu'ils disent ça. Oui, je... Moi, je m'assois sur des terrasses au café où quand tu entends les gens... Un mot
qui, moi, me fait bondir, les gens disent « Mais tu y as droit !
» Tu sais, dans les conversations. « Mais tu devrais demander parce que tu y as droit ! » Tu vois, si je prends des cafés, j'aime bien me mettre
as droit ! » Tu vois, si je prends des cafés, j'aime bien me mettre tout seul à une terrasse, écouter les conversations qu'il y a autour parce que ça me permet de me reconnecter un peu avec la société, prendre un peu le pouls et tout ça. Et donc, tu détestes ces gens-là, tu te dis « mais vous êtes fou, ce système, il est incroyable, mais vous ne vous rendez pas compte de
sa fragilité. » Et puis, tu détestes les gens qui veulent le supprimer. Parce que
sa fragilité. » Et puis, tu détestes les gens qui veulent le supprimer. Parce que
quand tu vis comme moi aux États-Unis, où il n'y a pas ce système-là, l'État est absent. Des fois, tu
est absent. Des fois, tu aimerais bien que l'État soit présent. Je te donne un exemple. Un jour, j'ai eu un problème de santé.
présent. Je te donne un exemple. Un jour, j'ai eu un problème de santé.
J'ai fait une crise de ma chance. Au final, ce n'était pas grand-chose. On a
appelé... J'étais au bureau. Mes collègues appellent 911. Donc, les pompiers arrivent. Alors, t'imagines les pompiers à l'américaine. Et ils me demandent... Avant de
arrivent. Alors, t'imagines les pompiers à l'américaine. Et ils me demandent... Avant de
me demander ce que j'ai, ils me demandent ma carte de crédit. Pour s'appuyer ?
Pas pour me faire payer. Et maintenant, j'ai appris. Il faut ça. Alors, on ne va pas faire la pub, mais il faut cette carte aux États-Unis. C'est un American Express Platinum parce que ça va déterminer l'hôpital où on va t'envoyer. La proximité de l'hôpital avant de te savoir ce que tu as, en fait. Et donc, si tu as une Platinum, on va t'amener à l'hôpital le plus proche. Mais si tu as
une carte de merde... ou si t'es pas, ou si t'as un mauvais crédit score, ou des trucs comme ça. Donc on vit dans ce monde-là, aux États-Unis. Il y
a beaucoup de gens, 40% de la population n'a pas d'assurance maladie, donc ne va pas chez le médecin. On a un système en France qui est formidable, qui est fragile, qui est un peu à bout de souffle, qui je pense a besoin qu'on le repeumpe un petit peu, mais on a surtout besoin que nous, on arrête de considérer ça comme un acquis, quoi. c'est pas un acquis, c'est un truc qui
peut, sur lequel il faut préserver, dont il faut faire attention, dont il ne faut pas abuser, et qui peut-être aussi devrait... Tu sais, moi je reçois mes factures médicales aux US. Tu comprends, hein ? Ça
serait bien d'envoyer les factures aux gens, qui voient ce que ça coûte à la société. Bien sûr, ça on est bien d'accord. Donne-moi un autre pôle.
société. Bien sûr, ça on est bien d'accord. Donne-moi un autre pôle.
Allez, écoute, on va aller, je ne sais pas, je vais aller à l'Est.
Quelle obsession, pardon, Guide, encore tes décisions aujourd'hui ? Est-ce que c'était la même qu'au début ? Ah, qu'est-ce qui m'obsède ? Ouais, qu'est-ce qui m'obsède ? Quand tu
qu'au début ? Ah, qu'est-ce qui m'obsède ? Ouais, qu'est-ce qui m'obsède ? Quand tu
prends une décision, c'est quoi le truc qui va t'obséder à prendre cette décision-là ?
Ou qui va t'aider à la prendre ? Euh...
Moi, je suis obsédé, et c'est peut-être pour ça d'ailleurs que je vis aux États-Unis, je suis obsédé par un sentiment de liberté. Et je pense que c'est aussi pour ça que je suis entrepreneur, ou que j'ai été entrepreneur. Tu ne
te considères pas comme un entrepreneur ? T'es quoi alors ? Un podcaster ? Non,
je suis peut-être un entrepreneur ménopausé.
Celle-là, elle est énorme. Je suis un entrepreneur ménoposé. C'est quoi
un entrepreneur ménoposé ? C'est un entrepreneur qui ne pond plus d'entreprise.
C'est-à-dire qui ne novule plus. C'est-à-dire que ce n'est pas forcément un mauvais coup. Parce
qu'une femme ménoposée, c'est un mauvais coup. Non, mais justement, c'est ce que les gens peuvent penser. Ah bon ? Et que pas du tout. avec plein d'énergie, plein d'envie,
peuvent penser. Ah bon ? Et que pas du tout. avec plein d'énergie, plein d'envie, de choses comme ça, mais tu n'es plus en capacité d'engendrer parce que c'est très physique, en fait. Moi, j'ai fait plusieurs boîtes. Certaines ont très bien marché, d'autres moins. Je ne sais pas si je suis en capacité. Par exemple, je pense
d'autres moins. Je ne sais pas si je suis en capacité. Par exemple, je pense que je ne serais pas. Mais quand je dis ça, mes potes ne croient pas.
Je ne pense que je ne serais pas capable de remonter une startup comme j'ai monté une startup avant. Je n'en ai plus physiquement, je n'en ai plus les capacités. Et ça ne veut pas dire que je n'en ai pas l'envie, mais je
capacités. Et ça ne veut pas dire que je n'en ai pas l'envie, mais je pense que je n'en ai plus les capacités physiques. Même si tu le fais avec d'autres gens ? Alors, ça, c'est vraiment un truc... Moi, personne ne vient
d'autres gens ? Alors, ça, c'est vraiment un truc... Moi, personne ne vient jamais. Je suis toujours ébahi quand les gens me disent... Alors, j'ai maintenant l'explication de
jamais. Je suis toujours ébahi quand les gens me disent... Alors, j'ai maintenant l'explication de ça. Mais il y a... Tu sais, il y a des gens... Oui, j'étais peinard
ça. Mais il y a... Tu sais, il y a des gens... Oui, j'étais peinard dans mon job ou dans mon truc, et puis... un mec ou une fille est venue me chercher pour monter une boîte et c'est devenu un truc. Moi, jamais personne n'est venu me faire chier. J'ai vraiment l'impression d'être le pauvre truc sur le trottoir que personne ne pique. Soit tu fais peur aux gens, soit les gens te respectent
trop en se disant « ça ne sert à rien de lui demander, il ne va jamais me dire oui ». Alors, c'est ce qu'on m'a dit. C'est ce qu'on m'a dit « non mais attends, laisse tomber, Carlos, il doit être busy, il doit être en train de faire quelque chose, on ne va pas lui poser la question à lui ». Mais c'est con parce que j'aurais bien aimé… Alors, ce n'est pas
un appel que je lance, parce que là, je suis très occupée.
Mais j'aurais bien aimé, dans le passé, que ça m'arrive et ça ne m'est jamais arrivé. On n'est jamais venu me chercher. C'est comme
un moment, parce que tu sais, maintenant, je suis un peu un gorille cendré, j'ai un peu de silverback de l'entrepreneuriat.
Il y a des moments où tu dis, non mais attends, c'est bon. Ma femme,
tu vois, elle qui n'est pas du tout entrepreneur, me dit, non mais Carlos, arrête quoi, prends un job chez Meta, tu vas être payé un million par an ou deux millions, ça va être super, machin. Et je n'ai jamais pu faire ça.
Et un jour, j'ai été voir un pote à moi qui est chasseur de tête.
Et je lui dis, écoute, tu vois, je suis burn out. Je
pense que je vais prendre un job. Et il me regarde et il me fait, non mais Carlos, c'est juste pas possible. Je lui dis, comment ça se passe ?
Non, si, j'en ai marre. Tu vois, de prendre un... Parce que moi, j'ai jamais bossé pour personne de ma vie. Je crois que toi non plus. Non, je fais un stage de deux mois. Voilà. Non, mais... Tu sais qu'on fait partie de gens, c'est très rare. Moi, j'ai créé ma première boîte, j'avais 23 ans. Mon frère en avait 18. Vous aussi, vous étiez très jeune. Et donc, je n'ai jamais eu une
avait 18. Vous aussi, vous étiez très jeune. Et donc, je n'ai jamais eu une fiche de paye. J'ai toujours créé mes boulots moi-même. Et donc, je lui dis ça.
Je lui dis non, mais vraiment, j'ai vraiment envie de tout ça. Il me dit non, mais Carlos, je t'explique. Tu n'as pas compris ce que c'est. Tu n'as pas compris, c'est que tu es un recrutable. Et je lui dis comment ça, je suis un recrutable. Il me dit écoute, un recrutable. D'abord, tu vas être cher
un recrutable. Il me dit écoute, un recrutable. D'abord, tu vas être cher par rapport au marché parce que tu ne vas pas aller prendre un job pour des clopinettes. Donc, tu vas être plus cher que le marché. Ouais, mais bon, je
des clopinettes. Donc, tu vas être plus cher que le marché. Ouais, mais bon, je vais m'adapter et tout ça. OK, non, non. Deux, tu vas être ingérable. C'est-à-dire que la personne va se dire non,
ingérable. C'est-à-dire que la personne va se dire non, mais attends, recruter Carlos, laisse tomber. Il n'a jamais eu de collier. Tu vois, ce n'est pas aujourd'hui qu'on va lui mettre un collier. Trois, tu représentes une menace pour la personne qui te recrute dans l'organisation. Cette personne risque,
c'est un entrepreneur, il a une expérience que moi, je n'ai pas. Ça se trouve, il va prendre mon job. Et quatre, à la moindre opportunité, tu n'as aucune fidélité, tu es un loup, tu n'es pas un chien, tu vas te barrer à la première occasion dès qu'une opportunité va passer. Pour ces quatre raisons-là, personne ne te recrutera jamais. Et je me dis mais fuck ! Tu vois, à la limite, une ou
jamais. Et je me dis mais fuck ! Tu vois, à la limite, une ou deux raisons... Tu me dis « bon, ok, mais la 4, j'échappe pas. » Donc,
deux raisons... Tu me dis « bon, ok, mais la 4, j'échappe pas. » Donc,
en fait, je suis contraint d'être entrepreneur toute ma vie. C'est ce qui va t'arriver.
Moins, moins, mais Valran, complètement. Valran, il est un peu... Mais un recrutable. Un recrutable.
Il n'arrive même pas à être à l'heure un rendez-vous. Je t'explique, c'est un concept...
Non, Valran, non. Moi, j'aurais pu... Je le dis beaucoup, j'aurais pu être une très bonne salariée dans le sens où je n'ai aucun égo de recevoir des instructions de quelqu'un. Tant que j'admire et que je respecte mon supérieur... j'ai aucun problème de l'écouter,
quelqu'un. Tant que j'admire et que je respecte mon supérieur... j'ai aucun problème de l'écouter, de faire des trucs relous. Mais aujourd'hui, avec la liberté que j'ai, moi, je suis comme toi, mais accro à ça plus que tout le monde, ça m'emmerderait. Ou alors
à des fonctions où, en fait, tu as de la liberté, tu es un entrepreneur salarié. Mais Valran, par exemple, c'est impossible. Valran, il fait partie de cette catégorie et
salarié. Mais Valran, par exemple, c'est impossible. Valran, il fait partie de cette catégorie et comme beaucoup d'entrepreneurs, je pense que c'est vachement intéressant de relire « Le loup et le chien » de La Fontaine. Et dans cette fable qui dit beaucoup de choses sur la société, bon, c'est du classicisme total, mais
Valeron correspond à la définition du loup, c'est-à-dire que, même physiquement, il a le ventre creux, il court très vite, un peu fou, et puis un jour, tu vois, tu as un peu faim, et puis tu croises un chien, et puis tu vois que lui, il a le poil soyeux,
qu'il a mangé... Et sa vie a l'air extraordinaire. Et
le loup dit, mais ta vie, elle est juste topissime. Qu'est-ce qu'il faut faire pour avoir une vie comme ça ? Et le chien lui explique, mais pas grand-chose. Plaire
à ses maîtres, chasser les mendiants. OK, il dit, ouais, ça, c'est un truc que je peux faire. En tant que loup, moi, il n'y a pas de souci. Ça,
je saurais le faire pour avoir cette vie-là. Et puis, il regarde le chien et puis il voit une trace sur le cou. Et il dit « Mais c'est quoi cette trace que tu as là sur le cou ? » « Ah, presque rien, il essaye de la cacher et tout ça. » Et il lui explique qu'en fait, c'est la trace du collier. Et le loup s'en va en disant « Mais non,
mais moi, jamais je serais attaché à une chaîne. » Et d'ailleurs, la fable finit en disant « Et le loup court encore, etc. » Et je pense que quand tu me disais ça, dans mon processus de décision, j'essaye à chaque fois que je prends une décision de me dire à quelle liberté est-ce que je renonce
quand je prends cette décision ? Qu'est-ce que ça va me coûter en termes de liberté ? Et j'ai
sans doute pris des décisions qui ne m'ont pas été heureuses sur un plan, par exemple, financier ou économique ? Par exemple, sur Blue Kiwi, quand on a revendu à Atos, il y avait
? Par exemple, sur Blue Kiwi, quand on a revendu à Atos, il y avait un earn-out. J'ai dit non à l'earn-out. L'earn-out, c'est le fait que tu vends, mais
un earn-out. J'ai dit non à l'earn-out. L'earn-out, c'est le fait que tu vends, mais que tu dois rester dans la boîte pour toucher une grande partie de l'argent qu'on te donne. Et j'ai dit non, parce qu'il s'agissait de rentrer en France, que moi, je venais d'arriver aux États-Unis et que je voyais aux États-Unis un nouveau
pays que je ne comprenais pas encore. et que j'avais véritablement envie d'explorer, de comprendre, avec un sentiment d'espace énorme. Quand je suis arrivé aux États-Unis, c'est ça qui m'a le plus impressionné, c'est justement cette dimension, c'est cet espace. J'ai toujours eu l'impression en France, quand j'ai monté des boîtes, de déranger. de toujours...
De devoir t'excuser. Oui, de devoir m'excuser ou de devoir dire « Ah, excusez-moi, j'ai peut-être... Là, j'ai peut-être mis le pied. » C'est une terre de bocage, la France.
peut-être... Là, j'ai peut-être mis le pied. » C'est une terre de bocage, la France.
Il y a des champs, c'est près, c'est délimité. Tu ne peux pas aller chercher les champignons dans le champ du voisin. Et donc, quand je suis arrivé aux États-Unis, je n'ai pas du tout eu ça. Je lui ai dit « Ah ouais, c'est cool, tu es là, tiens, installe-toi, mets-toi là. Par contre, tu n'as personne pour t'aider.
» Donc, c'est danser avec les loups et... T'as l'espace, mais t'es seul au monde.
Et t'attends rien, quoi. Donc, t'émerdes de toi et c'est survie. Mais ça, ça m'a fait énormément de bien. Quand je suis arrivé. Donc, j'avais pas... Tu vois, ça a été une décision qui a été facile pour moi à prendre parce que j'ai trouvé qu'elle me donnait beaucoup de liberté. Toujours. Voilà. L'autre pôle. Eh bien,
il me reste... L'Ouest. L'Ouest ?
Quel changement de société pourrait faire écrouler tout ce que tu as construit ? Même
un changement de société qui peut être un petit peu irrationnel, si vraiment dans le rationnel, tu ne l'as pas. Tout ce que j'ai construit ? Oui,
professionnellement. Oui, d'accord, bien sûr. Tout ce que j'ai construit professionnellement, qu'est-ce qui pourrait faire écouler tout ce que j'ai construit ? Alors, maintenant, je suis devenu youtubeur. Du coup, mes filles me parlent. Elles sont très fiers de moi. C'est formidable. C'est hyper chou, c'est vrai ?
parlent. Elles sont très fiers de moi. C'est formidable. C'est hyper chou, c'est vrai ?
Oui, avant, j'étais investisseur. Je trouvais que c'était vraiment un métier de merde. Je me
disais, en fait, tu prends de l'argent à des gens très riches pour les rendre encore plus riches. Ça ne sert vraiment à rien puisqu'ils sont déjà riches. C'est à
peu près le genre de conversation qu'on avait. Je disais, c'est vraiment nul, quoi.
Maintenant que... Que papa est sur YouTube ? Oui, je suis sur YouTube.
Anna Rose, qui est ma plus petite, qui a 19 ans, en plus bosse pour moi. Elle s'occupe des social media, donc elle, elle est dedans. Et elle est assez
moi. Elle s'occupe des social media, donc elle, elle est dedans. Et elle est assez fière du truc. Et je sais. Donc, voilà. Qu'est-ce qui pourrait m'arriver ? Si
on rentre dans une société où la liberté d'expression devient quelque chose qui s'éteint, et que les plateformes commencent à choisir qui a le droit de parler et qui n'a pas le droit de parler, c'est un problème pour moi, quoi. Moi, je trouve qu'on est hyper... Le
seul truc qui me dérange dans le business que je fais aujourd'hui, on parlait de liberté, justement, c'est que je me sens très, très mutaire des plateformes. Et moi, ça, ça, ça me fait ultra flipper de me dire, demain, tu es déplateformé par YouTube, quoi. Oui, ça, je comprends. C'est hyper flippant, c'est-à-dire de dire OK, je ne sais
quoi. Oui, ça, je comprends. C'est hyper flippant, c'est-à-dire de dire OK, je ne sais pas, peut-être qu'un jour, je vais avoir dit un truc contre Trump ou un truc qui ne va pas ou tu t'es fait dénoncer. Et
tout ce que tu sais, tu es en train de construire une chaîne YouTube, c'est un boulot de malade. Ça prend des années et tout peut s'arrêter du jour au lendemain. parce que tu es déplateformé et qu'on a dit stop, c'est fini, tu n'as plus rien à faire ici. C'est toujours
quand j'étais investisseur, chaque fois qu'il y avait un business qui était fabriqué dans le jardin de quelqu'un d'autre, généralement c'était un red flag total. C'est non
parce que c'est trop dangereux. Et ça, ça me fait un peu peur. Je me dis si je n'ai plus YouTube, je ne suis plus rien. Donc, aujourd'hui, ben,
rien. Donc, aujourd'hui, ben, ça va. Je suis content d'être américain, d'être devenu américain. T'as rendu ton passeport français
ça va. Je suis content d'être américain, d'être devenu américain. T'as rendu ton passeport français ? Non, je peux garder la double nationalité. D'accord. Donc, j'ai les deux. Je suis
? Non, je peux garder la double nationalité. D'accord. Donc, j'ai les deux. Je suis
français et américain. T'as pas des origines espagnoles ? Je suis d'origine espagnole, mais j'ai jamais demandé la nationalité espagnole parce que En Europe, ça ne servait pas à grand chose. C'était un passeport européen. Mais oui, je suis très espagnol
chose. C'était un passeport européen. Mais oui, je suis très espagnol aussi. Je pense que je suis d'abord français parce que je suis né et que
aussi. Je pense que je suis d'abord français parce que je suis né et que ma culture est vraiment française. Ma première
littérature a été une littérature française. Parce que moi, je suis un littéraire, je ne suis pas du tout ni business ni tech. Donc ma
première littérature culture littéraire a été française, ensuite espagnole, puisque j'ai étudié la littérature espagnole, et aujourd'hui américaine. C'est, je dirais, dans cet ordre-là. Mais entre espagnol et américain, ça commence à se
ordre-là. Mais entre espagnol et américain, ça commence à se friter un peu dans ma tête. Je pense que je suis encore très français. Je pense que ça, ça ne changera pas.
Mais tu vois, encore à 52 ans, se poser des questions d'identité, putain, c'est naze.
Comme quoi, toute sa vie. T'as qu'à avoir une seule nationalité, tu nous emmerdes pas.
Voilà, exactement. Mais non, je continue de me poser cette question-là. Et donc,
voilà. Trop bien. Donne-moi
notre pôle. Alors, on va partir au sud, parce que la première fois qu'on y a été, c'était un peu... C'était un peu nul ? Non, ce n'était pas nul, mais c'était un peu... Comment dire ? C'était un peu dur, quoi. Ah
oui. Quel principe ou certitude tu as dû abandonner pour continuer à avancer ? Waouh. C'est mal, ça. Oui, c'est...
Principe ou certitude ? Pour
continuer à avancer ? Oui. Tu as dû abandonner. Vraiment, tu étais persuadé d'un truc et en fait, finalement, tu as dû...
abandonner. Vraiment, tu étais persuadé d'un truc et en fait, finalement, tu as dû...
arrêter de penser ça ou d'être certain sur ça ? J'ai été longtemps persuadé que la société était véritablement... que tout était fait contre moi. Ah ouais ? T'es
véritablement... que tout était fait contre moi. Ah ouais ? T'es
un peu complotiste ? Un peu, ouais, dans le sens où vraiment, j'ai pas de bol, les trucs se sont pas alignés, j'ai une revanche à prendre, voilà. Mais je pense que, bon, ça c'est une des thèses que j'ai, on n'est pas nombreux à la
voir, mais je pense que les bons entrepreneurs sont des gens qui ont un dérèglement, une névrose, ça c'est certain, peut-être accéléré par un trauma. Le trauma ne suffit pas parce qu'on a tous des traumas. Mais si en tout cas, tu
es... Enfin oui, si tu as par exemple un Asperger ou un truc comme ça,
es... Enfin oui, si tu as par exemple un Asperger ou un truc comme ça, je pense qu'on a tous un petit peu ça. Ça peut être une paranoïa, ça peut être une schizophrénie, ça peut être un truc un peu comme ça, léger. Asperger ou un truc comme ça. Je pense qu'au début...
léger. Asperger ou un truc comme ça. Je pense qu'au début...
Je me suis soigné, enfin, je pense que ça va mieux aujourd'hui. Mais peut-être qu'il y avait un peu une forme de paranoïa, un petit peu, de se dire, la société m'a... Je ne suis pas né sous la bonne
société m'a... Je ne suis pas né sous la bonne étoile, je vais leur montrer. Et donc, du coup, tu vois, les entrepreneurs, comme ils sont... Ils n'arrivent pas à régler leur rapport aux autres, comme on le fait naturellement,
sont... Ils n'arrivent pas à régler leur rapport aux autres, comme on le fait naturellement, en se faisant, par exemple, un hug, soit parce qu'ils considèrent que...
soit parce que, par exemple, ils sont expérieurs, donc ils ont une relation aux autres qui n'est pas possible, qui n'est pas la même que nous, soit parce qu'ils sont parano, parce qu'ils se disent « non, mais les gens sont forcément contre moi » ou un truc comme ça. Ils vont accomplir quelque chose à côté qui est extraordinaire au sens premier du
terme pour que la masse et que la foule disent « Ah, mais c'est pas mal, toi, t'es bien, toi, en fait, toi, t'es quelqu'un de bien. » Tu parlais d'Anthony, ça fait plus, on a parlé d'Anthony, je sais pas combien de fois dans son truc-là. Mais Anthony correspond complètement à ce truc-là. Je pense que c'est quelqu'un, voilà,
son truc-là. Mais Anthony correspond complètement à ce truc-là. Je pense que c'est quelqu'un, voilà, quoi. Ou on lui a pas dit assez « je t'aime », ou lui n'a
quoi. Ou on lui a pas dit assez « je t'aime », ou lui n'a pas su dire « je t'aime », et donc il a été faire des trucs à côté pour qu'on fasse, faites qu'on m'aime, quoi. C'est vrai.
m'aime, quoi. C'est vrai.
Je pense qu'il y a beaucoup de ça souvent chez les entrepreneurs. Et on parlait au début de ce côté un peu obsessionnel et un peu irrationnel. Et je pense que chez les entrepreneurs, il y a beaucoup de ça. Pour les meilleurs, il y a aussi un niveau d'intelligence. Ça ne suffit pas, ça. Ce que je veux dire, il faut d'autres critères, d'autres caractéristiques. Mais je
pense qu'il y a une forme de dérèglement.
Il y a un truc anormal. Je ne sais pas d'ailleurs, vous, c'est quoi votre truc qui n'est pas normal chez vous ? Vous avez réfléchi déjà à ça ?
Parce que ce n'est pas normal. Je pense notre hyperactivité qui n'est pas commune. Oui. Donc
c'est pathologique. C'est pathologique, mais notre mère est comme ça, notre frère aîné est comme ça, Valorant est comme ça. Et moi, au début, je pensais ne pas l'être, mais en fait, je le suis. Je le suis d'une manière différente de Valorant. Et moi,
j'ai toujours cru que l'hyperactivité, c'était le Valorant. La définition de l'hyperactivité, c'était être comme Valorant. C'est-à-dire vraiment être... Mais plus la journée avance, plus tu montes en intensité. Au
Valorant. C'est-à-dire vraiment être... Mais plus la journée avance, plus tu montes en intensité. Au
point où quand tu parles, tu es avec tes tripes, que tu vas mille à l'heure, que machin, et tu es le temps surexcité, avec beaucoup d'énergie. Enfin, je crois qu'il ne prend pas de café. S'il prend un café, genre, j'en ai une fusée, le gars. Et moi, je suis comme lui, je ne prends pas de café non
le gars. Et moi, je suis comme lui, je ne prends pas de café non plus. Si j'en prends, c'est vraiment où j'en ai besoin. Et en fait, je suis
plus. Si j'en prends, c'est vraiment où j'en ai besoin. Et en fait, je suis hyperactive, mais d'une manière hyper différente. Et nous, je pense que c'est ça qui a...
qui nous différencie un peu des gens. Et au début, les gens nous trouvent un peu bizarres parce que moi, je parlais de politique à 11 ans. Valreau, il a toujours été un peu différent aussi plus jeune. On n'est pas comme tout le monde.
Tout le monde est différent, mais nous, on n'est pas comme tout le monde. Et
donc, je pense que comme du coup, ça crée une forme de... C'est
dans le troupeau. Tu n'es pas accepté. Tu te fais rejeter. Tu te fais rejeter.
Donc, du coup, tu es isolé. Et la seule façon pour que le troupeau à nouveau t'accepte, c'est que tu ailles chercher... en dehors du troupeau, quelque chose d'extraordinaire.
Que tu fabriques quelque chose d'extraordinaire pour que le troupeau regarde et dise « What ? Attends, c'est pas mal. » « Ben oui, mais vous m'avez foutu dehors du
? Attends, c'est pas mal. » « Ben oui, mais vous m'avez foutu dehors du troupeau. » Tu vois Valran, par exemple, qui intervient régulièrement dans Silicon Carnet. Moi, je
troupeau. » Tu vois Valran, par exemple, qui intervient régulièrement dans Silicon Carnet. Moi, je
suis ébahi. Moi, j'adore Valran. Je trouve… Il a quoi ? Il a 28 ans, Valran ? Il a des fulgurances d'une maturité
Valran ? Il a des fulgurances d'une maturité incroyable. Moi, j'adore dire que Valran est mon mentor. J'ai pratiquement
incroyable. Moi, j'adore dire que Valran est mon mentor. J'ai pratiquement
le double de son âge. Et je lis dans les commentaires, ça insupporte les gens. Il parle trop, il ne peut pas fermer sa gueule, mais il a 28 ans, il nous explique, machin. Je dis, mais vous écoutez ce qu'il dit ? En fait, on s'en fout qu'il ait 28 ans ou qu'il en ait 64. On n'en a rien à faire. L'important, c'est ce qu'il dit.
Est-ce que ce qu'il dit est intéressant ou pas ? Mais du coup... ce genre
de réaction, j'en parle avec lui, je lui dis « putain, je suis désolé, les commentaires ». Et en fait, lui, il s'en fout complètement parce que je pense que
commentaires ». Et en fait, lui, il s'en fout complètement parce que je pense que ça fait depuis qu'il a trois ans qu'il doit prendre ce genre de truc-là dans la gueule. Mais ça veut aussi dire qu'il reçoit aussi l'opposé. Il reçoit aussi des
la gueule. Mais ça veut aussi dire qu'il reçoit aussi l'opposé. Il reçoit aussi des gens qui adorent ce qu'il dit. Bien sûr. Du coup, c'est clivant. Mais du coup, je pense que comme il reçoit ces trucs-là, il en a tellement pris comme ça qu'il est obligé de se dire « bon, ok, donc je ne peux pas avoir une sorte de relation sur un plan émotionnel normal avec les gens,
donc il faut que j'accomplisse quelque chose comme un Musk, c'est-à-dire, je ne compare pas à un Musk, mais Musk est tellement Asperger, c'est un mec qui a tellement de problèmes, en plus avec une relation avec son père horrible, où il n'a pas eu
d'affection, ça c'est clair. et qu'il est incapable d'avoir une relation émotionnelle avec les gens, qui se dit « Je vais aller sur Mars, je vais revenir, et les gens vont m'aimer. »
Tu vois ? Je suis tellement malheureux sur Terre, je n'arrive tellement pas à créer un lien comme nous tous, qui y arrivons de façon absolument naturelle, qu'il faut que je leur dise que je vais aller sur Mars, que je vais revenir, et que quand je vais y arriver, ils vont tous m'aimer.
L'autre jour, j'ai été voir à San Francisco, je fais partie d'un cercle où il y avait une conférence en tout petit nombre avec Peter Thiel, qui connaît très bien Musk, parce qu'ils avaient créé Paypal ensemble, puis ensuite Peter Thiel est devenu un investisseur, Fonders & Fund, qui est un des fonds
les plus... et puis successfull de la Silicon Valley, cofondateur aussi de Palantir.
les plus... et puis successfull de la Silicon Valley, cofondateur aussi de Palantir.
Et dans la conversation, il disait un truc incroyable. Il disait, mon cauchemar... Il me
disait, je suis investisseur dans tous les projets de Elon Musk, que ce soit SpaceX, Tesla, et tous les autres, Neuralink et tout ça. Il disait, mon cauchemar qui me réveille la nuit, c'est, je dors, et
ça. Il disait, mon cauchemar qui me réveille la nuit, c'est, je dors, et là, je suis réveillé par un cauchemar, Elon Musk m'annonce qu'il va faire une thérapie.
Et ça, c'est un cauchemar pour lui. Et on lui dit, mais pourquoi ? Parce que Elon Musk, s'il
pourquoi ? Parce que Elon Musk, s'il commence à se poser des questions, à faire une sorte d'introspection, il va arrêter d'explorer l'humanité, en fait. De dépasser les frontières, de repousser, parce que Elon Musk est complètement dans cette... On peut le détester, mais c'est un mec qui dépasse toutes les limites.
dans cette... On peut le détester, mais c'est un mec qui dépasse toutes les limites.
Oui. les unes derrière les autres. Et il en faut. Et il en faut. Qu'on
l'aime ou qu'on ne l'aime pas, il en faut. Parce que sinon, tu vois que...
Exactement. Et lui, il le fait et on peut ne pas être d'accord avec...
Moi, j'ai des copains qui ont bossé. Pour lui,
c'est horrible. Il n'y a absolument aucune reconnaissance. C'est
très, très compliqué. Mais il est capable d'obtenir des gens. Un truc... Karim Busta, qui était son bras droit pendant trois ans, m'a dit... J'ai vécu trois ans d'enfer, mais rétrospectivement, c'est les trois années de ma vie où j'ai accompli les choses les plus grandes, que je n'aurais jamais pensé être capable
d'accomplir. Et il a cette capacité à te faire croire que
d'accomplir. Et il a cette capacité à te faire croire que tout est possible. Et Peter Thiel dit, quand on regarde notre société, les gens, de façon générale, sont beaucoup dans l'introspection.
Ils se posent beaucoup de questions sur eux-mêmes. Ils font du yoga, des retraites, comme si, en fait, la vérité et leurs problèmes étaient enfouis en eux et qu'ils avaient besoin d'aller rechercher quelque chose au fond d'eux-mêmes pour pouvoir trouver leur identité et être en paix avec eux-mêmes, etc. Et...
Et je pense que ça, c'est en train de tuer effectivement les sociétés occidentales. Et
ce que nous montre Elon Musk, alors encore une fois, on peut ne pas être d'accord avec lui, c'est que lui n'est pas du tout dans une forme d'introspection. Il
n'en a rien à foutre finalement que les gens l'aiment ou pas. Il a décidé d'aller chercher son identité et qui il était. en dépassant les limites, en allant se frotter au monde, en sortant de la caverne, si je veux reprendre le mythe de la caverne, et en n'ayant pas peur des ombres sur les murs de la caverne, et en allant explorer le monde, en allant le truc, et en arrêtant de s'explorer
soi-même, en se disant « je vais arrêter de manger du gluten parce que ça va aller beaucoup mieux dans ma vie », en bouffant des graines. Non, c'est pour les oiseaux. Les oiseaux bouffent des graines et c'est normal. Mais les humains ne mangent
les oiseaux. Les oiseaux bouffent des graines et c'est normal. Mais les humains ne mangent pas de graines. Et ça ne va pas régler tes problèmes de coupe parce que tu manges des graines. Donc, il y a cette notion en ce moment dans la Silicon Valley qui avait été très... C'est marrant parce que la Silicon Valley était très dans l'introspection, le yoga, la retraite, le côté un peu hippie. Et là, on est
en train de complètement dépasser ce truc-là et de revenir dans un truc...
presque une épopée, une quête d'aller chercher quelque chose à l'extérieur, de dépasser. C'est
intéressant. J'observe ça. Je ne sais pas trop quoi encore en penser. Je ne sais même plus pourquoi je parle de ça. Mais je trouve ça assez fascinant. Dernière
petite question après, je te laisse. Mais si on peut y répondre assez vite, parce que je vais être en retard, je vois ma bras droit qui me fait un désœil, je vais me faire tuer, qui me fait des yeux de vent. Alors, dis-moi
un dernier pôle.
West. Allez. Le West.
Non. Si, si, si. Allez, dernier. Qu'est-ce qui t'empêche encore de dormir ?
Qu'est-ce qui m'empêche encore de dormir ? À part le jet lag. Ouais. À part
le jet lag. Je dors plutôt bien. C'est vrai ? Je dors plutôt bien. Je
dors plutôt bien. Non, c'est vrai que ce n'est pas un truc... Je n'ai jamais eu vraiment de mal à dormir. Et je pense que d'ailleurs, dormir, c'est hyper important.
Je pense que c'est critique. Non, mais
qu'est-ce qui m'empêche de dormir ? Qu'est-ce qui pourrait m'empêcher de dormir ? Peut-être mes
filles, quoi. Tu vois ? Que je me dis... Tu stresses pour elles ? Oui,
de stresser, de se dire, tu vois, là, elles sont amoureuses. Ah, c'est l'âge, hein ? Voilà. Tu te dis, le petit lascar quand il va arriver à la maison.
? Voilà. Tu te dis, le petit lascar quand il va arriver à la maison.
Et tu ne peux rien faire. Ah, ben, un papa et ses filles, en plus.
Est-ce qu'elles sont bien tombées ? Est-ce qu'il est sympa avec elles ? Voilà. Donc ça, ça peut te... T'es méfiant ? Non, je
ne suis pas méfiant, je ne peux rien faire. Non, je ne peux rien faire, donc ça ne sert à rien d'être méfiant. Et c'est leur vie, c'est leur choix, et moi, je n'ai absolument pas à influer sur ce truc-là. Mais ça n'empêche que ça puisse m'inquiéter, parce que je trouve que c'est vachement important d'être amoureux, et que ça peut faire mal aussi d'être amoureuse, et que voilà,
quoi. Donc, c'est ça qui me fait peur. Je ne voudrais pas qu'elle souffre trop.
quoi. Donc, c'est ça qui me fait peur. Je ne voudrais pas qu'elle souffre trop.
ça on souffre un petit peu certainement mais pas trop toi et après je veux pas m'attacher donc je veux pas parce que tu vois tu t'attaches à une pièce à quelqu'un et puis on te dit du lendemain c'est fini
en quoi donc Oui, ça, je comprends. Voilà. Donc, bon, voilà. Mais est-ce
que ça m'empêche de dormir ? Non, ça m'empêche. Des fois, je pense à elles.
Je me dis, est-ce qu'elles sont heureuses ?
Voilà, c'est ça qui peut m'empêcher de dormir. Le boulot, maintenant, ça ne me fait plus du tout. Ça ne me réveille plus la nuit. Oui, tant mieux. Non, ça,
ça ne me réveille plus la nuit. La société, moi, je ne suis pas, je ne pense pas qu'on soit au bord de l'apocalypse et que Armageddon est proche et que la Terre va se... Non, pas du tout. Moi, j'ai une confiance très, très forte en l'homme avec un grand H et en notre génie, en notre créativité et
notre capacité à faire des choses positives et à toujours s'en sortir. Il y avait un historien qui disait, c'était bataille, je crois, qui disait tout a toujours très mal marché. Tu sais, on pense souvent que c'était mieux avant. Oui, c'est vrai. On pense toujours que c'est mieux
avant. Voilà, mais toutes les sociétés, toutes les époques ont plutôt mal marché. Et on
avant. Voilà, mais toutes les sociétés, toutes les époques ont plutôt mal marché. Et on
est toujours là, et tout va bien, et c'est OK. Et il n'y aura jamais une époque où les choses vont marcher correctement. Et quand on regarde le passé et qu'on se dit que c'était mieux avant, bien évidemment, on compare la médiocrité du présent avec le meilleur du passé. Mais bien sûr, c'est très vrai ça. Donc
c'est absolument bien sûr que c'était mieux avant. On se dit, oui, ok, au XIXe siècle, il y avait Victor Hugo. Aujourd'hui, on a des auteurs de merde. Oui, mais il y avait aussi des auteurs de merde au XIXe siècle,
de merde. Oui, mais il y avait aussi des auteurs de merde au XIXe siècle, sauf qu'ils ont disparu et que plus personne ne s'en souvient. Donc on ne se compare plus à eux. Non, mais je suis d'accord. Donc, il faut être... Peter Thiel
disait un truc très intéressant aussi, et on peut terminer là-dessus, je m'efforce tous les matins à ne pas être trop optimiste ou trop pessimiste. Parce
que dans les deux cas, tu ne fais rien. Si tu es trop optimiste, tu dis « ça ne sert à rien que je fasse quelque chose, tout va bien se passer ». Et si tu es trop pessimiste, tu dis « ça ne sert à rien que je fasse quelque chose, c'est foutu ». Et donc dans les deux cas, ça développe, l'apparaissent, et donc tu n'es pas dans l'action. Donc être trop
optimiste ou trop pessimiste, handicap finalement l'action. Donc il faut être un peu optimiste, un peu pessimiste, et il faut surtout faire des trucs.
C'est bien beau de finir là-dessus. Merci beaucoup. J'étais hyper stressé à l'idée de ce truc. À ce point-là ? Toi qui passes ton temps à interviewer des gens. Je ne suis pas interviewé, je suis interviewer. Là, je suis interviewé.
des gens. Je ne suis pas interviewé, je suis interviewer. Là, je suis interviewé.
Et puis en plus, générationnellement, ce n'est pas la même génération. Donc,
est-ce que je ne suis pas déjà périmé ? Mais non, je suis sûre que les gens ne vont pas trop avec nous. Merci à toi. Merci Sixtine. J'espère que
cette vidéo vous aura plu. N'hésitez pas à me dire absolument vos commentaires. C'est seulement
ma deuxième vidéo. Donc, je sais qu'il y a encore plein de choses super à améliorer. Mais comme j'ai plein d'autres invités incroyables qui arrivent parce que le but du
améliorer. Mais comme j'ai plein d'autres invités incroyables qui arrivent parce que le but du podcast, c'est de recevoir peu de gens, mais des gens hyper qualitatifs pour vous apporter le meilleur podcast possible. Il me faut vos retours aussi pour savoir qu'est-ce qui peut encore plus vous plaire. N'hésitez pas du coup à liker, petits commentaires, puis à vous abonner pour soutenir, ça fait toujours plaisir et surtout être au courant des prochaines. A
très bientôt !
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