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Jim Carrey, l'Amérique démasquée | Documentaire | ARTE Cinema

By ARTE Cinema

Summary

Topics Covered

  • Jim Carrey naît imitateur sur scène stand-up
  • In Living Color forge virtuose excès satirique
  • Masque révèle hypocrisie conventions sociales
  • Trilogie télé critique enfance piégée images
  • Déclin comédie face superhéros patriotiques

Full Transcript

1994 est l'année d'un à Hollywood.

En tr films, un acteur récolte plus de 700 millions de dollars au box office.

[musique] Colossal, énorme, phénoménal. Les

superlatifs ne manquent pas pour qualifier les films et leurs succès, mais ils conviennent surtout pour l'acteur qui a fait des records une marque de fabrique.

Record du film le plus rentable de 1994.

Record 2 ans plus tard du plus gros salaire jamais donné à une star.

Record aussi de la grimace la plus diffforme et la plus idiote de l'histoire du cinéma.

Indécent XXL to much. Jim Carray est le dernier monstre comique. Un corps

défiant tous les tabous pour mieux célébrer dans un grand éclat de rire le triomphe de la comédie régressive à Hollywood.

Encore inconnu au début des années 90, pourquoi Jim Carré est-il soudain devenu l'homme le plus drôle du monde ?

À qui s'adressait cette avalanche de caricature ? Et si derrière son idiociie

caricature ? Et si derrière son idiociie se cachait la critique d'une société devenu aussi grossière que lui ?

En janvier 1994, le grand public américain découvre un acteur d'un genre nouveau. Dans Ace Ventura, détective

nouveau. Dans Ace Ventura, détective pour chiens et chats, Jim Carry incarne un personnage exubérant, une grimace sur patte.

Cette façon de se donner en spectacle réduit ses partenaires à un public de one man show comme si tout le monde à Hollywood se posait la même question.

Comment cet homme manipule-t-il son corps comme un morceau de caoutchou ?

[applaudissements] 15 ans avant Ventura, ce n'est pas dans des écoles de théâtre que Jim Car s formé, mais sur des scènes de standup où il limite des célébrités.

[applaudissements] James Dean.

[applaudissements] Poussé par son père qui est son premier admirateur, à l'âge de 15 ans, il débute au Yukyuk de Toronto, le rendez-vous incontournable des jeunes comiques canadiens.

D'année en année, il peaufine son sketch jusqu'à devenir un phénomène local.

Dangerous to mental health. Boycot the

Jim Carry Show. Boycot the Jim Carry Show. Boycot the Jim Carry Show.

Show. Boycot the Jim Carry Show.

Were you just born with this plastic face? I guess always hamming it up, you

face? I guess always hamming it up, you know, just just sort of came natural. I

don't I didn't know until like a year ago that was different than everybody else. That that my face was so weird. I

else. That that my face was so weird. I

uh realize that that's what what is what my special thing is, I guess, is that I'm weird.

[rires] [rires] You get the feeling that maybe at the age of 19 that you're going a little bit quicker than uh you should be. Uh, no. I

don't think so. I think I've been waiting for it for a long time.

Au début des années 80, Jim Carré part tenter sa chance à Hollywood et décroche le premier rôle d'une série humoristique The Doc Factory.

Il y joue un dessinateur bercé d'illusion qui lui ressemble beaucoup.

Mais l'euphorie est de courte durée.

Dans un registre candide, ce personnage lisse ne met pas en valeur ses talents pour la comédie. La série est déprogrammée après 13 épisodes, freinant brutalement l'ascension du prodige.

[musique] Jim Car connaît alors des années blanches. Il retourne au standup et se

blanches. Il retourne au standup et se contente de second rôle, parfois dans l'ombre des héros de l'époque.

À l'image de cette scène où les yeux noir de Clint Stud semble l'inciter à rester à sa place.

Dans les années 80, c'est la mode du film d'action des muscles de Stallone et de Schwarzeneger.

Rien chez Jim Carré ne permet encore de repérer un futur concurrent. Rien dans

ces imitations ne laisse deviner le prochain poids lourd du cinéma commercial.

10 ans plus tard, pourtant, le comédien juvénil de The Dock Factory a fini par percer dans de grosses comédie familiale.

Mais comme le montre cette naissance qui le compare à une déjection vulgaire, Jim Car n'est pas là pour émerveiller les enfants. Au contraire, il les terrorise.

enfants. Au contraire, il les terrorise.

Tourné coup sur coup, les deux A Ventura font régresser le rire jusqu'au burlesque le plus obsène possible.

Que s'est-il passé entre The Doc Factory et Ace Ventura ? Comment Jim Carré est-il devenu la version trash du canadien aux imitations Gentillette ?

En 1990, avant son explosion au cinéma, Jim Carry avait été recruté pour une émission de sketch baptisée In Living Color.

Le show marque un tournant dans sa carrière. Il se découvre un goût pour

carrière. Il se découvre un goût pour l'outrance et s'invente des personnages de plus en plus caricaturaux. [rires]

Au bout de 4 ans de ce programme radical, Jim Car n'a plus rien du simple imitateur. Il est un virtuose de l'excès

imitateur. Il est un virtuose de l'excès dont chaque nouveau sketch dépasse l'insolence du précédent.

Avec un casting et des équipes de scénaristes afro-américains, Iniving Color fait partie des premiers contenus de la chaîne Fox Entertainment qui se distingue alors des grands networks

dominants par un humour corrosif.

He's just so different. Yeah. Who would

have ever expected it? Our daughter

dating a white guy.

Now, the story that might never have surfaced if someone hadn't picked up his home video camera. We've all seen the pictures of Los Angeles police officers beating a man they had just pulled over.

Here's ABC's Gary Shepard.

The three police officers facing felony criminal charges were a group of 15yeold in color est contemporaine de l'affaire rodne King et des émeutes provoqués par

l'acquitement des policiers l'ayant passé à tabac.

Les images font le tour du monde médiatisant le malaise social et racial dont continue de pâtir la société américaine.

Pour Invin Color et ses créateurs les frères Wans, cette actualité est une auè à l'image du sketch des Home Boys, l'émission s'amuse à pousser les clichés

télévisels jusqu'à l'absurde, répondant par du rire à l'indignation générale relayée par les médias.

[musique] Seul blanc parmi les noirs, Jim Car fait trait d'union entre les deux communautés.

the only one who's not.

Ladies and gentlemen, please welcome Mr. Jim Carry.

Boy, those riots were really something, weren't they? I've never seen anything

weren't they? I've never seen anything quite like it.

Of course, I was perfectly safe because I'm on a living color.

I just put a big sign on my back. Black

toujours borderline, souvent censuré, Inliing Color dresse la satire d'une Amérique violente, raciste, encore et toujours compartimentée.

En 4 ans, l'émission aura beaucoup dérangé au point de forcer le showbsiness à renchérir.

En 1993, si Michael Jackson donne un concert historique à la mi-temps du Super Bowl, c'est parce qu'il vient à la rescousse de l'événement sportif le plus regardé d'Amérique. Pas question pour le

regardé d'Amérique. Pas question pour le diffuseur et les annonceurs publicitaires de se faire braquer l'udimat comme l'année précédente.

Jusqu'à l'année 1992, la mi-temps du Super Bowl ne proposait qu'un show de majorette.

[musique] Face à ce spectacle Ringard, l'équipe d'Inol propose alors un contreprogramme.

À la surprise générale, 22 millions de téléspectateurs zappent sur la Fox pendant la mi-temps au profit de l'émission des frères Wyans.

Il n'en fallait pas plus pour que les années suivantes, le Super Bowl s'attache les services de Michael Jackson et d'autres superstars, mais il n'en fallait pas moins pour que l'Amérique prenne au sérieux les

marginaux de Inniving Color.

Ce soir-là, un sketch en particulier attire l'attention, celui du background guy, littéralement le type à l'arrière-plan, spécialement conçu par Jim Car.

beine you know as you know this is ups [rires] en s'invitant sous la peau d'un badeau, l'acteur commente le braquage à l'œuvre ce soirl comme le background guy In

Living Color vole la lumière d'un spectacle auquel il n'était pas invité.

Sans le savoir, le jeune canadien rend ici hommage à une grande figure de l'histoire du cinéma.

[musique] Dans son tout premier film dans le costume du vagabond, en 1914, [musique] Charlie Chaplin jouait lui aussi à s'imposer devant une caméra.

Avec ce marginal peu éloigné de sa propre situation d'immigré, Chaplin comparait le cadre de l'image [musique] à cette société américaine dans laquelle rêve de s'imposer, les laisser pour

compte.

8 décennies plus tard, le background guide de Jim Carré s'inscrit dans cette histoire, celle des indésirables et des marginaux à qui la caméra de télévision

offre une chance de se montrer dans l'espoir qu'un jour un destin glorieux les appelle.

[applaudissements] En 1994, comme le montre cette bande annonce, le marginal ne s'est pas contenté d'entrer dans l'écran.

[rires] En raillant l'héroïsme de la décennie précédente, Jim Car a ringardisé le spectacle de la viriluté.

Depuis la fin de la guerre froide, l'Amérique n'a plus d'ennemis et ce fantasme en leader d'un nouvel ordre mondial stable et pacifique.

[rires] [rires] Faute de cause à défendre dans les années 90, le film d'action et ses héros déclinent au profit de la comédie régressive.

Ja, wave.

Excuse me.

Hold on.

I'm a real boy now.

Dans Dumb Dumber, sorti quelques mois après Ace Ventura, Jim Cary continue son portrait boursoufflé de l'Amérique en incarnant avec Jeff Daniels, l'un des deux plus grands idiots de l'histoire du

cinéma.

[rires] Lancé dans un road trip censé faire de des hommes prospère, le duo épouse les précepts de l'American Dream jusqu'à l'absurde pour en démasquer l'infantilisme.

Lorsque les idiots trouvent une valise de billet par hasard, la fortune n'améliore pas leurs conditions mais élargit le champ de leur stupidité.

There you go.

There you go. Thank you, sir. There you

go.

Le film s'inscrit pleinement dans sa décennie. Celle des années [musique] 90.

décennie. Celle des années [musique] 90.

Prospère, insouciante, réconciliée avec le consumérisme dont l'abondance s'affiche. Partout

s'affiche. Partout sur le marché des produits culturels. Ce

n'est pas un [musique] hasard si Jim Carré et l'esthétique Bling Bling apparaissent au même moment.

[musique] Le Gangstar [musique] rap et Dum et Dumber. font spectacle d'un désir

Dumber. font spectacle d'un désir d'opulence pour mieux le défigurer dans une grimace de bonheur devenue synonyme d'excès.

[rires] My name is Jim Carry now. Oh yeah.

I just at this point was to accessible à la télévision, Jim Carry continue l'étalage de ses millions dans l'esprit moqueur de ces films. Pour l'acteur, la réussite ne suffit pas. Il faut aussi

l'exhiber, en faire un gag, le symbole d'un culte de la démesure qui tourne au ridicule.

L'année 1994 ne serait pas celle de Jim Carré sans The Mask. Une version de docteur Jackill et Mrter Hde relu et corrigée

par Tex Avri.

Le film s'inscrit dans le contexte d'un retour en force du cartoon après le triomphe commercial de qui veut la peau de Roger Rabit en 1988.

À compté de cette date, Disney reprend son rythme d'un film d'animation par an, développe sa chaîne de télévision dédiée et ouvre un parc d'attraction à Paris.

Dans le même temps, la télévision réplique avec de nouvelles chaînes dédiées et des séries. Au cinéma, c'est la grande époque des adaptations et des mélanges cartoon acteur.

À l'image de Robin Williams, Eddie Murphy et Mike Mayers, personne n'échappe à cette imagerie. Depuis

Hollywood déferle alors ce que l'on nomme dans le monde entier un second d'or du cartoon.

So around town is you and the mask. How

make you feel? Um gosh, it's just, you know, it's been years and it's about damn time. I think you know it just

damn time. I think you know it just afforded me the opportunity to do both things which is nutty si Jim Carré est bien l'attraction du

film, il partage néanmoins cette [musique] place avec un autre phénomène les effets spéciaux numériques.

S'il appartient pleinement à la mode du cartoon, The Mask a en plus la bonne idée de mobiliser les images de synthèse et ce sur un corps qui est déjà un effet

spécial à lui seul.

Cette mutation est aussi celle du cinéma qui depuis le début des années 90 accueille les effets spéciaux numériques.

Ses prouesses visuelles et son succès international ont fait de The Mask une apothéose du cartoon à Hollywood.

Mais le film ne se résume pas qu'à cela.

C'est aussi la découverte d'un thème qui fera de Jim Caré un commentateur de son époque.

The mask est l'histoire d'un homme moyen, soudain désinhibé par un masque magique.

Le fantastique n'est alors qu'un prétexte pour parler du masque social.

Ce vernis de civilité s'ensit renvoyer aux autres une image acceptable.

uh it's like well for instance this isn't even my face.

This is uh this is a thing. It's just a person it's a little trick, a little acting trick. It's it's what I use to

acting trick. It's it's what I use to put me over. Uhuh. You know,

that's my real.

What a relief, [rires] man.

I get sock [rires] voici à quoi le destinait aussi ses grimaces. Fendre ce visage poli dans un

grimaces. Fendre ce visage poli dans un grand éclat de rire et pointer l'importance démesurée des conventions sociales.

Dans Menteur Menteur, il joue un avocat dont la brillante carrière doit tout à l'art du mensonge.

Mais lorsqu'un sortilège l'empêche de mentir pendant 24 heures, soudain, l'homme en réussite dévoile son vrai visage.

Privé de son éloquence qui lui servait de façade, l'avocat se dégonfle comme un ballon de baudruche.

Sur fond de tribunal, Jim Carré fait ici le procès de cette Amérique en col blanc, l'incitant à se reconnaître en lui pour mieux rire de ses petites hypocrisie et de ses faux semblants.

[rires] [rires] You're the biggest brown nose I've ever seen. You got your head so far up, Mr.

seen. You got your head so far up, Mr. Allen's ass. I can't tell where you end.

Allen's ass. I can't tell where you end.

And he begins.

Jefferson.

Un an après menteur menteur, l'affaire Monica Lewinsky et la veu de parjure de Bill Clinton font écho aux comédies de Jim Car.

Indeed, I did have a relationship with Miss Lewinsky that was not appropriate.

In fact, it was wrong.

It constituted a critical lapse in judg failure on my pris la main dans le sac comme un petit garçon, le président abîme son image et

celle de la première puissance mondiale.

Au lendemain des aveux, la presse se déchaîne. Layer Ler titre le Daily News

déchaîne. Layer Ler titre le Daily News en référence à menteur menteur.

Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que Bill et Jim se croisent.

[musique] En 1992, dans un sketch Jean Living Color, Jim Carel l'avait déjà caricaturé. Le démocrate fraîchement élu

caricaturé. Le démocrate fraîchement élu était croqué en pecno venu faire la bringue et refiler les gros dossiers à son épouse Hillary tandis qu'il se paye du bon temps. Si le gag fait référence à

une affaire survenue en Arcansas, le sketch n'en reste pas moins prophétique.

Jim Carré sera bien le visage des années Clinton.

[musique] [musique] Excuse me, 3 ans après menteur menteur, Jim Car incarne Charlie dans Foodiren. Un

policier trop gentil voyant une seconde personnalité agressive. prendre le

personnalité agressive. prendre le contrôle de son corps.

[musique] [musique] À nouveau, carré perd la face. Cette

fois-ci dans le costume d'un gardien de la paix.

Le film des frères Farelli est un immense défouloir.

En écho à la duplicité de Bill Clinton, le policier transgresse tout ce qu'il devrait protéger.

Mais Firen est aussi et surtout un florilège pour Jim Carré. Le film lui offre la performance la plus déente de sa carrière. Une bagarre entre deux

sa carrière. Une bagarre entre deux personnalités dans un seul et même corps.

Voici à quel exploit de cinéma se destinait l'acteur au mil visages.

Offrir une dernière grande scène à l'histoire du burlesque.

Un barou d'honneur schizophrène.

Chez Jim Car, la folie schizophrène n'est pas que du cinéma.

[rires] Yes !

Il n'y a qu'à le voir passer des rire larmes en interview ou faire le show en tournage pour voir que la présence d'une caméra suffit à le démarrer.

Jim Carré est une machine comique que rien ni personne ne peut éteindre.

Car derrière la caméra du film, il y a toujours celle du making off. Toujours

un nouveau public à divertir.

Derrière le masque, toujours [rires] un autre masque.

[musique] I [musique] don't anybody.

Dire que Jim Car est un bon client serait un euphémisme. Personne ne

contrôle son image mieux que lui.

Dans les médias, il est d'une aisance hors du commun, même parmi les stars rompus à l'exercice.

qu'une question piège ne le déstabilise.

No, please. You want to move on again? I

think so. [rires]

Could we? Every time you want to move on, just make that face. I'll just do this. I'll wipe. [rires]

this. I'll wipe. [rires]

How? You know what? You're here. God,

it's hot. What's you hot? See, the

camera guys are hot. You're the only one that's not sweating. You're a mutant.

[rires] Né au début des années 60, Jim Carry fait partie de la première génération n'ayant jamais vécu sans téléviseur. Il

sait qu'au fil des décennies, la télévision n'a cessé d'étendre son influence jusqu'à s'inviter dans toutes les pièces de la maison et même dans les comportements.

De 1996 à 99, Jim Carré use de son pouvoir à Hollywood pour tourner trois films qui forment une trilogie sur la télévision. Trois films [musique] aussi

télévision. Trois films [musique] aussi qui remontent chaque fois à l'enfance de leur personnage. Comme si parler de

leur personnage. Comme si parler de télévision pour Jim Carré revenait toujours à évoquer son enfance.

Dans le rôle d'un installateur du câble abreuvé d'émission populaire, il raconte dans disjoncté l'histoire d'un enfant de la télé. On y voit son personnage

la télé. On y voit son personnage grandir devant l'écran qui est alors comme une nourrice pour lui.

Cette jeunesse, c'est aussi celle de Jim Carré.

Sa mère souffrait d'épisodes dépressifs et passait son temps devant des émissions américaines.

La vie des carrés est une histoire banale de la classe populaire.

À un détail prê, ce cadet survolté. À 10

ans, Jim adresse son CV à la production du Carole Burnet Show qui lui répond de poursuivre ses efforts.

Entrer dans la télé, divertir [musique] sa maman, la faire sourire, voici le compte de fait moderne auquel rêve le petit canadien.

Vivre dans la télé, être regardé par des millions de personnes sans le [musique] savoir, c'est le scénario du Truman Show. Un cauchemar qui serait la dérive

Show. Un cauchemar qui serait la dérive de ce rêve d'entrer dans l'écran jusqu'à ce que la télé nous regarde naître, [musique] exploite nos vies et qu'elle devienne une prison d'image à fuir coûte

que coûte.

L'enfance [musique] à nouveau, la télévision toujours.

Manon commence dans la chambre d'un petit garçon qui s'imagine à la télé.

Mr. Bear. Andy

son, this has got to stop. Our house is not a television station. There's not a camera

television station. There's not a camera in that wall. No more playing alone. You

want to perform, you have got to have an audience. They're right there. That is

audience. They're right there. That is

not an audience. That is plaster. An

audience is made of people.

Man on the Moon raconte l'histoire vraie d'Andy Koffman.

Un comique dont l'obsession pour la télévision s'était retourné en haine.

Son art consistait à décevoir les attentes du spectacle pour le détruire de l'intérieur à l'image de ce sketch où il provoqua une bagarre.

Avec sa trilogie sur la télé, Jim Car dévoile son secret. Son excès est celui d'un corps tombé dans la marmite des images. À l'inverse d'Andy Hoffman, le

images. À l'inverse d'Andy Hoffman, le Canadien n'explose pas la télévision en décevant ses attentes mais en les satisfaisant trop.

[musique] Dans les années 90, si Jim Carré s'est imposé comme le visage de son époque, c'est parce que le showbsiness avait fini par lui ressembler.

lui l'artisan du to muchch devenu maître dans l'art de satisfaire l'Amérique en la gavant de ce qu'elle réclame.

Après les attentats du World Trade Center, les années 2000 esquissent pour l'Amérique un nouvel horizon.

Sous George Bouge Junior, l'air n'est plus à la rigolade mais aux contreoffensives et au Patriot Act.

Et comme si les années 2000 réclamaient de nouveaux modèles, le retour du sérieux au plus haut de l'État s'accompagne d'un autre comeback, celui des superhéros animés d'un regain

de patriotisme.

[musique] Car les effets spéciaux numériques à l'œuvre dans The Mask n'ont pas profité au cartoon et à la satire, mais à l'inverse au retour de la puissance.

À mesure qu'il gagnait en précision photoréaliste, le numérique s'est détourné du rire pour armer les justiciers comme s'il s'agissait de les blinder contre tout types d'attaques possi à commencé par celle des moqueries

et donc des comiques qui justement disparaissent d'Hollywood.

En même temps que le cartoon décline les stars du rire de la décennie précédente comme Robin Williams, Eddie Murphy ou Mike Myers dont les voix sont recyclées par le cinéma en image de synthèse qui

en profitent pour éclipser leur corps.

Dans les années 2010, le cinéma finira d'opérer sa mu. Sous la domination des franchises appartenant à Disney, Hollywood s'est converti au patriotisme cool des Avengers, à l'exotisme

interstellaire de Star Wars et à la loufoquerie inoffensive de Pirates des Caraïbes.

Aujourd'hui, dans les parcs d'attraction [musique] l'univers du cartoon a disparu au profit de ces superhéros exploités par Disney qui sont les nouveaux standards d'une féeréie patriote et sécuritaire.

Frank, you want some fries with that shake? I I have to uh go to sleep now.

shake? I I have to uh go to sleep now.

Frank 8:30.

Jim Carré ne reste pas insensible à ce changement d'humeur. Pour lui, les

changement d'humeur. Pour lui, les années George Bouche sont une longue gueule de bois.

En 2004, dans Eternal Sunshine of the Spotless Mind, il incarne un personnage dépressif et méconnaissable.

Avec Yes Man et le drôle de Noël de Scrooge, c'est le premier d'une série de films se partageant le même personnage triste.

Dans cette scène de cauchemar de Yes Man. Pétrifié dans une grimace, Jim Car

Man. Pétrifié dans une grimace, Jim Car s'adresse ici un avertissement gar à ne pas rester figé dans un style passé de mode car le destin des autres

ton pourrait très bien te rattraper.

Dans le drôle de Noël de Scrooge réalisé en performance capture, un compte peuplé de fantômes prend des allures de jugement dernier.

En prélevant son empreinte, la technologie digitale l'a délesté de son corps devenue obsolète.

Le cinéma numérique n'a plus que des tombeaux à lui offrir.

[musique] Dès la fin des années 90, une autre révolution avait précipité le déclin des enfants de la télé. L'explosion

d'Internet.

Au milieu des années 2000, des plateformes offrent à tout un chacun de créer sa propre chaîne de télévision, au risque de n'avoir rien de plus intéressant à dire que dans cette toute

première vidéo publiée sur YouTube.

That's pretty much all to say.

You know, I I used to really want to be famous and and now everybody's doing it, you know? Yeah. Everybody doing it, man.

you know? Yeah. Everybody doing it, man.

It's YouTube. It's like everywhere everybody and their mother's famous, man. You know, the plumber in the crowd

man. You know, the plumber in the crowd right now who's who's mining a fortune from his butt crack. I'm sure it's going to be it's going to be huge, the butcrack, you know, reality show. Uh

but, you know, sooner or later, truly, everybody in this audience is going to be famous. I I promise it's going to

be famous. I I promise it's going to happen because we as a culture are absolutely fame obsessed. And you know what happens when that happens? I'm

going to quit the business and become the only audience member left. Wow.

Comme l'annonçait [musique] Jim Carré, Internet et les réseaux sociaux ont bouleversé notre rapport aux images.

[musique] Aujourd'hui, le cauchemar du Truman Show est devenu un fantasme.

L'angoisse n'est plus d'être surveillé.

mais au contraire de ne pas être regardé.

[musique] En exhibant son intimité devant sa caméra, le youtubeur est un Truman qui ne voudrait plus quitter son show. L'acteur [musique]

show. L'acteur [musique] s'est peu à peu retiré de l'industrie pour devenir ce dernier spectateur de la folie du monde.

Ayant pris ses distances avec Hollywood, Jim Carré s'est libéré de la neutralité politique imposée aux acteurs.

Aujourd'hui, le Canadien n'hésite plus à rendre ses critiques explicites à l'encontre de son pays d'adoption.

La question se pose et pas que pour de rire comme dans Yesman. On la lui a posé plusieurs fois, notamment à la suite de ce sketch acide qui a fait scandale.

Il y profitait de la mort de Charlton Eston pour railler cette obsession très américaine des armes à feu.

takes a cader takes [musique] dead heart and [musique] [musique] si ces prises de position se font plus clair dans les années 2010 en vérité

depuis Inliing Jim Car n'a jamais quitté le registre de la satire, ni cess de croquer la société blanche sous son profil brutal et discriminateur.

Ace Ventura en Afrique, il alourdissait encore le dossier de cette bêtise blanche, parachutant son arrogance et ses réflexes esclavagistes au beau milieu de l'Afrique noire.

Africa though Jim Carré est l'un des rares comiques blancs redevable [rires] de l'humour communautaire. Il sait que son esprit

communautaire. Il sait que son esprit provocateur lui vient de Inli Living Color et à travers l'émission de ce regard porté par des humoristes noirs comme Richard Pryor, Bill Cosby ou Chris

Rock.

[rires] Et si cet esprit provocateur avait infusé plus loin qu'on ne croit ? Et si

le Grinch, ce blockbuster de Noël d'apparence inoffensive, cachait le dernier grand détournement du cinéma commercial.

Sous les traits d'un paria vivant dans une montagne de poubelle, Caré retrouve ici son personnage de parasite en qui rien n'interdit de reconnaître un pauvre, un noir ou tout autre exclu de

l'Amérique consumériste.

L'œuvre de Jim Car ne serait pas complète sans le Grinch qui érige une féerie bling bling blanche américaine pour mieux la détruire dans un grand feu

de joie.

Dans le secret de son atelier, désormais, Jim Car passe le plus clair de ses journées à peindre.

En retrait d'Hollywood, l'acteur a fait son temps et ne s'en cache pas.

Doren avant, c'est sans masque et dans son propre rôle qu'il se laisse filmer.

Il est redevenu cet enfant retranché dans sa chambre d'évolu à ses créations.

Quand il ne se dissimule derrière aucun personnage, Jim Car laisse ressurgir ce qu'il n'a jamais cessé d'être. Un petit

garçon débordant de créativité dont la vocation prend naissance dès le plus jeune âge.

[musique] [musique] in many ways and so it was to make her feel better and I think [musique] ultimately I imitated my father he was a

very funny guy but also I I felt some need and maybe I don't know whether they created it or I created it but I felt a need [musique] to uh make them feel that

their life was worthwiile that they did something special just by the very fact that they brought me into the world so from very young age I wanted to convince them that I was a miracle and then I

wanted to [musique] convince the world L'histoire de Jim Caré n'était pas celle d'un ton, d'un immense idiot ou de l'homme le plus drôle du monde, mais de tout cela réuni par un même excès qui est celui de l'enfance.

Enfance d'un corps venu rappeler au cinéma ses origines burlesques. Enfance

d'un regard ivre de télévision. Enfance

de ce désir que le spectacle ne s'arrête jamais. et enfance éternelle d'une

jamais. et enfance éternelle d'une Amérique autant capable du pire que de célébrer les meilleurs.

see that life is still worth [rires] if [applaudissements]

[musique] [musique] [musique] [musique] [musique] [musique]

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