Intervention de Félicien Faury à la formation APSES Aix-Marseille, Coudes à coudes & SNES-FSU
By Les Sciences Economiques et Sociales / APSES
Summary
Topics Covered
- Trois distinctions clés pour analyser le vote
- Le suffrage universel exclu 20% de la population : enfants et influence parentale
- L'échelle territoriale pour étudier les votes sans déclaration
- La mise en concurrence des services publics pousse les femmes vers le RN
- Comprendre la normalisation politique du RN par sa normalisation sociale
Full Transcript
Merci merci beaucoup Michel. Merci pour
toute l'organisation et merci à tous et toutes d'être là si nombreux. Je suis
très content de ça de effectivement il y a plusieurs générations.
Euh je pour information donc c'est filmé et moi la commande c'était que ça va être c'est un film qui a qui a pour destination un site euh qui est réservé
notamment au prof de SES d'après ce que j'ai compris comme support pédagogique.
[Musique] C'est pour ça que ce que j'ai prévu là ce matin, c'est vraiment un cours normalement à destination des professeur de SES. En tout cas, j'ai essayé de le
de SES. En tout cas, j'ai essayé de le faire. Donc peut-être que ça risque
faire. Donc peut-être que ça risque d'être parfois un peu compliqué pour les personnes qui sont moins familiers moins familières de la sociologie
électorale. Euh mais bon, j'espère que
électorale. Euh mais bon, j'espère que ça va être quand même compréhensible et quand même intéressant. Euh et pour les lycéens et les lycéennes, je pense qu'il y a rien de mieux euh que d'assister à
un cours à destination des preuves de SOS parce que ça aide à la désacralisation et donc ensuite ça vous donneravantage de confiance ensuite dans
vos dans vos à l'école du lycée quoi.
Euh pour dire un peu d'où je parle, donc effectivement moi j'ai fait une thèse sur l'implantation électorale et partisane du Rassemblement national.
C'était avant tout une enquête de terrain mais qui fortement emprégnait des des résultats aussi statistiques, des enquêtes quantitatives sur le vote Ren et plus largement le
vote. J'ai déjà donné un certain nombre
vote. J'ai déjà donné un certain nombre de cours de sociologie électorale mais plutôt à l'université, plutôt en niveau sens et dans le cadre de la promotion de l'ouvrage aussi fait des
interventions en lycée. Il s'agissait à chaque fois de de cours assez longs que j'ai donné. Donc là, mon interrogation
j'ai donné. Donc là, mon interrogation c'était un peu comment j'allais faire tout rentrer en 2hes et comment j'allais sélectionner.
Et j'aimerais en plus faire un cours de moins de 2 heures pour laisser du temps aux questions, même si bon, je pense qu'il y aura davantage de temps pour les questions à propos vraiment de mon ouvrage cet après-midi. Euh je m'en
excuse pour ça mais bon, je vais essayer quand même un peu laisser de temps euh ce ce matin. Ce que je vous propose c'est je
matin. Ce que je vous propose c'est je me suis dit que j'allais revenir sur certains certains basiques en fait de la sociologie électorale avec trois grandes distinctions. épistémologique,
distinctions. épistémologique, méthodologique et empirique. Euh donc voici le plan.
empirique. Euh donc voici le plan.
Premièrement, c'est insister sur la distinction un peu épistémologique entre l'individuel et le collectif. Est-ce que
le vote est une pratique individuelle ou est-ce que c'est une pratique collective ? Et comme vous pouvez le voir dans le
? Et comme vous pouvez le voir dans le titre, je vais surtout insister sur les DM qui collectivent qui façonnent le vote. Dans un deuxième temps, je
vote. Dans un deuxième temps, je reviendrai sur des questions plutôt méthodologiques avec la grande distinction en fait quand on travaille sur le vote, c'estàd est-ce qu'on se concentre sur l'échelle individuelle ou est-ce qu'on s'intéresse à des échelles
territoriales ? Et enfin l'autre
territoriales ? Et enfin l'autre distinction plutôt en terme d'objet d'étude, c'est lorsque vous travaillez sur le vote, est-ce que vous travaillez sur la participation électorale ? Est-ce
que les gens votent ou non ? et où
est-ce que vous travaillez sur l'orientation électorale pour qui pour quelle partie spécifiquement les électeurs et les électrices votent et pourquoi. Donc c'est ce qu'on appelle
pourquoi. Donc c'est ce qu'on appelle les variables lourdes du vote. Pour information, j'étais un peu
vote. Pour information, j'étais un peu pressé cette semaine. Donc le PowerPoint comme vous allez voir est très succ, c'est-à-dire que est très austère aussi.
Donc, j'ai surtout mis en fait les les euh les références euh auxquelles je vais je vais faire référence justement.
Euh donc voilà de ce de ce type là. Donc
il y aura très peu de textes. Donc c'est
surtout de l'oral. Donc je suis désolé, faudrait être un peu concentré sur ma voix mais encore une fois c'est filmé donc ce sera aussi possible de revoir normalement cette cette
performance. Euh
performance. Euh bien premièrement, est-ce que le vote est une pratique collective ou une pratique individuelle ? J'ai incité
pratique individuelle ? J'ai incité là-dessus parce que d'après ce que j'ai compris, c'est un peu c'est une des questions qui est au cœur du programme de SES et avec quelque chose
d'assez une réponse, j'ai l'impression qui est de l'ordre du juste milieu de en fait c'est une pratique individuelle mais aussi un peu collective. Bon moi
c'est pas ça que je vais présenter. Moi
je vais insister sur le fait que c'est une pratique collective. D'accord ? Vous
connaissez peut-être le texte de Bourdieu ? En tout cas, si vous
Bourdieu ? En tout cas, si vous connaissez pas, je vous invite vraiment à aller le le voir qui s'appelle l'opinion publique n'existe pas qui est une critique des sondages. Euh mais une critique complémentaire des manières de
se rapporter à l'opinion et au vote qui est d'une certaine manière contenue dans le texte de Bourdieu, c'est que l'opinion dite personnelle euh forgé en chacun avant de s'exprimer dans les
urnes est aussi une fiction nécessaire.
Et ça correspond à ce que Jacques Ouvress, un un grand intellectuel nomme le mythe de l'intériorité. Et Daniel
Gaxi, un bourdusien, il parle aussi de mythologie à propos de cette fameuse opinion personnelle qu'on forgerait en chacun de nous et qu'ensuite on
exprimerait par par le vote.
Euh je pense que la sociologie a intérêt à se positionner contre l'idée du vote comme pratique individuelle et insister avant tout sur le fait que comme dirait Paul Lazarfeld, un autre grand
électoraliste, on vote en groupe.
D'accord ? Même quand vous votez dans bulletin secret, dans l'isoloir, en fait, vous votez comme votre entourage, vous votez comme les gens avec qui vous
vivez. Euh quand je faisais des
vivez. Euh quand je faisais des présentations auprès de public est étudiantin ou lycéen, il y avait une thématique qui revenait souvent, c'était mais est-ce que les électeurs du RN par exemple seraient particulièrement
influençable ? En fait, cette thématique
influençable ? En fait, cette thématique de l'influence, elle revient souvent et même dans l'espace public. Il y a ça aussi sur euh à propos des jeunes, notamment les jeunes qui seraient influençables par les réseaux sociaux et
cetera. Bon, en fait, ce type de
cetera. Bon, en fait, ce type de raisonnement, je pense que la sociologie a quelque chose à dire là-dessus au sens que je vous l'annonce, nous sommes tous et toutes influençables et nous sommes
tous et toutes influencés mais aussi influenceurs d'une certaine manière.
C'estàdire, vous êtes tout le temps, vos opinions personnelles sont tout le temps structurées par votre entourage, par les groupes sociaux concrets avec qui euh vous euh vous vous
vivez. Euh et un exemple que j'aime bien
vivez. Euh et un exemple que j'aime bien prendre. Je commence parfois mes cours
prendre. Je commence parfois mes cours sur le vote en interrogeant mon public sur bah ce qu'on appelle le suffrage dit universel. Est-ce qu'il est vraiment ce
universel. Est-ce qu'il est vraiment ce fameux suffrage universel ? Déjà, comme
vous le savez, pendant très longtemps, il a été à moitié, si j'ose dire, parce que c'est un suffrage universel, mais en fait masculin. Il aussi, évidemment les
masculin. Il aussi, évidemment les étrangers qui n'ont pas le droit de vote. Donc là aussi, c'est une c'est une
vote. Donc là aussi, c'est une c'est une bah c'est une universalité nationalisée en quelque sorte. Mais il y a aussi une autre population qui n'a pas le droit de vote, c'est évidemment les enfants, les
adolescents et les jeunes adultes, donc jusqu'à 18 ans, ce qui représente environ 20 % de la population, je crois.
Et donc alors que nombre de politiques sont prises au nom par exemple des enfants, des politiques publiques et cetera, il faut protéger l'enfance, faut protéger les enfants. En fait, ce sont des personnes, ce sont des êtres sociaux
qui n'ont pas le droit de vot et qui n'ont pas le droit de citer du coup, qui n'ont pas la possibilité de s'exprimer politiquement.
Et donc de commencer par ça, bah vous pouvez déplier c'est quoi les arguments qui font que les enfants par exemple n'ont pas le droit de côte. Et à force les adolescents ou les personnes qui ont
moins de 18 ans, on sait pas trop pourquoi il a cette cette âge un peu arbitraire. Donc il y a l'argument de
arbitraire. Donc il y a l'argument de ils sont pas autonomes physiquement d'accord et qu'on peut pas se déplacer au aux urnes. Ce qui a un argument validiste, hein, d'une certaine façon parce qu'il y a beaucoup de personnes
qui sont pas autonomes physiquement non plus. Mais aussi c'est des personnes qui
plus. Mais aussi c'est des personnes qui sont pas considérées comme autonomes cognitivement voire moralement. Et
l'argument qui revient beaucoup, c'est les enfants sont sous l'influence de leurs parents notamment. Sauf que encore une fois, un des grands résultats de la sociologie politique, c'est que vous êtes sous l'influence de ce qu'on
appelle en sociologie politique vos autruis significatifs, c'est-à-dire souvent les ce qui dans les groupes primaires, donc les votre conjoint ou votre conjointe, vos parents jusqu'à
très longtemps. Moi, pendant très
très longtemps. Moi, pendant très longtemps, j'ai voté exactement comme mes parents, bien après mes 18 ans et aussi donc vos enfants et plus largement votre entourage et notamment votre
entourage familial ou professionnel ou vos amis. Donc en fait cette fiction de
vos amis. Donc en fait cette fiction de l'électeur autonome adulte en fait c'est aussi une fiction au sens où il serait réellement autonome. D'accord ? Il y a
réellement autonome. D'accord ? Il y a ce texte, un petit livre de Clémentine Bovet qui s'appelle pour le droit de vote dès la naissance et qui interroge ça, qui interroge cette nécessité en
fait de ne pas exclure 20 % de la population lorsqu'on parle de suffrage universel. C'est vraiment cet argument
universel. C'est vraiment cet argument de les enfants ne sont pas autonomes parce que ils sont influencés par leurs parents. En fait, de partir de cette
parents. En fait, de partir de cette questionlà et de montrer que même adultes ont continué d'être passionné, ça permet de déconstruire à mon avis et ça permet de montrer qu'est-ce que la
sociologie a à dire d'intéressant, j'espère sur le monde. De manière
générale, ça permet d'insister sur un geste sociologique de base en fait fondamental durkémien qui est d'expliquer des pratiques a priori individuel par des pratiques euh par des
dynamiques collectives.
Il y a un texte donc que les professeurs de SES et peut-être aussi les lycéens lycéens connaissent, c'est donc Céline Braconnier, c'est une des qui a écrit la démocratie de l'abstention, une chercheuse que j'aime beaucoup qui était
dans mon jeu de thèse par ailleurs et elle a écrit un petit article qui s'appelle ce que le terrain peut faire à l'analyse des votes. C'est assez
intéressant. Ça insiste sur la complémentarité entre approche quantitative et approche qualitative. Et
là, cet extrait de là, alors qu'il est facile pour un sendeur pour un sondeur opérant à une échelle nationale d'interrogion d'individu en oubliant qu'il évolue dans un environnement potentiellement producteur d'effets sur son comportement, le chercheur qui
travaille dans un lieu donné et observe les électeurs, c'est concrètement venir en groupe au bureau de vote, rend compte des jeunes toujours ensemble dans les espaces publics du quartier peut difficilement souscrire à l'idée que le
vote constitue un acte individuel produit sur un mode individuel.
Effectivement ça aussi sil y a des sorties à faire avec les lycéens les CN lors des périodes d'élection problème c'est que c'est souvent en fin d'année mais aller faire distribuer des questionnaires à la sortie des bureaux
de vote c'est très intéressant pas seulement pour les résultats des questionnaires.
C'est un peu secondaire au final mais vraiment pour l'observation de de voir ce que c'est que discuter avec des gens.
Et une des premières observations qu'on peut faire quand on va au bureau de vote, c'est que il y a peu de personnes qui viennent seul en réalité. C'est des
couples, c'est des groupes, c'est Et donc moi par exemple lorsque j'ai travaillé sur le vote, j'ai pas travaillé sur des individus isolés et repliés sur eux-mêmes, y compris pour le vote, j'ai travaillé sur en fait des
groupes sociaux.
Euh souligner que le vote est un acte collectif, c'est aussi important car ce qu'on appelle donc les modèles du vote, les modèles explicatif du vote, je vais passer assez vite là-dessus, mais c'est
quelque chose que sans doute vous connaissez, c'est des modèles du vote qu'on présente souvent de manière linéaire, trop linéaire à mon avis.
Donc on part souvent de la géographie électorale donc type André Scfried puis on passe à Lazarsfeld donc le le modèle de Colombia on dit puis le modèle de Michigan puis les théories de l'acteur
rationnel et de l'électeur rationnel.
Plusieurs points là-dessus.
Premièrement, il faut toujours signaler qu'il ne s'agit pas de paradigme qui se serait calmement succédé chronologiquement selon un progrès de la science la science électorale. En fait,
ce sont différentes approches qui continuent de cohabiter et qui sont plus ou moins fortes, qui sont plus ou moins dominantes en fonction des rapports de force au sein des sciences sociales du
vote. Donc c'est pas une progression
vote. Donc c'est pas une progression vers un modèle rudimentaire jusqu'à un meilleur modèle.
Deuxièmement, je sais pas si vous avez la l'occasion d'enseigner André Sfried, si vous avez le temps en fait de l'enseigner dans le dans le programme. Bon, André Sfed, c'est un des
programme. Bon, André Sfed, c'est un des pères fondateurs de la géographie électorale notamment en France. C'est
aussi un héritier de la pensée raciale française de la fin du 19e siècle et qui continue mais en fait même même dans les années 40 et 50 à produire des à
produire des écrits littéralement racistes où il parle de race au pluriel, il parle d'hérédité raciale laquelle s'exprime sous la forme du génie ou du
tempérament des races. Je vous ai mis le texte de Carole Renault Paligo André Silfried et la question raciale parce que je pense c'est un point qui est si vous évoquez André Sfried à ne pas c'est
un point à ne pas invisibiliser à mon avis. Un dernier point sur cette ces
avis. Un dernier point sur cette ces modèles explicatifs du vote ce dont il faut bien se rendre compte c'est que épistémologiquement ce qu'on cherchait à faire les électoralistes d'un modèle à l'autre
c'est de plus en plus à rentrer dans la tête des gens. C'est en géographie électorale, on a vraiment commencé à travailler sur des grands ensembles, des cantons, donc des des dynamiques très collectives. Puis Colombia, c'était
collectives. Puis Colombia, c'était plutôt des groupes sociaux, l'entourage et cetera. Le paradigme de Michigan,
et cetera. Le paradigme de Michigan, j'entre pas dans les détails mais la notion d'identification partisane, c'est beaucoup plus de la psychologie sociale.
Puis évidemment les théories de l'acteur rationnel, les modèles plus économicistes. Euh là, c'est vraiment on
économicistes. Euh là, c'est vraiment on essaie d'entrer dans les calculs mentaux des électeurs lorsqu'il s'agit d'aller voter. Donc il y a une forme de de
voter. Donc il y a une forme de de progression vers une individualisation croissante des manières de se rapporter au vote et des manières de de penser le vote. Et donc on s'éloigne de plus en
vote. Et donc on s'éloigne de plus en plus de euh la sociologie et il y a cette phrase donc de Céline Braconier à nouveau dans un un livre qui s'appelle une autre sociologie du vote qui est
vraiment une qui est vraiment un livre technique hein qui issue de son HDR mais que je trouve est très bien écrit et assez passionnant. Bon si faut être un
assez passionnant. Bon si faut être un peu passionné par ces questions mais et ce qu'elle écrit elle dit une phrase qui je trouve très forte dès l'introduction ça a fait plusieurs décennies que la science vote n'est plus majoritairement
une sociologie. Ça aussi, il faut bien
une sociologie. Ça aussi, il faut bien se rendre compte que dans le programme de SES, la sociologie du vote en fait, c'est un peu une ça reste un des derniers bastions de la sociologie du vote, mais
qu'on regarde là à l'échelle internationale, moi du coup je je côtoie beaucoup de collègues électoralistes à l'étranger, c'est vraiment une discipline qui est de plus en plus trustée notamment par l'économie et même
les politistes quantitativistes en fait ont de plus en plus recours à des méthodes euh inspirées de l'économie et qui réfléchissent avant tout au voilà
aux rationalités de l'électeur. Euh et on parle beaucoup de
l'électeur. Euh et on parle beaucoup de la rationalité, il y a ça aussi en SOS, il y a beaucoup de critiques de la rationalité de l'électeur. Donc moi je trouve que c'est pas le principal problème parce que par exemple quand j'ai la prof marxiste vous avez des
intérêts sociaux à défendre ça peut être une forme de rationnalité d'une certaine façon. Je pense que le gros problème en
façon. Je pense que le gros problème en fait des théories de l'acteur rationnel c'est moins une question rationalité que beaucoup plus une question de liberté individuelle.
La normativité sous-jacente à ces théories là, c'est l'électeur est un individu libre et autonome. Et il y a notamment cette citation que j'avais gardé. Donc dans les années 80, les
gardé. Donc dans les années 80, les théories du du Rational Choice, elles sont importées en France. Il y a des auteurs comme Philippe Abert ou Alain Anlo qui peuvent écrire par exemple euh
le nouvel électeur donc qui c'est écrit qui est libéré délivré quoi. Moins
contraint par le jeu des pesanteurs parastian idéologiqu rendu à son libre arbitre par la disparition progressive des structures en cadrement traditionnel accédant aux logiques de l'individualisme électoral par le
recours aux normes personnelles qui avont tous les mots clés. Le nouvel
électeur affirme une autonomie croissante dans la prédécision électorale et module ses choix à partir d'une adaptation stratégique aux variations de l'offre électorale et aux enjeux du scrutins. Bon ça c'est
désastreux. C'estement un désastre quand
désastreux. C'estement un désastre quand on fait la sociologie du vote de se retrouver avec des collègues qui peuvent écrire ce genre de de d'énoncé irréaliste en fait. Donc je pense c'est
pour ça que le voilà il y a aussi intérêt à avoir une vision plus combative aussi de ce que peut dire la sociologie et de ce contre quoi elle se elle se elle s'oppose et notamment donc
j'ai été très sensible à ce qui était dit tout à l'heure sur l'interdisciplinarité mais je pense que l'interdisciplinarité elle est vivante aussi quand elle passe par de la conflictualité de savoir sur quoi on n'est pas d'accord aussi pour pouvoir
s'engueuler scientifiquement une fois tout cela a dit euh il s'agit pas bien sûr de nier que la pratique du vote est en serré la pratique du vote, elle a été prise dans des dispositifs
d'individualisation qu'il y a eu un long processus historique qui a justement fait que on se met à voter à bulletin secret dans les lois. Il y a des travaux
donc de Alain Gargo, plus récemment, Julette Rua qui a écrit sur la la pratique du les technologies de vote notamment en en situation
coloniale et il y a le le texte de Clément Derumo donc qui est sur le site ENS dans lequel va y avoir crois cette vidéo du coup qui est très bien faite cette vote et production collective des
préférences individuelles qui revient un peu là-dessus mais arrivé à historique préciser la pratique du vote, ça peut être aussi intéressant en terme pédagogique pour essayer de
dénaturaliser cet acte électoral, notamment en rappelant que le principe du vote secret, c'est quelque chose qui a pas été toujours le cas, ça a été quelque chose qui a été
institué. Bon, je rapidement en fait
institué. Bon, je rapidement en fait entre 1880 et 1913, il a fallu 35 ans de combat parlementaire
acharné pour enfin adopter une loi rendant obligatoire l'isoloire. et avec
lui l'enveloppe uniforme pour qu'on puisse pas reconnaître pour qui vote vote les gens. Et l'urne, j'ai appris ça donc elle devient obligatoirement transparente en 1988 pour qu'on puisse
pas la fraude et cetera. Donc en fait, il y a eu une victoire historique du campisoloire mais c'est très intéressant si vous avez le temps un peu de regarder les arguments des personnes qui étaient antiisoloires. C'est beaucoup des
antiisoloires. C'est beaucoup des arguments sociaux aussi. Il faut aider les personnes qui ont pas forcément les ressources sociales pour euh voter et cetera. Euh mais ceux qui ont gagné,
cetera. Euh mais ceux qui ont gagné, c'est le campoire qui signe la réussite d'une conception spécifique de l'électeur qui exprimerait librement,
sans pression extérieure, par son acte, une opinion privée et intime résultant d'une délibération opérée sur un mode individuel.
Le fait que le vote maintenant ça soit une pratique secrète et individuelle, ça pose des questions méthodologiques, notamment sur quand on travaille sur l'orientation électorale,
bah comment on fait pour savoir pour qui les gens ils votent, sachant que le vote est secret. Et là donc j'en arrive à euh
est secret. Et là donc j'en arrive à euh pardon à ma deuxième partie qui est vraiment un enjeu méthodologique sur comment étudier le vote, comment capturer les orientations électorales
pour les mettre pour essayer de les expliquer par des facteurs sociaux. Donc comme je l'ai dit pour
sociaux. Donc comme je l'ai dit pour étudier les facteurs qui déterminent l'orientation électorale pour qui voteon il faut la connaître cette fameuse orientation. Donc comment connaître un
orientation. Donc comment connaître un choix supposé privé et secret ? Là, pour
faire grand trait, vous avez deux options en fait. Vous pouvez soit demander directement à l'électeur ou l'électrice pour qui avez-vous et qui êtes-vous socialement et vous mettez ça
en lien, soit ne pas lui demander et contourner le principe du vote secret en analysant les résultats des élections à une autre échelle que l'échelle individuelle.
Et donc je vais y revenir parce que ça il s'agit des deux grandes options méthodologiques actuelles pour étudier le vote. Soit à partir de données
le vote. Soit à partir de données individuelles déclarative, soit à partir de de l'étude des résultats par ensemble territorial.
Et chacun de ces options, chacune de ces options a ses atouts et ses limites.
Bien évidemment, si je commence par le début, les données déclaratives individuelles. Donc ça c'est les
individuelles. Donc ça c'est les entretiens, les questionnaires, les sondages notamment. Concrètement, vous
sondages notamment. Concrètement, vous demandez à chaque individu son choix de vote et vous lui faites confiance. dans
ce qui a il y a une présomption de sincérité, que ça soit les sondages ou les entretiens. Euh vous faites
les entretiens. Euh vous faites confiance à ce que vous dit à la personne. Si la personne vous dit "J'ai
personne. Si la personne vous dit "J'ai voté Rassemblement national", bah dans vos données, ça donne ça. Le donc c'est un sondage qui peut se
ça. Le donc c'est un sondage qui peut se faire en face à face, par téléphone, en ligne parce qu'il a encore pour revenir si vous souhaitez mais ça pose à chaque fois des questions très spécifiques de il y a pas les mêmes effets de censure
en face à face par exemple que par internet.
Le grand avantage de fonctionner comme ça, c'est que vous opérez justement à l'échelle individuelle et donc vous pouvez demander en quelque sorte ce que vous voulez à l'électeur ou à l'électrice. Vous pouvez demander ses
l'électrice. Vous pouvez demander ses caractéristiques sociales, les caractéristiques sociales qui vous intéressent particulièrement, y compris celles qui sont pas dans le recensement. Donc si
vous voulez demander par exemple son origine ou sa religion, faire ce qu'on appelle ce qu'on a appelé à quelques temps les statistiques ethniques, c'est pas dans le recensement et vous pouvez complètement faire des enquêtes
là-dessus par sondage lorsque vous avez une une enquête validée par acné et cetera, vous pouvez poser ces questions.
Donc parenthèse, c'est pas vrai que les statistiques ethniques n'existent pas en France. Elles sont pas dans le
France. Elles sont pas dans le recensement mais il y a tout un ensemble d'enquête fait par l'INC ou par l'INEL ou par des grands institut qui s'intéressent à ces questions et heureusement parce que c'est très
intéressant. Donc là vous pouvez poser
intéressant. Donc là vous pouvez poser les questions que vous voulez en quelque sorte avec votre questionnaire et vous pouvez faire donc varier le questionnaire ou quanti selon vos questions de recherche. Par contre
évidemment il y a deux grands problèmes aveces enquêtes au niveau individuel.
c'est qu'il y a les deux biais qui sont propres à la technique des sondages de manière générale. Premièrement, il y a
manière générale. Premièrement, il y a un biais de sélection. Même si vous essayez d'avoir des sondages représentatifs, vous risquez toujours de manquer des électeurs. Notamment là avec le passage sur internet, en fait, vous
risquez d'avoir les personnes qui sont les plus politisées, qui ont accès à internet, qui ont envie de remplir les sondages par internet et cetera.
Contrairement, je vais revenir aux études sur les données territoriales, c'est que quand vous regardez les résultats des élections sur une ville, vous loupez personne par définition parce que vous avez les gens qui ont voté et qui qui ont été récoltés, qui
ont été comptés à la fin des élections.
Donc, un biais de sélection et évidemment un biais de déclaration.
Alors, vous êtes dépendant de ce que veut bien vous dire la personne sondée avec cet enjeu de ce qu'on appelle en psychologie sociale le biais de désirabilité.
Alors, quand vous êtes notamment en face à face, vous voulez plaire à l'interlocuteur, vous voulez pas vous sentir jugé. C'est quelque chose que
sentir jugé. C'est quelque chose que connaissent très bien les les les sociologues ou les politistes qui travaillent sur notamment les votes extrêmes et ou sur le racisme, la
xénophobie ou les ou d'autres types d'intolérance, c'est que ça peut être sous-déclaré. En fait, il faut remplir
sous-déclaré. En fait, il faut remplir tout un ensemble de conditions. Il faut
faire attention à cette question-là parce que vous avez des personnes qui vont sous-déclarer certaines opinions.
Euh et donc ça peut entraîner une mésation de certains votes qui sont dit honteux. Euh ça a éé très longtemps le
honteux. Euh ça a éé très longtemps le cas du vote Ren peut-être vous le savez, le vote Ren il est sous-déclaré pendant longtemps, il été sous-déclaré. C'estàd
les gens n'osaient pas dire qu'ils allaient voter pour le pour le rassemblement national. les instituts de
rassemblement national. les instituts de sondage devaient effectuer des des redressements. Vous aviez les résultats
redressements. Vous aviez les résultats bruts du vot terraine mais vous saviez qu'il y avait de la surdéclaration donc vous redressiez un peu vos résultats ce que vous faisiez pas pour les votes de gauche par exemple parce que là il y a
beaucoup moins de surdéclaration. Ça
c'est quelque chose qui est en train de changer en aux élections régionales par exemple de 2021 l'e dernière il y avait eu vraiment les sondeurs avaient surestimé le vote Ren parce que il y avait eu l'effet inverse c'est que le
vote Ren avait été surdéclaré. les gens
disaient "Oui, oui, je vais au PRM et par contre c les élections régionales".
Donc en fait, ça intéressait pas trop les gens. Donc le dimanche et resté chez
les gens. Donc le dimanche et resté chez eux euh comme enfin que l'élector euh et donc et en plus c'est donc il y a de la de plus en plus de la surdéclaration
paradoxalment pour le vote RN ce qui s'explique premièrement par la dédiabolisation du Rassemblement national c'est de moins en moins un vote honteux et aussi encore une fois par sans doute le fait que les sondages se
font de plus en plus en ligne. en ligne,
il y a moins d'effets de censure potentiellement. Donc les gens disent
potentiellement. Donc les gens disent plus euh qui pour qui ils vont voter de manière potentiellement plus sincère, voir par contre vous avez par internet, vous avez un biais d'échantillonnage
avec des personnes plus politisées que la moyenne. Donc ils vont dire oui, je
la moyenne. Donc ils vont dire oui, je vais aller voter et qui est moins représentatif du reste de la population. Donc ça c'est des grands
population. Donc ça c'est des grands problèmes qu'on travaille sur les sondages. Ce biais de déclar de le
sondages. Ce biais de déclar de le billet de déclaration, il est très important.
L'autre option, c'est de travailler à l'échelle territoriale. Là, vous n'avez pas besoin
territoriale. Là, vous n'avez pas besoin d'avoir accès à l'électeur ou à l'électrice. Vous avez pas besoin
l'électrice. Vous avez pas besoin d'avoir le consentement des gens. Vous
n'avez pas besoin d'avoir leur déclaration. Vous étudiez les résultats
déclaration. Vous étudiez les résultats électoraux réels. Les résultats
électoraux réels. Les résultats électoraux réels, évidemment, comme le vote est secret, on n pas le droit de les connaître à l'échelle individuelle.
Mais par contre, on les connaît à l'échelle territoriale. Donc ça c'est
l'échelle territoriale. Donc ça c'est vous avez ça en tête, c'est le lendemain des élections, par exemple les élections présidentielle, vous avez des cartes de France avec tant de régions qui ont voté
plutôt pour le RN ou plutôt pour la gauche et cetera. Vous avez l'échelle des régions, vous avez l'option au département. Souvent vous avez l'option,
département. Souvent vous avez l'option, vous savez pour qui ma ma ville a-t-elle voté. Vous pouvez voir, vous avez par
voté. Vous pouvez voir, vous avez par commune les résultats électoraux réunis.
Donc ça c'est très intéressant parce que si vous avez une une ville très populaire qui vote pour telle option électorale plutôt, vous pouvez commencer à faire des corrélations entre classe
populaire et un certain type de vote pour les gens. Et là vous avez pas besoin de demander aux gens. Vous avez
pas besoin de demander aux gens pour qui ils ont voté.
On a l'échelle de la commune et l'échelle la plus petite dont on dispose. Encore une fois, vous avez pas
dispose. Encore une fois, vous avez pas le droit de descendre au niveau de l'individu. Vous avez pas besoin pas le
l'individu. Vous avez pas besoin pas le droit de descendre au niveau de la rue par exemple parce que ça serait trop trop sensible comme donnée. Mais
l'échelle la plus petite qu'on a, c'est le bureau de vote euh BV comme j'ai marqué. Euh et
donc une fois qu'on a à l'échelle du bureau de vote, il est possible de mettre en regard ses résultats électoraux obtenus au niveau du bureau de vote avec les caractéristiques
sociales de ce même bureau de vote. Euh
et là l'échelle la plus petite qu'on possède également donc les données que donne l'INC, elle donne des données au niveau départemental, au niveau régional, au niveau de la commune, mais l'INC elle donne aussi des données qu'on
appelle infracommunales, donc à l'intérieur de la commune. Et là,
l'échelle la plus petite qu'on possède, la la brique de base pour l'UNIC, c'est au niveau de l'IRIS. L'iris c'est
regroupé pour l'information statistique.
Donc voilà, c'est la brique de base de l'INC en matière de diffusion des données infracomales. Et donc, vous avez
données infracomales. Et donc, vous avez des informations très précises à à l'échelle d'un territoire assez petit.
Donc, je vous invite si c'est disponible hein. Vous avez maintenant de plus en
hein. Vous avez maintenant de plus en plus des outils cartographiques fournis par l'INC. Donc vous à l'échelle du bureau de vote, donc d'un tout petit quartier, vous avez des données sur l'âge moyen, sur les
revenus moyens, sur le taux de chômage, sur les configurations familiales, le taux de famille monoparentale et cetera et j'origine migratoire par exemple.
Voilà, vous avez des des données très précises à un niveau assez fin que vous pouvez mettre du coup en relation Iris et bureau de vote. Le problème parce que ça serait trop beau, c'est que c'est à peu près la même taille mais ça
correspond pas exactement.
Donc là, il y a tout un travail statistique à faire d'appariement. Vous
devez dire on voit un truc sur l'iris qui est un certain découpage, on a un bureau de vote qui est pas tout à fait le même découpage mais à peu près la même échelle. Il y a tout un un travail
même échelle. Il y a tout un un travail statistique que vous pouvez faire d'apparillement des données pour pouvoir faire des corrélations à peu près fiables. C'est un gros travail et là ça
fiables. C'est un gros travail et là ça a été un travail qui a été fait dans les années 2010 par un un groupe de chercheurs au sein d'un projet qui s'appelle Cartéec.
Euh bon, je vais rapidement mais en gros, ils ont pris les données électorales sur 5000 BV 35 grandes villes et ils ont croisé avec les données de l'INC au niveau des IRS. Donc
vous voyez, ils ont fait un gros travail de superposition des maillages sociaux et des maillages politiques et électu et ensuite vous pouvez bah dire des choses
intéressantes encore une fois sans passer par le les données des données déclaratives. pour voir les usages
déclaratives. pour voir les usages scientifiques de cette base de données.
Euh, il y a les travaux donc de Jean Rivière par exemple qui est un géographe électoraliste mais du coup qui est qui est très proche des des sociologues euh parce que les sociologues enfin souvent
les géographes électoraux euh et les sociologues du politique ont fait le même travail, sauf que nous on est mauvais en carte donc contrairement à eux. Donc voilà. Et vous avez aussi le
eux. Donc voilà. Et vous avez aussi le site Métropolitique qui a fait par exemple en 2017 euh un numéro spécial des votes des grandes villes au microscope. Donc ça c'est un ils ont
microscope. Donc ça c'est un ils ont pris des grandes villes et vous avez les cartes électorales qui sont ensuite analysées par des personnes qui connaissent le territoire parce que si vous avez que les cartes sans connaître
le la répartition sociale de ces villes, bah les cartes elles sont un peu aveugles. Donc il faut un travail
aveugles. Donc il faut un travail évidemment d'interprétation.
Donc là, c'est un support pédagogique qui peut être intéressant avec les les lycéens et les CN surtout si vous êtes concerné par les villes données. Donc
là, par exemple, il y a Marseille, je vous ai mis, il y a un travail de il y a c'est un article de Joël Gombin euh qui s'appelle donc Marseille, une ville
coupée en 4 dans Métropolitique 2007.
Joë Bombin qui est euh une personne qui a fait sa teste sur le vote RN qui est une personne qui est euh bah très très forte mais qui est là ça voilà fait moins de recherche actuellement qui est qui est qui est en qui est pas qui est
pas chercheur au sens au sens universitaire du euh donc voilà ça c'est Marseille une ville coupée en qu parce que c'est très intéressant avec Marseille c'est qu'en fait on voit
vraiment il y a une distinction de classe entre en 2017 en tout cas entre voilà les classes populaires qui vont euh plutôt voter pour des partis comme
Jean-Muc Mélenchant ou enfin le LFI ou ou le RN des pas les mêmes termes et des votes plutôt Macron ou Fillon pour les les quartiers les plus bourgeois mais
vous avez aussi un axe horizontal où là la question migratoire et en fait au fond on y reviendra cet après-midi mais la question est noraciale parce que c'est pas les immigrés au sens strict souvent mais c'est des personnes qui sont issues de l'immigration comme on
dit et là ça compte beaucoup sur la répartition entre vote pour Jean-Luc Mélenchon et vote pour Marine Le Pen.
Ça je vous ai mis donc ça c'est le vote Le Pen et le vote Mélenchon. Du coup on a des on a des du coup on a une vie coupée en quoi. Vous avez vraiment les
cal et en gros vous avez position de classe verticalement et euh exposition au racisme et racialisation horizontalement. En fait
racialisation horizontalement. En fait quand vous avez ces deux données, vous arrivez à résumer très bien euh les orientations électorales dans cette belle ville de Marseille. Donc je vous
invite si vous avez la curiosité de d'aller voir d'aller voir ça. Euh l'avantage de l'échelle
ça. Euh l'avantage de l'échelle territoriale, vous avez donc de fonction de d'étudier les bureaux de vote avant tout le gros avantage c'est la solidité des données. C'est que vous avez d'un
des données. C'est que vous avez d'un côté les données INC, vraiment ça c'est très solide et de l'autre vous avez le les résultats électoraux réels donc qui ont été comptés par les appariteurs, qui ont été recensés par l'État, qui ont été
donnés par le ministère de l'intérieur et cetera. Donc avec vous, vous avez pas
et cetera. Donc avec vous, vous avez pas l'hop ou l'SOS, vous avez l'État français. Donc vous avez des données
français. Donc vous avez des données beaucoup plus solides et évidemment qui ne il y a pas de biais déclaratif comme je dis tout à l'heure, vous pouvez contourner le principe du vote
secret. Mais cette méthode, elle a les
secret. Mais cette méthode, elle a les limites de ses atouts. C'estàd en fait vous vous ne disposez que des données disponibles de l'INC. Vous ne pouvez pas ajuster votre questionnaire et demander
directement à l'électeur ses caractéristiques sociales et vous connaissez, vous pouvez pas interroger les raisons du vote. Vous pouvez pas demander aux gens quelles sont vos préférences subjectives, pourquoi vous
avez voté pour le RN et cetera, quelles sont vos principales préoccupations et cetera. Donc en fait la méthode par
cetera. Donc en fait la méthode par échelle territoriale, elle est plus objectivante mais elle demande aussi plus de travail interprétatif parce qu'en gros vous avez des corrélations, parfois des causalités mais c'est à vous de faire l'interprétation. on pouvait
pas demander directement à le lecteur quelles sont les raisons de son doute.
Euh et enfin finalement ça je vais je vais pas trop développer parce que c'est un peu technique mais les corrélations que vous observez à l'échelle de la commune par exemple ne se traduisent pas
obligatoirement par des par les mêmes corrélations à l'échelle de l'individu.
C'est ce qu'on appelle le problème de la fallaace écologique. C'est que les
fallaace écologique. C'est que les corrélations calculées sur des collectifs ne se retrouvent pas nécessairement au niveau des individus qui les composent. La correspondance
spatiale de deux phénomènes ne signifie pas nécessairement que l'un est la cause de l'autre. Je les avais pas mais en
de l'autre. Je les avais pas mais en gros entre les résultats à l'échelle de la commune et les résultats à l'échelle de l'individu, il y a un saut qui doit être contrôlé.
Euh donc souvent le mieux c'est de croiser les deux si vous voulez, c'est d'avoir des trucs à l'échelle des des données à l'échelle territoriale par exemple au niveau du gros vote et par ailleurs, vous avez des sondages et donc ça vous aide à l'interprétation. Je vais
vous donner un exemple de cette tension entre données territoriales et données individuelles. C'est le livre dont vous
individuelles. C'est le livre dont vous avez peut-être entendu parler. Donc le
dernier ouvrage de Jul Cagier et Thomas Piquetti, une histoire du conflit politique. Il y a eu beaucoup de de
politique. Il y a eu beaucoup de de controverses aussi euh autour de ce de ce livre. Et à
propos du vote, ce qui voilà un sujet qui me concerne enfin qui m'intéresse un peu, les économistes donc j'ai la cag de ils ont beaucoup répété que ce vote RN
s'expliquait avant tout par un fort sentiment d'abandon socio-économique, ce qui est vrai, plutôt que par un sentiment anti-immigré. Il disent c'est avant
anti-immigré. Il disent c'est avant toute l'économie plutôt que du racisme ou un rejet des immigrés comme s'il fallait choisir. Ça, j'y reviendrai cet
fallait choisir. Ça, j'y reviendrai cet après-midi mais en fait il peut totalement y avoir les deux. Je vois pas pourquoi l'un exclurait l'autre. Mais
surtout un des problèmes de cette affirmation, c'est qu'elle va complètement à l'encontre de ce qu'on connaît des électeurs du RN quand on les interroge au niveau des sondages. Bah
quand vous faites des sondages avec des électeurs et des électrices du RN, vous leur demandez pourquoi vous votez pour le vote RN, enfin pourquoi pardon vous votez pour le national. La raison qui arrive le plus souvent en tête parmi d'autres et c'est le rejet de
l'immigration et le rejet des immigrants. Et donc de dire non, c'est
immigrants. Et donc de dire non, c'est c'est un sentiment d'abandon économique et non pas un sentiment antiimmigré. Ça
va vraiment à l'encontre de tout ce qu'on sait lorsqu'on étudiait les par données déclaratives individuelles, les électeurs, les électrices du Rassemblement national. Ce qui fait que
Rassemblement national. Ce qui fait que toute par exemple Nona Mailleur et globalement toutes les personnes qui sont à ScienceP l'institution euh ça les
a fait ça leur a un peu hérissé le poil le fait que Thomas Piquetti Jul Cagier passe sur tous les plateaux et disent non ça n'a rien à voir avec le sentiment en simil et même moi qui suis pas trop
épistéologiquement qui partage pas ça aussi je reviendrai cet après-midi qui partage pas toutes les les postulats épistémologiques des des études type science
Bon, ça m'a un peu rendu fou ce momentl quoi. Euh mais du coup, c'est très
quoi. Euh mais du coup, c'est très intéressant de voir euh d'entrer un peu dans ce débat. Thomas, Piquéti et Jul Cag dans
débat. Thomas, Piquéti et Jul Cag dans leur ouvrage, leur échelle de travail c'est la commune. Pourquoi ? Parce
qu'ils ont il c'est comme le dit le livre, c'est c'est ils étudient les résultats de 1789 à 2022. En 1790, il y avait pas de sondage ifop qui interroge
les gens individuellement. Donc ils
avaient que les données communales. Donc
eux leur but c'était vraiment d'avoir c'est un travail de Titan qui cette pour ça qu'il a il a fait date aussi c'est que ils ont numérisé en fait les données communales sur plusieurs siècles dans
toute la France qui un travail colossal et toute l'équipe autour de Julac Kagé et Tomas Piquéti ont vraiment voilà c'est il y a eu
un un seuil empirique qui a été franchi avec grâce à grâce à ce qui montre aussi le sous-financement de la sociologie politique par rapport à l'économie en passant. Euh et donc voilà, c'est un
en passant. Euh et donc voilà, c'est un résultat très solide, comparable dans le temps. Mais là encore une fois, vous
temps. Mais là encore une fois, vous avez les données au niveau de la commune et comme je l'ai dit tout à l'heure, pour passer la question de la commune à la question des à la question des électeurs, il y a un saut qui a à faire.
Pour ça que quand Thomas Piquetti par exemple dit le vote le plus bourgeois, c'est le vote Emmanuel Macron. En fait,
plus précisément, mais ça le détail plus dans livre, c'est les communes les plus bourgeoises votent sont les communes où Emmanuel Macron arrive en tête. Donc le
le l'unité de base de Thomas PitiG, c'est l'échelle de la commune et non pas le lecteur individuel. Et donc par exemple sur le
individuel. Et donc par exemple sur le vote RN, qu'est-ce qui leur permet de dire que c'est pas un sentiment antiimmigré ? c'est que ce qui constate
antiimmigré ? c'est que ce qui constate en leur donné, c'est qu'il y a un survote ern dans les communes où la présence étrangère est inférieure à la moyenne. C'est c'est pas dans les
moyenne. C'est c'est pas dans les communes où il y a plus d'étrangers que les gens vont voter enfin que les gens que les communes vont voter les communes où il y a un surv ne sont pas les
communes où il y a le plus de présence étrangère.
Et donc là, vous voyez qu'il y a un saut interprétatif de dire dans les communes, il y a pas d'étranger, les gens, donc c'est pas un sentiment. Donc là, je vais revenir
sentiment. Donc là, je vais revenir là-dessus. Il y a plusieurs problèmes.
là-dessus. Il y a plusieurs problèmes.
Le premier problème, c'est effectivement quand disait tout à l'heure, on a que les on a que les données dont on dispose à l'échelle territoriale. C'est par
exemple, est-ce que le taux de présence étrangère c'est un proxy comme on dit en statistique suffisant ? Moi sur mon terrain, quand les
? Moi sur mon terrain, quand les personnes ont des jugements dépréciateurs sur les immigrés, les personnes qui sont appelées étrangers ou étrangères ou immigré, ce ne sont pas les étrangers ou les immigrés au sens
strict de l'INC. Ça désigne en fait premièrement pas tous les immigrés.
On parle pas des immigrés ukrainiens ou Suédois ou que sais-je. On parle de certains immigrés, de certaines migrations spécifiques, notamment à Turc maghrébine
africaine et surtout ça désigne pas des personnes qui sont pas du tout émigrées.
Ils sont françaises depuis depuis plusieurs générations souvent. Donc
quand ce qui calcule les seules données qu'ils ont à disposition sur le temps très long, ils ont pas le choix, c'est le taux de présence étrangère. Ils ont
des données un peu sur la religion et qui sont vraiment assez faibles parce qu'encore une fois, ils font avec ce qu'ils ont. C'estàd c'est pas une
qu'ils ont. C'estàd c'est pas une critique que vous faites avec les données que que vous avez. Euh mais donc on peut se dire bah est-ce que c'est vraiment le bon la bonne manière de mesurer la xénophobie et le racisme que
de prendre le le taux de présence étrangère pays ? Deuxièmement, ça c'est
étrangère pays ? Deuxièmement, ça c'est un point quand même important, qu'est-ce qui favorise le racisme ? C'est pas le nombre qui
racisme ? C'est pas le nombre qui compte. C'est là de prendre le taux de
compte. C'est là de prendre le taux de présence étrangère, ça veut dire que vous postulez que en gros quand il y en a un ça va vous pour prendre la formule de brisfeu je crois mais quand il y en a plusieurs, vous avez un seuil de
tolérance qui est dépassé et du coup les gens deviennent racistes et deviennent ont un sentiment intimidé. Il y a rien qui prouve dans les sens social l'existence d'un tel d'un tel seuil de
tolérance. C'est même souvent un peu
tolérance. C'est même souvent un peu l'inverse les résultats qu'on a qui est qu'en fait lorsque vous vivez dans une par exemple dans une commune plutôt mixte ou plutôt où il y a beaucoup de
personnes identifiées comme étrangère ou comme immigré en fait ça crée plutôt justement de la la cohabitation ou de laou de la mixité justement et donc de la tolérance sur ces questions là. Et
moi sur mon terrain ce que je vois c'est qu'en fait il suffit qu'il ait un logement social, une famille problème, une installation de personnes identifiées comme immigré dans un quartier un peu difficile et cetera pour
que le racisme s'active. Donc si vous voulez le de mesurer est-ce que le sentiment d'antimmigré est proportionnel à autrés étrangère, en
fait c'est pas du tout acquis. Et enfin,
ça c'est un point qui est un peu complémentaire. L'implicite qui est très
complémentaire. L'implicite qui est très discutable dans cette interprétation qui est faite par Jul Piquetti, c'est que on a l'impression que c'est la présence directe d'étranger qui crée le sentiment.
Mais comme le dit Nonaurer dans le livre dans le pard dans l'article que j'ai que j'ai donné qui est une critique en fait de de Kaget et et Piketti, c'est que vous n'avez pas besoin de vivre avec des
étrangers pour les rejeter. Encore une
fois, c'est peut-être même l'inverse.
Euh vous pouvez par exemple à cause des médias, à cause des des des conversations ordinaires sur dans telle ville un peu à côté, il y a telle cité qui craint et cetera machin, ça
peut être le fait que donc c'est vous avez pas besoin de résider à côté des personnes étrangères pour avoir un rejet de ces personnesl. euh le racisme peut être accusé par d'autres processus et
surtout l'étranger peut être d'autant plus redouté qu'il apparaît lointain mais se rapprochant. Ça c'est un grand résultat aussi des des études du boen qui est insuffisamment pris en compte
dans le le livre de Kajibetti. C'est ce
qu'on appelle l'effet deo. Alo H a L O.
Le résultat c'est que c'est pas dans les zones où il y a le plus d'étrangers et d'immigrés que ça terraine, c'est autour.
C'est quand vous habitez un peu loin mais pas suffisamment des zones où il y a des étrangers, des immigrés en surproportion en quelque sorte. Ça c
effet de la il a été identifié dès les années 80, il continue à être à être observé. Il y a un ouvrage de un article
observé. Il y a un ouvrage de un article de Margo d'Azorg, donc qui est en anglais mais qui était publié en 2024 qui est vraiment super parce que ils ont pris
comme indication non pas la présence étrangère mais les mosquées. Et ça je trouve ça très intéressant parce que ça permet de dire en fait c'est pas des étrangers dont on parle quand on parle sentiment antimmigré et qu'on parle du
vote peut-être la mosquée c'est un meilleur indicateur des minorités du visé que les la présence étrangère au sens au sens et les mosquées en fait
vous avez des indicateurs assez précis en fait du des la présence géographique des mosquées en France et donc ils ont étudié les corrélations entre vote reen et présence
de mosquée et il et elle retrouve l'effet P2 à c'est dans les zones où il y a le plus de mosquées, ça va pas RN mais c'est autour et là ça varie aussi en fonction si vous êtes en milieu rural
ou non et cetera euh ou urbain c'est autour des mosquées où là ça vote ça vote et le dernier point c'est que du coup en fait les gens se déplacent c'est
l'échelle de la commune est-ce que c'est est-ce que c'est la bonne échelle moi sur mon terrain si vous voulez vous avez des personnes qui étaient qui vivaient dans des quartiers qui s'appelaient préserver c'est qu'avec ça peut être une
certaine forme d'entre soi blanc C'est pas toujours le cas et surtout les personnes se déplacent, ils vont au travail et donc du coup se déplacent en voiture ou bien ils vont faire leur course, ils vont au champ du coup se dépass en voiture et lorsque vous
dépassez en voiture, vous traversez les cités, les quartiers et cetera. Et là
par exemple, bah il y a le poids des médias, il peut être assez important à mon avis, c'est que moi les les reportages dont on parlait beaucoup sur mon terrain, c'était les reportages du type la police dans les cités, la BC à Marseille, dans les quartiers nord et
cetera. tout un ensemble de reportages
cetera. tout un ensemble de reportages qui donne des visions plutôt anxiogènes euh des bons lieux dites difficiles. Et
donc quand vous euh faites régulièrement des trajets, par exemple en voiture, que vous traversez des lieux dans lesquels vous vivez pas et que vous voyez des gens avec qui avec qui vous ne cohabitez pas euh et que c'est associé à des
représentations plutôt négatives que ça, ça peut activer un rejet désinqué.
Donc tout ça pour vous dire pour essayer de vous montrer à quel point ça peut être important ce cette distinction entre données déclaratives individuelles. Les gens disent c'est à
individuelles. Les gens disent c'est à cause d'immigrés terrain en gros dans les et données territoriales où il y a vous avez par exemple les données de la présence étrangère comment vous l'interprétez donc ça pose des questions
très compliquées et donc ensuite des débats au sein de la au sein de la profession.
Bien, je vais partir à je vais passer à ma 3è et dernière partie sur la la troisème distinction un peu que j'aimerais montrer qui est que là c'est plutôt des questions d'objet.
Quand vous travaillez sur le vote, quand vous êtes électoraliste, vous avez deux grands choix d'études. Ça peut bien sûr être complémentaire. Est-ce que vous
être complémentaire. Est-ce que vous travaillez sur est-ce que les gens votent ou non ? Donc est-ce que vous travaillez sur la participation électorale ? En gros, est-ce que vous
électorale ? En gros, est-ce que vous travaillez sur l'abstention ou est-ce que vous travaillez sur l'orientation électorale ? Donc qui vote qui vote pour
électorale ? Donc qui vote qui vote pour qui ? Je procéder en deux temps.
qui ? Je procéder en deux temps.
Premièrement, je vais donner certains éléments sur la question de l'abstention et ensuite certains éléments sur la question du choix électoral sur l'abstention.
S'il est important, comme je l'ai dit au début de mon intervention, de rappeler que l'on vote en groupe, c'est parce que le groupe fait voter. En période électorale, les
voter. En période électorale, les groupes sociaux peuvent se constituer en ce que Céline Braconier à nouveau nomme des configurations de
stimuli information électorale. Derrière ces termes, il y a
électorale. Derrière ces termes, il y a l'idée que vos groupes proches, ce qu'on appelle en socioélectoral les groupes primaires notamment la famille, c'est des personnes qui vont faire des micropressions en période de de période
électorale. Par exemple, vos parents qui
électorale. Par exemple, vos parents qui vont dire "Allez ce aujourd'hui on va voter." Voilà, peut-être du coup ça
voter." Voilà, peut-être du coup ça c'est c'est arrivé à la fois au niveau des parents ou des enfants de vous allez voter avec votre femme au début ce qui vous emmène en voiture et cetera.
Donc c'est tout un ensemble de rappels à l'ordre électoral qui lorsqu'ils ne sont pas là du coup produisent de l'absention et lorsqu'ils sont là produit au contraire de la participation. Et
ensuite tout l'enjeu parce que cette idée en votant de groupe c'est un peu le le postulat de base si vous voulez mais ensuite la question de l'enquête c'est quel type de groupe font voter spécifiquement toutes les enquêtes
sérieuses actuellement il y a une très forte cumulativité là-dessus montre que les effets d'entraînement s'agissant de la participation sont les plus forts au
sein de la sphère conjugale couple on vote en couple actuellement la famille nucléaire les parents les enfants dans ce qu'on nomme encore une fois comme je l'ai dit les groupes primaires.
C'est au sein de ces groupes primaires que les rappels à l'ordre électoral sont les plus réguliers et plus efficaces. Et
encore une fois, c'est une observation assez concrète qu'on peut faire dans les bureaux de vote. C'estàd que c'est beaucoup des familles qui déplacent ou des
couples. Euh il y a un un papier donc de
couples. Euh il y a un un papier donc de braconnier Baptiste Coumont. c'est celui
qui a travaillé sur les prénoms. Euh bon très bon chercheur et Jeanbergorm qui ont écrit un article en 2017 qui savait toujours pas de crise en thème pour les variables lourdes de la participation électorale donc qui montre que les
grandes variables lourdes de l'abstention elles sont toujours le cas y compris en 2017 et n'ont pas reproduit le papier mais en 2022 on retrouve à peu près les mê les mêmes résultats. Il y a
plusieurs résultats sur l'abstention à partir de ce cet article ce qu'on peut dire mais je reviendrai après. Le
premier, un de leurs résultats, c'est un des soutiens qui du de l'article, c'est La famille fait voter. La famille qui fait voter. Euh, il y a un autre texte
fait voter. Euh, il y a un autre texte de François Buton, Claire Le Merci et Nicolas Mario. Ils insistent sur l'effet
Nicolas Mario. Ils insistent sur l'effet maisonnés. Euh, ils ont étudié un bureau
maisonnés. Euh, ils ont étudié un bureau en un bureau de vote en région parisienne sur 30 ans. Ils ont fait un bureau de vote et ils l'ont étudié sur 30 ans. Ils ont vu est-ce que il y a des
30 ans. Ils ont vu est-ce que il y a des choses qu'on peut identifier ?
identifique de manière très très claire, de manière très solide. Du coup, un effet maisonné, si vous vivez sous le même toit qu'une personne qui va voter, vous avez davantage de chance vous d'aller
voter. Euh, il y a d'autres types de
voter. Euh, il y a d'autres types de groupes qui peuvent bien sûr aider à la participation. Euh il y a beaucoup de
participation. Euh il y a beaucoup de travaux qui insistent sur la la communauté de paires pè PIs notamment les travaux anglo-saxon
États-Unis. C'est le terme de community
États-Unis. C'est le terme de community mais qui est dur à traduire en français parce que ça pas tout à fait la même connotation. Les community il y a
connotation. Les community il y a beaucoup ça par exemple sur la communauté africaineaméricaine la communauté noire aux États-Unis. Là-dessus il y a une très
États-Unis. Là-dessus il y a une très belle enquête de Claudine G que j'ai mis à la fin sur en 2000. J'ai pas
d'ailleurs euh plus la euh Clauding donc c'est une prof à Harvard et elle essaie d'expliquer
précisément euh ce qui c'est une profade, il y a une polémique récemment parce qu'elle était directrice de mais il y a eu des pressions extrême droite pour qu'elle démissionne. Bref, suite au 7 octobre, si ça vous intéresse vous pouvez aller
voir. et elle essaie d'expliquer ce qui
voir. et elle essaie d'expliquer ce qui est ce qui ce qui détermine la mobilisation ou la démobilisation des habitants dans les ghetto américains.
Voilà. Euh et au tournant des années 2000, elle se retrouve face à une une opportunité assez exceptionnelle de pouvoir mesurer euh par ce qu'on appelle une expérience naturelle. C'est-à-dire
que ça se passe vraiment dans le réel et ça vous donne un levier pour analyser certains phénomènes contrairement à une expérience que vous pouvez reproduire à peu près avec des focus group et cetera.
cette expérience naturelle donc cet événement qui lui permet de faire une enquête, c'est que au tournant des années 2000, il y a 4000 familles à faible revenu, la plupart monoparentale noire avec une ferme à leur tête,
souvent au chômage. Donc des familles assez populaires qui se sont vu proposer d'aller vivre ailleurs que dans le logement social dans lequel elles vivaient. C'est personnes qui vivaient
vivaient. C'est personnes qui vivaient dans des formes de vieux, dans des des quartiers très populaires et c'est un programme de discrimination positive que vous disent "Bah à 4000 familles, vous pouvez déménager." Et là, parmi les personnes
déménager." Et là, parmi les personnes qui participent à ce programme, en gros, il y en a un/ers qui choisit de déménager dans un autre euh quartier euh du même type, 1/3 qui déménage dans un
quartier moins dégradé mais toujours de logement social. Et surtout, c'est ça
logement social. Et surtout, c'est ça qui nous intéresse, il y a un/ers de ces familles pauvres qui choisissent de déménager dans un quartier socialement mixte, donc avec beaucoup plus de personnes de classe moyenne et
cetera où la participation électorale est beaucoup plus importante en moyenne.
C'est personnes qui vont vivre dans un quartier où il y a plus de votes et où et où il y a plus de diversité sociale, sociologique et aussi
etnoraciale. Et donc Cloninget, elle
etnoraciale. Et donc Cloninget, elle mesure la participation des membres de ces trois groupes lors de cette mobilisation résidentielle. C'est
mobilisation résidentielle. C'est qu'elle regarde avant et après c'est quoi la participation électorale de ces groupes. Est-ce qu'il se mettent à plus
groupes. Est-ce qu'il se mettent à plus voter, plus voter ou non ? Et le
résultat contreintuitif par rapport aux attendus de la littérature qu'elle trouve, c'est que donc la participation reste basse aux élections de f d'incenticité, mais quand on regarde la participation au
présidentiel, elle chute de 18 % dans le groupe qui a quitté le quartier le plus pauvre pour aller dans le quartier plus mixte socialement. Ils vont dans des
mixte socialement. Ils vont dans des endroits où ça vote plus, il y a plus de personnes riches ou de classe moyenne et se mettent à moins voter. Normalement,
on devrait s'attendre qu'il y a des effets d'entraînement. de voisinage par
effets d'entraînement. de voisinage par exemple qui fait que vous mettez à plus voter. Euh et donc elle elle essaie de
voter. Euh et donc elle elle essaie de comprendre pourquoi et elle fait des enquêtes par questionnaires auprès de ce groupe là qui s'est mis à moins voté.
Euh et ce qu'elle arrive à montrer, c'est que ce questionnaire, il y a un lien entre le baisse de la participation et le niveau d'intégration locale des nouveaux arrivants. C'est que les deux
nouveaux arrivants. C'est que les deux tiers du groupe de quartier mix, ils indiquent quelques années après leur installation ne pas avoir d'amis dans le voisinage. Euh 40 % déclarent ne jamais
voisinage. Euh 40 % déclarent ne jamais discuter avec un voisin dans la rue ou dans un lieu public. Donc ce qu'elle montre c'est que c'est l'importance des liens communautaires. C'est qu'avant il
liens communautaires. C'est qu'avant il était dans un quartier plutôt pauvre où il y avait une très forte abstention.
Mais lorsque ces personnes déménagent en fait, ils ont plus ce sens, ce sense of community quoi, ce lien social communautaire spécifique. Ils ont plus
communautaire spécifique. Ils ont plus de personnes avec qui discutent et cetera. Et donc cette perte de lien
cetera. Et donc cette perte de lien social font qu'ils vont moins voter. Et donc l'argument qu'il y a
voter. Et donc l'argument qu'il y a derrière c'est que l'hétérogénité sociale, les politique de mixité hein, comme on dit souvent, c'est pas forcément favorable à la participation
électorale. Et en fait, lorsque vous
électorale. Et en fait, lorsque vous êtes dans des quartiers plutôt pauvres, mais vous êtes en quelque sorte uni dans par exemple le sentiment de discrimination lorsque vous êtes africain-américain aux États-Unis ou même la pauvreté et cetera, le côté on
sert les coudes si vous voulez, ça peut donner lieu à plus de participation paradoxalement. C'est pour ça que c'est
paradoxalement. C'est pour ça que c'est important de prendre en compte la question du contexte du vote et la question du groupe, c'est que ça peut modifier ce qu'on connaît de manière plus générale
sur les les variables lourdes de la participation. Ça montre aussi de voir
participation. Ça montre aussi de voir de l'importance de distinguer entre les types de groupes fémines. Par exemple,
la question des voisins. En fait, il y a de plus en plus d'études qui montrent que bon, en tout cas, en milieu urbain, les voisins, ça compte pas tant que ça en fait en terme de de c'est pas eux qui vont créer les effets
d'entraînement en terme de c'est beaucoup plus les groupes du coup primaires ou donc vos amis ou les personnes auxquelles vous identifiez assez positivement donc avec les les communautés
notamment bah par exemple africaine américaine ou religieuse par exemple aux États-Unis ou même en France même si le groupe compte. Il faut aussi prendre en compte
compte. Il faut aussi prendre en compte les facteurs socio-démographiques classiques. Donc à nouveau sur ce texte
classiques. Donc à nouveau sur ce texte là de braconni Coumon et Dormagin, ils insistent sur l'importance fondamentale de deux facteurs. C'est
quoi les deux grandes variables lourdes de l'abstention ? C'est l'âge. Plus vous
de l'abstention ? C'est l'âge. Plus vous
êtes jeune, moins vous votez. Plus vous
êtes jeune, moins vous avez de disposition à voter. Et deuxièmement, le niveau de
voter. Et deuxièmement, le niveau de diplôme. Moins vous êtes diplômé, moins
diplôme. Moins vous êtes diplômé, moins vous votez. Plus vous êtes diplômé, plus
vous votez. Plus vous êtes diplômé, plus vous Petite parenthèse euh ce texte là de Draconier Coulon et
Dormagin, il s'appuie sur l'enquête participation électorale de l'INC. Pas dans les détails, mais à nouveau, vu que c'est l'INC, c'est une c'est une enquête très solide. Il y a je crois 45000
très solide. Il y a je crois 45000 personnes dans l'échantillon et c'est des personnes qui vont concrètement aller voir dans les listes d'hébergement dans les communes et ils vont voir si les gens ont vraiment émergé. Donc
encore une fois, vous avez pas de bia déclaratif, vous demandez pas aux gens est-ce que vous votez ou non parce qu'on sait qu'il y a une norme électorale civile. Donc les gens souvent ils
civile. Donc les gens souvent ils sous-déclarent leur absension. Mais moi
dans les entretiens souvent ils m'ont dit "Ah oui quand les personnes disent oui je crois que j'ai voté blanc bon souvent c'est que les personnes n'ont pas voté mais une sorte de honte sociale à ne pas aller voter. Donc il y a une sous-déclaration de l'abstention. Là les
ils vont voir concrètement si les gens ils ont signé des marg enfin vous savez quand vous votez vous devez signer ça.
Donc c'est vérifier concrètement si c'est les les résultats du coup de l'absension réelle. Ça c'est mise en
l'absension réelle. Ça c'est mise en lien avec donc un échantillon de 45000 personnes et ces 45000 personnes encore une fois ils sont appareillés au à l'échantillon démographique permanent de l'INC. Donc
vous avez données très solides et vous avez accès aux données sociales des abstentionnistes et des non absentnistes. Je vous invite à aller
absentnistes. Je vous invite à aller voir, c'est très bien expliqué dans le dans dans l'ouvrage, à quel point c'est euh c'est des données solides. Pourquoi
je dis ça ? parce que je crois que dans votre programme, vous avez le les travaux de Anux sur l'abstention dans le jeu et hors jeu, ce qui est une distinction intéressante de vous avez
vous avez les abstentionnistes qui sont hors jeu, c'estàdire qui ont décroché quoi spécifiquement et vous avez les abstentionnistes dans le jeu qui sont en fait des personnes politisées souvent un peu diplômé et cetera, et qui
choisissent de s'abstenir par prise de position politique contre le système. c'estd j'aime pas les
le système. c'estd j'aime pas les politiques, je refuse de voter. C'est
l'abstentionnisme radical chic un peu si vous voulez.
euh bon c'est une distinction qui est très importante et qui est très qui est même pédagogiquement très intéressante.
Le problème que j'ai avec le le l'article de Nuxell c'est qu'elle donne à voir enfin elle donne à entendre à partir d'un sondage d'un résultat de sondage qu'elle commente que le hors jeu
et le dans le jeu c'est les mêmes proportions en gros. Vous avez autant dans son article, si me souviens en ce moment, vous avez autant de hors jeu que de que de dans le jeu. Là, c'est une enquête beaucoup plus
jeu. Là, c'est une enquête beaucoup plus solide pour dire ainsi. Il y a il y a plus de de personnes dans l'échantillon.
C'est un échantillon beaucoup plus large avec des données beaucoup plus fiables et qui insiste vraiment sur l'importance du niveau de diplôme. On sait que le niveau de
diplôme. On sait que le niveau de diplôme, il est très corrélé au niveau de politisation.
Donc souvent quand vous avez un faible niveau de diplôme, c'est souvent des personnes qui sont moins intéressées par la politique au sens institutionnel, qui sont moins moins moins politisé au sens vraiment de la compétence politique.
Donc je pense que ce type d'article invite à relativiser et à pas romantiser aussi un peu l'abstention des personnes non diplômées. Ça serait
par défiance vis-à-vis du du système politique. Ça serait un véritable choix
politique. Ça serait un véritable choix en réalité. C'est aussi des personnes
en réalité. C'est aussi des personnes qui savent pas qu'il y a une élection par exemple. Voilà, et qui n'ont pas
par exemple. Voilà, et qui n'ont pas voter parce que ça les intéresse ?
Euh l'autre point, pourquoi il faut insister sur ces facteurs de l'absention, pourquoi il faut insister sur ces variables de l'abstention ?
C'est pour inciter que le vote c'est une pratique inégalitaire.
il y a des inégalités électorales qui sont des inégalités sociales.
Euh et ça c'est aussi important pour comment dire pour expliquer peut-être au au aux élèves de montrer l'importance du raisonnement sociologique et de qu'est-ce qui se
passerait si on prenait au sérieux ces résultats de on sait que les jeunes votent deux fois moins que les retraités, on sait que les non diplômés votent deux fois moins que les diplômés.
Bah si on prenait vraiment au sérieux ces résultats, le fameux un vote égale une voix, bah on l'aurait modifié. Ce que permet le raisonnement
modifié. Ce que permet le raisonnement sociologique, c'est que si les gens vont pas voter, c'est pas par mauvaise volonté, c'est parce qu'ils ont du fait de leur caractéristique sociale, ils ont
été exclus du système électoral, du fait de leur caractéristique sociale. C'est
un phénomène d'exclusion de la citoyenneté. Et donc si on voulait
citoyenneté. Et donc si on voulait vraiment le corriger, il faudrait que la voie descend diplômée compte double. Dire si on prenait au sérieux
double. Dire si on prenait au sérieux les résultats de la sociologie électorale et qu'on voulait mettre en place des politiques publiques, les retraités leur vote égal
0,5 et les jeunes x 2, d'accord ? qui
permettrait de compenser. Il y aurait on pourrait faire une sorte de gradient si vous voulez et en fonction des enquêtes de sociologie, on modifierait gradient.
les classes populaires deux fois plus de droits de vote que les classes bonjoures. Donc c'est évidemment un peu
bonjoures. Donc c'est évidemment un peu de la provocation, mais c'est pour vous donner à voir que que de fait le myth dont on vient de parler de un vote égal une voix qui va à l'encontre de ce qu'on sait, de comment marchent les
élections, et ben ce mythe, il a des effets réels et son une de ces effets réels, c'est la permanence des inégalités électorales. Et ça pourquoi c'est
électorales. Et ça pourquoi c'est intéressant, c'est que euh ces inégalités de participation, elles déboulent sur des inégalités de représentation.
Évidemment, lorsqu'on sait que les retraités votent euh beaucoup plus que euh les jeunes, par exemple, si vous êtes un professionnel de la politique, que votre électorat, les personnes qui
vous donnent votre pouvoir, ce sont avant tout des façons de recruter et plus du tout par exemple des jeunes ou par exemple des jeunes à forcer des jeunes diplômés, les politiques publiques que vous allez mettre en place, à part si vous êtes complètement
altruistes, elles vont être plutôt orientées en faveur des personnes qui euh vous font enfin qui vous font unir pour donc ces inégalités de participation, c'est des inégalités de
représentation et ensuite du coup des inégalités dans ce qui est ce qui est ce qui est mise en place concrètement en terme de politique publique. Il y a un ouvrage peut-être que dont vous avez entendu parler le le dernier livre de
Vincent Tibéri qui est prof à à Bordeaux qui s'appelle la droitisation française myth et réalité. par récemment, il y a beaucoup d'interview de lui sur euh euh sur YouTube par exemple si vous ça vous
intéresse. Euh et lisit le livre, le
intéresse. Euh et lisit le livre, le livre est vraiment très bien. Euh j'ai
quelques critiques dont je vais parler mais c'est vraiment une mine d'or d'information et c'est très sou, très pédagogique. Donc c'est vraiment très
pédagogique. Donc c'est vraiment très intéressant à J'ai beaucoup apprécié en tout cas le cas. Il y a un peu deux thèses dans le livre de Vincent Tibé qui sont complémentaires. Première thèse, c'est
complémentaires. Première thèse, c'est la droitisation de la société dont on parle. En réalité, c'est une
parle. En réalité, c'est une droitisation par le haut et non par le bas. Il y a une droitisation des médias,
bas. Il y a une droitisation des médias, il y a une droitisation du champ politique mais quand on enquête sur les valeurs des Français sur le temps long, en fait on voit pas du tout une
droitisation, on voit une au contraire ce que on devrait sérer une montée de la tolérance.
J'aime pas trop cette catégorie de tolérance mais c'est un peu l'idée de notamment sur les questions par exemple de genre ou de minorité sexuel, il y a une un accroissement de la tolérance.
Les gens sont plus en plus tolérants.
Même sur les questions de redistribution, il y a pas du tout une montée du du néolibéralisme et cetera.
Il y a toujours des gens qui demandent beaucoup certaines formes de redistribution. Et sur les questions
redistribution. Et sur les questions d'immigration et de racisme, il y a aussi certaines formes de racisme culturel qui persistent, mais il y a des progrès conséquents. Par exemple, ça lui
progrès conséquents. Par exemple, ça lui semble la croyance dans le racisme biologique. C'est vraiment ça baisse en
biologique. C'est vraiment ça baisse en fait. les Français d'une certaine
fait. les Français d'une certaine manière prend cette définition sont de moins en moins racistes en tout cas sur la question euh du racisme idéologique. Et donc il y a un peu ce
idéologique. Et donc il y a un peu ce yatus entre euh euh et donc ça c'est la 2e thèse, c'est qu'il dit en fait il y a un il y a une différence entre le pays
réel, c'estàd ce que pensent vraiment les Français sur les questions de meur sur les processes et le pays légal vraiment ce qu'on retrouve dans les yeux.
Euh donc c'est des données assez solides et surtout sont longitudinales. Donc il
arrivait à à les voir des évolutions dans le temps, ce qui est très compliqué à faire en sociologie électorale. Euh mais par contre ça reste
électorale. Euh mais par contre ça reste des données de sondage. Ça je vais revenir. Mais donc on a des évolutions
revenir. Mais donc on a des évolutions positives de valeur si vous voulez mais qui se traduisent pas forcément dans les yeux. Et donc ça justement l'explication
yeux. Et donc ça justement l'explication de ceus là Tibéri dit c'est l'abension.
Il y a les personnes qui sont les les groupes sociaux qui sont les plus progressistes en France notamment beaucoup sur les jeunes parce que les jeunes ont des attitudes plus tolérantes vis-à-vis par exemple des questions de
ge des questions raciales. Ces
personnesl votent moins. Les personnes
qui votent le plus en France c'est les personnes qui sont tendantiellement davantage conservatrices. Donc il y a une
conservatrices. Donc il y a une différence entre l'état réel de la société et ce qu'on traduit dans les urnes. Et donc ça se trouve dans l'offre
urnes. Et donc ça se trouve dans l'offre politique que quand vous avez que les conservateurs qui votent, bah ce sont les conservateurs dans l'offre politique qui vont aller course à la chalotte de il faut lutter contre la sécurité, l'immigration et
cetera.
Euh bon, je passe un peu un peu rapidement. Ce qu'on a pu reprocher euh
rapidement. Ce qu'on a pu reprocher euh au livre de Vincent Tibérie, c'est que au fond, on n' jamais la preuve dans le livre, parce que c'est très compliqué à administrer tant preuve, on a jamais la
preuve que les abstentionnistes sont vraiment plus tolérants que la moyenne. Euh et on pourrait toujours
moyenne. Euh et on pourrait toujours reprocher à Ventré de dire "Vos données de sondage, elles sont très solides, elles sont dansunales mais des données de sondage, c'est quand même moins fiable que les résultats concrets des
élections." Là, c'est exhaustif, c'est à
élections." Là, c'est exhaustif, c'est à l'échelle de la du pays en son entier.
Or bah quand on regarde pour qui les gens ils votent, globalement on a une France qui vote quand même plutôt à droite. Donc pour dire bah peut-être
droite. Donc pour dire bah peut-être quand même il y a un billet en vous donné et que c'est quand même plus convaincant d'aller voir les résultats. Bon et surtout l'argument à
résultats. Bon et surtout l'argument à mon avis de Vincent Tibéri, il marche pour les jeunes. Il marche pour la variable âge qui est que c'est vrai que globalement on a tout un ensemble
d'enquête qui montre que les jeunes sont plus des opinions progressistes on va dire sur tout un ensemble d'enjeux et c'est vrai que les jeunes votent peu par rapport aux personnes plus âgées. Donc
là l'argument de je pense il marche assez bien. Moi mon opinion c'est que ça
assez bien. Moi mon opinion c'est que ça marche moins bien pour la question du niveau de diplôme parce que les personnes peu diplômer on sait que le niveau de diplôme en fait il est souvent
corrélé notamment à vote en droite. et
souvent des opinions plus conservatrices. Ça peut s'expliquer
conservatrices. Ça peut s'expliquer sociologiquement, c'est que vous avez moins le le luxe de l'avant-garde quand vous avez pas de diplôme. Bref, je j'en parlerai peut-être un peu cet après-midi. Et du coup, sur cette
après-midi. Et du coup, sur cette question de niveau de déploye, on pourrait se dire bah vos abstentionnistes s'il se mettaient à voter, est-ce que vraiment ils voteraient pour la bouche ? Par contre,
par exemple pour les jeunes, on a plein de de faisceaux d'indice qui montrent que c'est le cas. aux dernières
élections législatives anticipées, il y a une surmobilisation par rapport aux élections précédentes des jeunes et ça a été massivement un vote de gauche. Ceci
insiste beaucoup sur le fait que les jeunes ils votent et cetera, mais globalement les jeunes votent à gauche tendantiellement et plus c'est des jeunes qui sont diplômés, plus c'est des jeunes qui sont urbains, plus c'est des jeunes qui vont voter à gauche, mais
aussi plus c'est des personnes qui s'absent.
Euh et donc ce qui moi m'intéresse beaucoup dans l'argument de Vincent Vincent Tibéri, c'est que un des arguments sous-jacents à son étude que je trouve très intéressant à
expliquer à des à des lycéens ou LCEN par exemple, c'est que le vote c'est le résultat de l'activation politique de certaines préférences sociales chez les
individus.
Donc vous avez traversé de plein de préférences sociales qui sont changeantes, qui sont contradictoires, qui peuvent bouger. Mais l'offre
politique, ça va activer certaines cordes en vous. L'expression de Vincent Tibérie, c'est l'homme politique, les médias, les hommes politiques qui vont jouer sur certaines cordes en vous vont dire "Ouais quand même ce que tu penses
un peu sur l'immigration, c'est particulièrement euh important politiquement et donc vote en fonction de ça." Il y a une phrase de Durkem,
de ça." Il y a une phrase de Durkem, donc Durkem Durkem que j'aime beaucoup qui est il dit "Tout individu est un infini.
Tout un individu est un infini, c'estàd tout individu est porteur de potentialité multiples. Et c'est pour ça
potentialité multiples. Et c'est pour ça que la sociologie ne s'intéresse pas aux individus parce queon on a rien à en dire parce que l'être humain heureusement est rempli de potentialités
diverses. Et donc la sociologisier
diverses. Et donc la sociologisier s'intéresse à être plus restreint en quelque sorte et s'intéresse aux rapports sociaux, aux inégalités et aux faits sociaux qui sont identifiantes. Et donc tout individu est
identifiantes. Et donc tout individu est un infini et l'offre politique, elle va politiser certaines choses en nous.
Toute la question c'est ça. Qu'est-ce
qui est politiser en nous quand on vote ? Moi, j'y reviendrai peut-être cet
? Moi, j'y reviendrai peut-être cet après-midi, mais moi ça me parle beaucoup sur les questions de racisme par exemple.
Ce sur quoi j'insiste, c'est que il y a pas que les électeurs du RN qui sont traversés par le racisme dans la société française. C'est quelque chose qui
française. C'est quelque chose qui traverse toute la société, tous les électorats et pour certaines personnes dans certains contextes, en fonction de certaines configurations
sociales, c'est des personnes qui vont politiser leurs racistes et qui vont les mettre en vote. C'est ça la spécificité des électeurs du RNI, c'est qu'ils vont
mettre en vote certaines attitudes potentielles explicitement le racisme alors que d'autres groupes, ils vont avoir des pratiques discriminatoires par exemple mais ils vont pas le mettre en vote. Ils vont voter à gauche par
vote. Ils vont voter à gauche par exemple. D'accord. Ça peut-être on
exemple. D'accord. Ça peut-être on reviendra un peu cet après-midi. Mais voilà ce que ce sur
après-midi. Mais voilà ce que ce sur quoi là je viens de publier un article dans la vie des idées le site qui s'appelle voter et racialisation de la la solidarité. C'est un peu un article
la solidarité. C'est un peu un article de synthèse un peu sur ce qu'on connaît actuellement sur les électeurs électrices du RN. La toute la première partie s'appelle l'électoralisation du racisme. Ça c'est un point important qui
racisme. Ça c'est un point important qui est de dire que en lien avec les travaux de Vincent Tibéri, Vincent Tibéri dit exactement ce que je dis hein, c'est pas c'est pas quelque chose de contradictoire, c'est que Vincenter il
dit globalement en gros les préjugés racistes explicites baissent dans la société mais les intolérants qui restent bah ils vont terre. Il y a des sondages qui ont été faits dans les années 70
auprès de l'é lectorat ouvrier par exemple. Près de l'électorat ouvrier, on
exemple. Près de l'électorat ouvrier, on demandait est-ce que vous avez des préjugés contre les ce qu'on appel à l'époque les travailleurs nord-africains ? Dans les années 70, les lectorats
? Dans les années 70, les lectorats ouvriers, il y avait des préjugés antinordafricains très très élevés, bien plus élevés qu'actuellement en fait.
Mais il votent baissé parce qu'il politisaisent pas cette question. que
maintenant en gros il y en a moins mais par contre eux ils votent pour le même. Et vous pouvez même avoir des
même. Et vous pouvez même avoir des préjugés moins durs mais les préjugés vous continuer à avoir vous les mettez en vote et vous votez pour assemblant.
Donc l'argument c'est de dire le vote rène la montée de l'extrême droite c'est pas un signe de la montée du racisme c'est un signe de la montée de l'électoralisation du racisme du fait
que les affects racistes du fait des médias mais aussi du fait de changements sociaux sont de plus en plus politisés et sont de plus en plus mis en vote concret.
Bon, je m'arrête là. On pourra bien sûr y revenir par la suite. Bien euh j'arrive à la dernière
suite. Bien euh j'arrive à la dernière ma dernière partie qui porte non pas sur la participation électorale, sur la fonction, mais sur l'orientation électorale. Qu'est-ce qui fait que vous
électorale. Qu'est-ce qui fait que vous votez pour telle ou telle partie ? Donc c'est les ce qu'on appelle les
? Donc c'est les ce qu'on appelle les variables lourdes du vote, les variables lourdes de des choix électoraux.
Bon, j'étais un il y a il y a notamment cet ouvrage séminal en France, une sorte de synthèse dans les 110 les traditions de Colombia et de Michigan.
C'est un texte qui s'appelle classe religion et comportement politique.
C'est 1977 donc c il y a longtemps. Et
comme le type comme le titre l'indique, les auteurs il ils identifient deux grandes variables qui permettent d'expliquer avec une certaine économie de moyen les choix électoraux des
Français à cette période, la classe sociale, la religion. C'est vraiment les deux grandes variables qui avec ces deux éléments on arrive à expliquer beaucoup
de choses classe sociale et religion. Euh et ce qui est important
religion. Euh et ce qui est important c'est à comprendre c'est que c'est encore d'actualité. C'est encore
encore d'actualité. C'est encore actuellement c'est vous avez ces deux ces deux variables classe sociale et religion vous expliquez beaucoup de choses sur pour qui vote pour qui en France actuellement. Par ailleurs, il y
France actuellement. Par ailleurs, il y a de plus en plus de travaux sur l'effet du genre, l'effet de la la catégorie sexe qu'on l' dans dans
l'INC et de ces effets discriminants sur les les choix électoraux ou non. Là, je
vous ai mis deux. Il y a la grande spécialiste actuellement sur ces questions de genre, c'est Anna Durvic euh qui a pas encore poste mais qui
j'espère bientôt. Il y a aussi ce papier
j'espère bientôt. Il y a aussi ce papier de Catherine S l'Évêque en 2018. qui
font le distingo un truc qui est un peu intéressant qui est il y a la variable sexe qui peut être plus ou moins discriminante et par exemple on sait que c'est moins en moins discriminant en France en tout cas la variable sex vu que les gens ils votent en groupe en
fait ça va pas être quelque chose qui préfère voter par exemple plutôt les femmes à gauche et les hommes plutôt à droite ce qui était le cas pendant longtemps mais ce qu'en fait là on retrouve un peu moins, c'est plus quelque chose de générationnel mais vu
que les gens votent en groupe il y a pas tant de différence que ça en terme de de variable 7 mais par contre ça veut pas dire que le vote il est pas genré. Donc
on peut voter pour le même parti mais pas avec les mêmes raisons et avec des choses un peu différentes. Donc elles
font un peu ce distingo sur en gros la distinction de variables et rapports sociaux. Je développe
sociaux. Je développe pas. Euh et donc voilà donc les ces
pas. Euh et donc voilà donc les ces trois variables classe religion genre elles me paraissent c'est très important à prendre en compte. Il y a évidemment
une profusion de travaux sur ces ces ces trois facteurs. Donc pour ma
trois facteurs. Donc pour ma présentation, je chercher un mode de sélection pour pas trop m'étendre pour trier dans ce que je voulais vous présenter. J'ai choisi de me concentrer
présenter. J'ai choisi de me concentrer sur du coup mon sujet de prédilection, le vote des rèmes. Est-ce que vous pouvez en dire à partir de ces trois facteurs
? Et j'en parlerai moins du coup de ces
? Et j'en parlerai moins du coup de ces enjeux là cet après-midi, mais ça sera complémentaire.
Donc sur la classe sociale et le vote R.
Très rapidement, ce qu'on peut dire c'est que tout de même au niveau de la classe sociale, même si c'est des choses qui sont en train de changer, même s'il y a de plus en plus de milliardaires qui
sont d'extrite, le l'électorat du RM, en tout cas recrut encore majoritairement chez les classes populaires et chez les petites classes moyennes.
[Musique] Certes, il progresse chez les classes supérieures de plus en plus mais quand on regarde la progression en fait un peu dans le détail, il progresse dans les classes supérieures mais il progressent encore davantage chez les ouvriers, chez
les employés, chez les professions intermédiaires. Donc le RN c'est un
intermédiaires. Donc le RN c'est un parti qui qui gonfle en gros c'est qui c'est une tâche d'huile. Il arrive à se à conquérir de nouveaux espaces mais
sans perdre les sa base électorale précédente. Bon et donc ce clage de
précédente. Bon et donc ce clage de classe il joue vraiment quand au second tour Emmanuel Macron Marine Le Pen, vous avez un clage de classe qui est très net avec un électorat beaucoup plus populaire côté Ren que côté évidemment
Emmanuel Macron. Une fois càd il y a deux points
Macron. Une fois càd il y a deux points sur lesquels il faut insister.
Premièrement, ce ne sont pas les plus pauvres qui votent à droite qui votent à l'extrême droite ce ne sont pas les plus dominés.
C'est souvent des personnes qui ont un petit capital qui ont acquis un petit quelque chose, un petit capital souvent une propriété par exemple, un statut socio-professionnel plutôt stable et qui
veulent qui ont peur de le permul préserver notamment. On retrouve
beaucoup en fait le la catégorie souvent il y a le plus haut score pour le RN, c'est les classes moyennes inférieures.
Ouais.
ou les classes populaires stabilisées. Quand vous êtes plus
stabilisées. Quand vous êtes plus pauvre, quand vous êtes très précaire, vous êtes plutôt prédisposé surtout en fait à vous abstenir ou à voter à gauche. Deuxièmement, qu'est-ce qu'on
gauche. Deuxièmement, qu'est-ce qu'on appelle classe sociale ? Bon, je vais pas développé mais j'ai insisté sur un point qui est très crucial pour comprendre l'homérine, c'est la distinction que Pierre Bourdieu a opéré entre capital économique et capital
culturel.
capital culturel au sens de un capital scolaire mais qui est augmenté en quelque sorte de de la la maîtrise de la culture du
légitime. La variable la plus prédictive
légitime. La variable la plus prédictive du RN, c'est le niveau du diplôme. C'est
le faible niveau de diplôme plus encore que le niveau de revenu. Toute chose
égale par ailleurs. Ce qui compte, c'est pas le niveau de revenu, c'est le faible niveau de diplôme pour expliquer le côté. C'est un résultat très stable euh
côté. C'est un résultat très stable euh très solide encore une fois pour expliquer le vote le vote d'expendre. Ce
qui fait que vous pouvez avoir des personnes qui par exemple ont peuvent avoir un niveau économique plutôt correct mais ce qui va compter c'est le ratio capital économique capital culturel.
même voilà si vous avez un un niveau de revenu plutôt correct mais qui est votre capital économique est supérieur à votre capital culturel, ça va vous prédisposer à voter pour le typiquement les artisans
commerçants pour avoir des artisans commerçants qui ont un revenu confortable mais qui ont sentiment de devoir leur position sociale enfin qui doivent leur position sociale par leur
travail et non par l'école à l'opposé les profs qui sont surdiplômés mais avec un niveau de revenu plutôt à inférieur à leur niveau de diplôme. Donc le ratio
capital et économie capitale culturel va les prédisposer à voter à gauche.
D'accord ? Donc horizontalement vous avez les artis en commerçant d'un côté et les profs de l'autre pour imaginer un peu euh la faiblesse du capital scolaire
c'est pas une question j'insiste, pas une question d'intelligence, pas une question de niveau de connaissance. Le
niveau de connaissance, il augmente globalement avec la démocratie scolaire.
Donc c'est faut toujours réfléchir en terme relationnel. C'est dans notre
terme relationnel. C'est dans notre société où le le capita culturel compte à ce point lorsque vous êtes en bas, même si vous avez un niveau de diplôme supérieur à aux générations précédentes,
si dans l'échelle de diplôme vous êtes au bas de la hiérarchie, ça a des conséquences déjà indirectes. Ça a des conséquences sur le marché du travail.
votre insertion sur marché de travail, elle est pas votre fragilité sociale, elle est pas à la même. L'anxiété
sociale qui va avec, elle est pas à la même. Le rapport aux enfants aussi, tu
même. Le rapport aux enfants aussi, tu reviendras peut-être cet aprèsm l'avenir votre enfant au manière que vous avez de maîtriser l'institution scolaire ou non, ça a beaucoup d'importance. Et moi ce
que j'ai vu sur dans mon terrain, c'est que aussi derrière ce résultat statistique du fait niveau diplôme, ce qu'on retrouve, c'est des trajectoires scolaires douloureuses qui ont été
vécues un peu dans le conflit.
avec souvent beaucoup de ressentiments, beaucoup de déviance vis-à-vis de l'ordre scolaire, vis-à-vis de l'école, de ce qu'elle représente et vis-à-vis des des profs
notamment. Et ça ça se retrouve dans
notamment. Et ça ça se retrouve dans bien après la scolarité, la fin de la scolarité, ça se retrouve dans aussi les jugements qui sont portés sur la gauche et ce qu'elle représente. La gauche,
c'est le camp des donores de leçons, des leçons de moral. Et ce terme de leçon, il est intéressant parce qu'on voit à quel point le m de classe dont s'estime le victime les électeurs du RN, il rejoue un mprit de classe au sens aussi
de la la salle de classe quoi. C'est au
sens de la leçon qui est à nouveau donnée euh par ces personnes qui sont dans une position surplombante et qui font la leçon à nouveau. Donc pour faire très attention,
nouveau. Donc pour faire très attention, le c'est des trucs ça peut nous interroger sur la manière dont on se rapporte aux électeurs, aux électrices du RN lorsqu'on est de gauche par
exemple. qu'on a un capital culturel
exemple. qu'on a un capital culturel supérieur à son capital économique euh de faire attention à pas réactiver des véhicules scolaires douloureux et à pas réactiver du coup certaines formes de
violence de place. Ça me semble absolument
place. Ça me semble absolument fondamental de comprendre que la domination la domination de classe vécue par les électeurs RN, c'est moins une domination vécue subjectivement comme
une domination économique, comme une domination par l'argent. C'est beaucoup
plus une domination qui est vécue par la les questions culturelles, par les questions scolaires. C'est une
questions scolaires. C'est une domination de classe qui est modalisée scolairement en quelque sorte. Ce qui
fait que moi sur mon terrain, vous pouvez avoir des personnes qui sont les les patrons locaux par exemple peuvent être très riches en fait aisés économiquement va avoir beaucoup moins de critiques à leur regard que par
exemple pour des les institutes, les cadres à la culture, les les représentations les représentants associatifs et cetera avec des écarts sociaux qui sont bien moindres mais avec
cette figure de donneur de leçon qui est vécue comme plus humiliante et plus blessante.
Je vous ai mis là, il y a de plus en plus de travaux notamment aux États-Unis sur le le le diplomat gap quoi, enfin le diplomat divide, le fait que le clivage de classe c'est s reconfiguré comme un
clivage du diplôme, comme un clivage dans le rapport à l'école. D'où la détestation de ce que
l'école. D'où la détestation de ce que Thomas Piki appelle la gauche braane, la gauche des sachants, la gauche des des instruits mais du coup aussi la gauche des donus.
Ça explique pour beaucoup le vote Trump.
Le le la variable à nouveau pour le vote Trump, ce qui est intéressant, il y a évidemment la variable raciale et aussi la variable du diplôme, beaucoup plus que niveau de revenu à nouveau. Parce
que quand vous votez pour Donald Trump, vous votez, vous choquez le bourgeois mais vous choquez le bourgeois culturellement.
Faut voir à quel point Donald Trump représente tout ce que déteste l'élite culturelle démocrate en terme esthétique, en terme de rapport à la vérité, rapport au savoir, tous les
trucs sacrés pour la conjure culturelle Donald Trump, c'est l'antité. Et donc c'est comme ça aussi
l'antité. Et donc c'est comme ça aussi qu'on explique pourquoi il a des classes populaires qui votent pour un milliardaire parce que c'est un milliardaire pour l'économique et non pas une personne qui fait
là-dessus, personne smart comme dirait comme Barack Obama.
Il y a une étude je crois qui montrait que le qualificatif était très très corrélé à à l'évocation de Barack Obama. Sur la religion. Euh la marque de
Obama. Sur la religion. Euh la marque de la religion, elle est toujours très opérante en France actuellement. Je me
suis rendu compte que je crois qu'elle n'est pas dans le programme de SOS en terme en terme de en terme de variable du vote.
C'est pas obligatoire. Ça devrait être donc c'est intéressant que ça ça soit pas parce que c'est ça a toujours un pouvoir prédictif très fort. Après, il
faut faire des distingo de qu'est-ce qu'on appelle euh euh qu'est-ce qu'on entend par religion. Il y a plusieurs distinctions
religion. Il y a plusieurs distinctions qu'il faut faire. Premièrement, la
distinction entre croyant et sans religion.
La première distinction qui est très explicative et les anes 70 montré que l'athéisme par exemple ça prédisposé plutôt au vote de gauche et la pratique du catholicisme plutôt au vote de
droite. Ensuite au sein des croyants, il
droite. Ensuite au sein des croyants, il y a une autre distinction très importante, c'est la distinction de croyances et pratique. Il y a les croyants non pratiquants, les croyants pratiquants.
Euh quand vous êtes croyant pratiquant, bon le chat. Et ensuite vous avez l'orientation
chat. Et ensuite vous avez l'orientation religieuse elle-même. Quel type de
religieuse elle-même. Quel type de religion ? protestant, être musulmans par
? protestant, être musulmans par exemple, ça a des conséquences sur l'orientation électorale. Euh lorsque vous êtes
électorale. Euh lorsque vous êtes catholique, encore plus euh pratiquement, ça prédispose au vote de droite. Quand vous êtes de confessions
droite. Quand vous êtes de confessions musulmanes, ça prédispose très très fortement au vote de gauche actuellement, notamment au vote pour elle et fil là aux dernières élections. Un point important à
élections. Un point important à souligner, c'est que c'est pas le contenu de la religion qui a un effet sur le vote. Un bon exemple qui peut être donné, c'est le vote catholique protestant. Le vote catholique en
protestant. Le vote catholique en France, ça prédispose au vote à droite.
Le vote protestant, c'est plutôt à gauche. Aux États-Unis, bon la même
gauche. Aux États-Unis, bon la même religion. Le vote catholique, c'est un
religion. Le vote catholique, c'est un vote minoritaire, donc c'est un vote de gauche. Le vote protestant, c'est un
gauche. Le vote protestant, c'est un vote beaucoup plus républicain. Donc ce
qui compte, c'est pas le contenu de la religion, c'est sa place dans la société. Est-ce que c'est une religion
société. Est-ce que c'est une religion qui est minoritaire ou est-ce que c'est une religion qui est majoritaire ?
Globalement le contenu religieux compte assez peu. Il y a qu'à voir par exemple
assez peu. Il y a qu'à voir par exemple sur parce que ça revient beaucoup sur notamment avec l'islam bien évidemment mais quand on regarde les résultats électoraux des listes communautaires par exemple, c'est toujours très très faible
en fait euh en France.
Euh alors quick du vot RM à l'ôre de cette question de la religion.
Premièrement, un truc très important à dire, c'est la pratique du catholicisme protège du votre quand vous êtes catholique pratiquant encore actuellement même en train de changer parce qu'on a beaucoup de de catholiques
messisants donc qui vont à la messe régulièrement qui se sont mis à voter pour les mots aux dernières élections mais globalement encore actuellement il il y a des changements mais ça protège plutôt lorsque vous êtes pratiquant du
vote d'extrême droite. Vous votez à droite ne votez pas à l'extrême droite. Les électeurs RN, c'est des
droite. Les électeurs RN, c'est des catholiques qu'on appelle souvent des catholiques détachés, des catholiques cultura des personnes qui sont croyantes, sont de culture catholique,
qui vont à la messe une fois par an, qui ont baptisé leurs enfants, qui sont eux-mêmes baptisés, qui pensent que les églises c'est important, qu'il faut mettre des crèches et cetera, mais qui sont pas pratiquants du tout, qui ont
pas une socialisation religieuse catholique. Ça sur mon terrain, j'ai
catholique. Ça sur mon terrain, j'ai vraiment retrouvé ça, ce type de de profil.
Et ce qui est intéressant, c'est que euh le la religion catholique, elle est patrimonialisée. C'est un auteur qui
patrimonialisée. C'est un auteur qui s'appelle Yan Raison du Cllésio qui dit ça. Il dit "La religion catholique de
ça. Il dit "La religion catholique de plus en plus dans une un contexte de sécularisation, c'est une c'est une manière de dire son appartenance nationale. En fait, dire qu'on est
nationale. En fait, dire qu'on est chrétien, en tout cas pour les électeurs que j'ai rencontré mais on retrouve ailleurs." C'est aussi pouvoir dire je
ailleurs." C'est aussi pouvoir dire je suis français, je suis un vrai français. Ça pourquoi je dis ça ? que
français. Ça pourquoi je dis ça ? que
c'est intéressant dans les dans les entretiens que j'ai pu mener, les auto-identifications religieuses, c'estàd que les personnes qui disent bah moi je suis chrétien, en fait elles sont très peu spontanées, elles arrivent pas dès le début de l'entretien. Quand
est-ce qu'elles émerdent dans les entretiens ? Quand est-ce que les
entretiens ? Quand est-ce que les enquêtés commencent à se dire chrétiens ou catholique ? C'est lorsquil se
ou catholique ? C'est lorsquil se mettent à parler d'une autre religion, la religion musulmane. Et on va se dire chrétien, on va se dire catholique par
différence aux musulmans et souvent par hostilité à la religion musulmane ou en tout cas identifiée comme tel.
On avait fait une enquête là, voilà avec des collègues dans ce un chapitre là dans ordre social des ordres électorales. On avait fait des entretiens avec des personnes de
différentes confessions avec des degrés de pratiques différents et la question que nous intéressait c'est à quel point quand vous justifiez votre vote la question religieuse elle est elle est mobilisée ce qui permet de voir est-ce
que le à quel point le religieux entre dans les motivations de vote parce que vous pouvez être musulman mais pas du tout mettre en avant la question de la religion dans ce que vous votez pour tel ou tel parti ou être catholique mais pas voter en fonction de ça donc c'est ça
qui nous intéressait c'était assez intéressant parce que effectivement on voyait que la mobilisation du religieux chez les électeurs C'était avant tout une sous une forme patrimonialisée. c'est qu'on disait
patrimonialisée. c'est qu'on disait catholique mais en fait pour se dire français en quelque sorte par opposition aux personnes qui sont identifiées comme moi françaises et même enfin du côté des des personnes de confession musulmane
c'était assez intéressant parce qu'on voyait à quel point la religion quand elle était évoquée chez les personnes musulmanes elle été évoquée soit sur le registre privatif donc c'est pas de la
politique c'est c'est perso en gros et c'était pas ça qui était mis en œuvre pour voter pour le par pour pourf aussi euh mais c'était sous un registre
privatif ou bien sous un registre défensif. Donc en gros, on vote pour le
défensif. Donc en gros, on vote pour le parti qui nous tape le moins dessus, voir qui peut nous défendre à certaines occasions. Donc on a un effet du
occasions. Donc on a un effet du religieux qui est pas direct si vous voulez mais qui est ben on a conscience d'être une religion minoritaire dans un contexte où on est très régulièrement
visé par le pouvoir, par et cetera. Et
donc on va voter pour les personnes qui euh en fait on a envie de voter pour la FI pour des raisons sociales le plus souvent parce que beaucoup de personnes confession musulmane sont aussi des personnes qui appartiennent aux classes
populaires. Mais on vote aussi sous un
populaires. Mais on vote aussi sous un registre défensif de au moins euh Jean-Mucchamp ne dit pas du mal de nous.
Et l'autre point intéressant, c'est qu'en fait la question de l'islam au fond, elle est assez peu présente dans les entretiens qu'on a avec des personnes de confession musulmane qui vont avant tout mettre en avant d'autres caractéristiques sociales pour expliquer
leur vote. Et par
leur vote. Et par contre dans quels entretiens auprès de quels électeurs la question de l'islam est le plus évoqué lorsqu'ils sont votés, c'est les électeurs les électeurs
qui parlent le plus d'islam politiquement c'est les électeurs. On
parle boutane, on pourrait dire que s' un vote musulman en France, c'est un vote contre les musulmans et c'est un vote qu'on retrouve beaucoup plus à l'extrême.
Euh, un dernier point là-dessus, ce qu'on constate dans les entretiens, c'est au fond ce qu'on appelle en science sociale un processus de racialisation de la religion avec notamment une essentialisation, une
homogénéisation, une altérisation des musulmans ou des personnes considérées comme thème.
Je vous ai mis là les travaux de Ajat et Marwan Mohamed Abdi Ajat qui était aussi dans mon jury de thèse. J'ai calé tous mes tout mon jury de thèse dans cette présentation qui aurait écrit le travail le plus sérieux un peu sur
l'islamophobie en France actuellement.
Et il y a aussi deux autres auteurs qui ont écrit spécialement sur la question de la racialisation des musulmans. Développe pas dessus.
musulmans. Développe pas dessus.
Peut-être qu'on en discutera de davantage cet après-midi, mais juste un point, c'est que tout à l'heure, j'ai dit qu'il y a la classe sociale et religion comme les deux variables les plus prédictive en fait du
vote. Je continue à m'interroger
vote. Je continue à m'interroger sur actuellement qu'est-ce qu'on mesure quand on mesure la variable religieux dans un contexte de sécularisation croissante de la société
où le religieux a de moins en moins de poids dans en terme de socialisation dans la vie sociale des gens et dans leur vie politique aussi dans un contexte où il y a une racialisation de
la religion. En fait, lorsqu'on parle
la religion. En fait, lorsqu'on parle des musulmans, on parle des bon moi sur mon terrain par exemple, c'est des personnes identifiées comme arabe ou comme turc par exemple. Et lorsqu'on
parle des catholiques, on veut dire aussi par la catholicité, on veut on veut parler de la fronité. Donc dans un contexte de
fronité. Donc dans un contexte de sécularisation et dans un contexte de racialisation de la religion, qu'est-ce qu'on mesure quand on mesure la la religion ? Sachant qu'il y a très peu de
religion ? Sachant qu'il y a très peu de travaux encore actuellement sur les questions sur les variables ethnoraciales spécifiquement.
l'exposition au racine donc quand on voit qu'il y a toujours un clivage catholique musulman qui est très important est-ce qu'on mesure vraiment un clivage religieux ou est-ce qu'on mesure un clivage ? Donc
voilà, donc moi c'est un peu les questions que me posent de plus en plus, c'est en fait est-ce que est-ce que c'est toujours classe et religion ou est-ce que c'est pas classe et racialisation par exemple classe race de
guillemet social ? Bien, je vais essayer
guillemet social ? Bien, je vais essayer de terminer en 5 minutes le dernier point sur George et Véren euh à travers la question de ce qu'on
appelle radical right gender gap. Donc
le gender gap, donc le comment l'écart de Zor dans le vote pour le Rassemblement national pour l'extrême droite. Il y a beaucoup de travaux sur
droite. Il y a beaucoup de travaux sur ça, sur le gender gap à l'extrême droite qui désigne donc la moindre tendance des électrices à voter à l'extrême droite par rapport aux électeurs. C'est un phénomène qu'on
électeurs. C'est un phénomène qu'on retrouve dans très grand nombre de pays notamment des dans les démocraties dit occidentale. C'est quelque chose qu'on a
occidentale. C'est quelque chose qu'on a beaucoup trouvé en France à propos de German la Le Pen et beaucoup plus d'électeurs qui votaient pour German la Le Pen que d'électrices et c'est quelque chose qu'on retrouve énormément à propos
de Éric Zemour aussi.
Sauf que pour spécifiquement le vote RM depuis 2012, l'écart entre électeur et électrice dans le vote extrême dans le vote RN, s'est réduit voire jusqu'à
complètement s'annuler. Actuellement, il
complètement s'annuler. Actuellement, il y a pratiquement autant d'hommes qui votent pour le Rassemblement national que de femmes qui votent pour le Rassemblement nationale. Donc, il y a
Rassemblement nationale. Donc, il y a plus de gender notable s'agissant du vote RN. Comment l'expliquer ? Euh bon, c'est
RN. Comment l'expliquer ? Euh bon, c'est évidemment multifactoriel. Premièrement,
évidemment multifactoriel. Premièrement, il y a sans doute un effet Marine Le Pen. Le fait que ça soit une femme,
Pen. Le fait que ça soit une femme, surtout le fait que ce soit plus son père que parce que son père était un homme aussi avec tout un une posture volontiers d'iriliste et cetera. Pour
désinciter les électrices à voter pour pour ce parti. Donc, il y a un effet de Marine
parti. Donc, il y a un effet de Marine Le Pen avec une identification à une figure féminine mais aussi des phénomènes plus structurels potentiellement. Premièrement, ce qu'on
potentiellement. Premièrement, ce qu'on constate, c'est que il y a une précarisation croissante des emplois, non plus seulement des emplois ouvriers, mais de plus en plus des emplois de
services et notamment dans tout ce qui est le secteur du C, du soin, il y a une précarisation très très importante des métiers type aide à domicile et cetera.
Et donc c'est la précarisation touche plus seulement les métiers ouvriers très masculins, mais aussi de plus en plus les métiers de guerre ou de de de soins, de services qui sont beaucoup plus
féminisés. Donc cette question de des
féminisés. Donc cette question de des concurrences sur l'emploi, ça touche plus non seulement les hommes de classe populaire mais aussi les femmes de classe populaire. Ça peut
classe populaire. Ça peut euh favoriser le vote pour le rassemblement national. Et enfin,
rassemblement national. Et enfin, dernier point, c'est queil y a une hypothèse que je creuse dans mon livre parce que moi on m'a beaucoup parlé de l'école ou même de l'hôpital, de la santé et cetera et c'était beaucoup les
mères de famille qui m'en parl beaucoup plus que les paères de famille.
Et donc une hypothèse que je pose, c'est que la détérioration et surtout la mise en concurrence des services publics comme l'école ou comme l'hôpital, ça peut susciter des désirs de préférence
nationale non plus sur la question de l'emploi mais aussi sur la question de l'accès aux institutions scolaires, aux institutions de santé. Clairement par
exemple la thématique de regroupement familial en fait les gens il faut arrêter le regroupement familial parce que il faut moins qu'il y ait de famille migrée qui est qui arrive dans nos écoles. Le fait qu'il faut moins qu'il y
écoles. Le fait qu'il faut moins qu'il y ait de de d'embouteillage aux urgences dans la santé et cetera. Tous ces désirs de préférence nationale racialisés ils ont plus lieu seulement sur la question de l'emploi mais aussi dans cette
question de l'accès au domaine scolaire et au domaine de la santé par exemple.
et ces domaines scolaires et de la santé, ça touche davantage, c'est plus saillant chez les femmes que chez les hommes encore actuellement dans notre société où il y a quand même une division des tâches et donc des intérêts
où la question du coup des enfants, de la santé, de l'éducation et cetera, c'est davantage des thèmes qui sont encore plus féminins. Donc voilà, donc c'est des thématiques qui vont préoccuper davantage les femmes et notamment les mères de famille que les
hommes. Ça ça peut pousser aussi au au
hommes. Ça ça peut pousser aussi au au votes RL. Donc un des effets du
votes RL. Donc un des effets du néolibéralisme qui est donc la mise en concurrence des services publics, ça serait aussi la montée du vote féminin pour le pour le Rassemblement
national. Je m'arrête là. Euh c'est je
national. Je m'arrête là. Euh c'est je vous remercie pour votre attention.
C'était très long.
cet après-midi, c'est effectivement parler plus spécifiquement euh de cet ouvrage euh paru en mai dernier et qui
su de ma thèse en partie, même si je vous rassure, j'ai fait un travail de vulgarisation comme on dit de pour aller de la thème au lit
Euh, j'ai soutenu ma thèse en 2021, mais j'ai refait ensuite un terrain en 2022 pour actualiser les données. Ce qui fait que ce que je vais faire aujourd'hui, c'est vous parler d'une enquête de
terrain qui a commencé en 2016 et qui s'est fini à l'été 2022, c'est-à-dire une période qui couvre les deux élections présidentielles puis législatives qui ont vu par de foi,
comme vous le savez, voilà, enfin Marine Le Pen est parvenu par deux fois au second tour face à Macron. Une enquête de terrain de 5 ans
Macron. Une enquête de terrain de 5 ans donc dont l'objectif de départ était le suivant. J'étais jeune chercheur, je
suivant. J'étais jeune chercheur, je commençais ma thèse et mon idée c'était de comprendre ce phénomène qu'on appelle droitation de
la société ou extrême droitisation de la société et qui a pour corollaire souvent ce qu'on appelle également la banalisation, la dédiabolisation, la normalisation de l'extrême droite
française dont le VN est le principal représentant encore actuellement.
Souvent lorsqu'on tente d'expliquer ce phénomène, j'avais l'impression qu'on se concentrait beaucoup sur les champs politique et médiatique notamment sur la manière dont l'extrême droite et ses
idées sont progressivement acceptées et légitimé dans les champs médiatiques, dans certains médias notamment comme vous le savez et aussi dans le champ politique actuel. Donc une
normalisation par en haut en quelque sorte. Mais moi ce qui m'intéressait
sorte. Mais moi ce qui m'intéressait comme sociologue, notamment comme sociologue de terrain, c'était d'étudier ce que je nomme la normalisation par le bas de l'extrême droite, c'est-à-dire
auprès des électeurs et des électrices que je qualifie d'ordinaire au sens où il s'agit de personnes qui sont très peu politisées, qui sont pas des militants, qui sont pas des élus, qui sont pas des porte-paroles du Rassemblement national
mais qui en viennent à un moment donné de leur existence à voter pour le Rassemblement national ou avant pour le Front National et comme je l'ai souvent entendu sur le terrain à voter Marine
pour parler évidemment de de Marine Le Pen. Donc étudier l'idée c'est que pour
Pen. Donc étudier l'idée c'est que pour comprendre la normalisation politique du Rassemblement national, il faut comprendre sa normalisation sociale.
comment dans les interactions quotidiennes, dans les vises ordinaires des électeurs et des électrices, cette option électorale devient peu à peu
normalisée, légitime, voire source de de fierté pour pour certaines personnes. Pour enquêter sur cette
personnes. Pour enquêter sur cette normalisation sociale du Rassemblement national, je suis arrivé en territoire du sud-est de la France en région Sud PACA, donc que vous connaissez. Euh
c'est un territoire urbain et périurbain que j'ai anonymisé. Là encore, on pourra revenir sur les sur les raisons, les contraintes de l'anonymisation. Euh
c'est souvent quelque chose à laquelle on tient euh en sociologie. Euh donc dans un territoire
sociologie. Euh donc dans un territoire circonscrit qui obtient où le RN obtient des scores très importants aux élections locales ou nationales et où en fait le RN fait
partie du paysage politique, fait un peu partie de la normalité politique locale.
Moi c'était ça qui qui m'intéressait.
et j'ai résidé sur place dans un des quartiers de d'une des communes étudiées et comme souvent dans les enquêtes de terrain, mon lieu de recherche, ça a été
mon lieu de vie. Ce qui implique concrètement que quand voilà vous allez faire une course, vous allez vous balader en ville, bah vous pouvez croiser des personnes avec qui vous avez fait des entretiens à l'abeille ou il y
a quelques mois et vous pouvez comme ça avoir des interactions quotidiennes avec ces ces personnes-là, créer des liens de confiance. Donc voilà, j'ai multiplié ce
confiance. Donc voilà, j'ai multiplié ce qu'on pourrait appeler des conversations informelles avec beaucoup d'électeurs et d'électrices du RN et pour un certain nombre, j'ai mené des entretiens
approfondis, longs, souvent répétés et c'est des entretiens, j'entre pas dans les détails mais qu'on appelle semi-directif peu directif en tout cas, vous essayez de pas faire d'imposition problématique. Vous essayez
d'imposition problématique. Vous essayez de de partir de leurs problèmes et de le de leurs mots euh de façon assez inductible.
Je je m'appuie donc principalement sur des matériaux qu'on appelle qualitatifs, principalement des entretiens, mais je considère mon mon travail comme assez complémentaire aux
enquêtes quantitatives sur la loi terraine. Mon livre et la thèse qui qui
terraine. Mon livre et la thèse qui qui qui précède est fortement imprégné d'en fait de ce qu'on connaît statistiquement sur l'électoratiste. Et moi mon but c'était
l'électoratiste. Et moi mon but c'était d'aller voir comment vivent les variables en lie. C'est-à-dire c'estàd
de comprendre comment certains facteurs objectifs qu'on peut identifier statistiquement comment ils se mettent à compter subjectivement pour les individus. C'est comment ils sont repris
individus. C'est comment ils sont repris subjectivement pour à terme se traduire en vote pour le Rassemblement national. Et selon moi, ça c'est un
national. Et selon moi, ça c'est un point un peu épistéologique qui qui est important. Tous mes collègues font pas
important. Tous mes collègues font pas ça, mais pour moi le terrain n'est pas là pour apporter des contrexemples aux enquêtes quantitatives. C'est pas ma manière de
quantitatives. C'est pas ma manière de travailler. En tout cas, moi ma manière
travailler. En tout cas, moi ma manière de travailler, c'est de me demander qu'est-ce qu'on connaît comme résultat solide et durable sur l'électorat du RN, sur les facteurs qui prédisposent au
moterraine quantitativement, statistiquement. Et ensuite, moi à
statistiquement. Et ensuite, moi à partir de mon terrain, qu'est-ce que je peux en dire ? Quels éclairages je peux en faire ? Quelles explications je peux
en faire ? Quelles explications je peux donner ? Quel mécanisme cause je peux
donner ? Quel mécanisme cause je peux identifier ? et cetera. Tout ça pour
identifier ? et cetera. Tout ça pour dire que là ce que je vais ce dont je vais vous parler cet après-midi, tous les résultats que je vais donner ne vont pas à l'encontre, c'est une enquête de terrain, mais ces résultats ne vont pas
à l'encontre de ce qu'on connaît statistiquement sur le V terrain. Pour
terrain. Pour information, euh l'enquête de terrain, elle a plusieurs prétentions.
Premièrement, elle prétend mettre au jour les mécanismes subjectifs par lesquels certains facteurs identifiés quantitativement influ sur le voie terraine. Pour prendre un exemple, je
terraine. Pour prendre un exemple, je vais en parler, j'en ai un peu parlé ce matin, mais on sait qu'il y a une corrélation très forte entre le faible niveau de diplôme et le vote erré. Mais pour comprendre
comment on passe de l'un à l'autre, je pense qu'on a besoin des enquêtes de terrain pour comprendre les mécanismes subjectifs qui amènent à faire jouer tel facteur sur telle orientation
électorale. Le terrain, l'enquête de
électorale. Le terrain, l'enquête de terrain, elle a aussi une prétention au réalisme sociologique. C'estàd on essaie de faire
sociologique. C'estàd on essaie de faire en sorte de comme dirait Bourdieu, de ne pas poser aux gens des questions qui ne se posent pas. On essaie de ne pas poser aux gens des questions qui ne se posent pas. c'est qu'on essaie de partir de
pas. c'est qu'on essaie de partir de leur propres problèmes sans imposer des raisonnements, sans imposer des des problématiques comme on dit. Euh le terrain est là aussi pour
dit. Euh le terrain est là aussi pour prétention de de des choses plus théoriques, c'est-à-dire qu'on propose de nouveaux découpages analytiques, de meilleures manières de mesurer certains phénomènes et cetera et je reviendrai peut-être par la
suite. Donc ce que je vais faire avec
suite. Donc ce que je vais faire avec vous, c'est décliner certains ingrédients euh du vote pour le Rassemblement national. Le livre, il est
Rassemblement national. Le livre, il est constitué en cinq chapitres et c chaque chapitre est consacré un peu à un de ces ingrédients du voter et ce qu'il faut bien comprendre c'est que c'est leur
accumulation qui leur alignement qui donne lieu à ce ce geste électoral spécifiquement.
Bien la première chose, ce qu'il faut premièrement rappeler, c'est que le vote RN est profondément nourri par ce qu'il faut bien appeler du racisme. du racisme, c'est-à-dire le
racisme. du racisme, c'est-à-dire le processus par lequel certaines minorités ethnoraciales vont être essentialisées et altérisées, c'est-à-dire rendu autre et vont susciter tout un ensemble
d'affects négatifs et de discours, voire de pratique, de stigmatisation et d'exclusion.
Ça à nouveau en fait c'est un point très connu et récurrent dans les études électorales. Si on pense par exemple au
électorales. Si on pense par exemple au ce qu'une chercheuse à mailleur et la popularisé comme les échelles d'ethnocentrisme, en gros, c'est des échelles d'attitude qui
calculent le la récurrence et l'intensité des préjugés vis-à-vis des minorités etciales. Bon et on le sait en fait dans
etciales. Bon et on le sait en fait dans les enquêtes le vote Ren est toujours corrélé aux scores les plus élevés les plus élevés d'hnocentrisme. Et c'est effectivement
d'hnocentrisme. Et c'est effectivement quelque chose de très présent sur mon terrain sous la forme d'un d'un raisme ordinaire qui compte politiquement parce qu'il compte socialement au sens où il imprène des manières de percevoir le
monde, où il organise les sociabilités où il nourrit les conversations ordinaires et cetera. Une phrase que j'ai beaucoup entendu dans les entretiens par exemple, c'est "Vous savez ici tout le monde pense ça, tout
le monde vous le dira, on a déjà vous le dire, je suis pas le seul à penser et cetera." à la fin des entretiens,
cetera." à la fin des entretiens, c'était très récurrent et c'est ce caractère collectif est partagé qui a des effets de légitimation assez puissant vis-à-vis des énoncés
dépressateurs envers certaines minorités nonraciales. Moi sur mon terrain c'était
nonraciales. Moi sur mon terrain c'était notamment les minorités identifiées comme arabes, identifié comme turcs et identifié comme musulmanes et ou musulmane. Je dis identifié comme à
musulmane. Je dis identifié comme à chaque fois et dans mon livre, il y a tout le temps des des guillemets. Je
tiens beaucoup, c'estàd pour préciser que il s'agit d'assignation. Je n'ai pas fait d'enquête sur ces groupes là, j'en sais rien et en fait je sais pas vraiment s'il s'agit vraiment de personnes musulmanes par exemple ni de
vraiment de personnes immigrées. J'ai
pas accès à leur carte d'identité.
D'accord ? Donc c'est pour un les guillemets, c'est vraiment c'est un sens politique mais surtout scientifique pour bien situer qu'on parle d'assignation.
Même le terme de français par exemple, je le mets entre guillemets parce que le terme de français on voit pas la nationalité réelle sur mon terrain mais lorsqu'on parle des français, des français français, des vrais français,
ça désigne autre chose que la seule nationalité. La francité s'intrigue avec
nationalité. La francité s'intrigue avec la blanchité en fait.
Euh et donc ce qu'il faut dire dès maintenant c'est que justement c'est cet aspect collectif qui m'intéresse principalement. J'ai pas
trop le temps de détailler mais la conception du racisme que je déploie dans le livre et avant dans la thèse, elle emprunte beaucoup au champ anglophone notamment de ce qu'on
appelle les la critical race theory ou les critical race se disent ou en France au travaux sur les processus de racialisation ou les rapports sociaux de race. Race est enant compris comme un
race. Race est enant compris comme un construit social.
ce que je dis souvent à mes parce que c'est peut-être on y reviendra vu que c'est le le lieu, mais c'est des sujets qui sont compliqués à aborder notamment en cours par exemple auprès de de lycéen et et de lycéenne. Moi souvent au
préalable ce que j'essaie de dire c'est qu'onutilise jamais le terme de race au pluriel. Les sciences naturelles ont
pluriel. Les sciences naturelles ont prouvé que les races n'existe pas. Et
par contre, les sciences sociales insistent sur le fait qu'il y a toujours de la race au sens où il y a toujours des processus de racialisation qui continuent de structurer des inégalités spécifiquement et être
raciales et qui continuent de structurer des groupes comme construits comme minoritaires et assignés racialnellement. Donc les races
racialnellement. Donc les races n'existent pas et il y a toujours de la race dans notre monde qu'on le veuille ou des processus de racialisation.
Euh et donc même si ces travaux sont pas homogènes, tout ce champ-là, il y a un geste commun parmi eux qui insiste sur la dimension structurelle du racisme comme rapport de pouvoir central dans
notre société et qui n'est pas réductible à la seule extrême ça c'est un point très important parce que cette question du racisme en fait on est forcément confronté quand on travaille sur le vote pour le rassemblement
national toute la difficulté c'est d'essayer d'en parler sociologiquement de ne pas en faire une insulte et de surtout, c'est le point le plus important que je veux développer, de ne pas le considérer comme une attitude
individuelle, pathologique, mais d'insister au contraire sur son caractère structurel et central normal en quelque sorte dans notre société et non pas
extrême. Il faut donc reconnaître que
extrême. Il faut donc reconnaître que oui, il y a du racisme dans le vote Ren mais sans donner à penser que l'extrême droite et ses électorats on aurait le monopole.
Ce que j'indique dans mon livre, c'est que le racisme, il faut le comprendre comme un fait social qui est transversal et multiforme. Transversal au sens où, on
multiforme. Transversal au sens où, on le sait, le racisme existe dans tous les milieux sociaux et donc aussi dans tous les électorats et il va prendre différentes
formes à chaque fois. Ça c'est quelque chose qui a été assez acté, me semble-t-il, à propos du sexisme, c'est qu'on sait maintenant que le sexisme c'est pas propre aux seules classe populaire. D'accord ? Il y a du sexisme
populaire. D'accord ? Il y a du sexisme dans la classe moyenne, dans les classes supérieures, dans le milieu de la culture, à l'université et cetera. Et à
chaque fois, il va prendre des forme différentes. La domination masculine va
différentes. La domination masculine va s'exercer de façon différente selon le milieu social dans lequel elle se déploie et selon les ressources sociales à disposition des individus. Ben, je
pense qu'on peut dire la même chose à propos du racisme. Il y a du racisme chez les classes populaires, chez les classes moyennes, les petites classes moyennes sur lesquelles moi j'ai j'ai beaucoup travaillé, chez les classes
supérieures et à chaque fois encore une fois ça va prendre des formes différentes. Ce qui veut dire que le
différentes. Ce qui veut dire que le voter règne, c'est une manière parmi d'autres d'exprimer son racisme mais non la seule et de loin non la seule.
J'allais dire pas forcément non plus la pire pas forcément la pire façon d'exprimer son racisme au sens où le racisme c'est pas seulement une opinion c'est pas seulement une un acte
électoral c'est aussi des pratiques par exemple des pratiques discriminatoires. Quelque chose j'aime
discriminatoires. Quelque chose j'aime bien répéter, c'est que le RAC, ça peut être de la discrimination à l'embauche, par exemple, la discrimination au logement, mais pour discriminer à l'embauche, il faut embaucher, faut
avoir une entreprise et embaucher des gens. Pour discriminer au au logement,
gens. Pour discriminer au au logement, par exemple, il faut avoir un appartement alloué, faut avoir des ressources discriminatoires en quelque sorte. ce qui n'est pas le cas des
sorte. ce qui n'est pas le cas des électeurs et des électrices avec qui moi je me suis entretenu qui me disent souvent j'aimerais bien j'aimerais bien quitter ce quartier que je supporte plus par exemple j'en ai pas les moyens
contrairement à d'autres groupes sociaux qui dans les enquêtes d'opinion les échelles d'ethnocentrisme ne vont pas avoir un mot plus haut que l'autre lorsqu'il s'agit de parler des minorités qui ne vont pas voter mais qui vont
avoir des pratiques des stratégies résidentielles informées potentiellement par les processus de racialisation et qui vont bien savoir où habiter. dans
quel quartier choisir, quel quartier choisir et cetera. Donc les électeurs RN, ce sont des personnes qui ont pas les ressources sociales à la hauteur de leurs de leurs aspirations d'une
certaine façon. Donc le voter même
certaine façon. Donc le voter même discours si vous voulez discours que j'ai pu enregistrer sur mon terrain souvent ils sont d'autant plus durs dans les mots qui sont impuissants dans les actes. On peut pas dire qu'il y a pas
actes. On peut pas dire qu'il y a pas des actes discriminatoires et cetera, mais c'est important du coup de voir les d'approcher le racisme non pas seulement en terme de degrés et de niveau, mais en
terme aussi de par approcher le racisme par ses formes et penser en terme de pouvoir plutôt qu'en terme uniquement d'opinion.
Euh et donc toute cette littérature sur lequelle je m'appuie, elle s'éloigne d'une conception du racisme comme attitude et comme attitude individuel parce que je pense que c'est une conception qui court le risque de
céder à une individualisation du fait social raciste, à sa psychologisation voire à son essentialisation.
Donc ce que j'ai essayé de faire dans mon travail, c'est de rompre avec une vision qu'on pourrait dire essentialisante et quantitative du racisme. Arrêtez de se demander si les
racisme. Arrêtez de se demander si les électeurs sont ou non racistes. Euh
globalement mais c'est je n'ai jamais dit ni écrit que les électeurs du RN sont racistes. Par
exemple, ce que je dis souvent à mes étudiants étudiants, c'est en sociologie, on n'aime pas le verbe être.
On n'aime pas le verbe être parce qu'on a on a toujours peur d'essentialiser les gens notamment là sur des questions de de racisme et c'est très important de voilà effectivement pas essentialiser les électeurs et les électrices du rassemblement national parce que le
racisme c'est pas un tempérament, c'est pas une personnalité euh c'est pas une nature, d'accord ? c'est l'exercice d'un pouvoir
d'accord ? c'est l'exercice d'un pouvoir dans une société donnée où ça se met à valoir le coût socialement l'exercice pouvoir. Et donc ils ne sont pas
pouvoir. Et donc ils ne sont pas racistes et globalement nous en sciences social l'adjectif de racisme par exemple on l'applique jamais à des personnes, on l'applique à des dynamiques, à des
pratiques, à des choses en gros. C'est
pour ça que c'est pas une copier langage pour moi. C'est assez important de dire
pour moi. C'est assez important de dire que il y a du racisme dans le voter ce qui ne veut pas dire que les électeurs sont racistes au sens ça serait leur leur être profond en quelque
sorte. Euh et donc vous l'avez vu, je
sorte. Euh et donc vous l'avez vu, je m'éloigne assez fortement des approches en terme d'échelle d'étocentrisme dont j'ai parlé tout à l'heure. Donc voilà, arrêtez de se
l'heure. Donc voilà, arrêtez de se demander bah du coup est-ce qu'il y a plus de racis chez les classes populaires que chez les classes supérieures ? Est-ce qu'il y en a plus
supérieures ? Est-ce qu'il y en a plus au sud qu'au nord en parlant des électorats URN ? Mais plutôt se demander
électorats URN ? Mais plutôt se demander quelles sont les formes spécifiques prises par le racisme à l'extraite et comment ces formes spécifiques s'articulent à des expériences de place.
Ce deuxième point, je vais y revenir mais très important également.
Une fois candit, ce qu'il faut noter, c'est que même dans sa définition la plus restrictive et la plus attitudinale du racisme, cette dimension n'est pas toujours prise en compte au sein des sciences sociales françaises, mais en
fait pas uniquement. Et un certain nombre de
uniquement. Et un certain nombre de chercheurs et de chercheuses qui vont en effet avoir tendance à négliger le racisme à l'œuvre dans le voter et qui vont surtout contourner l'obstacle en quelque sorte et qui vont insister sur
d'autres causalités, sur les autres raisons du vote du RN.
notamment sur des causalités qui sont appelées sociales euh qui sont jugées plus importantes.
Donc peut-être vous les avaz en tête la désindustrialisation, la mondialisation néolibérale, le déclin des sociabilités populaires, l'abandon de l'État et cetera et cetera, la faillite des
services publics, toutes ces choses qui sont vraies. D'accord ? Et moi dans mon
sont vraies. D'accord ? Et moi dans mon livre, j'insiste énormément sur le fait que le vote Ren c'est aussi un vote qui est en réaction et domination de classe de classe sociale. C'est très important
de le dire. Mais parfois dans beaucoup de travaux, ces raisons de classe sociale, on va dire sont mises en avant et sont présenté comme exclusives
à la question R.
C'est-à-dire que le vote Ren c'est avant tout un vote de protestation sociale, un vote de classe uniquement un vote de classe. Mais à mon avis, on ne comprend
classe. Mais à mon avis, on ne comprend qu'à moitié le vote RM si on le comprend uniquement comme une colère sociale et comme une colère de classe et si on prend pas en compte l'autre dimension
qui est la dimension raciste. Et c'est
ces deux choses qu'il faut articuler. Euh dernièrement, on a eu
articuler. Euh dernièrement, on a eu l'exemple donc de l'ouvrage de Julia Kaget et de Piketti dont j'ai parlé ce matin. On peut pas y revenir. Il y a
matin. On peut pas y revenir. Il y a peut-être plus proche que moi, il y a eu, je sais pas à quel point c'est c'est un peu connu ici, mais il y a eu l'ouvrage de Stéphane Bérard Mariel qui ont écrit en 2021 un livre qui s'appelle
Race et sciale et qui ont vraiment ce type de rhtorique là qui veut dire si on parle trop de la question de la race, on va moins parler de la question de la classe sociale qui est plus importante.
C'est un peu leur argument qui compte plus.
Bon, moi il se trouve que ça m'a beaucoup marqué en fait et ça allait dans le en continuité de tout un ensemble de débats qu'il y a eu en sens sur l'intersectionnalité.
l'intersexualité qui en fait a été le mot employé en France pour parler des questions passées en fait parce que les questions de genre elles étaient déjà un peu déjà discuté globalement accepté au sein des sces sociales. C'était vraiment
sur cette question du racisme et de la racialisation où il y avait beaucoup de résistance et donc la le terme d'intersectionnalité c'était ça en fait le débat qu'il y avait derrière. Euh bon moi il se trouve que
derrière. Euh bon moi il se trouve que Stéphane Bos a été un chercheur qui était qui a été très très important pour moi. Euh je pense j'ai fait l'enquête de
moi. Euh je pense j'ai fait l'enquête de terrain grâce à Stéphane B. Je l'ai en cours et je me suis dit "OK, c'est génial, c'est ça qu'il veut faire." Donc
voilà, c'est un chercheur qui a beaucoup beaucoup pour moi. Jaroirel, ça fait partie des premiers ouvrages que j'ai dévoré spécifiquement en sciences social. D'ailleurs, c'est intéressant,
social. D'ailleurs, c'est intéressant, c'est Jéranel, c'est grâce à lui que j'ai arrêté d'être classe first, comme disent les jeunes, c'est-à-dire de de mettre la classe sociale en en avant à
chaque fois. Parce que Gérard Moyen en
chaque fois. Parce que Gérard Moyen en fait dans ses livres, il insistait énormément sur le lien national, sur à quel point euh il fallait pas faire du réductionnisme de classe parce que la
question de la nation et la question du lien national a été aussi à prendre en compte, ce qui est un peu ironique avec le recul parce que c'est voilà, c'est vraiment grâce à Joli, c'est vrai, il
faut faire attention au réductionnisme de classe. Mais bon, du coup, c'est ça a
de classe. Mais bon, du coup, c'est ça a été aussi important pour moi intimement, je pense la sortie de cet ouvrage et tous les débats un peu le qu'il y a eu derrière parce que ça j'ai l'impression
que je ne pouvais pas comprendre ce que je voyais sur mon terrain si je ne m'intéressais pas sociologiquement à la question du racisme et qu'en même temps il y avait tout un ensemble de chercheurs que je pouvais admirer par ailleurs et qui délégitimait cette
question de recherche. Quand vous êtes jeune chercheur et qu'on vous dit ça en fait c'est pas intéressant voir c'est politiquement néfaste parce que vous allez stigmatiser les classes populaires. En parlant de ça j'y
populaires. En parlant de ça j'y reviendrai peut-être. Bah du coup ça en
reviendrai peut-être. Bah du coup ça en tant bah voilà quand vous débutez une thèse ça peut être ça des effets de censure quoi. Euh bon et en même temps
censure quoi. Euh bon et en même temps et c'est pour ça que je pense c'est important les controverses scientifiques, c'est que ça crée aussi de la la libre d'OCND. Ça crée de l'enthousiasme intellectuel où vous
dites "Bon bah, il va falloir que je lise, va falloir que je bosse et moi c'est comme ça que j'ai découvert en fait ce tout cet ensemble de travaux qui est très
très étauffé en réalité sur les questions. La sociologie du racisme, la
questions. La sociologie du racisme, la sociologie de la racialisation, la sociologie des discriminations. Il y a énormément de travaux qui sont pas utilisés par les sociologues du vote et
donc et réciproquement la sociologie de la race et de la racialisation parle peu de l'extrême droite parce que justement ils disent non en fait faut arrêter de parler de l'extrême droite, il faut prendre en compte le racisme comme fait central de notre société et du coup on a
deux bibliothèques qui ne se parlent pas en tout cas peu. Et moi, c'est en tout cas c'est ce que j'ai essayé de faire, c'est de d'organiser un terrain de rencontre entre ces deux types de littérature et en l'occurrence un
terrain en région. Euh donc de par ma trajectoire
région. Euh donc de par ma trajectoire intellectuelle, moi je fais partie des sociologues qui accordent une importance très forte à la question de la classe sociale. Je viens vraiment d'une
sociale. Je viens vraiment d'une tradition pourusienne, on va dire. Et donc c'est très important pour
dire. Et donc c'est très important pour moi de parler de ça. Et dans mon livre, je pense qu'à chaque chapitre, je parle de ces questions là évidemment. Mais
c'est un problème de présenter les expériences de classe comme exclusives de la question race.
Euh si je peux résumer mon propos, si euh vous résumez euh le vote RN à une question de classe, vous ne comprenez pas le voten
entièrement parce que vous ne comprenez pas par exemple si c'est juste de la domination de classe, pourquoi ces personnesl pas voter à gauche. Mais en
même temps, et c'est mon deuxième point, c'est que si vous résumez le voten au racisme, vous ne comprenez pas non plus le vote Renè puisque comme je viens de le dire, il y a du racisme bien au-delà
la seule extrence. Donc ce qu'il faut faire c'est articuler les deux. Il
suffit de savoir continuer jusqu'à deux hein. Si je que il y a du racisme et la
hein. Si je que il y a du racisme et la protestation de place. C'est cette
articulation des deux qui crée le vote er. Donc on est enfermé en France un peu
er. Donc on est enfermé en France un peu sur un faux débat entre est-ce que c'est du déclassement ou est-ce que c'est du racisme sans voir justement que le RN prospère sur une articulation entre ces deux
questions. Le slogan le plus connu du du
questions. Le slogan le plus connu du du RN dans les années 80 c'était 1 million de chômeurs, c'est 1 million d'immigrés en trop. Ensuite 2 millions de chômeurs,
en trop. Ensuite 2 millions de chômeurs, c'est 2 millions d'immigrés en trop. Ça
c'est ni du c'est c'est pas que de la classe, pas que du racial. c'est
évidemment les c'est qu'ilarticule des difficultés sociales et euh des euh des formes de domination racial comme menacé. Ça qu'il faut
menacé. Ça qu'il faut comprendre.
Euh donc voilà. Donc juste pour épistémologiquement, vous voyez, moi je me situe un peu comme dans un double écart. C'estàd d'un côté vous avez des
écart. C'estàd d'un côté vous avez des personnes plutôt du côté science faux par exemple côté échelle d'ethnocentrisme qui insistent sur le fait que oui il y a des préjugés dans le vot terraine et qui ont une approche qui est trop individualisante ou
psychologisante selon moi et de l'autre côté des approches beaucoup plus bourdiusiennes un peu marxiste marxo bourdiusienne on va dire que qui est plus ma
careémologique si j'ose dire mais en même temps qui prenait très peu en compte la question du racisme. Moi,
j'essaie de de me situer euh dans sur cette ligne de grête euh dans la thèse et ensuite dans l'ouvrage. Euh donc voilà, privilégier
l'ouvrage. Euh donc voilà, privilégier une logique d'articulation plutôt qu'une logique de hiérarchisation. Pour vous donner un
hiérarchisation. Pour vous donner un exemple assez typique de pourquoi il faut privilégier l'articulation plutôt que la hiérarchisation.
Euh ça ça peut être des exemples qui qui sont souent dans le premier chapitre par exemple qui peuvent être mobilisés peut-être en cours dans la critique des sondages. Quand je faisais ma teste, je
sondages. Quand je faisais ma teste, je me souviens de tout un ensemble de de sondages justement vousêtes en tête qui se demande qui demande aux sondés quelle est leur principale
préoccupation à la veille des élections.
Il y a plusieurs items. Le pouvoir d'achat, l'immigration, le chômage, la santé le terrorisme, l'écologie et cetera et cetera.
et on demande de les classer par ordre hiérarchique. Euh et il y a tout un
hiérarchique. Euh et il y a tout un ensemble de débats de par exemple en 2022 quand je termine mon terrain, la préoccupation principale de l'électorat ARN c'était le pouvoir
d'achat. Dessous, il y avait le rejet de
d'achat. Dessous, il y avait le rejet de l'immigration. Euh et donc il y avait
l'immigration. Euh et donc il y avait plein de commentateurs qui disaient "Bah du coup, on est sur un vote social avant tout parce que la principale préoccupation c'est plus l'immigration en fait c'est en deuxème position mais
c'est le pouvoir d'achat."
aux élections suivantes, le rejet d'immigration est repassé devant le plan d'achat. Donc là, c'est plein de gens
d'achat. Donc là, c'est plein de gens qui a un retour aux fondamentaux, c'est un vote d'avantage identitaire et non plus un vote social.
Ce petit jeu qui consiste à se demander qu'est-ce qui compte le plus entre le pouvoir d'achat et le rejet d'immigration, c'estàd séparer ces dimensions pour les hiérarchiser.
Quand vous faites un entretien avec un électeur ou une électrice R, ça n'a aucun sens parce que justement ce qu'il faut comprendre c'est que les électeurs du RN hiérarchisent pas, ne séparent
pas.
Ils disent j'ai des problèmes de pouvoir d'achat à cause des ou bien autre manière de présenter les choses peut-être plus complexes.
J'ai des problèmes économiques pour les résoudre il faudrait donner moins à certaines catégories de la population et ces catégories de la population sont les groupes sociaux qui sont considérés comme moins légitimes à être inclus dans
la solidarité nationale. Donc ce qu'il faut l'énigme
nationale. Donc ce qu'il faut l'énigme de recherche c'est pas se demander qu'est-ce qui compte le plus entre pouvoir d'achat et immigration. c'est de
comprendre qu'est-ce qui fait que dans les têtes lorsqu'on a des problèmes économiques, une des solutions, ça va être de moins donner au personne identifié comme et encore une fois c'est
sur cette relation de cause à effet ou de problème à solution, c'est sur cette relation là que le RN prospect. Donc c'est ça qu'il faut
prospect. Donc c'est ça qu'il faut essayer de comprendre.
Euh et il faut raisonner, il y a un sociologue qui s'appelle Start Hall qui dit il faut raisonner par grap. Il dit
l'idéologie c'est pas des idées isolées.
C'est pas ça le travail idéologique. Le
travail idéologique c'est de relier des thématiques entre elles et que ça paraisse évident que quand vous pensez immigrer, vous pensez chômeur ou assister que quand vous pensez immigrer,
vous pensez insécurité. Ça les
entretiens, c'est très pratique pour ça parce qu'on voit moin des fois je me disais sur mon carnet il déroule. En
fait, vous voyez dans l'entretien quand vous laissez les gens parler, vous voyez les relations d'idées qui font. Donc
vous voyez les grappes d'idées, les clusters thématiques se déployer un peu.
Les chaînes d'équivalence, vous les voyez se déployer, se dérouler. C'est ça
l'idéologie, c'est quand par relation d'idée, quand vous pensez à quelque chose, vous vous mettez à penser à quelque chose d'autre. Euh derrière ça, c'est un peu
d'autre. Euh derrière ça, c'est un peu pour au sein des théories du vote. Il y
a beaucoup de théories du vote sur le single issue voting, donc le le fait que les gens ils votent pour une un enjeu spécifiquement. Par exemple, il y a eu
spécifiquement. Par exemple, il y a eu beaucoup ça sur le vote Ren, c'est l'immigration. Le vote écolo, c'est
l'immigration. Le vote écolo, c'est enfin le vote pour les vers, c'est l'écologie. Moi, je pense que c'est
l'écologie. Moi, je pense que c'est faux. C'est faux que les gens ils votent
faux. C'est faux que les gens ils votent pour une seule raison. En fait, vous vz toujours pour un cluster de thématique, pour une grappe de idéologique spécifique. Ce qui veut pas dire qu'il y
spécifique. Ce qui veut pas dire qu'il y a tout dedans. Moi, par exemple, la question de l'écologie, elle apparaît pas. Elle apparaît même pas
pas. Elle apparaît même pas négativement. apparaît pas dans les
négativement. apparaît pas dans les entretiens, pas quelque chose qui est saillant pour les électeurs. Mais par
contre, ce qu'il faut comparer, c'est les grappes idéologiques entre elles. Euh et donc voilà, mon enquête,
elles. Euh et donc voilà, mon enquête, elle m'a vraiment incité de manière plus générale à être très méfiant envers les oppositions du type le social et le sociétal l'économique l'identitaire.
Il y a souvent aussi les valeurs socio-économiques versus les valeurs socioculturelles par exemple en mettant toujours le racisme du côté du sociétal,
du côté du postmatériel, du côté du culturel. Bon premièrement, le racisme
culturel. Bon premièrement, le racisme ça a des effets économiques sur les gens. Alors quand vous faites criminel à
gens. Alors quand vous faites criminel à l'embauche, c'est pas du culturel, c'est pas du sociétal hein, c'est des conséquences très matérielles. Et ce que je vois, c'est même du côté des électeurs et des
électrices euh le la question de la préférence nationale et je dis nationale mais ça en fait c'est une préférence nationale racialisée parce que les personnes qu'on appelle immigré étrangers encore une fois c'est pas
c'est pas uniquement les immigrés au sens strict hein, ça peut être en fait plus largement les minorités raciales.
Et donc cette préférence nationale racialisée, c'est pas du culturel avant tout, c'est des questions économiques.
Et même dans le programme du RN, la préférence nationale, c'est préférence nationale sur l'emploi, sur le logement, sur les aides sociales. Faire des choses très matérielles et très économiques.
Donc le racisme n'est pas qu'une dimension culturelle. Ça renvoie aussi à
dimension culturelle. Ça renvoie aussi à une dimension économique parce que c'est l'exercice d'un pouvoir au sein d'inégalités raciales qui sont également des inégalités matérielles.
Voilà, ça c'est des détails mais par exemple les travaux de Vincent Tibéri dont j'ai parlé ce matin que je trouve très admirable par la suite mais je suis en désaccord avec la certains découpages parce que par exemple Vincent Tibéri
mais il est il étudie des actes entre d'un des axes pardon avec d'un côté les valeurs socio-économiques, de l'autre les valeurs culturelles et il va mettre la question de l'immigration du côté des valeurs culturelles. C'est un c'est
valeurs culturelles. C'est un c'est irréaliste en fait comme découpage parce que pour les électeurs du RN, la question d'immigration c'est avant tout une question économique. C'est aussi une question culturelle mais c'est avant
tout une question économique. Voilà. De manière générale,
économique. Voilà. De manière générale, il y a un auteur qui s'appelle Ronald Ingle Art et qui a qui a beaucoup travaillé sur les valeurs dites postmatérielles. Vous avez peut-être ça
postmatérielles. Vous avez peut-être ça en cours, les les nouveaux mouvements sociaux et cetera. Bon, je pense ça a pollué toute la science politique actuelle parce que avec ce truc de du coup tout ce qui n'est pas
euh cons enfin déjà on a l'impression que la les questions de classe, j'ai jamais des questions culturelles, mais c'est il y a évidemment des identités de classe culturelles qui sont qui qui sont opérantes. Et par ailleurs tout ce qu'on
opérantes. Et par ailleurs tout ce qu'on met du côté du poste matériel, bah pendant très longtemps, on a mis le féminisme jusqu'à ce que les féministes matérialistes disent en fait les inégalités de genre c'est des inégalités
très matérielles quoi. Donc arrêter de dire que le féministe c'est du postmatériel et je pense qu'on doit faire la même chose avec le racisme. Et
je discutais avec Simon Persico, une personne qui travaille beaucoup sur l'écologie. C'est pareil l'écologie on
l'écologie. C'est pareil l'écologie on met du côté du postmatériel, il y a des enjeux derrière. Je vois pas pourquoi les
derrière. Je vois pas pourquoi les conditions d'habitabilité actuelle ce qu' derrière l'écologie ser du postmériel des enjeux très très
matériels. Je m'arrête là. Euh tout ça
matériels. Je m'arrête là. Euh tout ça pour dire qu'il faut privilégier une logique d'articulation, c'estàdire encore une fois se demander quelle forme spécifique de racisme s'articule avec quelles
expériences de classe spécifiques. Et
là, ces expériences de classe, elles vont bien sûr varier selon le milieu social considéré. Et là, on peut retrouver des
considéré. Et là, on peut retrouver des spécificités de cet électorat du sud-est de la France.
Euh donc dans mon cas, ça a été plutôt des classes populaires stables ou des petites classes moyennes qui sont donc à
l'image un peu de de de cet électorat du sud-est de la France. Bon, je détaille toutes les les spécificités de cet électorat dans le
livre, mais aujourd'hui, j'aimerais insister sur un point qui est très important en région Pacard, c'est la dimension résidentielle.
Euh c'est une question particulièrement importante notamment région Paca parce que la région PACA c'est une région qui se caractérise par une forte économie par une économie fortement touristique et
résidentielle. C'est qu'on est pas du
résidentielle. C'est qu'on est pas du tout dans les campagnes en déclin frappé par la désindustrialisation. On est sur des territoires qui sont premièrement en essort économique notamment sur les
secteurs des services et notamment sur la question euh touristique résidentielle. des emplois non
résidentielle. des emplois non délocalisables et c'est des territoires Jean Bacin des territoires qui sont souvent convoités qui sont convoités par
beaucoup de ménages aisir voire fortunés donc des professions libérales des retraités prospères et cetera, les des représentants de ce que Thomas Picketti appelle la classe
patrimoniale et qui viennent s'installer en région PACA qui viennent de Paris mais qui viennent aussi d'Algique du Royaume-Uni États-Unis
de d'Autri riche. Bref, donc des autres immigrés et des étrangers mais plus prospères et qui viennent pas des mêmes régions du monde et qui viennent donc s'installer en région PACA dans l'arrêt
du provençale sur la côte d'Azur qui achètent des résidences principales et des résidences secondaires. Ce qui a pour conséquence de faire monter le prix de l'immobilier et du foncier dans ces territoires. dans ces territoires que
territoires. dans ces territoires que dans les coins que mes enquêtés que les électeurs du RN appellent les coins tranquilles, les coins sympas, les coins on se dit à ma retraite, j'aimerais bien
déménager pour aller y habiter. Et ça devient complètement
habiter. Et ça devient complètement inabordable à cause de ces classes très supérieures qui s'installent et qui font du coup en achetant la résidence principale qui font monter prix de
l'immobilier. Pourquoi les électeurs
l'immobilier. Pourquoi les électeurs avec qui j'ai discuté aimeraient déménager ? parce qu'ils ont
aimeraient déménager ? parce qu'ils ont l'impression que leur quartier, leur environnement résidentiel est menacé par non pas une pression par le haut cette fois, mais une pression qui vient
du bas par ce que ce qu'on appelle sur le terrain les quartiers, les cités, les logements sociaux, c'estàd territoires
qui sont associés aux classes populaires et notamment aux classes populaires qu'on identifié comme immigré issu de l'immigration et on l'impression qu'ils s'étendent donc avec ce ce motif de
l'invasion qui revient souvent de voilà donc d'un côté des des quartiers repoussoirs est considérés comme envahissant et de l'autre sorte de plafond de verre mais plafond de béton en fait avec des territoires dans lequel
on ne pourra plus s'installer dans lesquels on ne pourra plus éir de missile parce que c'est beaucoup trop cher. Ça ça fait écho à une notion d'un
cher. Ça ça fait écho à une notion d'un sociologue que j'aime beaucoup qui s'appelle Olivier Schwartz qui est un sociologue des classes populaires et qui a élaboré la notion de conscience sociale
triangulaire. La conscience sociale
triangulaire. La conscience sociale triangulaire c'est quoi l'idée ? C'est
que on n plus uniquement dans une logique bipolaire où il y a les dominés et les dominants, les prolétaires et les bourgeois, le peuple, les élites, les petits, les gros et cetera. Donc une
conscience de classe, classe contre classe si vous voulez.
qui est beaucoup plus en affinité avec une politique de gauche euh au sens voilà un peu marxiste du terme, on est plus seulement là dans une conscience de classe, dans une conscience sociale
bipolaire, mais maintenant on est passé une conscience de une conscience sociale ternaire au sens où on sent qu'il y a une pression par le haut toujours par
les classes dominantes, mais aussi une pression par le bas, par plus bas que soi. les assistés, les classes
soi. les assistés, les classes populaires précarisées, les chômeurs, les cassos, tous ces ces fractions les plus
précaires des classes populaires très souvent associé à l'immigration et qui fonctionne comme menace par le bas. Et ça, on voit très bien cette conscience socio triangulaire
à travers la question résidentielle notamment en raison pression par le haut et pression par le bas.
Cette idée de conscience triangulaire, moi du coup, elle m'a beaucoup aidé. On
la retrouve sur d'autres scènes aussi, la scène fiscale, scolaire et là notamment résidentiel. On retrouve aussi
notamment résidentiel. On retrouve aussi dans dans d'autres enquêtes sur le Vérm, c'est assez caractéristique des visions du monde des électeurs du RN en fait, ça soit plus bipolaire mais triangulaire.
Euh donc cette cette notion, elle m'a beaucoup aidé à condition d'ajouter une précision, c'est qu'on peut avoir conscience qu'il y a un haut et un bas, mais il faut distinguer conscience
sociale et conscience politique au sens où on peut redouter une pression par le haut et une pression par le bas sans pour autant politiser les deux sommets du triangle, si je peux dire, avec la
même intensité et selon les mêmes modalités.
Et par exemple, ce que je constate en sur mon terrain, c'est que vis-à-vis des classes populaires d'en haut qui s'installent dans les coins sympas, dans les camps tranquilles, ce que ça suscite
c'est la colère parfois, de l'envie aussi, de l'amertume, mais surtout du fatalisme. Qu'est-ce que tu veux faire ?
fatalisme. Qu'est-ce que tu veux faire ?
C'est un électeur qui me dit ça. Ah oui,
il est riches, ils sont riches, ils s'installent et ils achètent là où c'est cher. Qu'est-ce que tu veux y faire ?
cher. Qu'est-ce que tu veux y faire ?
Donc cette pression par le haut, ces inégalités du haut vis-à-vis des classes supérieures, c'est considéré comme unquel il faut faire
avec. Alors que vis-à-vis de la pression
avec. Alors que vis-à-vis de la pression par le bas et notamment, c'est pour ça que c'est important de prendre en compte la question du racisme, notamment quand c'est associé à l'immigration, là c'est
vécu comme scandaleux et encore plus important, c'est vécu comme évitable.
On pourrait faire en sorte que il y ait moins d'immigration et que donc c cette menace par le bas n'existe pas ou n'existe plus. On aurait dû depuis
n'existe plus. On aurait dû depuis longtemps limiter l'immigration. On
devrait le faire actuellement et Marine Le Pen peut-être fera moins pire que les autres sur cette dimension.
Donc la politisation du bas, elle est beaucoup plus forte que la politisation vis-à-vis des inégalités du est plus intense et notamment parce qu'elle se elle est catalysée en quelque sorte par le racisme et par le l'association
notamment chômeur égal immigré. Une
électrice qui me dit "Mais pourquoi on fait venir des chômeurs ? La politique
migratoire paraît absurde à ces personnes-là et ça suscite du scandale et donc de la politisation et donc un vote spécifiquement en favorable au
Rassemblement national. Et donc lorsqu'il s'agit de
national. Et donc lorsqu'il s'agit de politiser leur fragilité sociale, ces électeurs regardent davantage vers le bas de l'espace social plutôt que vers le haut. Et c'est peut-être là un des
le haut. Et c'est peut-être là un des effets du racisme aussi que de faire regarder davantage vers le bas plutôt que de que vers le haut. Euh
haut. Euh cela étant dit cela étant dit il serait faux de dire qu'il n'existe chez ces électeurs aucune critique à l'égard des groupes situés en
haut. Et je vais développer ce point
haut. Et je vais développer ce point pour terminer.
Moi, c'est quelque chose qui m'a beaucoup intéressé dans mon enquête de voilà de me demander bah est-ce qu'il y a pas quand même une critique vis-à-vis des des élites dominantes, vis-à-vis des classes dominantes, vis-à-vis des classes dirigeantes. Ce que je repère
classes dirigeantes. Ce que je repère dans les entretiens, c'est deux registres de critiques qui peuvent se combiner mais qui sont souvent aussi différents. Un premier registre critique
différents. Un premier registre critique qui concerne tout d'abord les groupes sociaux appartenant à ce que Pierre Bourdieu appelle le pôle économique, c'està-dire les classes dominantes qui se distinguent avant tout par leur
capital économique. Les grands patrons, les
économique. Les grands patrons, les hauts cadres, les rentiers et cetera.
Les phrases, les expressions pour le désigner sur mon terrain, c'est les bourges, les personnes qui veulent montrer qu'ils ont de l'argent, les personnes qui regardent juste l'argent
rentré.
Euh et une expression qui revient aussi beaucoup, c'est le le terme gavé. Ils
sont gavés, ils se gavent. Et donc les dominants
gavent. Et donc les dominants économiques qui sont dénoncés sur mon terrain, ce sont les très riches et plus précisément les trop riches. C'est les
personnes dont on qui ont une richesse qui est considérée comme abusive, imméritée ostentatoire aussi et dont les manifestations sont
facilement et rapidement visibles en région PACA. C'est visible à l'ONU hein,
région PACA. C'est visible à l'ONU hein, c'est ultra ce qu'il y a des conséquences ce qui donne à réfléchir aussi parce qu'il y a souvent cette idée de les milliardaires sont loin donc c'est ça qui fait qu'on arrive pas à la dénoncer
en fait cette question la proximité elle est plus compliquée que ça parce que moi en tout cas en cas ben on peut les voir les manifestations de sa richesse donc est-ce que c'est la proximité spatiale qui compte c'est notre pourrait revenir
s'il vous plaît ça c'est le premier registre critique la critique de l'argent à cela s'ajoute un deuxième registre critique qui disent cette fois les groupes sociaux qui se distinguent
eux davantage par leur capital culturel. Le pôle culturel donc avec
culturel. Le pôle culturel donc avec tout un ensemble de de sociotypes de groupes professionnels qui émergent dans les entretiens, les profs, les journalistes, les artistes, c'estàd tous
ces toutes ces ces groupes qui ont fait profession de l'usage des savoirs, des symboles de de du langage et qui sont rattachés à la gauche, ce qui n'est pas faux
électoralement. Si on regarde vraiment
électoralement. Si on regarde vraiment les groupes sociaux qui résistent au votes RN et qui votent à gauche, les profs, les artistes et les journalistes, ils sont en bonne
position. Et ce qui est critiqué ici,
position. Et ce qui est critiqué ici, c'est donc non pas l'argent mais la parole, l'utilisation de cette arme symbolique, le fait de bien parler, de faire des beaux discours à des fins de
distinction morale exprimé souvent à distance avec arrogance, avec l'image des deux leçons qui revient souvent.
Et ce que je constate, c'est que chez ces électeurs du sud de la France, l'hostilité est plus affermée, plus récurrente envers les élites proprement
culturelles, envers ce qu'un collègue Raphaël Chalier appelle les élites du diplôme. J'ai dit élite mais c'est élite
diplôme. J'ai dit élite mais c'est élite toute relative parce que ça peut être l'instituteur du coin, ça peut être le cadre à la culture, ça peut être le
responsable associatif local et cetera. H et donc vous voyez que autant
cetera. H et donc vous voyez que autant la critique des dominants économiques pour qu'elle s'active, il faut qu'il y ait des écarts très très important. Faut
que ça soit les 1 % quoi les ultra riches. Alors que il y a tout un
riches. Alors que il y a tout un ensemble de figures intermédiaires, les petits patrons ou même les gros patron mais locaux les chefs d'entreprise qui ont réussi eux c'est des c'est sont des figures qui vont être très
valorisées. C'est voilà la personne qui
valorisées. C'est voilà la personne qui a bien mené son affaire qui crée de l'emploi. Il y a souvent des formes de
l'emploi. Il y a souvent des formes de de de rejrutement local des formes de piston aussi qui fait qu'on est redevable vis-à-vis de d'un patron qu'on va bien apprécier par ailleurs et cetera. Donc la critique de la
cetera. Donc la critique de la domination par l'argent, faut vraiment que ça soit les 1 %. Donc des c'est une critique qui s'active sous des
conditions très respectives. Alors que
la critique des élites du diplôme là, il en faut peu. Il en faut peu et même avec des écarts sociaux objectifs très réduits. étant donné que ce sont des
réduits. étant donné que ce sont des écarts sociaux qui sont modalisés par la question du capital scolaire et par la question de la la culture, en fait là, ça va être des écarts sociaux qui même
s'ils sont faibles vont être vécus subjectivement comme plus humiliants, plus blessants et donc plus facilement aussi politisable à comment l'expliquer cette asymétrie ?
Voilà, à mon avis, il faut rappeler quelque chose dit ce matin qui est que une des variables individuelles les plus prédictives du vote RN, c'est le niveau de diplôme encore une fois plus encore que le niveau de
revenu. un résultat très stable dans le
revenu. un résultat très stable dans le temps et qui est en fait transversal à tout l'électorat du et je l'ai un peu dit ce matin mais je vais le répéter, c'est que derrière ce résultat statistique, ce qu'on voit
dans les entretiens euh c'est que derrière cette faiblesse du niveau de diplôme en terme de trajectoire de vie, ces électeurs ont des trajectoires
scolaires qui sont courtes mais surtout qui sont heurtées, qui ont été conflictuelles et qui renvoient souvent à des vécus scolaires qui peuvent être
douloureux avec une forme de défiance du coup de ressentiment qui se crée vis-à-vis de l'ordre scolaire, vis-à-vis de l'école, de ses classements et de ses déclassements euh et aussi vis-à-vis de
l'ordre professoral des de certaines postures professorales et la figure desord le sont à nouveau, elle est intéressante et c'est en partie pour
cela que les écarts sociaux qui sont vécus comme les plus vexants et les plus blessants sont des écarts nouveau qui se joue sur le pant culturel et donc le m classe dont
cestime victime les électeurs du RN euh d'une certaine manière vient réactiver des vécus scolaires qui ont été doulour et donc quand ils ont l'impression que la gauche leur fait la
leçon à nouveau, ça active tout un ensemble d'expériences préalables qui à mon avis il faut prendre au sérieux lorsqu'on analyse le vote. Et ça à nouveau c'est une
vote. Et ça à nouveau c'est une caractéristique transversale à tout l'électorat aen. Et même côté du côté de
l'électorat aen. Et même côté du côté de l'offre politique, ça c'est des choses qui commencent à m'intéresser un peu maintenant, c'est quand on regarde les élus euh par exemple du RN ou même les cadres du
RN, c'est vraiment des personnes qui peuvent être parfois supérieur, mais il y a toujours ce ratio capital culturel, capital économique qui est en faveur du capital économique. Et souvent c'est des
capital économique. Et souvent c'est des personnes même quand on regarde les intellectuels d'extrême droite sont des personnes qui peuvent être des intellectuels au sens au sens propre du terme mais il y a toujours cette part de
de défiance vis-à-vis par exemple de l'université avec souvent des trajectoires qui ont été coupées à un moment des aspirations de promotion universitaire qui ont été déçues et cetera et même moi je je consomme
beaucoup de pour mon travail de enfin je m'intéresse beaucoup aux influenceurs d'extrême droite la man en fait il parle beaucoup d'école dans les podcasts qui qui sont qui sont qui sont beaucoup
écoutés. La manière dont il parle de
écoutés. La manière dont il parle de l'école, la manière dont il parle du la question du savoir, la manière dont il parle des prof, c'est quelque chose qui est assez intéressant à analyser pour comprendre à quel point ce ressentiment
proprement culturel, il joue énormément dans le vote pour le national.
Pour terminer donc là, j'ai dit qu'il y avait deux types de registre critique.
Donc critique de la de l'argent, critique de la parole en quelque sorte qui qui du coup s'applique à différents types d'élites, des élites plutôt économiques ou des élites plutôt
culturels.
Il y a quand même un groupe social qui réunit ces deux types de TAR, c'est les politiques, c'est les politiciens, les gens qui nous gouvernent et cetera, notamment les
élites dirigeants. Les politiques, c'est à la
dirigeants. Les politiques, c'est à la fois ceux qui se gavent. Donc il y a plein dans les entretiens, il y a des il y a des passages très précis sur les salaires des députés, sur les le patrimoine des ministres et cetera sur
sur Facebook, sur des chaînes mail ou même dans l'entretien et des chiffres très précis làdessus.
Et donc les politiques, c'est ceux qui se gagnent et c'est évidemment ceux qui les beaux parleurs qui font des beaux discours mais pour se protéger et qui font au fond ne font rien ne font rien
pour nous. Euh et donc on a vraiment
pour nous. Euh et donc on a vraiment cette idée du monde politique comme un monde relativement homogène euh éloigné
du monde concret qui est celui des des électeurs et des électrices du RN. Euh
et un monde qui réunit tout ce qu'on déteste chez les classes supérieures tant économique que culturel.
cette impression de de de de distance sociale, encore une fois, elle est elle est pas complètement fausse. C'est quand
on regarde le recrutement actuel du champ politique, notamment les champs politiques dominants, bon, il y a pratiquement plus aucune classe populaire, il y a même plus de moins très peu de classes moyennes. En
réalité, c'est vraiment c'est une activité la profession politique qui est qui a un regroupement très très élitiste avec pratiquement uniquement des les classes supérieures. Et au milieu de ce
classes supérieures. Et au milieu de ce champ politique, on a également évidemment Emmanuel Macron. Emmanuel
Macron qui est une synthèse presque parfaite à nouveau de de tout ce qu'on déteste chez les politiques. C'estàd
Emmanuel Macron, c'est à la fois le banquier identifié très clairement au monde de l'argent et c'est aussi Emmanuel Maon Macron la personne qui parle bien. Le terme d'intelligent, il
parle bien. Le terme d'intelligent, il est beaucoup revenu. C'est une personne qui est certes intelligente mais qui met cette intelligence à son profit ou au profit de son groupe social et non à
destination des personnes qu'il est censé représenter. Et ça va de avec le
censé représenter. Et ça va de avec le fait que encore en 2022 quand je retourne sur mon terrain, les électeurs du Ren continuent à ne pas trop savoir situer Emmanuel Macron politiquement. Là
une phrase qui revient le coup, c'est lui on sait pas trop où il est quoi.
Donc pour beaucoup de personnes Emmanuel Macron n'est pas du tout à droite par exemple, c'est une personne qui tout un ensemble de de thèmes est considéré comme trop de gauche par exemple notamment sur la question d'immigration.
Et donc voilà, c'est un de symbole à nouveau de ce bloc politique qui est relativement homogène avec très peu de différence.
euh aussi entre la droite et la gauche. Ensuite, bah quitte de Marine Le
gauche. Ensuite, bah quitte de Marine Le Pen, c'est est-ce qu'elle échappe ou non à ce monde politique ? En partie, oui, mais je laisse ça pour les questions. Je
vais m'arrêter là. Merci beaucoup.
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