Comment en faire moins et publier plus
By Marie Drouvin
Summary
Topics Covered
- Déléguer à l'IA, ce n'est pas tricher
- Le web manque de vérité brute
- Les chaussures sans lacets, c'est légitime
- Le test : l'utilité pour l'utilisateur
Full Transcript
C'est parti!
Il y a quelques temps, j'ai reçu sous une de mes vidéos un commentaire un petit peu sarcastique, désobligeant, qui disait un truc du style «Ah là là, c'est vachement difficile de faire des chapitres pour une vidéo de 3 minutes, alors du coup c'est pour ça que tu passes par l'intelligence artificielle, et du coup est-ce que tu vas laisser l'intelligence artificielle aussi lasser tes chaussures?» C'est mon commentaire un petit peu méchant, entre guillemets, depuis un moment.
tes chaussures?» C'est mon commentaire un petit peu méchant, entre guillemets, depuis un moment.
J'avais oublié en fait que ce genre de personne existait.
Et je vais le prendre comme une opportunité pour parler d'un truc important.
En vrai, oui, c'est difficile pour moi de regarder quelque chose que j'ai écrit, que j'ai enregistré, encore une fois, juste pour y ajouter des chapitres.
Parce qu'au moment où je publie, donc au moment où il faut ajouter des chapitres sous cette vidéo, j'ai re-re-re-re-relu et re-re-re-re-regardé le truc des dizaines de fois.
Et à chaque passage, j'entends toujours les points à améliorer, les trucs qui ne vont pas, les moments où j'aurais pu être plus pertinente, etc. J'ai entendu toutes ces choses-là des dizaines de fois.
Pendant le process, j'ai douté de l'utilité de ce que je suis en train de faire, de ce que je suis en train de publier, mais aussi par l'intermédiaire, souvent j'ai douté de ma propre utilité générale.
même pour une vidéo de 3 minutes, même si mes vidéos font rarement 3 minutes au passage, la regarder une fois de plus, juste pour y ajouter des chapitres, ce n'est pas regarder 3 minutes de vidéo, c'est me donner une occasion de plus de tout balancer, d'abandonner le projet et de ne pas publier la vidéo au final.
Mais au final c'est même pas ça le sujet.
Le sujet c'est si tu peux enlever de ton assiette une seule petite tâche que tu aimes pas faire.
Pourquoi tu ne le ferais pas?
On n'est pas des puritains, au final.
La douleur, ce n'est pas du tout le but du truc.
Surtout quand la tâche en question, ce n'est même pas au cœur de ce que tu fais.
Tu vois, quand je publie une vidéo, ajouter des chapitres, on s'en fout, Pourquoi est-ce que les gens se préoccuperaient de savoir si c'est moi qui fais mes chapitres ou si c'est quelqu'un d'autre qui le fait ou si c'est un robot qui le fait à ma place?
Les spectateurs ne te demandent pas, quand tu es dans un business, si c'est toi qui fais ta comptabilité ou si tu as un comptable et ils ne mettent pas en question l'idée de «est-ce que c'est de la triche si tu utilises un logiciel de comptabilité?».
Ben non!
Donc ce commentaire, je vais l'avouer, il m'a énervé un petit peu.
Pas le commentateur en question, c'est pas un truc personnel, le mec c'est un plouc, c'est tout, qu'est-ce que tu veux que je lui dise?
Mais ce qui m'énerve, c'est parce que c'est ce genre de petit commentaire, et on va l'appeler vraiment un petit commentaire, c'est un petit commentaire qui empêche les gens de publier leurs trucs.
C'est le genre de petit commentaire qui mène à un perfectionnisme stupide sur la forme, sur l'esthétique, sur le contenu de posture.
Alors que ce dont le web a besoin, ce dont Internet a besoin, ce n'est pas plus de contenu esthétique, performatif, avec de la forme et machin, non.
Ce que le web a besoin, c'est plus de contenu vrai, direct.
et on ne peut pas donner ça au web, si on s'applique à faire tous les trucs qu'on n'a pas envie de faire et à les mettre sur le piédestal au même niveau que dire des choses intéressantes dans ta vidéo.
Je parlais déjà du glissement technique.
dans un papier que j'ai appelé «Comment arrêter de subir les algos» et je crois que ça se recoupe ici.
Aujourd'hui, tout ce que j'appelle les petites tâches chiantes, c'est comme ça que je les appelle dans ma tête, J'ai fait une estimation sur mes dernières mises en ligne.
Pour publier un texte sur Substack, 35% de mon temps, je le passe à faire les petits trucs chiants, c'est-à-dire publier sur Substack, mettre les machins en gras, etc. Aller trouver un visuel, faire en sorte que ce soit bien publié au bon moment, alors que c'est pas ça le cœur du truc.
Sur YouTube, ça passe à 50%.
Parce qu'il y a toute la vignette, le machin, etc. moi je ne me prends pas trop la tête avec ça en général.
Visualise un petit peu ça.
35% de ton temps de créateur minimum, tu le passes à nourrir la machine avec des descriptions, des vignettes, des chapitres, et tout le tralala du créateur de contenu.
Et même si c'était 10%.
Donc oui, si lasser mes chaussures, ça mettait en péril ma capacité à mettre mes chaussures, je demanderais à l'IA de faire ça pour moi.
Ou je mettrais des chaussures sans lacets parce que d'ailleurs, ça c'était la technique numéro 1.
Utiliser l'IA pour faire tes lacets, mais la technique numéro 2, elle est tout aussi légitime.
C'est ce que j'appelle la technique des chaussures sans lacets.
L'autre jour, sur la communauté de Nicolas Galita, on parlait de l'inconfort de regarder sa webcam dans les yeux pour faire du contenu vidéo.
injonctions sociales sur les réseaux sociaux en ce moment».
Est-ce que ça ajoute vraiment quelque chose?
Qu'on regarde la caméra dans les yeux?
Est-ce qu'on ne se prend pas trop la tête à faire des trucs pros alors qu'au final, le contenu, c'est quand même pour le contenu après tout?
Donc ça, c'est la technique des chaussures sans lacets.
Ça veut dire ne pas faire les trucs chiants.
Et je vais te révéler un truc.
Quand j'ai des gens qui viennent me voir en coaching qui me disent «ah, je n'arrive pas à faire ça parce que blablabla », etc., qui procrastinent un peu certaines choses.
Quand je leur dis «pourquoi est-ce que tu essaies de ne pas le faire?» c'est
mentionner ce truc-là en disant «on ne va pas faire ça, on va faire soit un truc qui prend beaucoup moins de temps, soit on ne va pas le faire, ce n'est pas grave».
C'est ce qui me vaut le plus de retours positifs en coaching.
Et derrière, les gens sont épatés qu'on peut ne pas faire certaines choses.
Et je dis ça, mais j'ai des clients qui sont totalement adorables, des clients qui sont totalement intelligents sur tous les points.
Mais on ne se rend pas compte à quel point on se complique la vie parfois pour des trucs qui vraiment n'en valent pas la peine.
Et ça paraît évident dit comme ça, mais quand on a le nez dedans, c'est pas facile en fait.
On baigne tous dans cette culture de la surproduction.
Je ne vais pas te faire une description, tu vois de quoi je parle.
Il faut que ce soit visuellement pro.
Mais pourquoi en fait?
Pourquoi est-ce qu'il faut que ce soit comme ça?
Pourquoi est-ce qu'un article doit faire 1500 mots?
Pourquoi est-ce que tu dois être sur Instagram?
Pourquoi est-ce que ta newsletter doit avoir un email de bienvenue?
Tout peut être remis en question au bout d'un moment.
Et tout peut être du coup mis de côté selon tes objectifs et ce que tu aimes faire.
Et je dis ça comme si bien sûr j'étais immune à tout ça, mais c'est un combat avec tes réflexes, donc c'est simple mais c'est pas facile.
Parce que tout ça, ça part du sentiment de bien vouloir faire à la base.
Tu vois, si on se prend la tête à écrire un article de 1500 mots, c'est parce qu'on pense qu'un article ça doit faire 1500 mots, parce que c'est ça que… Donc comme on veut bien faire, on fait le truc.
Et récemment, pour te donner un exemple perso, je me suis rendue compte que je n'étais pas obligée de faire un article de 1500 mots.
Je n'étais pas obligée de faire un article d'une certaine longueur.
Même Substack ne va pas te dire «il n'y a pas assez de mots dans ton article, je ne peux pas le publier».
Tu peux faire un article de 3 lignes.
Si l'envie t'en prend, tu peux faire un article de 3 lignes.
Tu peux envoyer une newsletter qui ne ressemble pas à une newsletter avec des machins etc. et des petits emojis partout.
Ce n'est pas facile Si tu as une certaine idée d'un article ou d'une newsletter, c'est comme ça que tu veux faire.
Mais c'est simple, parce qu'il suffit de ne pas le faire.
Mais comme tu as envie de bien faire, tu finis par écrire ton article de 1500 mots et sur les 1500, il y en a peut-être 50%, c'est que du meublage en fait.
Il n'y a pas que du mauvais dans le meublage, mais c'est une discussion pour une autre vidéo.
Donc pour me déformationner, c'est comme ça que j'appelle ça, déformationner.
En ce moment, je fais n'importe quoi sur les réseaux sociaux, je poste ce qui me passe par la tête, notamment sur Substacknotes.
Je me suis lancée dans l'écriture d'un blog perso en anglais, sans but de production, sans but de longueur, et ça me libère totalement.
j'en suis arrivée à un moment où j'écrivais deux à trois fois par jour sur ce blog.
Si tu lis l'anglais, je te mettrai le lien dans la description, tu peux commencer par un article qui s'appelle «Fuckformat».
La question, c'est maintenant comment est-ce qu'on décide quelle technique adopter dans quelle situation?
La technique des chaussures sans lacets ou la technique avec les lacets qui sont faits par l'IA?
Parce que ne pas faire, ce n'est pas toujours dans ton intérêt.
Et se faire aider, c'est sans fin.
Aujourd'hui, tu peux utiliser plein de choses pour te faire aider.
L'intelligence artificielle notamment, elle peut vraiment presque tout faire tout seule.
Je pense que c'est une décision qui est un petit peu trop personnelle pour que je te parle ici en mode principe.
Je ne peux que te dire comment moi, je prends ce genre de décision pour moi.
Prenons un exemple perso, les chapitres YouTube.
Bon, c'est une tâche qui est super chiante.
Vraiment, c'est le genre de tâche que je procrastinerais des plombes.
C'est pas grand-chose, mais ça me fait chier.
Je pourrais ne pas le faire.
En vrai, ça ne va pas changer drastiquement le référencement de mes vidéos.
Mais c'est sympa, c'est sympa pour l'utilisateur.
Je pense donc à toi et j'essaye de faire des chapitres sur mes vidéos YouTube.
Donc, le premier critère, c'est est-ce que ça ajoute vraiment quelque chose de pratique à l'expérience de la personne qui va regarder ton contenu ou qui va lire ton article?
Autre exemple, regarder la caméra.
Là aussi, on peut utiliser ce critère-là.
Est-ce que ça change vraiment en pratique l'expérience du consommateur?
Non, enfin peut-être une minorité de gens je pense, mais vraiment la plupart des gens s'en foutent.
Disons que c'est un 5% sur l'échelle de l'utilité.
Donc la technique des chaussures sans lacets ici est intéressante.
Je ne fais pas attention à si je regarde la caméra ou pas, et je ne vais pas refaire 36 000 fois la même prise juste pour regarder la caméra dans les yeux.
Donc j'utilise la technique des chaussures sans lacets et je ne fais pas d'effort là-dessus.
D'ailleurs souvent, je fais des vidéos où on ne voit même pas ma tête.
Après je regarde aussi, est-ce que je peux déléguer à l'IA ou est-ce que j'ai le budget pour déléguer à un prestataire?
Parce qu'après c'est une question de temps et de budget.
Est-ce que j'ai l'énergie, le temps, ce qu'il faut pour faire tout ça avec l'IA?
Est-ce que ça vaut le coup?
Et est-ce que derrière je peux aller faire appel à quelqu'un et qu'il le fasse pour moi?
Les chapitres, c'est assez facile, ça prend 30 secondes, tu peux aller regarder ma dernière vidéo.
Je délègue ça à l'IA, c'est facile.
Tu remarqueras d'ailleurs qu'avant, toutes les vidéos qui faisaient plus de deux heures étaient les seules à avoir des chapitres.
Celles qui étaient en dessous, je ne me prenais pas la tête parce que je ne savais pas comment faire ça avec l'intelligence artificielle avant.
Donc ce qui reste chiant mais qui ne peut pas se déléguer, ni pas se faire, je fais comme tout le monde en fait.
Je fais mais je râle.
Ce n'est pas particulièrement efficace, je vais te l'avouer, mais bon.
Bon, je suis partie un peu loin depuis mon commentaire.
Mais en même temps, faut pas me lancer sur ces sujets-là non plus.
Le but de cette vidéo, c'est vraiment de te faire passer le message que t'es pas obligée de faire tous les trucs chiants.
C'est un message qui paraît pas forcément révolutionnaire, mais en fait, un petit peu quand même.
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