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« Elle est toute où je suis. » L’avenir de l'antiquité - Johann Chapoutot

By EPHE-PSL

Summary

Topics Covered

  • L'histoire est une école d'espoir, non de fatalité
  • L'antiquité nazie : trois fonctions d'un même piège
  • Aristote contre l'accumulation sans fin : leçon d'antiquité

Full Transcript

Je passe à l'introduction de notre premier conférencier, monsieur Johann Chapoutu, qui est professeur d'histoire contemporaine à Sorbon Université depuis 2016, antérieurement à Sorbon Nouvelle,

ancien membre de l'Institut universitaire de France, récipient d'aire d'une liste impressionnante de prix et de distinctions que je ne grainerai pas. Euh et parmi une

grainerai pas. Euh et parmi une bibliographie plétorique que je ne peux pas décliner complètement non plus, je saisis simplement quelques titre qui illustrent les thèmes centraux qui

informment la recherche de Johann Chaputo. Tout d'abord, une histoire

Chaputo. Tout d'abord, une histoire culturelle du nazisme qui vise à prendre réellement au sérieux les idées et représentations des nazis, à montrer même si cela peut déranger profondément

la cohérence intellectuelle et culturelle du projet nazi, sa force de séduction également l'adhésion qu'il qu'il a pu susciter, alors un titre

notamment la loi du sang, penser et agir en Asie 2014 issue de du mémoire d'HDR. Un autre thème est de restituer le nazisme dans le contexte plus large de

l'histoire de l'Europe des 19e et 20e siècle en montrant que le nazisme n'est pas simplement un accident de l'histoire, une sorte d'aberration qui serait circonscrite dans le temps et dans l'espace, une forme d'extériorité

que nous pourrions trop aisément confiner dans une sorte d'espace sécurisé, mais bien une partie intégrante de dynamique et tradition culturellem et occidentales plus large sur une durée plus longue. On a par

exemple l'âge des dictatures, fascisme et régime autoritaire en Europe de l'Ouest 1919- 1945 paru en 2008 où le grand récit introduction à l'histoire de notre temps 2021 de deux ouvrages dont

je dois dire personnellement qui m'ont aidé à comprendre à faire le lien entre beaucoup de choses qui étaient sinon disparates et puis tout récemment les irresponsables qui apportaient Hitler au pouvoir avec des résonances franchement

inquiétantes vers le temps présent et avec Christian Ingrao et Nicolas Patin le monde nazi 1910 1945 qui reprend et développe les thèmes précédents. Donc la cohérence

précédents. Donc la cohérence intellectuelle et culturelle du projet NASI, son enracinement dans l'histoire européenne et allemande plus large qui montre aussi par exemple comment être

naziste et participer à une communauté fondée sur des gestes qui fondent cette communauté, cette allésion avec tout ce que cela peut comporter de profondément dérangeant. Et euh dans le livre en

dérangeant. Et euh dans le livre en particulier, j'ai trouvé le le dernier chapitre d'une d'une efficacité euh radicale mais justement dérangé. C'est

aussi le rôle de l'historien. Enfin,

pour revenir au tout début de l'œuvre de Johann Chaputo, le national socialisme et l'antiquité en 2008 issue de la thèse de doctorat qui analyse le rôle de l'antiquité dans la construction idéologie nazie et aussi le rôle

différent de l'antiquité chez les fascistes italiens. C'est profondément

fascistes italiens. C'est profondément différent et qui nous amène à la thématique d'aujourd'hui. Elle est toute

thématique d'aujourd'hui. Elle est toute où je suis. l'avenir de l'antiquité.

Alors, merci d'avoir accepté notre invitation et nous nous réjouissons de vous entendre. Merci.

vous entendre. Merci.

[applaudissements] Merci infiniment chers collègues pour cette invitation, pour cette introduction. Euh vous parliez de du

introduction. Euh vous parliez de du caractère inquiétant de certains travaux et de certaines résonances. Euh en

réalité euh c'est plutôt encourageant dans la mesure où de fait on se rend compte lorsqu'on reprend cette histoire de 1932 1933 que rien n'était écrit euh

jusque au 30 janvier 1933 à 11h du matin puisque la l'alliance entre la droite et l'extrême droite a failli ne pas se faire jusqu'au dernier moment. Autrement

dit, tout ce qui est présenté généralement comme l'archétype d'une séquence téléologique où tout était déjà préécrit, où l'arrivée des nazis au

pouvoir était nécessaire, en fait nous montre tout le contraire que précisément si une des tâches de l'historien c'est de rendre leur avenir aux morts, c'est-à-dire de rouvrir le champ des

possibles, on a là un exemple paradigmatique de ce que peut être l'activité critique de de l'histoire qui montre que encore une fois rien n'était écrit et qu'on avait pas affaire à un

phénomène ni tectonique ni géologique hein de poussé de l'extrême droite ou hydrographique de maré brune. Donc on

avait pas à faire à quelque chose qui relèverait des natens chaften, qui relèverait des des sciences naturelles, donc de l'ordre de la nécessité, mais qu'on avait bel et bien à faire quelque chose qui relevait des guistes chaften, c'est-à-dire des sciences de l'esprit,

des sciences humaines, donc du registre de la liberté, c'est-à-dire donc de la responsabilité. Tout était ouvert

responsabilité. Tout était ouvert jusqu'au dernier moment et à cet égard, il est euh euh intéressant de constater qu'en décembre 1932, l'hypothèse la plus plausible, c'était que le parti nazi allait disparaître puisque les nazis

étaient en échec aggravés, hein, à l'automne 1932 et que ce cette séquence de l'histoire allemande allait se refermer, non pas pour ouvrir sur un

Eden démocratique et sur un humanisme parlementaire bien poussé, mais en tout cas sur un régime national autoritaire certes, mais qui nous aurait épargné ce qui a été ensuite le nazisme

dans son déploiement et dans son développement. Donc on voit encore à

développement. Donc on voit encore à quel point l'histoire est une école d'espoir plus que de fatalisme et de fatalité. Et je termine cette petite

fatalité. Et je termine cette petite incise introductive en précisant que précisément la stratégie des extrême droite puisque nous en parlons ici, ça a

été évoqué par le président de PSL au tout début, une des tactiques de l'extrême droite, c'est précisément de nous tétaniser, de nous vitrifier par l'idée selon laquelle

son accession au pouvoir serait inévitable, inéluctable. Alors que,

inévitable, inéluctable. Alors que, comme l'a bien montré Bertol Brecht dans une pièce célèbre, elle est bel et bien résistible et que rien n'est écrit.

l'histoire donc comme comme école d'espoir, comme école d'ouverture et cela rejoint évidemment les un des principes de ce programme sur les fabriques de l'antique. en vous

remerciant d'abord de d'avoir invité un double intru puisque je ne suis pas je ne suis pas antiquisant mais j'ai bien compris que c'était aussi le principe de des fabriques de lantique de de de de

solliciter la pluralité des disciplines et d'avoir invité également un professeur issu d'une autre maison que celles qui ont été citées dans cet éventail dans ce fan justement du du

début une autre maison où l'antiquité est certes très très présent j'en profite d'ailleurs pour saluer mon éminente collègue, la professeur Emmanuel Rosseau qui nous fait l'honneur

de sa présence et de son écoute et qui elle sait de quoi elle parle lorsqu'elle parle d'antiquité.

Euh en invitant ainsi un double intru, vous avez sans doute été peut-être fidèle à une antiquité qu'on pourrait qualifier d'inclusive si on voulait taquiner au fond les listes de mots interdits désormais. une antiquité

interdits désormais. une antiquité universaliste, hein, je pense à celle des stoïs, de la Kivitas Universaliste, de la Cosmopolis, euh à celle de la Constituture Antoniana, donc hein de

l'edit Caracala en 212 qui avait accordé l'universalité de la Kivitas Romana à tous les citoyens, tous les hommes libres pardon de l'Empire. Une antiquité

agrégative, une antiquité donc universelle qui est au fond celle qui nous qui nous rassemble. [grognement]

Alors, j'ai donné comme titre à cette communication, elle est toute où je suis, un mistigge célèbre tiré de corneille he une pièce enfin une tragédie peu connue qui s'appelle

Sertorius qui date de 1662, acte 3, scène 1. Rome n'est plus dans Rome, elle

scène 1. Rome n'est plus dans Rome, elle est tout où je suis. C'est ce moment où Certorius rappelle les conditions de son engagement pour la liberté romaine et

contre Sil en est en pleine guerre de la guerre civile de la République et Certorius soulève l'Hispania contre les gens de de Silla. Je vous cite pour le

plaisir ce cette péroraison. Je

n'appelle plus Rome un enclos de murailles que ses proscriptions comblent de funérailles. Ces murs dont le destin

de funérailles. Ces murs dont le destin fut autrefois si beau n'en sont que la prison ou plutôt le tombeau. Mais pour

revivre ailleurs dans sa première force avec les faux romains, elle a fait plein divorce.

Et comme autour de moi, j'ai toujours j'ai tous ces vrais appuis, Rome n'est plus dans Rome. Elle est toute où je suis. Là aussi, cela peut susciter

suis. Là aussi, cela peut susciter quelques abîmes de méditation en ce moment quand on voit également le l'usage qui est fait de l'antiquité

puisque quel un des nouveaux maîtres du monde, vous savez ceux qui font des salut nazis en mondiovision actuellement dit penser tous les jours, je cite, à la fin de l'Empire romain.

fin l'Empire romain avec toujours ce cliché de la décadence, de la disparition qui a nourri également beaucoup de pensées politiques de ce côté-ci de de l'Atlantique. Alors, elle est tout où je

l'Atlantique. Alors, elle est tout où je suis.

C'est un de ces lieux communs qui pourrait au fond n'être qu'un des qu'un topoil qu'un topos pardon ou qui peuvent au contraire une agora où l'on se retrouve pour faire monde commun par le

langage, par la culture et par la pensée. Et cette phrase, elle est

pensée. Et cette phrase, elle est toujours présente à mon esprit parce que elle dit une réalité culturelle et psychique qui est celle que qui est celle de la présence de l'antiquité.

L'antiquité est partout, elle est en nous et elle n'est peut-être essentiellement qu'en nous. Et là, on passe d'un topos à quelque chose de l'ordre de du paradoxe et donc de la pensée. C'est sans doute une

pensée. C'est sans doute une désinspiration de ce projet sur les fabrique de l'antiquité. Alors Corneille

en était bien conscient quand il écrit cela. Rome n'est plus dans Rome, elle

cela. Rome n'est plus dans Rome, elle est tout où je suis. puisque ce 17e siècle des dramaturges vivait ce que le 16e siècle des poètes, je pense à

Dubélé, avait déjà théorisé en parlant d'innutrition avec ce beau mot de formation savante évidemment immédiatement dérivé, quasiment translaté du latin, l'innutritio, le

fait de se nourrir, d'être imprégné d'antiquité [grognement] et de fait la fréquentation des poètes du 16e siècle ou des dramaturges du 17e

d'or en fèdre lorsque l que l'on est écoli m'avait permis moi de thématiser et de conceptualiser à ma mesure de collégien ou de lycéen une expérience immédiate que l'on fait et qui est

structurante lorsque l'on grandit en Provence, ce qui est mon cas et celui également du professeur Rosseau.

On en était pas encore à l'époque à marqueter la Via Domicia ou des bustes supposés de César, mais on vivait immédiatement, c'est-à-dire sans médiation, la présence de l'antique. On

grandissait entre un Emporion grec, je pense à celui de Saint-Blaise. On

grandissait également auprès des acqueeducs, des arènes de factures plus romaine dans un paysage de calcaire, d'olivier, de mer et de soleil qui rendait étonnamment présente la

description de la campagne du Latium ou de la TIC dans les textes que l'on pouvait lire dans nos manuels.

[grognement] L'innutrition ne se fait pas seulement par du bélé, ni par corneille ou racine.

Il y avait bien entendu ce que l'on peut appeler la culture populaire pour l'enfant des petites classes moyennes non dotées de bibliothèque que j'étais, c'était bien par là que cela passait. Il

y avait Astérix et il y avait l'As des as. Et donc cet écho permanent, je

as. Et donc cet écho permanent, je reviendrai à l'AS des ça peut vous étonner. Et donc cet écho permanent et

étonner. Et donc cet écho permanent et ce dialogue constant entre antiquité et contemporanéité. Au passage puisqu'on

contemporanéité. Au passage puisqu'on parle de cinéma populaire, je vous recommande vivement le dernier en date.

J'espère qu'il y en aura d'autres. le

dernier des Indiana Jones avec une scène finale de toute beauté qui oppose des messers schmid à des trèmes romaines.

Figurez-vous, je ne divulgache rien, vous verrez, c'est assez fascinant.

Une de mes filles en regardant ce film avec moi m'a dit "Mais papa, c'est bien ta teste de doctorat ça ?" Elle avait tout compris.

écho et dialogue constant entre antiquité et contemporanité puisque Astérix de fait est une transposition de la seconde guerre mondiale et la résistance le petit village gaulois qui et cetera et cetera est évidemment une

référence à l'épopée de cette toute petite fraction minuscule du pays qui était rentré en résistance contre un autre type d'envahisseur qui lui-même d'ailleurs se réclamait des légions

romaines et de l'impérialisme romain.

Quant à l'AS des As, il mettait en scène les Jeux Olympiques de Berlin et la manière dont en plein 20e siècle sous des cieux alors là pour le coup modérément méditerranéens ceux du ceux

du Brandbourg, on avait réinstitué l'antique à telle enseigne que l'élève de CM1 que j'étais et qui regardait des photos de Manuel de deux dictateurs perorants du haut d'un balcon de la

Piazza Veneia se demandait si l'on avait bien affaire à des Césars puisque cette élève qui était un mauvais élève par ailleurs ne faisait plus bien la distinction entre l'antiquité et l'époque contemporaine et à juste titre

puisque de fait les deux dictateurs en question se prenaient pour des Césars.

[grognement] L'intrication entre passé et présent était structurelle. La gar

était riche de murs cyclopéens grecs et de vieilles pierres romaines, mais aussi, figurez-vous, de bunkers allemands. Voilà ce que le ressac de

allemands. Voilà ce que le ressac de l'histoire avait laissé comme monument entre les pinèdes. Tout cela suscitait évidemment l'interrogation et la rumination. plus encore dans la psychée

rumination. plus encore dans la psychée d'un sujet qui euh comme nous toutes et tous j'imagine dans cette salle distinguait mal donc le passé du présent et il y avait un 6e sens celui du temps

et celui de la longue perspective temporelle et commencer d'ailleurs à bien comprendre que les morts nous parlent aussi bien que les vivants.

C'est-à-dire que nous les comprenons souvent aussi mal en réinterprétant leurs propos, en raisonnant leur monde et leur vie à nos

cadres hermétiques. Et au fond, c'est

cadres hermétiques. Et au fond, c'est sans doute ce que Mussolini avait fait en se prétendant en trageant et en proclamant de nouveau le 9 mai 1936 au

cœur de l'Europe en plein 20e siècle la résurrection de l'Empire romain. C'est

quand même quelque chose que ce discours du 9 mai 1936 qui vient acter la victoire de l'Italie fasciste contre l'Éthiopie par cette proclamation de la

résurrection de l'Empire romain.

Alors comme par la suite j'étais très et peut-être trop exigeant et donc pas assez humble, j'estimais ne pas être assez compétent pour faire des lettres classiques ou pour faire de l'histoire ancienne puisque j'estimais que il

fallait lire l'une et l'autre langue àto libro ce qui était loin d'être mon cas.

J'en suis donc revenu lorsque j'ai voulu entrer dans en recherche. J'en suis donc revenu à des interrogations d'enfants sur cette curieuse parentée entre l'Emporion, la Queeduc et le bunker

puisqu'il voisinait dans l'espace et qu'ils étaient depuis les années 40 dans ces collines de Provence coprésents dans le temps et cela méritait donc une enquête plus approfondie. De là cette enquête précisément que vous avez cité

chers collègues sur le nazisme et l'antiquité. sujet paradoxal à première

l'antiquité. sujet paradoxal à première vue puisque si le lien entre fascisme et antiquité est bien connu et très travaillé et se fonde d'ailleurs sur

l'hypothèse continuiste d'une d'un lien ontologique entre l'Empire romain passé et celui qui doit être recréé par le fascisme. La référence à l'antiquité

fascisme. La référence à l'antiquité chez les nazis apparaissait moins moins prignante et moins évidente. Sauf que

j'avais vu l'ass des as et j'avais vu comment était mise en scène l'arrivée de la flamme olympique à Berlin en juillet 1936 avec un Jean-Paul Belmondo qui

dérobe la flamme olympique pour allumer son cigare au nez et à la barbe des agents de la Guestapo qui le traquent.

J'avais vu ce décor assez bien rendu en réalité dans le film de pilastre à l'antique canelé coiffé de croix gamé symbole très présent dans l'antiquité

comme vous le savez et coiffé d'aigles impériales qui avaient été choisies par les nazis comme symbole de leur de leur souveraineté.

À partir de là, je m'étais demandé ce qui avait bien pu conduire encore une fois au cœur de l'Europe, au cœur du 20e siècle, un régime aussi fasciné de

technique de modernité et de projection pas forcément dans un avenir mais dans un futur en tout cas technofasciste déjà. Ce qui avait bien pu les motiver à

déjà. Ce qui avait bien pu les motiver à se réclamer autant de l'antiquité grecque et romaine. Encore une fois, pour l'Italie, c'était plus

compréhensible. Mais pourquoi Diable au

compréhensible. Mais pourquoi Diable au fin fond du Brandbourg ? Tout simplement

parce qu'il y avait une histoire longue en Allemagne de rapport l'antiquité qui était elle-même hantée sur et hanté par un complexe d'infériorité terrible

des élites allemandes depuis au moins le 18e siècle vis-à-vis de la culture italienne, vis-à-vis également de la culture française et avec d'ailleurs un

choix qui s'était orienté plutôt sur le précédent grec que le précédent romain puisque on avait décidé dans les élites humanistes et puis des lumières allemandes que la référence à Rome était

déjà préamptée par les Français en l'occurrence et que il fallait donc se vouer à une autre antiquité. Va donc

pour la Grèce, va donc également pour toutes ces études linguistiques, philosophiques, philologiques sur la parenté à la fois syntaxique et

sémantique entre le grec et l'allemand.

J'en ai lu des piles entières et qui montrait que au-delà de la culture, c'était bien peut-être l'ontologie grecque qui était germanique. Autrement

dit, c'est une hypothèse qui se développe dès le 18e siècle. Les Grecs

puis les Romains viennent sans doute bien peut-être plus du nord de l'Allemagne que des hauts plateaux de l'Inde. Autrement dit, l'hypothèse

l'Inde. Autrement dit, l'hypothèse indo-européenne est offensante pour la prétention européenne à la à la suprématie dans la mesure où on ne va pas se s'abaisser à

venir d'Asie.

On est autochtone et on reprend évidemment ce vieux topos antique qui existait chez les Athéniens mais qui hélas a été

réutilisé par Tassit dans sa Germania des origines sitou Germanorum. Tid qui

dans un de ces dans le deuxème chapitre de la Germania écrit ces deux mots fatal hein Germanie indigenae. Les Germains viennent de là,

indigenae. Les Germains viennent de là, ils viennent de leur propre terre, de leur propre territoire. Ils ne sont pas immigrés, ils sont autochtones. Ils sont

issus de leur propre terroir. Vous

imaginez ce que des racistes du 19e siècle puis du 20e siècle ont pu faire de cette prétention à à l'indigén et

puis à à l'autoctonie. Donc tout cela était issu d'une très ancienne tradition réinterprétée évidemment recodé d'abord par les Renaissants qui redécouvrent

Tassite et la Guerre Mania. sont tout

heureux d'ailleurs de se dire que de la même manière que les Gaulois, ils peuvent se prévoloir eux aussi de la patine d'une référence antique. Les

Gaulois ont César, les Germains ont assite. Et tout cela a été recodé,

assite. Et tout cela a été recodé, réinterprété au 19e siècle avec dans dans le cadre d'une épistémée différente qui n'était plus celle ni des humanistes ni des Renaissants, mais qui était celle

évidemment des sciences de la vie, de la médecine, de l'anthropologie raciale, de la biologie raciale. Tout cela a été recodé dans des concepts, dans des

termes qui sur lesquels évidemment au 20e siècle d'autres allaient allaient prospérer.

C'est sur ce terau là donc que les nazis s'installent dans les années 20 en défendant, nous le savons, une vision ethnoationaliste de lettre germanique.

Une vision folk qui conçoit le peuple non pas comme cette réunion d'êtres qui se qui se retrouve sur le fondement de leur liberté, de leur consentement

éclairé et de leur volonté. Conception

française, on va dire roussoïste et robespériste de la nation. Mais le folk pour les nazis et pour l'extrême droite et nationaliste, c'est non pas une

affaire de liberté, mais une affaire de détermination, de nécessité. Autrement

dit, ce n'est pas le tout, pardon, ce n'est pas la partie qui fait le tout. Ce

n'est pas moi qui donne naissance à la communauté, à la société. C'est bien le tout qui détermine la partie de manière non pas immanente mais transcendante. Et

ce tout est régi au choix et selon l'évolution chronologique dans la première révolution par la théologie puisque c'est Dieu qui m'a fait russe euh français ou allemand et puis peu à

peu là aussi recodage au fil du 19e siècle quand la référence à Dieu devient de plus en plus difficile de plus en plus burlesque ou comique. C'est

désormais la biologie évidemment qui détermine cette transcendance qui fait de moi un allemand, un français ou un autre.

les dans ce contexte-là, les nazis qui avaient eux aussi ce complexe, on va dire petit bourgeois de parvenu de de d'infériorité culturelle avec l'Italie, c'est permanent hein,

d'ailleurs d'infériorité culturelle vis-à-vis et politique vis-à-vis du du fascisme. On l'a un peu oublié

fascisme. On l'a un peu oublié aujourd'hui, mais la relation entre Hitler et Mussolini se fait au dépend du 1er et au bénéfice du second pendant très longtemps. Hitler avait un portrait

très longtemps. Hitler avait un portrait de Mussoline dans son bureau de la Brown's House à à Munich au siège du parti puisque de fait c'était le fasciste qui avait réussi 11 ans

auparavant. C'était le modèle. Et

auparavant. C'était le modèle. Et

lorsqu'on voit les images de la première rencontre entre Hitler et Mussolini à Venise en juin 1934, on éprouve une forme de commissération

pour le petit Germain ratatiné dans son fraconcé, les mains crispées sur son haut de forme, livide et mal à l'aise par rapport à un Mussolini évidemment

toujours emplumé, uniformisé, plastronant et et vociférant.

C'est Mussolini d'ailleurs ne manquait pas une occasion. Il y a un discours célèbre à Barry en 1934. Il ne manquait pas une occasion de rappeler aux Germains leur incurable arriération,

hein. Nous avions nous, Auguste et

hein. Nous avions nous, Auguste et Virgile à une époque où ces gens-là ne savaient même pas écrire ni lire et manger la viande crue dans des forêts et

[grognement] des maris peu accueillants.

Tout cela évidemment portait son lot de fer rouge dans l'autorprésentation et dans la fierté la fierté allemande. Et bien, c'est

fierté allemande. Et bien, c'est précisément pour combattre cela et pour dorer le blason de la race germanique que les nazis se sont employés par une multitude de vecteurs, qu'il soit

artistique juridique cinématographique pédagogique à promouvoir une un nouveau récit de l'antiquité qui

n'était pas improbable et qui n'était pas absurde dans l'épistémé de l'époque dans la mesure où précisément, je vous l'ai dit, l'idée d'une procession

nordique de la Méditerranée antique existait depuis le 18e siècle et c'était renforcé. La seule différence c'est que

renforcé. La seule différence c'est que ce qui n'était qu'une hypothèse très courante au demeurant est devenue une thèse et une thèse d'État a enseigné

comme telle dès le mois de juillet 1933 le ministre de l'intérieur du Reich le docteur Fric.

Les nazis dans les gouvernements de coalition demandent toujours le ministère de l'intérieur.

Le ministre de l'intérieur du Reich est dicte des nouveaux programmes, des nouvelles consignes pédagogiques qui explicitement enjoignent au professeur

d'enseigner que les Grecs et les Romains veulent viennent bel et bien du nord. Al

tout cela s'accommode évidemment d'une théorie des climats très courante depuis là encore les 17e et 18e siècle qui explique que au fond si les germains qui

sont celles de la terre sont restées littéralement et descriptivement des arriérés et des demeurées au nord, c'est

par défaut de de belles température et de bon climat. C'est au fond au doux soleil de la Méditerranée que la Germanité a pu opérer sa photosynthèse

culturelle, s'épanouir et euh déployer tout son potentiel de philosophie, de droit d'architecture

entre mathématicien, philosophe, architecte et légionnaire.

Tout cela donc visait à proposer une vision méliorative de de la race germanique. Mais pas seulement

race germanique. Mais pas seulement puisque dès lors que les Germains, dès lors pardon que les Grecs et les Romains étaient des Germains, il était tout à fait loisible de les imiter. au fond, ce

qui n'avait été auparavant qu'une pratique pleine de vergogne, c'est-à-dire apprendre le grec et le latin et

s'aliéner à une culture qui n'était pas strictement germanique. Et de fait cette

strictement germanique. Et de fait cette tendance là existe encore dans le dans l'univers nazi, vous avez des gens qui restent très rtif à l'antiquité au motif

que il ne s'agit pas de quelque chose qui est purement germanique et que on s'humilie, on s'alienne à faire des humanités classiques alors qu'on pourrait faire de la bonne vieille

préhistoire, du bon vieux paléolitique germanique pour honorer pour honorer la race.

C'est assez étonnant de voir que j'avais dépouillé notamment des mémoires de professeur de lettre classique venu de tous les lycées d'Allemagne qui envoyait

au ministère des argumentaires entre 1933 et 1936 lorsqu'il s'agissait de redéfinir à la fois les programmes et les horaires bien sûr de Grecs et de latin dans les Gumnaasiennes, dans les

dans les lycées allemands et qui argumentait pieusement que le d'une racialement, nous étions en terrain familier et par ailleurs, on pouvait

très bien étudier le latin et le grec sans se perdre dans des considérations poétiques ou des élégies

et efféminisantes. Et au contraire en

et efféminisantes. Et au contraire en étudiant en grec Tirté, le poète sparciate de la guerre et en prenant

chez Horas non pas celui qui musiait auprès des femmes mais celui qui écrivait que Doulk décoromatria mori.

Donc encore une fois un apprentissage de la virilité, un apprentissage de la guerre.

La troisème fonction de de l'antiquité pour les nazis après cette cette réécriture méliorative pour redorer le

blason de la race après cette imitation et innutrition qui était légitime puisque encore une fois les Grecs et les Romains faisaient partie de la famille.

La troisème fonction euh qui au-delà de cette imitation qui permettait de recréer un corps fidèle au modèle antique et de créer un empire puisque

Rome projetait la puissance de l'impérialité ou permettait de projeter la puissance de l'impérialité sur les vastes espaces de l'Est. Vous avez toute une abondante littérature he nazie qui

développe et qui discerte sur ces sur ces thèmes-là.

On doit adopter les méthodes et les recettes de l'Empire romain pour conquérir et coloniser l'est de l'Europe de jusqu'à l'oural. La troisème fonction

donc était une fonction d'avertissement mais d'avertissement solennel.

C'est un mot allemand qui est au fond intraduisible qui connote la vaticination, le sacré, une forme de

terreur qui est le mot manen. Manen,

c'est vraiment avertir mais alors du fond des âges, du fond des tombeaux, d'une voix sépulcrale et et et terrifiante, hein. C'est vraiment le le

terrifiante, hein. C'est vraiment le le l'avertissement l'avertissement des morts. Et cette cet avertissement pour

morts. Et cette cet avertissement pour les nazis, c'était que les Grecs et les Romains avaient bien pu accoucher d'une civilisation prestigieuse, conquérir le monde et dominer le couen. De fait, il

n'en restait plus que les squelettes blanchis de leurs ruines. Ils avaient

disparu. Et pourquoi avaient-ils disparu ? parce que et c'est en cela que le

? parce que et c'est en cela que le l'histoire de l'antiquité était recodée dans les termes de la raciologie contemporaine qui à l'époque était vraiment la modernité scientifique, hein. C'était bien de faire de la

hein. C'était bien de faire de la raciologie, c'était de la science évidemment.

Il fallait donc considérer l'histoire de l'antiquité sous l'angle de la race et de la lutte des races. Euh, de fait, les guerres médiques sont un assaut de

l'Asie éternelle, enjuivé, sémitisé, négrifié, arabisé contre la pureté de la rage germanique. En l'occurrence de

rage germanique. En l'occurrence de Marathon à Salamine, on a affaire déjà à un choc des civilisations, à un affrontement racial qui se solde certes

par la victoire des Germains, les Grecs à deux reprises et Marathon et Salamine puisque de fait les Grecs sont des Germains et donc s'imposent militairement et intellectuellement mais

qui aboutit à ce phénomène bien connu de l'oliganthropie par l'hémorragie de sang de bon sang grec et qui qui aboutit également à ce que les cités grecques un

peu trop stoïiciennes, un peu trop universalistes ouvrent leur rempart, ouvrent leurs portes, ouvre leurs veines et leurs artères au sang étranger, ce qui suscite un mélange, une

dégénérescence et une disparition.

Autrement dit, ce que l'on peut lire chez les antiquisans et jusque dans les manuels scolaires hein de l'époque nazi, c'est que les Grecs ont disparu parce

que ils ne n'avaient pas une législation de type loi de Nurbert qui ségrège et qui sépare les sang. Quant à Rome, Rome

avait péri de son impérialité même. Il y

a tout un débat à l'époque nazi entre spécialistes mais également entre paraspécialistes. C'estàd ces gens qui

paraspécialistes. C'estàd ces gens qui se saisissent de l'antiquité dans les agences de la SS notamment. [grognement]

Tout un débat sur les empires antiques.

Doit-on célébrer Alexandre, ce roi macédonien du nord de la Grèce, blond aux yeux bleus, qui a conquis le monde ?

Doit-on le célébrer comme ce héros germanique qui précisément a imposé la domination greco-germanique au monde ?

Ou doit-on flétrir celui qui a présidé au NOS de Suz maédoniens avec 10000 10000 asiatiques

et qui a a créé un empire un empire qui régit par la libre circulation des biens et des personnes ou peu sans faut et bien a abouti au mélange universel.

Doit-on se réjouir également et doit-on célébrer César puis Auguste qui ont fait la même chose avec la même impréparation, la même inconscience, la même inconscience de l'anthropologie

raciale, de du déterminisme racial et donc qui ont abouti à ce gigantesque mélange, ce gigantesque milestrum biologico racial qui a été infiné

l'Empire romain. Je commençais en citant

l'Empire romain. Je commençais en citant Caraakala. Je n'ai jamais vu une dans la

Caraakala. Je n'ai jamais vu une dans la littérature scientifique nazi une figure aussi conspuée, aussi vomie que Caraakala dont on vous présente à chaque

fois dans les manuels une génétique raciale, hein. On vous montre d'où il

raciale, hein. On vous montre d'où il vient, on vous montre ses caractéristiques anthropométriques pour vous dire qu'en fait de Romain, il s'agit d'un arabosémitique de la plus basse extraction raciale et que dès

lors, important à Rome, comme tous ces Arabes et tous ces sémites les fausses idées de cosmopolitisme et d'universalité, il a détruit l'Empire

romain qui reposait sur la conscience de la race et sur la conscience de la hiérarchie raciale. C'est comme cela

hiérarchie raciale. C'est comme cela évidemment que les historiens de l'époque réinterprètent la différence entre patricien et plébéen. De la même manière qu'à Spart, vous aviez les

homoyes d'un côté et puis les périèques de l'autre. Vous aviez donc des

de l'autre. Vous aviez donc des populations originelles autochtones qui étaient méditerranéennes mais de sang inférieur et de statue inférieur dominé par les homoy spartiat greco-germanique.

À Rome chose. Les patriciens étaient évidemment issus de ces coortes de germain qui avaient immigré en Italie et qui avait armé les structures de

l'aristocratie de l'aristocratie romaine jusqu'à la première faute qui a été le mélange possible, les intermariages entre patricien et plebéen et puis la

catastrophe finale de l'I de Karakala qui a cette horreur raciale. Je cite

Alfred Rosenberg, cette horreur raciale qui a transformé, je cite encore de mémoire Rome en égou biologique.

Voilà la l'interprétation de de l'antiquité qui est convoqué également Infiné comme ultime moyen de

de reconvoquer lespopé dans des batailles de résistance et de retardement. Ça apparaît en 1943 au

retardement. Ça apparaît en 1943 au moment où la 6e armée de Paulous est en train d'agoniser à à à Stalingrad le 30 janvier 1943 pour les 10 ans de

l'arrivée au pouvoir, ce que les nazis appelaient faussement la prise de pouvoir. N'ont rien pris du tout, on

pouvoir. N'ont rien pris du tout, on leur a tout donné hein en 1933. Pour

célébrer donc ces 10 ans, Herman Gering, le Rice Marshall Herman Gering fait un discours à la radio où déjà il enterre la 6e armée alors qu'elle ne s'est toujours pas rendue, hein. Ça arrivera

quelques jours plus tard. On imagine la joie des soldats de Stalingrade à écouter cette horison funèbre alors que ils étaient encore en train de de se battre et d'essayer de résister. Et

Herman Ging poursuit en disant que cette défaite est une victoire.

De la même manière que les 300 de Léonidas ont retardé suffisamment l'assaut de la step asiatique et de la sous-humanité pour que les Grecs puissent se reconfigurer et vaincre

Inchiné. De la même manière, le

Inchiné. De la même manière, le sacrifice de Paulous et de la 6e armée n'aura pas été vain puisque il permettra la victoire finale du Rich. Dans les

toutes dernières semaines, et c'est c'est sidérant de de voir cela dans tous les titres de la presse nazie, je parle là de mars avril 1945 hein, un moment où

on imagine la hiérarchie nazi avait peut-être d'autres préoccupations que l'histoire de la République romaine par exemple. Et bien figurez-vous que on

exemple. Et bien figurez-vous que on trouve quantité d'éditaux et d'articles sur Fabius Kunctator et sur la seconde guerre pque sur ce retournement qui a

été opéré grâce à la ruse et à l'opinatreté de Fabius Conctator alors que évidemment tout indiquait que Hannibal allait gagner.

Le Hannibal Anteportas devient évidemment le Stalin Anteportas. Et

cette campagne de presse euh a été euh euh commandée et Gbelorte témoignage dans son euh dans son journal par Hitler lui-même qui lui a demandé de euh

convoquer cette cette référence, cette référence propre à remotiver la population allemande dans ces derniers instants de la guerre où la guerre allait se retourner parce que il y avait

cette mythologie de l'inversion ou du retournement final. On parlait du

retournement final. On parlait du miracle de la maison de Brandbourg, ce qui s'est passé en 1763 quand Catherine I est morte et que son fils a finalement fait alliance avec Frédéric II alors que

Frédéric II de Prus était était était vaincu. Le miracle de la maison de

vaincu. Le miracle de la maison de Brandbourg est reconvoqué au moment où Franklin de la Norousvelt meurt. un

un signe que l'histoire se répète et l'on on convoque donc après Léonidas Fabius Kunctator, il reste que et je vous cite de mémoire une entrée du

journal de guerre de Junger de Ernst Junger.

Sunger raconte dans la la débacle de l'évacuation attive de la Prusse orientale, des populations prise de panique devant l'arrivée des soviétiques

raconte le suicide d'une famille aristocratique qu'il a connu en Prus oriental. Donc raconte ce cette scène

oriental. Donc raconte ce cette scène 1000 fois répétée puisque le suicide est une sortie de guerre très pratiquée hein au printemps 1945 en Allemagne. Il

décrit la scène et il dit ceci à la fin de de cette narration on avait convoqué l'antiquité manifestement elle s'est vengée.

Autrement dit on avait rêvé à la au prestige de la Grèce. On avait prestige culturel, on avait euh rêvé également l'impérialité romaine. Manifestement,

l'impérialité romaine. Manifestement, nous serons condamnés à une paix cartaginoise et un délanda est Cartago que les nazis évidemment redoutent euh au printemps 1945 dans la mesure où

eux-mêmes savent très bien ce qu'ils ont fait à l'est. L'Est c'est 5000 sur Glan et c'est 27 millions de morts. Donc

c'est ce ce cette épouvante face à la vengeance possible des soviétiques qui préside en partie à l'épidémie la véritable

épidémie de suicide que l'on voit déferlé sur l'Allemagne en 1945.

épidémie qui est d'ailleurs lié également au fait que pour des individus, des sujets dont l'univers mental était si fortement structuré par

la veltaanchang par la vision du monde nazi, il n'y avait pas de retour possible en arrière. Et de fait, pour ceux qui ont survécu, il n'y a jamais ou quasiment jamais d'ancien nazis. Ça

n'existe pas. Et certains sont allés donc jusqu'à mettre fin à leur existence dans la mesure où sans nazisme, il n'y a plus de monde possible. Et dans dans

dans la le verrouillage complet de cette vision du monde nazi où tout était parfaitement chevillé, il ne pouvait y avoir que deux eschatologies.

L'eschatologie de la victoire totale de l'empire millénaire et donc de d'une fin de l'histoire puisque le but c'était cela. mettre fin à l'histoire, mettre

cela. mettre fin à l'histoire, mettre fin à cette vallée de larme qu'avait été l'histoire pour pour l'Allemagne en se projetant dans une stase temporelle qui est également une stase géographique,

les vastes espaces de l'est. Ça c'était

l'eschatologie positive, celle de la colonisation germanique à l'est. Mais

évidemment l'inverse ou le revers de cette eschatologie, c'était l'apocalypse et la destruction totale de la Germanité. C'est précisément ce qui est

Germanité. C'est précisément ce qui est redouté conduisant beaucoup par décrochage psychique comme par désespoir eschatologique au suicide jusque

jusqu'au suicide des enfants, c'està-dire au meurtre des enfants avec l'exemple de la famille de la famille Gbels puisque ce sont six petits corps

que l'armée rouge remonte du bunker en chemise de nuit avec des fleurs dans les yeux des fleurs dans les cheveux pardon le 1er mai. 1900 1945. Alors, on le voit

avec les nazis, c'est une antiquité de fermeture qui est euh théorisée et qui est promue. Une antiquité euh euh qui

est promue. Une antiquité euh euh qui est recodé dans euh le langage et dans l'épistémie de la de la biologie raciale.

antiquité de la fermeture qui refuse évidemment toute ouverture au monde, tout cosmopolitisme et qui prétend montrer en narrant cette histoire de

l'antiquité que le le mélange et le dialogue et l'ouverture à l'autre sont des facteurs de dégénérescence et infiné

d'extinction.

C'est évidemment une toute autre antiquité qui nous réunit ici euh par conviction personnelle mais aussi par structure socioculturelle. Au fond,

structure socioculturelle. Au fond, [raclement de gorge] nos aînés des universités allemandes du des années 20 et 30 n'étaient pas plus stupides que nous. J'ai pu m'en

convaincre en lisant leurs travaux et en voyant à quel point au titre prestigieux de professeur doctor répondait des appareils critiques

impeccables, une érudédition parfaite.

socioculturellement, ils émanaient d'un monde où un petit pourcent voir moins d'une classe d'âge accéder à l'abitour, c'est-à-dire au baccalauréat, accéder

ensuite à l'université et ensuite aux fonctions de d'enseignement et de recherche. Autrement dit, la sélection

recherche. Autrement dit, la sélection sociale était déterminante et discriminante et l'on avait en Allemagne à cette époque, mais pas que hein, il suffit de voir certains collègues

français de des années 30 pour voir que l'on avait une conception particulariste de l'antiquité, particulariste de la culture et certainement pas universaliste. Et dès lors, dans cet

universaliste. Et dès lors, dans cet enfermement cognitif là, il était tout à fait loisible de dire que effectivement la le parténom était l'expression du

génie germanique. De la même manière que

génie germanique. De la même manière que la musique de bac était inaudible pour une oreille noire et le jazz parfaitement insupportable à une oreille

germanique. Conception donc enmurée,

germanique. Conception donc enmurée, particulariste strictement particulariste et raciste de de la culture.

C'est un des paradoxes qu'il est facile de résoudre puisque la question qui revient souvent c'est comment des gens aussi cultivés, aussi bien formés,

on a abdiqué depuis longtemps hein le comment dire la la vision du du nazi aux idées courtes et aux cheveux courts, hein, les des travaux très abondants de sociographie des

courtes de de des des fonctionnaires nazis ont bien montré qu'on ait affaire là au à la fine fleur des universités allemandes et que les cadres du RSHA, du

l'Office central de sécurité du Rage étaient quasiment tous titulaires d'un doctorat, souvent de droit, mais pas seulement. Il y a également des docteurs

seulement. Il y a également des docteurs en histoire, des docteurs en littérature latine figurez-vous.

Donc c'est cette antiquité là que qui n'est pas la nôtre et cela s'explique hein d'un du point de vue de d'une histoire socioculturelle.

La nôtre si on on revient à l'innutrition, la nôtre peut fabriquer plus heureusement le présent.

On parle d'ici de fabrication de de l'antique mais évidemment c'est dialectique et réversible et l'antiquité peut elle aussi nous fabriquer. Je

prendrai simplement deux exemples pour terminer cette cette présentation.

D'abord en terme d'organisation démocratique, c'est un sujet qui revient beaucoup et qui nous préoccupe toutes et tous. Sinon, dépasse les simples poncifs

tous. Sinon, dépasse les simples poncifs commémoratifs ou les révérences obligées au passé antique. Si on dépasse également les simples géographies parlementaires ou les simples géométries

parlementaires l'hémicycle bon on sait tout cela.

Si l'on revient donc à quelque chose d'un peu plus exigeant, on peut penser au tirage au sort, à une époque où on se plaint de la faiblesse, de la représentativité

de nos systèmes démocratiques. Il se il se trouve que par un miracle stoastique que des mathématiciens expliquent très bien mais que je n'ai toujours pas compris, le tirage au sort évite le

billet. Alors, pour peu que il y ait une

billet. Alors, pour peu que il y ait une population suffisante dont émane le tirage au sort, le tirage au sort évite par ce prodige donc statistique le

billet de genre, le billet de classe et tous les billets sociaux qui sont structurants dans la conquête évidemment d'un mandat où les hommes sont plus présents que les femmes où les classes

les plus dotées culturellement et socialement sont plus présentes que que d'autres. Et ça se retrouve de manière

d'autres. Et ça se retrouve de manière caricaturale et accablante dans la composition de nos différentes de nos différentes assemblées. Des expériences

différentes assemblées. Des expériences récentes de convention citoyenne. Alors

malheureusement ça n'était qu'une opération de marketing politique et de pure communication puisqu'on a rien tiré du tout aucun enseignement du travail

pourtant très important et très très fondé de ces diverses conventions citoyennes. on en on en annonce même une

citoyennes. on en on en annonce même une prochaine pour faire encore une fois un peu de communication. Et bien

l'expérience de des conventions citoyennes confirme non seulement l'enseignement de la stockique, mais confirme également ce que des antiquisans montrent quand ils

explorent le fonctionnement concret de la démocratie athénienne. Et là, on peut penser évidemment aux travaux qui ont fait l'objet d'une diffusion dans le grand public chez des éditeurs

généralistes pour le coup de Paulin Ismar sur le tirage au sort à Athènes.

Voilà pour l'organisation démocratique et on pourrait penser également plus généralement à notre rapport au monde en général, à notre rapport au vivants, à

notre rapport à ce qu'on appelle de manière un petit peu fautive l'environnement et qui nous environne pas puisque nous en faisons nous en faisons partie. Euh lorsque l'on voit

faisons partie. Euh lorsque l'on voit aujourd'hui euh la victoire temporaire euh je précise puisque on est tous sous le choc évidemment de ce qu'il se passe un petit peu partout dans le monde et

singulièrement chez les maîtres du monde actuel hein. Mais lorsqu'on voit chez

actuel hein. Mais lorsqu'on voit chez eux la victoire de ce que l'on pourrait appeler l'illimitisme, c'est-à-dire une espèce de folie qui consiste à poursuivre la logique des moyens sans

fin, poursuivre la logique d'un calcul qui ne s'arrête jamais et qui ne sait pas pourquoi il poursuit dans l'accumulation, donc dans la dévastation, dans la destruction et dans la mort.

La porte de sortie étant réservée en bonne logique raciste et sociale ruiniste à une petite élite de milliardaires qui prétend aller sur Mars en quittant la seule

planète qui permettent la vie hein pour une planète insusceptible de terraformation ce qui est une idée absolument géniale au demeurant et par ailleurs qui montre bien le l'amour du

genre humain qu'ont tous les technofascistes actuels. Et bien contre

technofascistes actuels. Et bien contre cela, contre cette logique des moyens sans fin, du calcul infini, de la dévastation nue désormais sans masque puisque

désormais on on ne prétend même plus respecter ces fioritures que sont les droits humains, le droit international.

On a besoin du Groenland, on parle de l'annexée. Euh, on veut les terres rares

l'annexée. Euh, on veut les terres rares de l'Ukraine, on soumet euh son président à une espèce de de de de d'humiliation violente digne d'un

mafieux pour saisir 500 milliards de dollars de de terre rare. bien contre

cela, contre ce qui nous paraît être dominant aujourd'hui et bien étranger à ce que nous sommes toutes et tous, je pense qu'on aurait pas choisi ces discipline et ses métiers sinon parce

que nous vivons les humanités comme un mode de vie et comme un art de vivre au-delà de la science et des logiques d'ailleurs parfaitement mortifères

illimitistes qui prétendent nécroser nos pratiques scientifiques. le publish

pratiques scientifiques. le publish parish par exemple, la concurrence généralisée et cetera qui sont antithétiques à notre vocation, à notre [grognement] amour de de l'antiquité, on

va dire. Et bien peut-être là aussi un

va dire. Et bien peut-être là aussi un recours à l'antiquité simpile contre les limitismes, la pensée de la limite dans l'antiquité. Alors, c'est évidemment

l'antiquité. Alors, c'est évidemment solidaire d'une cosmologie à l'époque hein puisque l'univers est clos et non pas infini. On attendra quelques siècles

pas infini. On attendra quelques siècles pour cela.

Et dans cet univers clos, il n'y a pas d'apéirone, il n'y a pas de d'illimitation, tout est limité. Et

c'est bien montré par la différence que les Grecs, je pense à Aristote notamment, mais c'est repris évidemment par tout le monde à l'époque et dans les siècle suivant, la différence qu'Aristote fait entre l'économique,

mais on va dire plutôt l'oéconomique, hein, de manière plus étymologique et littérale, c'est-à-dire précisément la norme qui régit le foyer, ce foyer qui humblement

permet la la survivance, la perdurance dans l'être de quelques personnes qui sont réunies autour de lui. Donc l'eau

économique d'un côté qui n'est pas notre économie hein, puisque notre économie aujourd'hui c'est la crématistique, c'est-à-dire cette folie qui consiste à

accumuler sans fin. Et avec Aristote, on peut se demander ce qui peut bien motiver l'accumulation de 20 millions de paires de sandales.

Deux, pourquoi pas pour en avoir une de rechange mais 20 millions, pourquoi ?

C'est ça la logique de l'accumulation sans fin qui signe la dévastation du monde. On voilà tout ce qu'il y a de

monde. On voilà tout ce qu'il y a de d'intéressant et même de de stimulant à redécouvrir l'antiquité et la pensée antique, tout ce que cela peut avoir de

concret et il faut sans doute dans nos pratiques pédagogiques, dans la manière dont on en parle, dans l'espace public, insister là-dessus sur le fait que il ne s'agit pas là que d'un privilège

d'érudit ou de d'un hobby abstrait de bourgeois désincarné qui va communier dans le culte du beau, du bon et du juste éternel.

Non, on a affaire à des individus qui sont proches de nous parce que au fond ils vivent dans un univers où il n'y a pas d'a-delà ou très peu ou très mal. Il

n'y a pas de de de de projection eschatologique au-delà de la mort. Et le

référentiel étant le même, les questions peuvent être et les réponses peuvent être également également les nôtres.

Autrement dit, comment un ne pas être ne pas devenir totalement fou face à la perspective de la mort ? C'est cela que les Grecs affrontent. Et deuxièmement,

comment une fois qu'on a décidé de ne pas être fou, comment aménager au mieux cet oikos humain pour la le une forme

d'optimum de bonheur de toutes et tous.

Je ne évidemment je ne sombre pas dans dans la comment dire dans la révérence pieuse. Je sais très bien qu'il y avait

pieuse. Je sais très bien qu'il y avait des esclaves et cetera. Bon, certes,

mais là je parle pour le coup d'une communauté d'hommes et de femmes libres qui ont des machines à laver pour esclave si vous voulez en gros si on veut faire une transposition.

Rapport donc concret à l'antiquité, mais rapport également un rapport affectif, un rapport affectif indéniable. Je vous

le disais en parlant de souvenirs d'enfants, cette fascination pour les monuments issus de l'antiquité, cette fascination pour la langue, pour la graphie même du grec par exemple, pour

la sonorité même du latin. Je le vois dans le laboratoire de jeunes enfants, en l'occurrence mes filles 8 et 10 ans qui dévorent Astérix, qui adorent la

mythologie, qui la connaissent bien mieux que moi. D'ailleurs, je me fais je me fais lire la leçon régulièrement et je me fais blâmer parce que je ne connais pas les les comment dire les

biographies complètement de castor et pollux. véridique. Et donc ça parle, ça

pollux. véridique. Et donc ça parle, ça parle aux enfants, ça parle au désirs parce que l'antiquité suscite un désir

et au fond si l'histoire et le fait de rendre un avenir au mort, je le disais au début, on a avec nos aînés de l'antiquité des morts bien vivants qui

sans doute sont pront à nous redonner un avenir. Je vous remercie de votre

avenir. Je vous remercie de votre attention.

[applaudissements] [applaudissements]

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