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Dupont de Ligonnès : qui est le VRAI coupable ? (Documentaire)

By Ovaires the Rainbow

Summary

Topics Covered

  • Le contrôle coercitif prépare le féminicide
  • Le bon père de famille masque la violence patriarcale
  • Le féminicide n'est jamais un crime d'amour
  • Les victimesкрас desaparecidas derrière leur bourreau
  • Le continuum des violences patriarcales mène au meurtre

Full Transcript

Épilogue macabre donc pour ce qui était jusque-là une disparition mystérieuse 50 ans au multiples visages meurtre dans la famille des restes de corps humain ont été quel est le vrai visage de Xavier du

Xavier du pont de l'igonè j'avais 10 ans mais je m'en rappelle comme si c'était hier en avril 2011 la France entière apprend qu'un homme Xavier Dupont de Ligoness aurait assassiné son épouse et ses quatre

enfants avant de disparaître un quintuple meurtre qui a lieu tout près de chez moi à au 55 boulevard Robert Schuman. À l'époque comme beaucoup de

Schuman. À l'époque comme beaucoup de personnes, cette affaire m'interpelle.

Je suis les infos avec attention, guettant la trace de Xavier Dupont de Ligoness et j'y pense encore souvent, même aujourd'hui. Mais où est-il ? Bien

même aujourd'hui. Mais où est-il ? Bien

plus que les visages d'Agnès, d'Arthur, de Thomas, [musique] d'Anne et de Benoît, les cinq victimes, c'est lui qu'on a retenu. Xavier est en fait [musique] l'un des suspects criminels les plus connus de France sur lequel on

continue aujourd'hui de faire mouet théorie. Il est même, je dirais,

théorie. Il est même, je dirais, [musique] entré dans la culture populaire comme un Jeffrey d'amer ou un tueur du zodiaque. 15 ans après la découverte des [musique] corps de la famille du pont de Ligoness, le sort de

Xavier reste inconnu. N'ayant jamais été retrouvé ni jugé, il demeure au sens de la loi présumé innocent. Ce documentaire

ne prétend pas [musique] se substituer à la justice. Il propose une analyse de

la justice. Il propose une analyse de l'affaire basée sur les éléments de l'enquête à travers la thèse criminelle retenue par les autorités. En 15 ans, il s'est passé beaucoup de choses dans la

société. mais aussi en moi. J'ai grandi,

société. mais aussi en moi. J'ai grandi,

j'ai évolué. Mon intérêt pour l'univers des enquêtes criminelles est toujours d'actualité et j'ai beaucoup lu, écouté et regardé de contenu sur l'affaire.

Mais en 15 ans, je suis aussi devenue féministe, créatrice de contenu notamment et une partie de mon métier consiste aujourd'hui à raconter les histoires des femmes et des enfants victimes de la violence masculine. Et

c'est ainsi qu'un jour, j'ai réalisé une évidence. Agnès, Arthur, Thomas, Anne et

évidence. Agnès, Arthur, Thomas, Anne et Benoît ont disparu derrière la figure mystérieuse de Xavier et avec eux ont aussi disparu [musique] leur voix et toute une dimension d'analyse pourtant

cruciale à la compréhension [musique] de ce qui est arrivé. Me replonger dans cette histoire m'a fait me demander comment elle aurait été traitée si elle avait eu lieu aujourd'hui en 2026 dans

une société post me bien plus éveillée qu'à [musique] l'époque sur le sujet des violences patriarcales. Je vous propose

violences patriarcales. Je vous propose de découvrir ensemble l'angle mort de l'affaire du pont de l'igon. l'autopsie

d'un crime patriarcal.

Je rencontre Jean au hasard de la vie.

Il me connaît, moi pas. En fait, celle qu'il connaît, c'est Tover The Rainbow, mon identité militante sur internet. Il

me suit depuis longtemps parce qu'il se sent concerné par les violences commises contre les femmes et les enfants. Cet

intérêt ne vient pas de nulle part mais d'un drame qu'il a touché de près il y a 15 ans. Thomas le deuxè fils de Ligones

15 ans. Thomas le deuxè fils de Ligones était son meilleur ami. Jean est une victime collatérale du drama. Un jeune

homme qui tout juste sorti de l'adolescence a perdu de la plus violente des manières un pilier de sa vie et qui en plus du drame a dû faire face aux tourbillons médiatiques, aux regards indiscrets et surtout aux

questions sans réponse dans la violence de l'absence de Thomas. Je me suis donc rendue chez lui pour en apprendre davantage sur Thomas. Pour moi, Thomas c'était mon meilleur ami. On s'est

rencontré en 5e. Donc on a connu voilà tout notre collège, notre lycée ensuite et on a on a fait beaucoup de musique ensemble.

Jean m'a aussi présenté une autre proche de Thomas, son ami Géraldine. Comme lui,

elle a accepté de témoigner en conservant son anonymat pour me parler des victimes.

On a passé beaucoup d'après-midis ensemble. On partageait certains centres

ensemble. On partageait certains centres d'intérêt, le cinéma, on a passé beaucoup de temps ensemble les samedis après-midi à aller au cinéma et avec gens on formait voilà une sorte de petit

trio euh passer des weekends ensemble et non c'était c'était un ami très proche pendant plusieurs années collège lycée. Ouais. Thomas c'était c'était

lycée. Ouais. Thomas c'était c'était quelqu'un qui avait beaucoup d'humour, qui adorait la musique, c'était vraiment sa passion. Donc il passait beaucoup de

sa passion. Donc il passait beaucoup de temps à faire de la musique, il faisait de la guitare. À l'époque, il y a eu un groupe de musique qui s'est créé aussi.

Donc il passait du temps à faire des répétitions. C'était quelqu'un de joyeux

répétitions. C'était quelqu'un de joyeux qui était assez studieux aussi, qui était assez bon à l'école et voilà quelqu'un qui était qui était vraiment tout le temps de bonne humeur quoi. Donc

refaisons un point sur la famille.

L'aîné est Arthur né en 1990 d'une relation de sa mère Agnès avec un autre homme qui n'a pas voulu reconnaître le bébé. Agnès, à qui Xavier s'était fiancé

bébé. Agnès, à qui Xavier s'était fiancé plusieurs années auparavant avant de l'abandonner soudainement, recroise la route de Xavier. C'est là qu'il décide de l'épouser alors qu'elle est enceinte

endossant une figure de sauveur. Une

dynamique qui, selon l'analyse que je développerai laisse transparaître les prémisses d'un contrôle coercitif et d'un comportement manipulateur. Maître

Pauline Rongier, avocate pénaliste engagé dans la lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants, explique cette notion de contrôle coercitif. contrecoeritif,

contrôle coercitif. contrecoeritif, c'est un ensemble justement de comportement de l'auteur qui vise à contrôler sa victime. On parlait souvent

d'emprise avant, mais c'était pas une bonne approche parce que en prise, on a l'impression que la victime joue un rôle en fait dans l'état dans lequel elle est. C'est vu du côté de la victime qui

est. C'est vu du côté de la victime qui est sous-prise avec une idée presque de faiblesse, de fragilité et cetera, contrôle coercitif. Ce sont vraiment des

contrôle coercitif. Ce sont vraiment des c'est des actes matériels qui peuvent être constatés. C'est contrôler son

être constatés. C'est contrôler son compte bancaire, c'est contrôler ses papiers administratifs, c'est contrôler ses sorties, c'est contrôler ses relations, contrôler ses horaires. Et

c'est vrai qu'il y a beaucoup de personnes aujourd'hui qui militent pour une reconnaissance vraiment dans la loi pénale, du contrôle coercitif comme c'est le cas dans d'autres dans d'autres pays.

Après leur mariage et la naissance d'Arthur que Xavier reconnaît comme son fils, ils ont trois autres enfants.

Thomas né en 1992, Anne né en 1994 et Benoît né en 1997. J'ai demandé à Jean et Géraldine s'il pouvait me parler des autres victimes.

Je connaissais donc à Arthur qui était l'aîné euh qui était euh un jeune super sportif, très aimé de ses amis et qui aimait bien faire la fête aussi mais qui

était vraiment euh quelqu'un au grand cœur. Je connaissais aussi Anne qui j'ai

cœur. Je connaissais aussi Anne qui j'ai donné des leçons de de guitare et qui était également une amie de ma sœur et

qui était aussi pleine de vie. une jeune

fille complètement de bah de son âge qui avait on avait beaucoup d'amis, beaucoup de qui étaient très bien entourés et puis Benoît qui était plus jeune mais qui montrait déjà beaucoup de

d'intelligence et beaucoup de d'empathie avec les autres. C'était vraiment

un un petit garçon très drôle avec de l'humour et en même temps doué dans ce qu'il faisait. La fraterie me donnait

qu'il faisait. La fraterie me donnait vraiment une impression de d'une unité soudée quoi. Ils étaient ils étaient

soudée quoi. Ils étaient ils étaient proches les uns des autres, ils sétaient.

Agnès, c'était une femme très protectrice de ses enfants qui était très douce, très attentive et qui protégeait vraiment sa famille.

Selon les rapports d'enquête, Agnès, Arthur, Anne et Benoît auraient été assassiné par balle lors de la nuit du 4 avril après une soirée en famille, au cinéma et au restaurant. Le 5 avril,

Xavier demande à Thomas, étudiant arrangé, de rentrer de toute urgence sur Nant car Agnès aurait eu un accident.

C'est cette nuit-là, après avoir regardé un film avec son père que Thomas aurait également été tué. Mais les décès ne sont pas connus tout de suite. Xavier

Dupont de Ligoness explique les absences des enfants à leurs écoles, utilise leur téléphone pour prétendre qu'ils sont encore en vie. Le 11 avril, il prévient le collège d'Anne et Benoît du départ de la famille pour l'Australie et informe

l'école où travaille Agnè de sa démission. Puis personne ne donne de

démission. Puis personne ne donne de nouvelles, laissant les proches dans l'incompréhension. Je parlais avec gens

l'incompréhension. Je parlais avec gens et d'autres amis en commun et on m'avait fait part euh d'une absence de réponse de sa part et je me souviens que ça m'avait un petit peu interloqué et donc j'avais fini par lui écrire un message

en lui demandant "Est-ce que tout va bien ? Euh donne-nous des nouvelles." Et

bien ? Euh donne-nous des nouvelles." Et

ce qui est sûr c'est que il y a un moment où on a tous commencé à se dire qu'il devait y avoir un problème.

C'était un moment très euh angoissant de ne pas avoir de nouvelles de leur part.

Et donc oui, moi je me suis rendu plusieurs fois chez eux puisque j'avais l'habitude de d'aller chez eux pour finalement trouver porteclose et donc c'est vrai que c'était assez angoissant,

assez stressant de ne pas avoir de nouvelles.

Xavier Dupont de Ligones envoie également une lettre mystérieuse à plusieurs proches de la famille pour annoncer qu'il travaille depuis plusieurs années pour la DEA, l'agence fédérale américaine dans la lutte contre

les stupéfiants et que la famille a été exfiltrée de toute urgence aux États-Unis. Ils seront maintenant

États-Unis. Ils seront maintenant inoignables pour plusieurs années.

Donc c'est ce sont mes parents qui ont reçu la lettre et ça a été euh une certaine surprise quand on quand on l'a reçu. Mais à ce moment-là, il faut se

reçu. Mais à ce moment-là, il faut se dire que on ne savait pas où ils étaient partis. on ils avaient disparu à ce

partis. on ils avaient disparu à ce moment-là et donc que c'était une sorte de d'espoir auquel se raccrocher. Moi à

ce moment là, j'y j'y ai cru à à à c sur le moment parce que j'espérais j'espérais qu' qu'ils étaient encore vivants. Donc c'est vrai que c'était une

vivants. Donc c'est vrai que c'était une surprise, un petit peu de doute mais aussi un espoir.

Ça a été un premier élément d'explication mais c'était quand même quelque chose d'assez bon. C'était

presque à la limite de l'absurde quoi le contenu de cette lettre et cetera. Et

donc c'est vrai qu'on s'est beaucoup posé de questions mais ça nous a donné un élément d'explication. Ça nous avait un petit peu rassuré pendant un moment et puis après bon ben on a vite deschanter si je peux dire. Le 19 avril,

une enquête est ouverte pour disparition inquiétante. Le 21 avril, les enquêteurs

inquiétante. Le 21 avril, les enquêteurs découvrent sous la terrasse de la maison familiale les corps d'Agnès, Arthur, Thomas, Anne et Benoît, ainsi que des deux Labradors de la famille Léon et

Jules. Les autopsies révèlent que les

Jules. Les autopsies révèlent que les victimes ont été abattuses à bout portant pendant leur sommeil après avoir été drogué au somnifère avec une carabine 22 long rifles.

Ça a été un choc immense. Ça a été vraiment très dur.

à apprendre. On a tous pris conscience qu'on était dans une affaire tragique qui nous impactait tous, les proches, ceux qui connaissaient la famille. Donc

ça a été très dur sur le moment, un un grand choc et puis aussi des questions tout de suite qui viennent. En fait, on se on se pose tout de suite la question de qui est capable de faire ça ? Qui est

capable d'une aussi grande cruauté ?

Très vite, les doutes se portent évidemment sur Xavier qui devient le suspect principal.

À partir de ce moment-là, je me suis dit que Xavier avait pu le faire. Il avait

pu supprimer sa famille parce que je connaissais sa personnalité.

Je voyais qu'il était à ses secrets. Et

avec le recul, il y a plusieurs choses qui me sont revenues en tête des mensonges, de la dissimulation qu'il avait pu faire.

Donc ça a été assez naturel pour moi de d'imaginer que oui, il aurait pu le faire, il aurait il aurait pu être coupable.

Le 28 avril, les obsèques des victimes sont célébrés à l'église Saint-Félix, fréquentée régulièrement par la famille.

J'ai demandé à Jean et Géraldine quel souvenir il gardait de ce moment spécial.

Je me souviens de deux choses. Je me

souviens de des portraits immenses de tous les membres de la famille qu'ils avaient donc mis comme ça devant devant l'hôtel. Je me souviens que ça m'avait

l'hôtel. Je me souviens que ça m'avait fait une une impression d'absurde un petit peu quand j'avais vu ces portraits, ça m'avait un peu choqué la la la taille en fait. Ça faisait un peu waouh. Et le deuxième souvenir, c'était

waouh. Et le deuxième souvenir, c'était le le fait que je me souviens que j'avais échangé un rire nerveux avec une amie parce que parce que c'est difficile quoi d'être on était jeune hein. Enfin bon, les amis

d'An Benoît étaient encore plus jeunes que nous mais c'est vrai que 19 ans Ah oui, c'est ça fait beaucoup.

Ça fait beaucoup. Voilà. Donc c'est vrai que je me souviens qu'on avait rigolé parce que bon, je pense qu'on savait pas trop comment réagir sur le moment, mais je pense c'était vraiment cette impression de Ouais. de de de pas être dans son corps

Ouais. de de de pas être dans son corps un peu quoi.

C'était impressionnant de voir autant de monde euh touché par cette tragédie et même si on se sentait

triste et assez perdu, on sentait que beaucoup de personnes avaient été touchées et donc on se sentait pas seul à ce moment-là.

La violence de cette histoire s'est poursuivie dans le temps pour les proches des victimes entraînant un profond bouleversement pour gens. Il a

fallu aussi être auditionné pour l'enquête et pour tous les deux faire face à l'exceptionnelle médiatisation de cette affaire. Donc moi, j'ai témoigné

cette affaire. Donc moi, j'ai témoigné auprès de la police à l'époque et la police a été vraiment très à l'écoute et très respectueuse. En revanche, de la

très respectueuse. En revanche, de la part des médias, on sentait bien qu'il y avait une envie de du scoop et le traitement médiatique très intrusif à

l'époque a été très dur pour tous les proches. On était sans cesse sollicité

proches. On était sans cesse sollicité par les médias mais d'une façon assez malsine pour avoir surtout des informations choquante

très personnelle sur la famille et surtout sur Xavier mais très peu sur les personnes les victimes. Voilà qui elles étaient.

On voyait beaucoup de reportages mais c'est vrai que je m'y intéress à l'époque. Ce que je faisais beaucoup

l'époque. Ce que je faisais beaucoup c'était je regardais beaucoup sur internet. Je tapais le nom de Xavier, je

internet. Je tapais le nom de Xavier, je regardais ce qui sortait. Ça ça m'a duré quand même pendant plusieurs années assez régulièrement mais c'est vrai que comme je regardais pas la télé, j'ai pas trop de souvenir de ça. Mais je sais

quand même que ce qui m'avait ce qui ressort maintenant quand j'y repense, c'est que c'est vrai qu'il y avait quelque chose de de l'ordre d'un thriller quoi. figure qu'on a créé de

thriller quoi. figure qu'on a créé de Xavier et de de tout ça de comme si en fait c'était lui un petit peu lequel tous les projecteurs se fixent et en

oubliant un petit peu derrière que en fait un peu l'horreur de de de l'affaire en fait c'est comme si on en avait on l'avait érigé en personnalité un peu en

célébrité tout en en éludant l'aspect l'aspect atroce en fait de de l'acte.

C'est vrai que je me souviens d'avoir été choqué par une story que j'avais vu d'une influenceuse que dont dont j'estimais le travail et j'estime toujours d'ailleurs. Voilà, en postant

toujours d'ailleurs. Voilà, en postant une story en mettant le deuxème numéro de société euh avec un pled et euh une tasse de café, les personnes touchées directement ou indirectement par

l'affaire ne peuvent pas attendre de la société qu'elle systématiquement qu'elle qu'elle qu'elle les préserve en ne parlant pas de cette affaire et cetera.

Euh mais c'est vrai que peut-être quand on publie des choses comme ça, peut-être juste se dira je sais pas qui est-ce qui regarde mes stories, peut-être que euh

c'est bizarre de de d'associer une affaire pareille à euh une soirée tranquille au coin du feu.

Voilà.

Si j'interroge Jean et Géraldine sur cette médiatisation, c'est qu'elle est au sens littéral du terme extraordinaire. Pourtant, l'histoire en

extraordinaire. Pourtant, l'histoire en tant que telle est plutôt tristement commune. Agnès, comme une femme tous les

commune. Agnès, comme une femme tous les deux ou trois jours en France, aurait été tuée par celui qui partagea sa vie.

Arthur, Thomas, Anne et Benoît, comme un enfant tous les 5 jours en France aurait été tué par un parent. À ce stade, il est temps de nommer ce que l'enquête suggère. Si l'on suit la thèse

suggère. Si l'on suit la thèse criminelle principale, les faits s'inscrivent dans ce que je qualifie aujourd'hui de féminicides et de quadruple infanticides. Pourtant, à

quadruple infanticides. Pourtant, à l'époque, les mots n'apparaissent pas dans la presse. Les féminicides et les infanticides sont tristement communs et sont la plupart du temps résumé en quelques lignes dans les rubriques de

Féit d'hiver. Ici, ce n'est pas le cas.

Féit d'hiver. Ici, ce n'est pas le cas.

Mais pourquoi ? Les meurtres de la famille du pont de l'igon choquent par leur violence certes, mais aussi par le mystère autour de la figure qui prend le plus de place médiatiquement, celle de

Xavier Dupont de Ligoness. Lui, l'homme

bien sous tout rapport, bon père de famille, bon catholique, bourgeois intégré en société qui tout d'un coup aurait implosé. C'est cela qui retient

aurait implosé. C'est cela qui retient l'attention et son extraordinaire caval rempli de rebondissement. L'affaire de

l'igon devient un mystère sensationnaliste, le drame fascine. Pour

mieux comprendre le phénomène viral de cette affaire, j'ai interrogé la docteur en sociologie et anthropologie Lucy Jouvel le Grand, spécialisé dans les faits d'hivers et la criminologie.

Ça n'a pas été présenté sous l'angle d'un féminicide, sous l'angle d'un infanticide.

Intialement, cette histoire a particulièrement, comment dire heurté les opinions collectives parce qu'elle touchait un milieu qui n'apparaît pas euh de façon régulière dans les médias

qu'on voit dans les images qui ont été diffusées. C'est une maison bourgeoise

diffusées. C'est une maison bourgeoise même si c'était une maison qui était louée. On voit que c'est une grande

louée. On voit que c'est une grande famille avec quatre enfants, une famille type catholique, donc une famille qui était censée représenter en tout cas un

certain idéal pour certaines franches de la population. Ce sont des populations

la population. Ce sont des populations qui habituellement ne font pas la une des journaux. le caractère social classe

des journaux. le caractère social classe saisé euh euh va davantage focaliser l'attention que les victimes.

Effectivement, on le voit alors on le voit que ce soit dans les médias, on le voit par rapport à la qualification même de l'affaire. On aurait pu appeler ça le

de l'affaire. On aurait pu appeler ça le quintup meurtre de la famille de Ligoness. Non, on parle bien de

Ligoness. Non, on parle bien de l'affaire des Xavier de Ligoness. Donc c'est la façon dont on

de Ligoness. Donc c'est la façon dont on appelle une affaire n'est pas anodine et on voit que l'intérêt se cristallise autour du père de famille

mise en cause. Alors ce qui est sûr c'est que au niveau de l'attention médiatique la disparition du principal mise en cause va capter toutes les attentions et que comme il y a pas

d'explication officielle, pas de procès et cetera, tous les possibles peuvent être envisagés. Hm. Et euh est-ce que

être envisagés. Hm. Et euh est-ce que c'est un phénomène commun justement cet effacement des victimes au profit de l'auteur qui prend toute la place dans ce genre d'affaire ? Comment est-ce

qu'on peut l'expliquer ?

Ça dépend en fait des protagonistes de l'affaire. On a par exemple le Petit

l'affaire. On a par exemple le Petit Émile euh dans l'affaire du Petit Émile qui est récente, on entend beaucoup parler du petit Émile. On parle beaucoup de la victime. D'ailleurs euh au niveau médiatique, le nom va se concentrer sur

la victime. On voit que l'attention à la

la victime. On voit que l'attention à la façon dont on qualifie l'affaire donne beaucoup aussi euh sur le point qui va davantage intéresser euh et sur lequel

va se cristalliser toute l'attention sur une affaire. Il y a effectivement un

une affaire. Il y a effectivement un aspect rocambolesque, c'est-à-dire qu'on a des épisodes et tous ces épisodes à part la découverte des corps sont lié à Xavier Dupont de Lyoness.

Est-ce que vous pensez que l'affaire elle serait traitée différemment médiatiquement si elle avait lieu aujourd'hui dans les années 2026 ?

On parle pas de la même manière de féminicide en 2011 qu'aujourd'hui.

D'ailleurs, on en parlait pas en 2011.

Euh c'était une question qui se posait pas. On voit même dans les années 2000,

pas. On voit même dans les années 2000, on parlait de crime passionnel.

Euh voilà, là on est dans un autre registre. Ce fait de parler de

registre. Ce fait de parler de féminicide, c'est une façon aussi de traduire un autre regard sur le monde

conjugal où ce n'est pas un crime passionnel romanesque mais davantage une volonté de tuer son partenaire de vie parce que soit le partenaire de vie veut

partir ou ici on peut se poser la question dans quelle mesure le fait que le train de vie que Xavier du Ligoness mené n'ait plus de sens et que après lui

plus rien ne devrait exister hein. C'est

le cas d'un certain nombre de féminicides. Quand c'est remise en

féminicides. Quand c'est remise en cause, on peut voir effectivement des infanticides et des féminicides arrivés.

Les questions que j'ai posé à Lucy me trottent dans la tête depuis plusieurs années. Contrairement à ce qu'on pu

années. Contrairement à ce qu'on pu laisser croire de nombreux médias, ce quintuple homicide n'était pas si surprenant. Il ne sortait pas de nulle

surprenant. Il ne sortait pas de nulle part. En fait, à force de me renseigner

part. En fait, à force de me renseigner sur lui, j'ai fini par percevoir chez Xavier Dupont de Ligones ce que la sociologie des violences intrafamiliales décrit comme le profil de l'agresseur.

Pour cela, il faut que je vous parle un peu plus de lui. Pas pour le dédouiner ou chercher à justifier ses actes, mais pour mieux cerner ensemble à quoi ressemble un profil d'homme violent.

Xavier Dupont de Ligoness naît en 1961 dans un foyer familial peu équilibré.

Son père quitte la famille en 1972 pour vivre avec sa maîtresse, monte une entreprise et accumule les dettes à l'Ursaf. Il laisse sa famille ruiné. Sa

l'Ursaf. Il laisse sa famille ruiné. Sa

mère sombre dans un ésotérisme religieux. Elle dit recevoir des

religieux. Elle dit recevoir des messages divins. Elle manipule ses

messages divins. Elle manipule ses enfants et les couples du monde, créant même son propre mouvement religieux accusé de dérives sectaire par la Mvilude, le groupe de Philadelphie,

aussi appelé le jardin. De son côté, le jeune Xavier semble développer des traits de personnalité narcissiques, un besoin constant d'admiration et surtout une exigence absolue d'obéissance. Il

trouve cela en Emmanuel Toner qui est amoureux de Xavier et qui ne lui cache pas. Il semble très vite sous son

pas. Il semble très vite sous son emprise et lui dédie son existence, n'hésitant pas à lui prêter beaucoup d'argent. Son second meilleur ami est

d'argent. Son second meilleur ami est Michel Rétif avec il partage une passion dévorante pour les États-Unis. Passion

qui les conduira à vivre là-bas plusieurs mois en faisant affaire avec des méthodes douteuses. Comme son père, Xavier rêve d'entreprise à succès. Il

est obsédé par la réussite, la grandeur, le succès à l'américaine, l'argent. Mais

comme son père, il ne paye pas ses dettes et comme son père, il échoue lamentablement. À chaque fois qu'il

lamentablement. À chaque fois qu'il croit trouver une nouvelle idée de génie pour le rendre riche, il s'y prend mal et rate. Mais en bon manipulateur, il

et rate. Mais en bon manipulateur, il peut compter sur son entourage, notamment sur ses deux amis pour le dépanner financièrement à chaque fois.

Il s'appuie également sur son épouse Agnès dont il aurait dilapidé l'héritage par des pressions psychologiques constantes. Dès 2004, cette dernière

constantes. Dès 2004, cette dernière expose d'ailleurs son désespoir sur des forums en ligne à travers des messages qui traduisent le contrôle coercitif sous lequel elle se trouve. Elle écrit

par exemple "J'ai un mari qui est très vieux jeu dans ce rôle de chef de famille, de mari qui doit ramener sa croûte mais il n'est ni tendre, ni câlin, ni attentif." En fait, Xavier Dupont de Ligoness a le comportement

typique d'un homme violent. Il assoit

son emprise sur Agnè dès le début de la relation en se positionnant en sauveur de la fille mère qui s'apprête à donner naissance à un fils illégitime et qui sera donc renié de la petite bourgeoisie

versailles. Il accepte de la récupérer

versailles. Il accepte de la récupérer plusieurs années après l'échec de leur fiançaille. Il est en position de

fiançaille. Il est en position de pouvoir, lui le pseudo-entrepreneur des États-Unis, elle la fille abandonnée dans une mauvaise posture. Dans leur

relation, alors même qu'il enchaîne les échecs professionnels, Xavier persuadè qu'elle n'est pas assez intelligente, qu'elle vaut moins que lui. Il pratique

le gaz lighting, une technique de manipulation cognitive qui présente l'information sous un certain angle pour faire douter une victime de sa perception de la réalité. Lorsqu'elle

s'inquiète des rentrées d'argent et notamment de ce qu'il fait de son argent à elle, il lui reproche de ne pas le soutenir alors qu'il se tue à la tâche.

Il reprend toujours comme argument celui de cette dette initiale sur laquelle se base leur relation. Il l'a sauvé. Elle

lui doit bien ça. Un autre bon exemple avec ce message de 2005 tandis qu'elle refuse de lui remettre les derniers milliers d'euros de l'héritage qu'il a dilapidé. Ma pauvre chérie, je ne veux

dilapidé. Ma pauvre chérie, je ne veux pas te culpabiliser, mais ce n'est pas moi qui nous a amené là comme tu dis.

Mais-toi ! En refusant depuis mars de vendre 2000 € de part précaution mal placée. À l'époque, Agnès perd 20 kg.

placée. À l'époque, Agnès perd 20 kg.

Elle est en dépression. En juillet de cette année, Xavier envoie une lettre à leur famille et leurs amis en expliquant qu'Anè et lui se séparent en culpabilisant sa femme et en se présentant en martyre et en gène. 3 mois

plus tard, il réinstore l'emprise en acceptant une fois de plus de la reprendre. Dans une nouvelle lettre

reprendre. Dans une nouvelle lettre extrêmement humiliante pour son épouse, des parties qui se veulent écrites par Agnè disent "J'ai foi en ces projets qui sont maintenant bien avancés et prometteurs et je regrette de lui avoir

mis des bâtons dans les roues." Xavier y écrit également qu'il veut tenter d'effacer l'image négative qu'Agè a pu donner de lui. On observe ici un retournement de situations caractéristiques des dynamiques de

violence conjugale. l'absence de remise

violence conjugale. l'absence de remise en question de celui qui exerce le contrôle et la culpabilisation systématique de la victime. En 2006,

Agnès commence à entretenir une relation d'abord purement épistolaire avec Michel Rétif, le meilleur ami de Xavier. Quand

il l'apprend, Xavier n'est même pas tant en colère. Il veut seulement continuer à

en colère. Il veut seulement continuer à faire ce qu'il fait toujours contrôler.

Il décide de partager sa femme avec son ami de manière organisée et méthodique dans le monde physique et dans le monde virtuel. Il demande aussi à être mis en

virtuel. Il demande aussi à être mis en copie de tous les échanges entre sa femme et son amie, ce qu'ils acceptent toujours sous son emprise. Pour en

savoir plus sur le profil de Xavier, je me suis rendue dans un endroit consacré aux victimes de violence. J'y avais

moi-même franchi la porte il y a 7 ans quand j'avais 18 ans pour trouver des réponses après 3 ans de relations violentes vécues au lycée. J'y retourne

avec beaucoup de gratitude et d'émotions. Mais cette fois je n'y viens

d'émotions. Mais cette fois je n'y viens pas pour moi mais pour interroger Catherine Vigot, directrice de l'association Solidarité femmes Loire Atlantique sur le comportement de Xavier. On a plutôt tendance à

Xavier. On a plutôt tendance à considérer que les violences conjugales, ça concerne uniquement les coûts qui sont portés par l'agresseur envers euh la femme. que les violences conjugales,

la femme. que les violences conjugales, ça recouvre un ensemble de violences qui sont pour certaines invisibilisées comme les violences économiques ou les violences psychologique qui sont

compliquées à décrire, capter la la ressource du foyer, empêcher madame d'avoir accès à des ressources, limiter son autonomie financière, lui donner

comme dans une relation d'adulte à enfant, lui donner de l'argent pour des courses en limitant la le montant donné ou alors ce qui se produit également

C'est un homme qui va contracter des prêts aux deux noms et qui va rendre madame insolvable. C'est une vision

madame insolvable. C'est une vision propriétaire du tout de la femme, des enfants et de l'argent.

Quand je pense tromperie, mensonge, secret, un autre sujet me vient en tête, celui de l'inceste et de l'incestuel.

L'inceste est un fléo très largement répandu. En France, toutes les 3

répandu. En France, toutes les 3 minutes, au moins un enfant est victime d'incestes, de viol ou d'agression sexuelle. Mais l'inceste, ce ne sont pas

sexuelle. Mais l'inceste, ce ne sont pas que les violences sexuelles. C'est avant

tout une atmosphère de manipulation qui brouille les frontières de l'intimité au sein de familles dysfonctionnelles. La

recherche en victimologie soulligne souvent la récurrence des schémas traumatiques dans les parcours d'auteur de violence. Sans établir de causalité

de violence. Sans établir de causalité directe, il est frappant d'observer la prévalence des climats incestueux dans certains profils criminels. Pour citer

des cas récents, je pense à la meurtrière d'Abia Benkired qui a violé puis tué Lola Davier en 2022 et qui a dit lors de son procès avoir elle-même subi de l'inceste. Je pense aussi à

Dominique Péico qui a violé et fait violer son épouse Giselle par des dizaines d'hommes et qui a aussi été accusé d'inceste par sa fille Caroline.

lui aussi a grandi dans un climat incestuel et dit avoir subi des agressions quand il était enfant. Dans

l'affaire Xavier du pont de Ligonè, si aucun élément n'indique des violences sexuelles directes, l'atmosphère familiale interroge. Sous l'autorité

familiale interroge. Sous l'autorité spirituelle absolue de sa mère au sein de Philadelphie, Xavier semble avoir grandi dans ce système où l'emprise était la règle. Ce climat de confusion

entre le sacré, l'intime et le contrôle correspond à ce que certains spécialistes appellent le climat incensuel. Une emprise qui semble s'être

incensuel. Une emprise qui semble s'être étendue de manière singulière sur Christine, sa sœur, dont la vie est restée étroitement liée à celle de sa mère et aux doctrines du groupe Philadelphie. L'événement qui m'a mis la

Philadelphie. L'événement qui m'a mis la puce inceste à l'oreille, c'est un épisode marquant rapporté par l'enquête du magazine Society. Les journalistes

évoquent un rituel à connotation sexuelle qui aurait été organisé par Jeun Viève, la mère de Xavier, en 1995.

Selon ces témoignages, sa fille aurait été placée au centre d'une mise en scène mystique visant à engendrer un enfant sacré. Ces allégations bien que

sacré. Ces allégations bien que formellement démenties par les intéressés interrogent sur la porosité des frontières de l'intimité au sein de ce groupe. Encore aujourd'hui, Christine

ce groupe. Encore aujourd'hui, Christine semble vivre coupée du monde, persuadée que cette histoire est un complot, que les corps retrouvés ne sont pas ceux de la famille, que son frère est innocent.

Point de vue qu'elle racontait encore dans un livre sorti en 2024. Pour

explorer cette piste, j'ai quitté Nant pour Paris à la rencontre d'une autrice et militante très intéressante. Vous la

connaissez peut-être. Il s'agit de Cécile sa elle a accepté de me donner son avis d'experte et de personnes concernées par l'inceste sur cette histoire. Grâce à son témoignage, nous

histoire. Grâce à son témoignage, nous allons comprendre comment un tel environnement peut façonner une personnalité au point de lui donner un sentiment de toute puuissance et de droit de vie ou de mort sur les siens.

Du coup, moi Cécile, quand j'ai euh quand j'ai travaillé sur l'affaire et que j'ai vu ce fameux événement de 1995, ça m'a tout de suite mis la puce à l'oreille sur le sujet inceste. C'est

pour ça que j'ai pensé à toi. Qu'est-ce

que tu en fais toi comme analyse de cet événement ? Et est-ce que ça veut dire

événement ? Et est-ce que ça veut dire selon toi qu'on peut parler euh d'inceste potentiellement dans la famille du Pligon ? Une mère qui utilise sa fille et qui lui demande ou la

prépare mentalement pour avoir des relations sexuelles commandité entre guillemets par la mère. Bien évidemment

que c'est euh c'est une relation incestueuse. On est dans un système

incestueuse. On est dans un système familial clos. La sexualité des uns

familial clos. La sexualité des uns déborde sur la sexualité des autres.

C'est horrible. Enfin, je veux dire pour une enfant d'être comme ça dans l'emprise et la prolongation des désirs sexuels de sa mère. Moi, j'utilise le

mot incestuel pour avoir prise sur tous ces éléments qui ne relèvent pas du viol. Mais quand je l'utilise, j'ai

viol. Mais quand je l'utilise, j'ai toujours en ligne de mire que il y a pas d'inceste au sens de viol sans incestuel comme structure familiale qui qui permet et qui soutend et qui est la condition

de possibilité du viol. Et il y a pas non plus d'incestuel dans une famille s'il y a pas un moment d'être de viol.

En fait, les deux vont ensemble. une

mère qui crée un groupe ou un groupuscule sectaire et puis qui enferme ses enfants dedans et qui va demander à ses enfants d'avoir certaines conduites en fonction de

l'idéologie sectaire qu'elle a mis en place. Évidemment, c'est enfin ça crève

place. Évidemment, c'est enfin ça crève les yeux que c'est de l'inceste dans le rapport de la civis donc qui est la commission indépendante sur les violences sexuelles commises sur les enfants. Il y a tout un chapitre sur

enfants. Il y a tout un chapitre sur l'incestuel. Le premier critère, celui

l'incestuel. Le premier critère, celui qu'on oublie toujours parce qu'on parle beaucoup de absence de verrou aux portes ou promiscuité ou le fait d'être nu en famille et cetera. Mais le premier

critère qui est donné par la civise, c'est l'interdiction de penser par soi-même. Et en fait, c'est la

soi-même. Et en fait, c'est la définition de la secte. Il y a un roman familial auquel on doit adhérer et c'est impossible d'avoir son propre récit vis-à-vis de la famille. C'est

impossible d'avoir sa propre voix et tout le monde doit avoir la même version du récit familial. En fait, c'est de la tyrannie absolue grandir dans une famille où euh tu perds l'amour de ton

père si tu dis un mot qui va en dehors du récit qu'il impose. En fait, c'est une terreur euh permanente et et diffuse et encore plus difficile à qu'elle est euh difficile à nommer. En fait, la

plupart du temps, les enfants qui vivent ça n'ont même pas conscience qu'ils vivent ça en fait puisqu'ils sont pris dedans. Pour que il puisse y avoir viol

dedans. Pour que il puisse y avoir viol ou agression sexuelle ou harcèlement moral en fait des enfants dans une famille, il faut mentir en permanence.

Il faut dire que ce qu'on voit c'est pas ce qu'on voit. Il faut dire que c'est ce geste là n'est pas une agression. Ce

[grognement] que papa a fait bah c'était pas un viol ou il faut faire comme s'il n'avait pas eu lieu. En fait c'est du gas lighting permanent. Je crois que c'est Dorothé DC qui dit ça dans le berceau des dominations. Elle montre que

parmi tous ces enquêtés en fait il y a cette récurrence du mensonge et donc le mensonge c'est un marqueur incestueux.

Je me rappelle que quand on a discuté ensemble avant l'interview tu m'as dit se tuer en famille c'est aussi de l'inceste. Pourquoi

l'inceste. Pourquoi l'inceste ? l'idée que les enfants

l'inceste ? l'idée que les enfants appartiennent au clan. À partir du moment où un enfant appartient au clan, bah son corps appartient au clan. Donc

on peut l'intruiser mais sa vie aussi finalement tuer un enfant soit récalitrant soit pour une enfin quelle que soit la raison en fait c'est dans la

logique même c'est c'est vraiment le pat familias latin qui a droit de vie et de mort sur les membres de la gain familias donc de la famille au sens élargi et

c'est vraiment cette logique là qui est qui est dans l'inceste. Les explications

de ces cils sur l'importance du secret et du mensonge éclairent d'un jour nouveau l'histoire de Xavier. Selon mon

analyse, il semble avoir reproduit ces mécanismes de manipulation et de dissimulation acquis dans sa jeunesse au sein de son propre foyer. Si nous

n'aurons sans doute jamais accès à l'entièreté de ce qui se jouait derrière les portes closes du 55 boulevard Schuman, les éléments de l'enquête suggèrent une emprise profonde restée invisible pour l'extérieur. Pourtant

quand on parle secret et manipulation, cela n'étonne pas tellement gens. C'est

après coup qu'on se rend compte de l'emprise que lui pouvait avoir sur les enfants. Je me souviens que Thomas me

enfants. Je me souviens que Thomas me disait que euh il pensait qu'ils allaient déménager pour une plus grande maison quelques mois avant qu'on

découvre leur corps, que le discours qu'il avait auprès d'eux était très positif, très rassurant. Mais pourtant

ça ne m'étonne pas moi que que financièrement ça n'allait ça n'allait pas pour lui. On était dans la dans la famille d'Anè en Bourgogne et je

rentrais avec lui en voiture et il m'a demandé de payer le péage avec ma carte de crédit à l'époque et il m'a remboursé seulement quelques

semaines plus tard. Donc c'est vrai qu'après avec le recul ça paraît quand même fou. hm

même fou. hm euh de se dire que bah oui, il n'avait pas assez pour payer le péage. Le

prétexte qu'il avait utilisé évidemment, c'est qu'il avait oublié sa carte, mais euh je suis persé que c'était à cause de ses problèmes financiers. Je pense que les enfants n'étaient pas au courant ou

alors ne s'en doutaient pas à ce point-là. Mais je pense qu'Agnè savait

point-là. Mais je pense qu'Agnè savait dans les derniers échanges que j'ai pu avoir avec elle, je la trouvais très triste, un peu effacée et je pense

qu'elle avait conscience de ses problèmes financiers. Je ressentais une

problèmes financiers. Je ressentais une sorte d'angoisse mais je pense que elle n'était pas au courant de quoi que ce soit des projets de de éventuels de

Xavier de mettre fin à leur vie. Je

pense que si elle avait su que il leur voulait du mal, je pense qu'elle aurait protéger ses enfants.

Comme toujours dans ce type de cas, le drame ne semble pas être un axe isolé, mais l'aboutissement d'un processus réfléchi, pensé et même évoqué avant le passage à l'acte. En effet, Xavier se

sent rattrapé par l'accumulation de ses mauvaises décisions. Il a créé depuis

mauvaises décisions. Il a créé depuis des années, ce qui peut s'apparenter à une forme de système de ponzi. Il

emprunte à des personnes pour rembourser d'autres. sans jamais réussir à éponger

d'autres. sans jamais réussir à éponger les dettes initiales. Et pour cause, sa gestion financière est catastrophique.

Quand il contracte une dette de 50000 € auprès de sa maîtresse pour un nouveau projet rocambolesque, il l'utilise pour vivre un train de vie au-dessus de ses moyens dans des hôtels de luxe par exemple. Pourtant, sa maîtresse, bien

exemple. Pourtant, sa maîtresse, bien qu'amoureuse et probablement aussi sous-prise, lui avait fait signer une reconnaissance de dette. En été 2010, l'Éto se resserre. Elle fait appel à ses avocats. Il n'a plus le choix. Il faudra

avocats. Il n'a plus le choix. Il faudra

trouver un moyen de rembourser. Il

déclare même à sa maîtresse que face à ce nouveau problème, il n'aura bientôt plus qu'une solution, je cite "faire cramer toute sa famille." Et ce n'est pas tout. Xavier Dupont de Ligoness

pas tout. Xavier Dupont de Ligoness confie aussi à ses amis Michel et Emmanuel cet été 2010 qu'il aura, je cite, "une décision définitive à prendre. Suicide seul ou suicide

prendre. Suicide seul ou suicide collectif." Il écrit également "Si

collectif." Il écrit également "Si tourne mal, je n'ai que deux solutions.

Me [ __ ] en l'air avec ma voiture ou [ __ ] le feu à la baraque quand tout le monde dort." ou encore au vu des

monde dort." ou encore au vu des difficultés économiques actuelles, je préfère prendre des dispositions claires en cas d'accident, mortel ou non. En cas

d'accident domestique comme un incendie provoquant la mort de toute la famille, je souhaite enfin que même après enquête de police, on ne puisse jamais laisser croire à mes parents, frères et sœurs

que ces accidents ont été volontairement provoqués par moi, même si les preuves sont formelles. Dans la thèse de Xavier

sont formelles. Dans la thèse de Xavier comme suspect principal, il semble qu'il avait d'abord songé à un incendie criminel et anticipé par avance un complot de la police le présentant comme responsable. C'est sûrement lorsqu'il

responsable. C'est sûrement lorsqu'il récupère la carabine de son père décédée soudainement quelques semaines seulement avant les meurtres qu'il change d'avis sur le mode opératoire. En tout cas, au début de l'année 2011, Xavier se sent

complètement acculé. Cette dynamique où

complètement acculé. Cette dynamique où le basculement criminel survient au moment où le mensonge social se fissure rappelle d'autres affaires célèbres comme celles de Jean-Claude Roman.

Pendant presque 20 ans, il fait croire qu'il est un grand médecin et chercheur.

En 1993, au moment où ses mensonges sont sur le point d'être découvert, il tue son épouse, leurs deux enfants, ses parents et leurs chiens. Il essaie aussi d'assiner son ex-mêtresse et de se

suicider. Dans les deux cas, les

suicider. Dans les deux cas, les mensonges et les manipulations ne sont toutefois pas la seule explication aux actes criminels. On peut s'interroger

actes criminels. On peut s'interroger sur la volonté de maintenir une toute puuissance patriarcale dans la famille, quel qu'en soit le coup. À mesure que la figure de Xavier Dupont de Ligones m'apparaît plus clairement, je me

rappelle pourtant de nombreux traitements médiatiques qui étaient passés volontairement ou non à côté de cette réalité en présentant Xavier comme un bon père de famille, celui dont

vraiment on n'aurait jamais pu croire qu'il aurait pu commettre de telles horreurs. Cette figure directement écho

horreurs. Cette figure directement écho aux travaux de Roselami sur les bons pères de famille. En apparence, ils incarnent l'idéal du protecteur, du héros familial même. Alors qu'en

coulisse, ils exercent ce que nous pouvons analyser comme un contrôle coercitif total. D'un point de vue

coercitif total. D'un point de vue extérieur, Xavier semble être un excellent père de famille, si généreux qu'il reconnaît même à la naissance le premier fils d'Agnès, un bon catholique qui vient d'une bonne famille avec un

nom à particules, qui va à l'église, qui donne une bonne éducation à ses quatre enfants, qui travaillent dur pour qu'il ne manque jamais de rien. C'est

l'histoire que Xavier se raconte à lui-même et qu'il martelle à Agnè comme étant une vérité, même si ses échecs et ses dettes montrent le contraire. On le

voit à travers les lettres qu'il envoie aux proches. Pour Xavier, les apparences

aux proches. Pour Xavier, les apparences sont essentielles. Il est très doué

sont essentielles. Il est très doué [grognement] pour les maîtriser, les façonner à son avantage. Tellement

prévoyant qu'il anticipe même les réactions suite au meurtre de sa famille pour s'en dédouineraner. D'ailleurs, sa

classe sociale et son capital culturel ont aussi joué un rôle très [grognement] important dans le silence qui a entouré ses agissements. Le statut de bourgeois

ses agissements. Le statut de bourgeois respectable a pu servir de bouclier pendant des années d'emprise et de contrôle coercitif, puis lors du traitement médiatique. Et qui de mieux

traitement médiatique. Et qui de mieux qu'une sociologue pour nous l'expliquer.

En matière d'imaginaire collectif sur les violences conjugales, on a tendance à penser à tort que c'est une problématique qui touche essentiellement

les classes les plus défavorisées. Ce

n'est pas le cas. En réalité, ça arrive dans toutes les franches de la société, seulement leur traitement judiciaire euh a tendance à se résoudre par d'autres sphères. Ce les violences conjugales qui

sphères. Ce les violences conjugales qui ont lieu dans les milieux les plus aisés ne sont pas portées forcément au niveau de connaissance des pouvoirs judiciaires. Personnes, toi à moi aussi

judiciaires. Personnes, toi à moi aussi les travailleurs sociaux et on a tendance du coup à les occulter comme si ça n'avait pas lieu. Or, ce n'est pas ce n'est pas le cas. Le problème de cette

figure du bon père de famille, c'est que comme l'explique très justement Rose Lamy dans son ouvrage, elle déresponsabilise les auteurs et maintient le silence autour des violences intrafamiliales. Parce qu'on

violences intrafamiliales. Parce qu'on est bien sous tout rapport, on ne peut croire qu'on puisse commettre des actes monstrueux. Pire, parce qu'on est un

monstrueux. Pire, parce qu'on est un homme, parce qu'on est un père et encore plus quand on est bourgeois. Certains

actes bénéficient d'une forme d'impunité sociale. Je ne peux m'empêcher de penser

sociale. Je ne peux m'empêcher de penser au Premier ministre François Bairou qui déclarait début 2025 à propos de la claque qu'il avait infligé à un garçon au début des années 2000 qu'il ne regrettait rien et qu'il s'agissait d'un

geste de père de famille. Continuer à

défendre ce mythe du bon père de famille. Continuer à penser que le rôle

famille. Continuer à penser que le rôle d'un père est d'être violent. C'est

surtout s'assurer de maintenir le statut quo et le silence des victimes. Au fond,

on utilise la figure du bon père de famille pour l'opposer au monstre. Le

monstre dans l'esprit collectif, c'est l'agresseur dont on a aucun doute qu'il est violent. Mais parce que la parole

est violent. Mais parce que la parole des victimes ne suffit pas encore, il faut des preuves considérables. Un bon

exemple du père de famille qui a basculé dans la catégorie du monstre, c'est Dominique Pélico. Parce qu'il n'y avait

Dominique Pélico. Parce qu'il n'y avait aucun doute que l'épreuve était là.

Pourtant là encore, si la justice l'a reconnu coupable des viols envers son épouse, elle n'a pas statué sur l'inceste que dénonce sa fille. Marie

violeur et monstrueux, oui, mais père incestueux ? Non. La figure paternelle

incestueux ? Non. La figure paternelle reste protégée, elle reste intouchable.

Pourtant, au fond, ces auteurs qu'il s'agissent de suspects comme Xavier Dupont de Ligonè ou de criminels condamnés ne sont pas des monstres. Ils

sont au contraire profondément humains.

Et c'est justement leur capacité à être humain, leur capacité à jouer des apparences et des privilèges que leur confèrent la société. notamment car ils sont apparemment de bons pères de famille qui leur permet d'exercer une

domination ou une violence restée invisible pouvant mener dans la thèse que j'explore jusqu'ici jusqu'au passage à l'acte meurtrier. Pour voir à quel point Xavier a pu bénéficier de cette figure de bon père de famille, il suffit

de voir comment ses amis parlent de lui.

Je me suis notamment penché sur son ami Bruno de Stabenrat, ami d'enfance qui, même s'il n'était plus vraiment au contact proche au moment des faits, a beaucoup parlé de Xavier Dupont de

Ligoness dans les médias. Tout du long de l'interview pour elle que j'ai lu à propos de son livre sur Xavier paru en 2020, l'homme y relativise le drame et le rôle de son ami. Xavier ne se résume

pas à ses crimes, il est aussi un ami, un homme full of life. Ce n'était pas quelqu'un de glow, il était solaire et super sympa. Il aimait les gens, il

super sympa. Il aimait les gens, il avait de l'empathie pour eux. Il était

un vrai père très tactile. Ce portrait

joyeux et positif de Xavier semble faire l'impasse sur les signaux d'alerte et la souffrance documentée des victimes dans l'intimité du foyer, que ce soit à travers les éléments de l'enquête ou les

écrits d'Agnès. Qu'est-ce que tu penses

écrits d'Agnès. Qu'est-ce que tu penses des propos de Bruno et est-ce que ça correspond à ce que toi tu percevais de Xavier ? Moi, je pense que Xavier était

Xavier ? Moi, je pense que Xavier était un homme très calculateur, très cérébral et je ne suis pas d'accord avec ses

propos parce que pour moi, quand on est un père aimant, on ne fait pas de mal à ses enfants, on ne fait pas de mal à sa femme. Je pense que c'était une personne

femme. Je pense que c'était une personne très égoïste, très égocentrée. Et si il a vraiment réalisé ses meurtres, je

pense que ça montre à quel point il n'aimait pas finalement sa famille ou alors il ne respectait pas leur vie.

Le témoignage de Jean qui fréquentait la maison des Ligones au moment des faits donne une toute autre facette de ce que laissait paraître Xavier dans le cadre privé. Cette dualité entre l'image

privé. Cette dualité entre l'image publique et la réalité du foyer est un élément clé de l'enquête. Elle illustre

ce que les spécialistes appellent le double visage des auteurs de violence.

Il y a un homme avec deux faces dans les dans les sujets de violence conjugale et ça ça traverse tout en fait. Ça traverse

les classes sociales, les origines culturelles, les croyances également.

C'est-à-dire qu'on a un homme qui va se comporter d'une certaine manière dans la sphère privée et un un homme qui va se comporter autrement dans la sphère publique.

Et dans la sphère privée, on a affaire à quelqu'un qui possède tout, qui veut tout dominer, qui veut tout régenter.

Dans la sphère publique, on a quelqu'un qui a trouvé sa place et qui est capable de développer des relations sociales, d'avoir un travail, des activités, des amis. Il y a deux vies. Il y a quelque

amis. Il y a deux vies. Il y a quelque chose qui se passe dans la sphère de l'intimité et quelque chose qui se passe à l'extérieur.

Ce qui est intéressant aussi, c'est de voir la manière dont son ami Bruno analyse les actes en mobilisant l'idée d'un sacrifice par amour. C'est une

justification qu'on a beaucoup pu entendre dans les médias à l'époque des faits, mais pas que. On la retrouve depuis des années derrière l'expression très critiquée de crime passionnel comme

si la violence jusqu'au meurtre pouvait être un signe d'affection. À ce stade de mon enquête, j'ai immédiatement songé à une autre lecture qui m'avait marqué "Désirer la violence" d'une autrice que

j'estime beaucoup, Chloé Thbo. J'ai

profité de mon escapade parisienne pour aller à sa rencontre et je lui ai montré le passage de l'interview de Bruno qui m'a le plus agacé. Je voudrais pour commencer te lire la réponse de Bruno de

Staben Rat à la journaliste d'elle qui lui demande comment il interprète le geste de son ami Xavier Dupont de Ligones. Donc il déclare, je cite, il a

Ligones. Donc il déclare, je cite, il a fait ce que j'appelle un reset. Il a

remis les compteurs à zéro. Il a

supprimé les siens parce que dans sa tête, il était persuadé que c'était la meilleure solution pour eux. Et en même temps, il efface tous ses problèmes. Il

se libère en quelque sorte. Il y a un truc dans son geste de l'ordre de la purification.

Cette déclaration, je la trouve glaçante parce que d'abord ce qui ressort, c'est qu'on entend le pronom il en permanence.

il il ce qui invisibilise d'embler sa femme et ses enfants. Derrière ce terme purification, on a l'impression que cet homme a a fait le bien. Purifier c'est

une action saine. Enfin, ça visé d'assaignir quoi l'atmosphère. Bah, ça

donne la chair de poule parce qu'on on marche sur la tête. C'est le contraire d'une purification. C'est le mal absolu.

d'une purification. C'est le mal absolu.

C'est quelque chose d'assez typique lorsqu'on essaie de nous faire passer le coupable pour un homme bien mais même carrément pour une victime. Il a dû pour

aller mieux pour s'en sortir lui purifier son atmosphère à lui. Mais donc

quitte à supprimé la vie de des cinq personnes les plus proches qui l'entouraient. Ce qui est au centre de

l'entouraient. Ce qui est au centre de l'histoire, c'est son ego à lui, sa fierté d'homme qui n'a pas été en mesure justement de subvenir au besoins de la famille dans cette idée évidemment très

patriarcale qu'il doit ramener l'argent, avoir une carrière très impressionnante, être le patriarche et parce qu'il a échoué et qu'il ne le supporte pas alors il doit faire le ménage autour de lui et

pire encore nous faire croire que c'est pour le bien de sa femme et de ses enfants qu'il leur a donné la mort. J'ai

autre chose aussi à te montrer. Donc une

interview du journaliste Dominique Riset en 2021 donc assez récent.

On sent la descente aux enfers. Il est

là avec ses enfants, il est le seul à connaître sa situation financière. On a

on est presque on a presque de la compassion pour lui, pour cet homme.

Quand quand on le sent descendre, glisser, j'ai l'impression que comme Jean-Claude Rom, il tue ses enfants par amour et il tue sa famille par amour.

peut-être qu'il veut pas les faire souffrir de de ce que va provoquer cette chute et il fait ça. C'est tragique,

c'est terrible. Mais les les les ressorts dans sa tête sont importants.

Cette déclaration, moi c'est je crois qu'il y a rien qui peut me mettre plus en colère que tous les mots qui sont prononcés par Dominique Riset. Pour

rappel, cette émission, elle date de 2021, donc c'était hier, je veux dire en 2021, on commençait quand même vraiment à marteler le le concept du féminicide,

à enfin à dénoncer la banalisation. de

de ces crimes, des violences queles qu'elles soit sexuelles, conjugales.

Donc je trouve ça extrêmement choquant de tenir ces propos là. Ce qui ressort le plus à mes oreilles, c'est il les a tué par amour. En fait, c'est un c'est un oxyor total. On ne peut plus on ne

doit pas du tout laisser passer cette idée qu'on peut tuer par amour.

On tue on ne tue jamais par amour. Ce

n'est jamais par amour. Le vrai sujet qui aurait dû être abordé pendant cette émission, c'est comment est-ce qu'on peut vivre dans une société qui interdit à ce point aux hommes d'exprimer leurs émotions et leurs échecs qu'ils en

viennent à commettre des choses comme ça. Là, encore une fois, c'est pas du

ça. Là, encore une fois, c'est pas du tout pour le présenter en grande victime du patriarcat, pas du tout. il en est l'un des sujets principaux, le sujet du problème. Mais c'est-à-dire que

problème. Mais c'est-à-dire que justement parce qu'on apprend aux hommes à rester fier, et bien bah cet homme-là peut se dire "Bon bah purée, il vaut peut-être mieux que je supprime tout le

monde sauf moi pour garder la face."

Et c'est ça qui est réellement pathétique dans cette histoire là. C'est

vraiment quelque chose de culturel.

C'est en effet ce que j'essaie de démontrer dans mon livre Désir la violence. C'est-à-dire que toujours, que

violence. C'est-à-dire que toujours, que ce soit dans les médias pour des faits réels ou bien dans la fiction, on nous apprend à à ressentir de la compassion systématiquement pour les hommes et même

les hommes les plus violents.

Évidemment, quand on creuse le passé des gens, on trouve des explications, des névroses. Voilà. Mais le problème c'est

névroses. Voilà. Mais le problème c'est que ça ça en fait cette opération de réhabilitation, il y a que les hommes qui en bénéficient parce que au contraire les femmes euh font un centiè

de ce que font les hommes et sont diabolisés d'emblé. Je partage la vie de

diabolisés d'emblé. Je partage la vie de Chloé Thbo. Les récits centrés sur le

Chloé Thbo. Les récits centrés sur le passé douloureux des hommes violents sont très durs à entendre pour les victimes. Pour autant, je pense comme

victimes. Pour autant, je pense comme ceci le sait que parler du cercle vicieux des traumatismes qui se répètent est une nécessité pour espérer un jour pouvoir mettre fin aux violences intrafamiliales. Qui explique Murial

intrafamiliales. Qui explique Murial Samuna et qui est vraiment, je trouve à la fois dur à attendre et à la fois très important à comprendre, c'est que la meilleure manière de se dissocier en fait c'est de faire du mal à autrui. un

discours évidemment qui est difficile à entendre parce que ça a l'air d'être un discours qui dédoine les agresseurs de leurs actes alors que pas du tout. C'est

juste que si on comprend pas ça, on comprend pas la reproduction des violences. Oui, c'est vrai que toutes

violences. Oui, c'est vrai que toutes les victimes ne euh enfin toutes les personnes qui ont été agressées et qui ont vécu des événements traumatiques ne vont pas forcément reproduire. Mais

après là-dessus, il y a aussi toute la fabrique sociale de la violence.

C'est-à-dire que en fait la violence pour les hommes est quelque chose qui est valorisé socialement alors que la violence chez les femmes, elle est pas du tout valorisée. Et donc

effectivement, quand on est socialisé comme homme, ça va être une place de choix que de reproduire la violence.

Quand on est socialis les femmes, on va avoir tendance à retourner la violence contre soi. Et s'il y a pas de soin,

contre soi. Et s'il y a pas de soin, s'il y a pas euh si la société prend pas en charge une réparation par rapport à ça, ce qui est le cas aujourd'hui. On

prend pas du tout en charge euh les personnes victimes de traumatisme. On

laisse des personnes avec leur traumas gérer comme elles peuvent et voilà. Et

donc une bonne partie bah vont gérer en reproduisant la violence.

Et ça s'est vu dans le cadre du procès de Mazan. Euh tous les hommes ou presque

de Mazan. Euh tous les hommes ou presque qui ont été confrontés à à des épisodes violents dans leur enfance se construisent également dans ce cadre-là,

sont très tolérants à la violence. C'est

quelque chose qui sert de cadre de référence à l'âge adulte. En fait, hein, on fait pas de la psychologie euh de comptoir quand on dit ça. On dit

simplement des faits. C'estàd que ça a été bien démontré. C'est un système qui produit qui reproduit de la violence.

C'est important d'en parler et c'est important de protéger les enfants.

Aujourd'hui, en fait, le problème ce n'est pas tant de parler ou non des hommes violents et de ce qui a participé au passage à l'axe, mais de réfléchir au récits concret autour des violences perpétues.

Et ce récit actuellement est très permissif envers les violences masculines. C'est ce qu'on appelle la

masculines. C'est ce qu'on appelle la culture du viol. la culture du viol et ou la culture du féminicide. Ce sont des expressions qui expliquent comment euh

on banalise, on minimise, on justifie les violences faites aux femmes dans notre société. Donc justement ça peut

notre société. Donc justement ça peut passer par la romantisation ou l'érotisation des hommes violents. Ça

peut passer par des blagues qui sont faites justement sur le féminicide. en

tout cas tout un lot de mécanismes qui dédramatisent et qui justement ne nous font pas voir euh ces choses-là pour ce qu'elles sont, c'est-à-dire éminemment grave.

Cette culture est ancrée partout autour de nous dans ce qu'on lit, ce qu'on écoute, ce qu'on regarde et elle participe à faire disparaître les victimes au profit de l'auteur qui prend

toute la place. L'affaire Xavier Dupont de Ligonè fascine et ben moi je suis très en colère contre cette fascination parce que je me dis mais c'est pas normal en fait c'est pas normal qu'on

prenne un certain plaisir à suivre tous les détails de ces enquêtes, à se demander pourquoi il a fait ça où il est maintenant parce qu'en plus c'est bien c'est bien le problème et c'est ce que tu montres du doigt. On ne parle que de

lui. On ne parle que d'eux. Les victimes

lui. On ne parle que d'eux. Les victimes

n'ont pas de visage les victimes n'ont pas d'histoire. Elle ne nous fascine pas

pas d'histoire. Elle ne nous fascine pas les victimes. Au final, on a cette idée

les victimes. Au final, on a cette idée qu'elles se ressentent toutes les unes les autres. Alors que les hommes, bah en

les autres. Alors que les hommes, bah en plus, c'est ça la légende est d'autant plus importante qu'ils ont tué x personnes, qu'ils ont réussi justement à

se cacher pendant x années. Le plus

qu'ils commettent est grave, le plus leur légende est grande. Et c'est

vraiment ça qui est terrifiant. D'abord,

tant qu'on ne prend pas conscience de de cette culture et de ces mécanismes, on les perpétue. Et puis euh si on en a

les perpétue. Et puis euh si on en a conscience mais qu'on continue à nourrir cette bête, et bien on continue de permettre à ces violences d'exister et à ces hommes-là de les de les commettre en

toute impunité. Honnêtement, quand

toute impunité. Honnêtement, quand j'entends tout ce que dénonce Chloé, je ressens vraiment une profonde colleur.

C'est ce qui m'anime d'ailleurs à chaque nouvelle affaire de violence masculine qui éclate dans les médias. C'est la

même ce qui nourrit mon engagement féministe. Je suis évidemment

féministe. Je suis évidemment bouleversée par ces histoires parce qu'elles font écho à la mienne mais pas seulement. Je suis bouleversé parce que

seulement. Je suis bouleversé parce que chaque fois qu'un homme tue une femme ou ses enfants, je réalise que ces meurtres auraient pu être évités. En réalité, à l'inverse d'Annès, beaucoup de victimes de féminicides avaient déjà porté

plainte. Je pense par exemple à une

plainte. Je pense par exemple à une affaire récente, celle d'Inellèbre, une jeune fille tuée à coup de couteau par son ex en septembre 2025 après avoir déposer six plaintes pour viol et

agression, violence physique, harcèlement, menace de mort, dégradation et pourtant rien de suffisant n'a été fait par les autorités et Inessè est morte. Quand on se demande pourquoi les

morte. Quand on se demande pourquoi les hommes violent, pourquoi les hommes tuent, la réponse est simple. Parce

qu'ils peuvent le faire. Ils peuvent le faire car ils n'en paient presque jamais les conséquences. Ils sont encouragés à

les conséquences. Ils sont encouragés à le faire par la culture du viol comme l'expliqua Chloé. Ils sont ensuite

l'expliqua Chloé. Ils sont ensuite protégés par la honte et le silence qu'on impose aux victimes, en tout cas à celles qui ont survécu. Et même quand on cherche à obtenir des solutions par la justice, on se sent abandonné. J'en ai

fait les frais moi-même avec un classement sans de ma plainte pour violence conjugale. C'est démoralisant,

violence conjugale. C'est démoralisant, c'est frustrant, c'est épuisant.

Heureusement, il existe des personnes qui ne baissent pas les bras et qui œuvrent pour faire entendre nos droits.

Cette affaire, on en parle tout le temps sous l'angle de la disparition de Xavier Dupont Ligoness. Les questions qu'on se

Dupont Ligoness. Les questions qu'on se pose, c'est euh "Est-ce qu'il est vivant ? Est-ce qu'il est mort ? Comment il a

? Est-ce qu'il est mort ? Comment il a fait ? Où est-ce qu'il est ?" et cetera.

fait ? Où est-ce qu'il est ?" et cetera.

et euh on occulte euh en réalité euh le calvaire qu'on pu vivre Agnès et ses quatre enfants, que ce soit avant les faits, au moment des faits. C'est vrai

que c'est quelque chose qui est problématique dans ces affaires, qu'on se centre sur l'auteur, sur l'agresseur et pas sur les victimes parce que c'est

finalement une façon aussi de continuer dans la même ligne que le meurtrier et bien à les anéantir, à les faire disparaître derrière lui. Au moment du

procès, on parle essentiellement de lui, de sa personnalité. Il y a que lui qui est là pour parler, hein, puisque la victime et bien par définition, elle n'est pas là. On passe

[raclement de gorge] sous silence et bien la vie et la souffrance de celle qui n'est même plus là pour l'exprimer.

C'est toujours vraiment très désagréable he de voir que le vocabulaire du crime passionnel est encore présent dans les médias encore aujourd'hui hein. Les

affaires sont présentées de cette manière et même en justice. Oui, on a plus le droit, il y a plus de circonstan pour crime passionnel, on peut plus en parler en justice. Mais en fait, il s'invite dans les procédures d'une manière détournée. Par exemple, on a

manière détournée. Par exemple, on a quasiment maintenant une [raclement de gorge] expertise psychiatrique sur deux de l'auteur des faits qui conclut à une altération du discernement. Alors non, qu'il ait une

discernement. Alors non, qu'il ait une maladie psychiatrique, il y a pas de schizophrénie, il y a pas de voilà, il savait ce qu'il faisait au moment des faits, mais l'expert va revenir que son

état de paranoï sur l'infidélité de sa femme ou de détresse émotionnelle, de syndrome d'abandon parce qu'elle le quitte est tellement fort que son discernement est altéré et l'altération

du discernement peut conduire à diviser la peine par deux. on en est encore à se à se dire que c'est que ce serait un crime plus compréhensible alors qu'en réalité pas du tout. L'auteur des faits

commet toujours un crime de propriétaire et pas un crime d'amour. euh il tue dans son intérêt personnel toujours, que ce soit euh euh de euh préserver euh son

image euh euh de euh pour des questions financières, pour une question euh euh de logement parce que il ne supporte pas que son objet euh parte et veuille le quitter parce que voilà, c'est toujours

dans son intérêt personnel qu'on voit que finalement le féminicide, il y a une une forme de neutralisation de de l'autre de violence continue qui a

démarré des années avant. Et c'est vrai que dans l'affaire Xavier Duponess et bien de ça on n'en parle pas.

Le sujet des violences intrafamiliales est souvent très mal connu. C'est pour

cela qu'il est d'ailleurs aussi maltraité. Dans le cas d'Anès, nous

maltraité. Dans le cas d'Anès, nous n'avons pas connaissance de violence physique perpétrée à son égard. Un

cliché qui a encore d'ailleurs la peau dure sur le sujet des violences conjugales. Non, les violences

conjugales. Non, les violences n'impliquent pas toujours des coups, même lorsqu'on va jusqu'au féminicid. Et

on se rend compte euh en plus que les féminicides bien souvent c'est en fait même le premier a de violence physique de l'auteur sur la victime. Dans presque

un cas sur deux, en revanche, dans 100 % des cas, il y avait un contrôle coercitif depuis des mois et des années.

Pourtant aujourd'hui, même si le sujet des violences conjugales est toujours traité avec difficulté par la justice, il faut rappeler que des victimes comme Agnè qui témoigneraiit de violences psychologiques sont légitimes, que ces

violences-là sont graves, qu'elles sont les plus fréquentes et qu'elles sont d'ailleurs toujours présentes dans le cas de féminicide.

On a progressé quand même en justice puisqu'on reconnaît les violences psychologiques mais ça reste insuffisant et souvent par exemple dans l'esprit des gens, ça reste moins grave. cet état

dans lequel est mis la victime, c'est d'une d'une violence euh en réalité extrême qui va conduire à la détruire à petit feu. D'ailleurs, on est en train

petit feu. D'ailleurs, on est en train aussi de de pénaliser le suicide forcé et euh c'est c'est je pense une très bonne chose. Ce sont effectivement des

bonne chose. Ce sont effectivement des femmes ou des enfants, des familles qui ont vécu vraiment dans 100 % des cas de féminicide des violences psychologiques

fortes, financières aussi, enfin plein de tout un ensemble en fait d'actes coercitifs, d'actes matériels qui font qu'ils étaient comme un peu prisonniers fait avec une impossibilité d'en sortir.

En tout cas, pour Pauline Rongier, le constat est implacable. Le féminicide et l'infanticide n'ont rien du meurtre par amour. Bien au contraire, le meurtrier

amour. Bien au contraire, le meurtrier n'agit que par égoïsme.

Il fait ça euh dans son intérêt personnel pour préserver son image, pour préserver euh ses ressources financières, pour préserver sa maison parce que il considère que l'autre

finalement n'a pas existé.

Réaliser qu'on peut vouloir priver autrui de sa liberté jusqu'à lui prendre la vie, c'est insupportable. Et en

arrivant sur la fin de cette enquête, une idée me trotte dans la tête. Est-ce

qu'on aurait pu éviter un tel drame ?

Quels outils auraient pu permettre à l'époque à Agnè ou à des proches de comprendre qu'elle était victime de violence conjugale et surtout quelle solution aurait-elle pu avoir pour s'en sortir ?

Les premiers temps, on est dans quelque chose qui est assez merveilleux, qui relève du compte de fait. Les femmes

disent "On ne m'avait jamais traité comme ça, j'avais beaucoup de cadeaux et cetera." Et assez vite s'installe des

cetera." Et assez vite s'installe des demandes et en particulier celle de vivre ensemble parce que vivre ensemble ça permet vraiment d'asseoir euh l'emprise et donc de construire la domination. Même quand il y a une

domination. Même quand il y a une résistance de la part des femmes, on voit il y a une insistance de la part des hommes pour ça. Donc ça c'est un premier élément. Mais à ce moment-là, on

premier élément. Mais à ce moment-là, on est sous emprise. Donc euh être être amoureuse, ça permet d'accepter des choses qu'on n'accepterait pas hors de

cet état amoureux, en fait. Donc

l'emprise commence là et ensuite arrive très vite des critiques qui permettent euh d'isoler. C'est très difficile de le

euh d'isoler. C'est très difficile de le repérer et on ne peut pas considérer que parce qu'on ne le repère pas, on en est responsable. partir en urgence avec euh

responsable. partir en urgence avec euh une valise et ses deux enfants sous le bras, c'est jamais la bonne solution.

Jamais, jamais, jamais. Mais vraiment.

C'est-à-dire que partir, ça veut dire se préparer psychologiquement et se préparer également administrativement et socialement. pour partir et se

et socialement. pour partir et se préparer à partir, le mieux c'est euh ben de nous appeler, c'est-à-dire de passer par des temps d'écoute, des temps

où on va être un accompagnement à distance, sans jugement et où on va aider en fait à surmonter ce moment qui va être difficile. Elles peuvent venir

exposer leur situation et on peut euh voir avec elles, travailler avec ell sur ce dont elles ont besoin. On a la possibilité aussi de d'activer des nuités hôtelières, c'estàd de les mettre

dans un à l'hôtel le temps qu'on trouve une autre solution. La distance, ça crée vraiment de la sécurité pour les femmes.

On a aussi la possibilité de d'accompagner les femmes qui sont bénéficières d'un téléphone grave danger. Donc ça c'est une disposition

danger. Donc ça c'est une disposition qui protège les femmes qui est décidée par le parquet ou par un juge.

Au-delà des réactions individuelles qu'on peut mettre en place quand on est soi-même victime, je me demande aussi comment on peut agir en tant que société. Si on sait aujourd'hui que les

société. Si on sait aujourd'hui que les violences intrafamiliales ne se résument pas au coup, il est difficile de comprendre qu'on vit sous la menace de son partenaire et encore plus difficile de partir quand tout le monde voit en

lui un homme bien. Même s'il est trop tard pour Agnè et pour ses enfants, j'ai l'espoir que le travail acharné que tant de personnes mènent de front, les militantes, les autrices, les avocates,

les associations, la société civile, tout cela puisse permettre d'en sauver d'autres. Plus seulement de savoir

d'autres. Plus seulement de savoir réagir au drame, mais de déconstruire le système qui le rend possible. J'ai donc

posé la même question aux personnes que j'ai rencontré comment faire pour mieux protéger les victimes de violence intrafamiliale. En fait, la plupart du

intrafamiliale. En fait, la plupart du temps, les victimes euh d'inceste et de violence intrafamiliale ne sont pas en mesure de dire ce qu'elles vivent, de comprendre ce qu'elles vivent et de

témoigner de ce qu'elles vivent. Et donc

si c'est pas la société qui voit et qui nomme et qui dit ça n'est pas normal, ben en fait on laisse perdurer les choses sans rien faire. La loi dit que si on a suffisamment euh d'indices

concordants pour euh avoir des doutes sur le fait qu'il y a des violences, on doit signaler. La loi ne dit pas qu'on

doit signaler. La loi ne dit pas qu'on doit être sûr et certain. Et ça, la plupart des gens ont tendance à l'oublier et préfèrent se cacher derrière leurs doutes. Mais on aura toujours des doutes. On sait pas ce qui se passe dans les foyers. La corde la

plus sensible et la plus efficace, c'est celle d'apprendre à considérer son ou sa partenaire de vie, hein, comme un altère égoer

leur tendre moitié partenaire de vie autrement qu'en égal.

L'une des choses les plus importantes, c'est d'arriver à identifier les violences. et les violences

violences. et les violences intrafamiliales euh ça reste encore aujourd'hui quelque chose qu'on a du mal à définir. Je suis contente aujourd'hui,

à définir. Je suis contente aujourd'hui, alors c'est un peu tard, j'ai 35 ans, mais bah peut-être d'avoir l'air un peu rabajois, mais en fait d'être capable maintenant de les identifier et de les nommer ces violences. Même si on se

prend à rêver un peu devant une comédie romantique, et ben aujourd'hui, on sait dire "OK, mais ça ça c'est à l'écran et ça doit rester à l'écran." Dans la vraie vie, si ça m'arrive, je dois comprendre

que c'est grave et donc je dois réussir à à alerter et à me protéger de ça. Bon,

moi Thomas, il m'a peu parlé hein, de choses voilà qui auraient pu peut-être me mettre la puce à l'oreille. Je dirais

que ce qui est peut-être important, c'est de toujours avoir écouter avec bienveillance quoi. Quand quelqu'un

bienveillance quoi. Quand quelqu'un essaie de dire quelque chose peut-être de difficile, vraiment ne pas juger et essayer de lui donner la la l'opportunité de donner son point de vue et voilà, écouter en fait, avoir une

écoute active, je dirais, c'est quelque chose peut-être de d'important qui est pas toujours évident dans la vie quotidienne. On a tous nos problèmes,

quotidienne. On a tous nos problèmes, tous nos nos sujets et c'est pas toujours facile de laisser la tribune à quelqu'un pour pour discuter de problème éventuels

et de choses graves. On parle souvent de de la formation des des enquêteurs, des policiers, mais je pense qu'il doit y avoir vraiment une une politique très très stricte et d'intervention

systématique hein au niveau au niveau des parquets et puis et puis de croire en fait hein aussi les victimes. Moi,

j'ai toujours beaucoup vraiment un sentiment d'injustice très fort quand dans les dossiers bah comme c'est le cas d'inque où je je vois que la victime

avait dit en fait dans ses plaintes pas seulement il me tape mais il va me tuer.

Je sais qu'il va me tuer. Ça c'est

vraiment on est dans l'ordre de de l'imponnable. Donc là, je crois que bah

l'imponnable. Donc là, je crois que bah le fait qu'on ait obtenu une inspection générale de la justice dans le cas d'inès, c'est une bonne chose, mais ça devrait être systématique. Je pense

quand il y a de teles loupé quand une femme avait porté plainte et qu'elle est tuée, bah il faut vraiment que ait une oui une enquête pour voir ce qui s'est passé. C'est pas seulement pour trouver

passé. C'est pas seulement pour trouver des responsables, mais c'est pour comprendre pour comprendre où ça a dysfonctionné. Je pense que les

dysfonctionné. Je pense que les associations qui luttent contre les violences intrafamiliales sont très importantes et je pense qu'il faut leur donner des moyens afin de protéger de potentielles victimes et je pense

qu'elles font un un travail incroyable sur le terrain de sensibilisation à ces violences et je pense qu'il faut leur faire confiance.

On protégera les les enfants et les femmes quand on acceptera que aujourd'hui la société elle repose sur ce qu'on appelle le système patriarcal.

C'est quand on aura vraiment travaillé sur l'égalité femme homme qui est aujourd'hui encore un objectif qui n'est pas une réalité. Le sujet des enfants c'est un vrai sujet. Quand on acceptera

d'entendre les enfants, d'écouter les enfants et de croire les enfants, ben on aura une autre manière de juger les violences quand on acceptera comme en Espagne que quand une femme dit les

choses, il faut la croire, on avancera.

Mais c'est pas le cas en France. Alors

que mon enquête s'achève, je réalise que ce qui fait vraiment changer les choses en matière de violence intrafamiliale, c'est nous. Les autrice qui écrivent,

c'est nous. Les autrice qui écrivent, théoris et dénoncent pour éduquer et faire bouger les lignes. Les

associations qui aident les victimes au moment où elles en ont le plus besoin.

Les personnes du milieu judiciaire qui se battent pour défendre nos droits et faire changer les choses. Et nous, les témoins, les proches et tout le reste qui invo aussi un pouvoir en parlant et en éduquant autour de nous. La manière

dont nous racontons les histoires est cruciale car l'angle choisi est aussi une interprétation qui en dit long sur la personne qui raconte et sur l'état de la société. Les histoires de crimes

la société. Les histoires de crimes intrafamiliaux ne sont jamais des histoires d'amour mais de pouvoir, d'emprise et de destruction. Raconter

cela, raconter qui étaient celles et ceux qu'on a voulu supprimer, c'est peut-être la meilleure façon de contrer l'horreur une fois qu'il est trop tard pour l'empêcher. À vrai dire, s'il y a

pour l'empêcher. À vrai dire, s'il y a bien une chose que j'ai comprise depuis que je milite, c'est que tout est profondément politique. Tout résulte

profondément politique. Tout résulte toujours de choix, de décisions réfléchies, d'homission plus ou moins conscientes. La manière de traiter les

conscientes. La manière de traiter les sujets, la manière de parler des auteurs et surtout la place qu'on donne aux victimes. Tout cela est politique.

victimes. Tout cela est politique.

L'affaire du pont de Ligones n'est pas un fait d'hiversordie de mystérieux.

C'est un quintuple meurtre rendu possible par une [musique] société patriarcale qui éduque les hommes à croire que les femmes et les enfants leur appartiennent, qu'ils peuvent avoir un pouvoir complet sur eux, que cela expliquerait [musique] tout,

justifierait la violence, la manipulation et même dans les pires des cas le meurtre. Comment est-ce que toi tu as pris conscience de la dimension vraiment politique de cette affaire et

au final ce qui t'a donné aussi envie de d'en parler aujourd'hui ? C'est vrai

qu'avec le temps, on se rend compte qu'il y a d'autres féminicides, d'autres infanticides et que souvent il respecte un certain fonctionnement

similaire autour d'un souvent d'un homme qui prend la vie de ses enfants, qui prend la vie de sa femme parce qu'il s'en sent propriétaire et avec le temps,

avec les histoires, avec également mit tout qui a été très important, je me suis rendu compte de le de l'importance sens de lutter contre ces féminicides,

ces infanticides qui souvent avaient les les mêmes sources, les mêmes raisons et les statistiques sont claires par rapport à ça. Ce sont souvent des hommes qui prennent la vie des femmes, souvent les hommes qui prennent la vie des

enfants.

Et je pense que en tant qu'homme, on doit être élevé à respecter la vie de sa propre famille. Je pense

qu'il faut qu'on apprenne à savoir gérer notre nos peurs, nos violences. Je pense

qu'il faut pas se sentir propriétaire de la vie de quelqu'un d'autre.

Dans ce documentaire, j'ai voulu redonner une place aux victimes.

Pourtant, j'ai beaucoup parlé de Xavier.

Non pas parce que je voulais le laisser encore une fois prendre tout l'espace, mais parce que je voulais en racontant qui il était vraiment, raconter surtout le véritable calvaire de ses victimes

avec une difficulté propre à toutes ses affaires, celle de disposer de tant d'informations sur l'auteur et si peu sur les victimes. Mais à travers ce que l'on sait, on peut mieux imaginer ce que l'on ne sait pas et comprendre le

calvaire de celles et ceux qui ne peuvent plus en témoigner. Ces dernières

années, j'ai beaucoup évolué dans ma manière de voir et d'analyser ces violences, notamment en tant qu'ancienne victime. Ce qui a été le plus dur à

victime. Ce qui a été le plus dur à comprendre pour moi, c'était de savoir pourquoi alors que tout le monde ou presque s'accorde à dire que violenter sa femme et ses enfants, c'est mal, rien

ne change et que tant de victimes comme Agnès, Arthur, Thomas, Anne et Benoît continuent de mourir. C'est en écrivant mon livre sur ma propre histoire sorti il y a quelques semaines que j'ai

compris quelque chose de fondamental. La

lutte contre les violences masculines et elle aussi éminemment politique. Lutter

contre ces violences sans reconnaître leur cause, c'est se battre dans le vent. C'est inutile. Dire qu'il ne faut

vent. C'est inutile. Dire qu'il ne faut pas frapper les femmes tout en nuant l'existence du patriarcat, c'est choisir de continuer à perpétrer ses violences.

Ce n'est pas que le quintuple meurtre des ligonesses, c'est partout. Cela

commence dans les stéréotypes de genre qu'on impose aux enfants. Les filles

seront gentilles et empathiques. Les

garçons seront forts et chevaleres dans les phrases toutes dites qui aiment bien châtis bien qui font croire aux filles qu'un garçon qui les embête leur prouve leur amour. Cela passe par la jalousie

leur amour. Cela passe par la jalousie qu'on veut nous montrer désirable, par la domination qu'on impose, par la silenciation qu'on subit. Cela se

poursuit dans les violences psychologiques, physiques, sexuelles et parfois dans de rares cas, mais trop nombreux quand même. Cela se finit par un meurtre. Tout cela est un continuum.

un meurtre. Tout cela est un continuum.

Toutes ces violences s'alimentent les unes et les autres. Même une blague sexiste qu'on peut trouver inoffensive suffit à remettre une pièce dans la machine. C'est cela l'ampleur d'une

machine. C'est cela l'ampleur d'une société basée sur des violences patriarcales systémiques. C'est parfois

patriarcales systémiques. C'est parfois démoralisant de s'en rendre compte.

C'est vertigineux, c'est violent et en même temps, c'est essentiel pour avoir les armes nécessaires pour faire changer le monde. Moi, quand j'ai besoin

le monde. Moi, quand j'ai besoin d'énergie pour me battre, j'ai besoin de me rappeler pour qui je le fais. Je le

fais pour les victimes, celles que j'étais, celles qui le sont en ce moment, celles qui pourraient le devenir, celles qui l'ont été et qui s'en sont sortis, celles qui l'ont été et qui ne sont plus là. Je le fais pour

Agnès, pour Arthur, pour Thomas, pour Anne et pour Benoît pour qu'on se souvienne d'elle et d'eux. J'aimerais

qu'on qu'on se souvienne d'eux en se disant que euh on les a privé de leur avenir. Ils auraient pu mener des des

avenir. Ils auraient pu mener des des vies heureuses, des ils auraient pu vivre plein de choses extraordinaires et des choses moins extraordinaires, des choses tout à fait banales. Mais euh

cette opportunité leur a été euh retirée.

Je pense qu'il faut se souvenir de leur positivité, de leur amour entre eux. Je

pense que c'était une famille qui était pleine de vie, pleine de bonheur et qui n'hésitait pas à le partager. Je pense que ce sont des

partager. Je pense que ce sont des personnes qui méritent qu'on leur rende hommage.

Quand on pense du pont de l'igonè, on pense Xavier. Pour toujours, celui qui a

pense Xavier. Pour toujours, celui qui a donné son nom à sa femme et ses enfants, celui qui les aurait tué, a aussi pris leur mémoire, leurs souvenirs. Les

victimes des violences patriarcales finissent souvent oublier. On retient

leur bourreau, pas ell. Elles deviennent

des chiffres. Des statistiques, on les fiche dans une douleur éternelle dans l'horreur de leurs derniers instants. On

oublie leur sourire, leurs prénoms et leur personnalités. Agnès, Arthur,

leur personnalités. Agnès, Arthur, Thomas, Anne et Benoît ne sont pas que les victimes de Xavier. [musique]

Ils sont les victimes d'une société patriarcale qui banalise la violence des pères jusqu'à l'horreur suprême avant de s'en indigner sans la comprendre.

Continuer à parler d'eux 15 ans après, c'est continué de les faire vivre. Ce

documentaire, ce n'est pas juste un énième contenu pour raconter l'horreur.

[musique] C'est un message pour que cette affaire ne soit plus simplement un mystère sensationnel, mais une mise en lumière des violences destructrices au sein d'une famille. Des [musique]

violences qui sont le fruit d'un système patriarcal mais que nous pouvons combattre à condition de savoir seulement contre quoi exactement on se soulève. N'oublions pas [musique] Agnès,

soulève. N'oublions pas [musique] Agnès, Arthur, Thomas, Anne et Benoît, eux aussi s'appelaient du pont de l'igonèce.

[musique] [musique]

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