"Je suis la première femme que Bonaparte exila" : G. de Staël et la pensée du féminin sous l’Empire
By Napoleonica® la chaîne, de la Fondation Napoléon
Summary
Topics Covered
- Staël : « J'étais moins à plaindre qu'une autre »
- Staël, une des seules à analyser le cas Bonaparte
- L'empire féminise Staël dans la guerre aux femmes
Full Transcript
Merci beaucoup. Bonjour à toutes et tous. Merci Latitia. Merci à la
tous. Merci Latitia. Merci à la fondation Napoléon aussi de m'inviter encore. Je suis la preuve vivante que
encore. Je suis la preuve vivante que les Napoléoniens traitent mieux les Staliens 200 ans plus tard. Donc il y a bien un progrès dans l'histoire. Merci
encore à vous.
Alors pour notre sujet, je dirais qu'il y a, me semble-t-il trois erreurs ou trois tentations à éviter lorsqu'on parle de Germostal autant de Napoléon
sous l'angle de l'affrontement entre un homme et une femme. Première tentation à éviter l'exceptionnalité, celle qui consisterait en fait à
distinguer Stal de la communauté féminine ordinaire, de dire que Stal n'est pas une femme parce qu'elle n'est pas une femme comme les autres. Ce qui
reviendrait à amoindrir sa légitimité comme femme ou à amoindrir sa capacité à représenter les femmes sous l'empire. Il
y aurait trois raisons qui justifieraient cette exceptionnalité bien sûr euh possible. La première
raison, ce sont des raisons biographiques qui ont été évoqué ce matin par Jean-Tular. Un Stal n'est pas n'importe quelle femme. Elle est la femme d'un la fille pardon quel lapsus.
Elle est la fille d'un ministre et la fille unique en plus d'un couple, les Neéquer qui est parmi les couple les plus importants des dernières années de
l'ancien régime. Elle s'illustre donc
l'ancien régime. Elle s'illustre donc par une destinée extraordinaire au sens propre. La vie de Stal n'est pas la vie
propre. La vie de Stal n'est pas la vie de n'importe quelle femme et il est donc problématique peut-être de la prendre comme exemple. À quoi s'ajouterait à ces
comme exemple. À quoi s'ajouterait à ces raisons biographiques des raisons bien sûr économiques, hein. Stal est une femme riche qui bénéficie toute sa vie d'un grand confort financier, si bien
que les malheurs qui la frappent paraissent peut-être moins graves que ceux qui frappent d'autres femmes. Elle
est d'ailleurs tout à fait consciente de cette situation particulière. Dans 10
années d'exil, elle dit "J'étais moins à plaindre qu'une autre."
Enfin trisème raison qui pourrait justifier une exceptionnalité à tort peut-être de Stal des raisons littéraires et des raisons éditorial hein. Stal est une des écrivaines les
hein. Stal est une des écrivaines les plus célèbres de l'époque. Il se trouve que le pic de sa notoriété coïncide avec l'arrivée au pouvoir de Bonaparte puisque Delphine, le grand roman du
scandale paraît sous le consulat en 1802 et c'est sous l'empire qu'elle publie les textes qui vont la rendre le plus célèbre he Corine en 1807 et de
l'Allemagne en 1810 et 1814 pour l'édition française.
occuperait peut-être et c'est beaucoup dit à juste titre en partie une place à part voire dans le paysage littéraire une place un peu occultante. Donc dans
ces trois quatre figures, par sa vie, par sa richesse, par sa notoriété, Stal ne serait peut-être pas une femme de son époque parce qu'elle n'est pas représentative des femmes de son époque.
La deuxième tentation qu'il faut aussi éviter, ce serait celle de la politisation exclusive, celle qui revient à distinguestal de la communauté
féminine au motif que le combat qu'il oppose à Napoléon, ce qu'elle appelle elle-même sa lutte, virilise, stal en fait une figure de puissance transformée
non pas en homme mais en une figure virilisée par les circonstances. Elle
devient d'ailleurs de la vie de tous un adversaire parmi les plus redoutables de l'empereur. Donc soit Stal est virilisé,
l'empereur. Donc soit Stal est virilisé, soit Stal au contraire est universalisé par les circonstances politiques. Elle
s'inclut d'ailleurs elle-même dans la catégorie neutre en terme de genre de ce qu'elle appelle les amis IS de la liberté. Stal explicite d'ailleurs à
liberté. Stal explicite d'ailleurs à différents reprises la dimension collective de la confiscation de la liberté qu'annonce pour elle le 18 Brumer ? Je cite les considérations. Le
Brumer ? Je cite les considérations. Le
18 Brumer dit-elle, je me sentais dans cet instant une difficulté de respirer qui est devenue depuis je crois la malaïie de tous ceux qui ont vécu sous
Bonapart. Tous ceux qui ont vécu sous
Bonapart. Tous ceux qui ont vécu sous sous Bonaparte. En disant cela, Stal
sous Bonaparte. En disant cela, Stal n'est plus une femme parce qu'elle devient, vous voyez, elle rejoint le genre humain, l'ensemble des hommes, mais au sens cette fois générique du
terme. Donc la tentation politique est
terme. Donc la tentation politique est aussi, me semble-t-il, à éviter. Enfin,
la troisème et dernière tentation à éviter, ce serait celle du scénario amoureux, celle qui consisterait à enfermer face à Napoléon Stal dans le piège d'une féminité doublement réductrice. Celle d'une femme
réductrice. Celle d'une femme passionnément attirée par cet homme, celle d'une femme douloureusement est conduite par cet homme. Ce scénario
amoureux est me semble-t-il peu convaincant aussi parce que d'une part parce qu'il occulte toutes les autres dimensions de la relation passionnelle et complexe qui unistal à Napoléon
notamment une dimension politique et une dimension intellectuelle puisque Stal va analyser Bonapart ce qu'on pourrait presque appeler le cas Bonapart elle est une des seules à le faire donc cette
dimension disparaît si on s'en tient à une relation amoureuse et puis parce que réduire Stal à une femme de sentiments qui plusit une femme femme aveuglée par ses sentiments, ce qu'elle ce qu'elle a
pu être aussi bien sûr hein serait un contresens par rapport à tout le projet, toute la l'existence stalienne. Tout
dans la vie de Stal défie et désarme les préjugés qu'on pourrait dire essentialistes. Tout son enfance, son
essentialistes. Tout son enfance, son éducation, ses choix d'autrice, son engagement sur la scène publique montre que Stal ne se réduit pas à la caricature de féminité à laquelle à son
époque déjà on a tendance à confiner les femmes. Stal euh est sans doute à
femmes. Stal euh est sans doute à envisager autrement. Et c'est donc pour
envisager autrement. Et c'est donc pour moi l'intérêt et la grande vertu de ce colloque dans l'intitulé même qu'il nous propose être femme autant de Napoléon
que de renouveler les perspectives en nous obligeant à dépasser ces trois écueils. Celui de l'exceptionnalité,
écueils. Celui de l'exceptionnalité, celui de la politisation et celui du scénario amoureux. En nous posant cette
scénario amoureux. En nous posant cette question, vous nous obligez à envisager stal comme femme. Et bien c'est justement pour moi une perspective
doublement euh passionnante, hein, et qui est nouvelle pour deux raisons.
D'abord parce que euh dans le cas de Stal, le concept, enfin pour le dire plus clairement, le concept de de féminité me semble doublement opératoire. Première raison,
opératoire. Première raison, pourquoi il faut dire que Stal est une femme sous l'empire ? La première
raison, c'est que Stal sous l'empire diagnostique, on peut discuter, mais diagnostique une haine particulière pour les femmes à son époque. Et donc ces
femmes feraient pour elles l'objet d'une persécution aggravée. La conséquence de
persécution aggravée. La conséquence de cela, c'est que l'empire féminise Stal.
Elle ne revendique jamais autant sa qualité de femme, son statut de femme que au moment où Napoléon déclare ce qu'elle identifie elle comme une guerre
aux femmes. Étudier l'empire sous
aux femmes. Étudier l'empire sous l'angle de Stal comme femme éclaire donc pour nous sous un nouveau jour aussi quelle femme a été Stal, à quel modèle
de féminité elle s'est identifiée. Il
est donc fécond dans un premier sens d'envisager Stal comme femme pour éclairer sa propre trajectoire. Il faut,
pour le dire plus clairement, l'empire pour écrire une nouvelle page et peut-être la plus intéressante de la féminité stalienne. Mais cette féminité
féminité stalienne. Mais cette féminité exacerbée met à son tour en lumière les ressorts politiques mais aussi les ressorts moraux qui sont propres à
l'empire. Puisque Stal raconte en femme
l'empire. Puisque Stal raconte en femme l'histoire de son combat contre Napoléon, elle retrace moins sa propre expérience personnel qu'elle n'analyse
ce que l'empire fait spécifiquement aux femmes et pourquoi. Étudier Stal comme femme éclaire donc aussi sous un nouveau jour le type de pouvoir qu'aurait exercé
Napoléon. Il faut en d'autres termes la
Napoléon. Il faut en d'autres termes la femme stal pour écrire peut-être une autre histoire de l'empire. C'est en
tout cas ce que je vais vous proposer en trois temps que je veux bref, je vous rassure parce que là vous vous dites elle est partie jusqu'à midi mais non c'est prévu. Il y avait une longue intro
c'est prévu. Il y avait une longue intro mais après je vais être plus bref. Trois
temps trois parties brèves. La première
et ces trois questions auxquelles je vais essayer de répondre rapidement.
Première question en quoi l'empire forge-t-il une féminité stalienne ? Ce
sera l'empire ou la naissance d'une femme ? Deuxième temps, en quoi l'empire
femme ? Deuxième temps, en quoi l'empire nourrit chez Stal une réflexion sur le féminin ? Et là, ce sera l'empire ou la
féminin ? Et là, ce sera l'empire ou la conscience de genre. Enfin, en quoi la féminité stalienne éclaire-t-elle les ressorts politiques de l'empire ? Ce
sera une histoire critique de la puissance. Alors, première partie brève,
puissance. Alors, première partie brève, l'empire ou la naissance d'une femme. Il
est effectivement remarquable au sens neutre, hein, spectaculaire que Stal exhibe sa féminité lorsqu'elle se trouve dans le face-àface avec Napoléon. Elle ne le
fait jamais. Stal est une féministe
fait jamais. Stal est une féministe entre guillemets contradictoire, je mets entre guillemets parce que le terme n'existe pas mais l'idée existe.
Féministe contradictoire et paradoxal qui a tendance à disparaître, à ne jamais s'affirmer comme femme, à disparaître comme autrice, à neutraliser son énonciation et à ne à n'être
absolument jamais solidaire des autres autrices de son époque. Stal est une figure solitaire et on peut dire assez peu solidaire. On attend d'elle souvent
peu solidaire. On attend d'elle souvent qu'elle revendique sa féminité. par
exemple dans le chapitre sur de la littérature où elle parle des femmes qui cultivent les lettres et bien étonnamment elle ne revendique jamais sa féminité. Or justement cette neutralité
féminité. Or justement cette neutralité vole en éclat face à Napoléon. Stal n'a
jamais autant souligné sa féminité que lorsqu'elle affronte l'empereur.
D'ailleurs, c'est le sens de la citation que j'ai choisi comme titre. Je suis la première femme que Bonapart exila. On
entend déjà je suis une femme. Elle
insiste aussi dans sa correspondance.
Elle se présente à une autre reprise comme une femme persécutée et sans défense. Stal est une femme, une femme
défense. Stal est une femme, une femme persécutée, dit-elle, et elle va même jusqu'à essentialiser sa fragilité lorsqu'elle dénonce la souffrance que représente pour elle l'exil et l'obligation en particulier de quitter
la ville de Paris. Elle insiste sur sa nature féminine spécifiquement vulnérable, hein, je cite "Je suis très ébranlable par ma nature". Et
lorsqu'elle doit quitter la France à Bandi à l'automne 1803 où elle est sur la route de l'Allemagne avec Benjamin Constant, elle a écrit dans sa correspondance "Les femmes ne sont pas
faites pour de telles douleurs."
Donc cette essentialisation du féminin qui est inédite dans la vie stalienne, qui apparaît en tout cas au moment de l'empire, elle n'est pas rétorique simplement. Elle se prolonge dans ses
simplement. Elle se prolonge dans ses années impériales par alors je suis désolé de rentrer dans des choses un peu personnelles, personnelles pour Stal, elle se prolonge par une expérience
féminine particulière. On pourrait dire
féminine particulière. On pourrait dire quand on regarde l'échelle de l'ensemble de la vie stalienne que les années où Stal vit intensément sa féminité sont aussi les années de l'empire. Stal a 38
ans lorsque commencent les ennuis et lorsque commence le consulat au moment du sacre. Elle est donc presque
du sacre. Elle est donc presque cadragénère. Chantal Préveau dans son
cadragénère. Chantal Préveau dans son dans son très bon livre dit qu'effectivement à cette époque il y a une certaine insignifiance. Je reprends
votre titre. L'insignifiance passé 40 ans. Les femmes n'ont plus d'enfants, ne
ans. Les femmes n'ont plus d'enfants, ne sont plus bonnes à marier. Mais il se trouve que Stal devient doublement mère à cette époque alors qu'elle a
bientôt 40 ans et ensuite passé 40 ans.
Elle est mère parce que à chaque fois qu'on va l'attaquer, elle va rappeler qu'elle est mère de trois enfants, hein.
Il est, dit-elle, complètement barbare qu'un gendarme demande à une femme, mère de trois enfants, une femme et ses enfants, pardon, de quitter la France.
Et puis dans ces années-là, Stal devient mère hein, puisqu'elle a un 5e enfant, Alphonse qui naît le 7 avril 1812 à 46 ans. Cette naissance est secrète mais la
ans. Cette naissance est secrète mais la police de l'empereur en est largement informée comme les rapports de police le précisent. Et cette naissance tardive
précisent. Et cette naissance tardive qui est comme un défi d'une féminité qui voudrait pas s'éteindre puisque Stal atteint bientôt ce qu'elle appelle l'âge critique de la vie des femmes et pourtant cet enfant qu'elle n'a
certainement pas voulu j'imagine on n' pas de témoignage là-dessus mais cet enfant naît et il na'est quasiment en même temps que le fameux descendant dont Bonapart attend depuis si longtemps la
venue en 1811 il y a presque une concurrence de de filiation vous voyez de descendance hein. Il y a un dernier stal qui naît, je trouve ça assez
intéressant aussi et assez symbolique.
Stal est en plus une chef de famille, on a parlé hier. Elle est veuve, elle est riche, elle gère le patrimoine, elle incarne donc pour 1000 raisons une féminité complètement subversive dans
ces années impériales. Enfin, Stal
souffre, s'exhibe aussi comme femme dans la douleur. Il est très frappant quand
la douleur. Il est très frappant quand on lit sa correspondance et quand on étudie ce chapitre, de voir que Stal met toujours en avant sa souffrance. hein,
elle ne peint pas du tout une féminité victorieuse ou combattante. Au
contraire, elle valorise un scénario victimaire, hein. Il dit elle à un
victimaire, hein. Il dit elle à un moment donné, elle écrit à l'empereur pour le supplier de de lui permettre de revenir à Paris. Elle lui dit : "Si je peignais à votre majesté ce qu'éprouve une femme en se séparant des amis de
toute sa vie, je suis sûre que vous auriez pitié de moi." Il y a sous sa plume un scénario victimaire étrange Stal se plaît à se peindre en femme et
en femme blessée, en femme outragée qu'elle est. Donc féminité
qu'elle est. Donc féminité surdéterminée, c'était le premier temps.
Deuxème temps, Stal une fois qu'elle a affirmer sa féminité va définir ou analyser plutôt ce que c'est qu'une femme, prendre conscience, conscience de genre en deuxième temps de ce que ça
veut dire qu'être une femme. À partir de ce moment-là, si elle est féminisée par l'affrontement politique et moral avec l'empereur, elle va acquérir en retour
une clairvoyance un peu plus frappante sur ce qu'elle identifie autour d'elle comme une virilisation inouie des mœurs et des esprits qui
caractérisent les années 1804 1815. Ça a
été d'ailleurs souligné par beaucoup d'historiens dont encore Chantal prévaut. Vous rappelez Chantal que le
prévaut. Vous rappelez Chantal que le fait militaire je cite imprègne toutes les couches sociales. Alors traverser 15 ans de guerre, 15 ans entouré de soldats change évidemment les représentations
mentales, change les imaginaires et Stal est très lucide sur le fait qu'on vit dans un monde d'homme. Enfin on elle et peut-être nous aussi hein, un monde virile, un monde de soldat. Et pour
elle, ça se traduit par un imaginaire de la chasse. Elle dit "Nous sommes les
la chasse. Elle dit "Nous sommes les femmes des proies, un gibier avec des prédateurs, hein. Il y a plus de il y a
prédateurs, hein. Il y a plus de il y a plus que des hommes avec des armes en fait. Et donc il y a tout un travail sur
fait. Et donc il y a tout un travail sur la chasse. Thierry, tu as travaillé sur
la chasse. Thierry, tu as travaillé sur les loups récemment hein. J'ai enfin
c'est un autre sujet mais qui m'intéresse. Il se trouve que Stal dit
m'intéresse. Il se trouve que Stal dit enfin écrit beaucoup nous sommes un gibier poursuivi par des chasseurs.
Savarie avait dit-elle qu'à 38 lieux j'étais de bonne prise. Savarie qu'elle
qualifie de corsaire ministre. Il y a toujours un homme en âme qui vient attraper la femme comme un gibier lorsqu'elle est poursuivie dans toute l'Europe en 1811 1812. Elle parle d'un
système qui consiste à la traquer comme une biche.
Euh et elle parle encore des filets du despotisme que Bonapart tend à travers toute l'Europe. Ces métaphores de la
toute l'Europe. Ces métaphores de la chasse, de la pêche, de la capture des animaux nourrissent un imaginaire que les femmes seules peuvent identifier hein comme étant à mon avis l'une des
autres approches de cette époque.
Autre analyse de la féminité chez Stal, la conscience chez elle que les femmes sont persécutées collectivement, qu'il y a une haine des femmes. On peut dire que Stal pour la première fois de sa vie se
crée des sœurs de résistance. Elle est
consciente qu'elle est persécutée, elle personnellement pour des raisons politiques évidentes, mais qu'elle est aussi persécutée parce qu'elle est une femme. Jamais Stal n'a eu autant de
femme. Jamais Stal n'a eu autant de compagne d'infortune que dans ces années-là. Elle identifie d'autres
années-là. Elle identifie d'autres femmes qu'elle pour la première fois.
Madame de Chevreuse hein, qu'elle rencontre en 1812. Il y a une maladie de l'exil, dit-elle. J'ai vu madame de
l'exil, dit-elle. J'ai vu madame de Chevreuse, je lui en ai reconnu les symptômes. On ne se guérit pas de cela.
symptômes. On ne se guérit pas de cela.
Installe comprend, se reconnaît une sœur en Madame de Chevreuse, madame de Trémoi et madame de Line Juliette Camier.
sororité, on dirait aujourd'hui solidarité entre les femmes, même avec Joséphine que Stal croise euh des 180 déjà, mais euh encore plus en 1810, au moment où Joséphine euh vient de
divorcer, où Stal la rencontre à Lausanne et elle écrit "Savez-vous avec qui je me suis trouvé ici le jour de mon arrivée ? avec l'impératrice Joséphine
arrivée ? avec l'impératrice Joséphine et elle ajoute "Nous nous sommes faits en qualité de puissance détrôner les plus grandes gentillesses du monde.
Entre Joséphine et moi, dit-elle, il y a une résonance. Nous les femmes qu'on a
une résonance. Nous les femmes qu'on a chassé, nous les femmes qui ne correspondons pas au modèle impérial.
L'empire donc d pour la première fois stal d'une conscience de genre. J'en
prends pour preuve la lettre magnifique qu'elle écrit à Juliette Récamier en 1809. Vous m'avez fait connaître,
1809. Vous m'avez fait connaître, dit-elle à Juliette, dans ce dernier séjour, ce qu'il y a de vraiment doux dans la tendresse pour une femme, c'est l'alliance de deux êtres faibles qui
regardent ensemble leurs oppresseurs.
Enfin, cette conscience de genre, c'est-à-dire l'idée qu'il y aurait une spécificité du féminin, elle n'est pas propre aux femmes, stal l'impute aussi à Napoléon, chez qui elle diagnostique une cruauté particulière à l'égard des
femmes qui prendrait la forme notamment d'un châtiment que Napoléon réserverait aux femmes et qui est justement l'exil.
L'exil distale, frappe spécifiquement les femmes parce qu'ils les privé leur laisse à défaut des autres, hein.
Les femmes n'ont pour bonheur dans ce monde-là que la famille, que les amis et que la sociabilité parce que de toute façon, il leur est interdit d'avoir une carrière publique et c'est la cruauté
spécifique de Bonapart que d'aller justement les priver de ce qui constituent déjà pour une raison injuste leur seul bonheur. Donc il y a une cruauté particulière aussi de la part
des hommes et de la part de de l'empereur en tout cas à l'égard des femmes. Stal a une phrase là encore très claire en 1808. Elle
écrit "L'empereur a dit qu'il fallait mener les Français avec une main de fer et un gant de velours. Il me semble qu'il ôte le gant pour les femmes.
Enfin dernière partie. Euh je vais presque être à l'heure. Oui. Alors je
vais je je la dis juste comme ça. Voilà,
je vous la je vous la livre effectivement parce que je ne suis plus du tout à l'heure. Donc Stal propose aussi une histoire critique de la puissance. Euh qu'est-ce que j'aurais
puissance. Euh qu'est-ce que j'aurais dit ? Trois choses. Euh Stal a
dit ? Trois choses. Euh Stal a revendiqué sa féminité, a pris conscience qu'il y a un problème masculin féminin à cette époque et elle va l'analyser et diagnostiquer dans ses
persécutions ce qu'on pourrait appeler une lutte disproportionnée. Stal va se dire "Mais pourquoi tant de haine ?
Pourquoi m'attaquer autant moi et pourquoi attaquer autant les femmes ? Et
c'est ce qu'elle appelle la lutte entre la toute puissance de l'empereur et sa faiblesse. Donc cette disproportion va
faiblesse. Donc cette disproportion va l'amener à identifier deux raisons de cette persécution. La première c'est ce
cette persécution. La première c'est ce qu'elle appelle la puissance de la vertu. Elle dit "Nous les femmes, nous
vertu. Elle dit "Nous les femmes, nous avons encore des principes de morale.
Nous sommes généreuses. Nous sommes,
c'est aujourd'hui ce qu'on a pour de mauvaise raison théorisé comme le soin, hein. Les femmes sont plus sensibles,
hein. Les femmes sont plus sensibles, elles prennent plus soin, elles carent more. Euh je déteste cette idée que
more. Euh je déteste cette idée que seules les femmes auraient encore un cœur qui bat, hein. Et donc Stal dit oui, mais en même temps, cette générosité, elle fait de nous des gens
insupportables pour ceux qui n'ont pas généreux mais ont oublié leur générosité. C'est-à-dire que la femme
générosité. C'est-à-dire que la femme serait toujours le rappel aux personnes cruelles de ce qu'elle devrait encore être et du coup pour elle cette vertu est une des raisons des persécutions des femmes. Les femmes sont le permanent
femmes. Les femmes sont le permanent rappel de ce que l'humanité devrait toujours continuer à être. Et elle dit Bonaparte, il a oublié la vertu, il est cruel. Et donc c'est la raison pour
cruel. Et donc c'est la raison pour laquelle il nous il nous persécute. Et
elle ajoute cette phrase géniale, il serait bien temps pourtant de lui apprendre à Bonaparte que la vertu a aussi quelque chose de mal et de plus mal que le mal lui-même. Voilà, je
m'arrêterai là.
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