La Conférence Buissonnière de Valérie Masson-Delmotte
By ajvof
Summary
Topics Covered
- Le changement climatique dope les événements extremes
- L'injustice climatique est strukturelle
- L'analogie de la baignoire pour comprendre l'inertie climatique
- Le budget carbone épuisé en dix ans
- Les solutions existent et sont disponibles
Full Transcript
bonsoir mesdames et messieurs je suis ravi de vous voir aussi nombreux ce soir à La Saline pour un moment vraiment particulier je souhaite remercier l'association des jardins vergers de loutre-forêt qui
avait divers partenaires nous permettent d'accueillir deux personnalités ce soir d'une part nous avons la chance d'accueillir une journaliste scientifique madame Boursicot
et notre conférencière pour laquelle vous êtes tous venus ce soir Madame Masson Delmotte spécialiste du climat sujet qui nous
intéresse au plus haut point je suis sûr vous avez tous votre petite idée de ce qu'il faudrait faire pour que ça aille mieux et plus vite donc je vais vous laisser entre les mains de nos deux spécialistes et je
vous souhaite une très agréable conférence [Musique] bonsoir merci à tous d'être venu si nombreux donc je me présente je m'appelle Frédéric bourcicaut je suis
journaliste pour le magazine ça m'intéresse pour lequel je fais du journalisme je traite principalement de suggestions donc ça fait une vingtaine d'années que je traite de ces sujets donc j'ai parlé
de l'augmentation des températures bien sûr la fonte des glaciers celle de la banquise de la multiplication des catastrophes de l'effondrement la biodiversité j'ai essayé de transmettre
les alertes des scientifiques et notamment celle du GIEC donc je le dis une fois comme ça c'est fait le groupement d'experts intergouvernementaux sur l'évolution du climat et je vous cache pas que pendant
20 ans ces sujets ont pas vraiment intéressé beaucoup de gens c'est un petit peu compliqué ça intéressait pas les rédactions ça intéressait pas les chaînes de télé qui trouvaient que les
sujets c'était trop angoissants c'était trop trop technique trop complexe et puis depuis quelques temps quand même le dérèglement climatique est plus vraiment une fiction on n'est plus une
idée je pense que la réalité là il y a des incendies il y a des sécheresses la chaleur commence à se ressentir c'est je pense qu'il y a 10 ans un été comme
celui de 2022 aurait paru vraiment très très exceptionnel donc il y a une vraie prise de conscience de la part des citoyens et notamment de la part des jeunes notamment cet après-midi nous
sommes allés avec Madame Masson Delmotte au lycée Stanislas vise comment ça se prononce Wissembourg non mais je suis désolé je suis pas d'ici
et donc on a parlé de du bilan qui qu'on pouvait faire aujourd'hui on a parlé aussi des solutions qui pouvaient être déployées et on a remarqué chez les élèves une
réelle connaissance des sujets réel compréhension des sujets donc ça nous a donné beaucoup d'espoir enfin c'est pas pour vous mais en tout cas moi ça m'a donné beaucoup d'espoir car évidemment c'est la nouvelle génération qui va
devoir embrasser un petit peu ces sujets avec notre aide si possible et là je vois que vous êtes très nombreux ce soir aussi donc ça nous donne encore plus d'espoir on va avoir peut-être moyen de faire bouger les
choses donc dans quelques minutes je vais donner la parole à Madame Valérie Masson Delmotte qui est donc physicienne elle travaille aller chercheuse directrice de recherche au CEA donc
c'est le à chaque fois le commissariat je dis toujours le centre le commissariat l'énergie atomique et aux énergies alternatives et elle est également membre du Haut Conseil au climat et
qu'au président du groupe numéro 1 du GIEC le groupe numéro 1 c'est le groupe qui travaille sur la physique du climat elle vous a préparé une petite présentation en trois parties donc la
première partie on va faire un petit peu un bilan savoir où on en est ensuite les futurs possibles qu'est-ce que ça va donner demain et comment on peut accélérer l'action donc entre chacune de
ces parties on fera une petite session de questions donc vous pourrez me faire coucou et je viendrai vous apporter le micro et il faut lancer ah ben le nouveau
PowerPoint et c'est fait [Applaudissements] donc merci beaucoup de d'être si
nombreux merci de l'accueil chaleureux que j'ai reçu ici alors on va expliquer en début d'après-midi c'était les échos délégués niveau débutant lycée après il
y a eu les élus niveau expert donc là c'est le niveau approfondissement on est d'accord donc cette présentation je l'ai construite à partir de l'état des connaissances scientifiques qui a été
préparé par un large groupe de scientifiques dans le monde à travers les récents rapports du GIEC on va voir que ça si ça fonctionne normalement j'appuie là ça passe donc ça n'est pas
le cas il faut que j'allume j'y suis voilà donc depuis 2015 j'ai été élu par les représentants de tous les pays avec
33 autres collègues pour faire le point sur l'état des connaissances et superviser un ensemble de rapports scientifiques donc on a rendu des rapports en 2018 2019 sur un degré et
demi de réchauffement planétaire une invitation de la cop21 vous savez au moment de la rédaction de l'accord de Paris sur le climat et à l'époque on disait déjà chaque incrément de
réchauffement supplémentaire compte et une unité le réchauffement à un niveau aussi proche de l'actuelle de l'actuel sera un défi sans précédent fin quand après le défi est encore plus grand on a
travaillé sur l'océan les glaces la montée du niveau de la mer dans un climat qui change avec les enjeux de résilience de vie avec les conséquences à long terme d'un climat qui affecte les
glaciers l'océan profond les régions polaires on a travaillé sur le changement climatique l'utilisation des terres et les enjeux de sécurité alimentaire comment dans ce secteur donc
aussi dans les activités agricoles dans les territoires on peut apporter des solutions pour s'adapter à un climat qui change et pour stocker aussi davantage
de carbone dans les terres et puis en 2021 2022 donc le point sur le fonctionnement du climat les changements actuels dans le contexte du long terme
la compréhension des causes les futurs possibles et l'information climatique à l'échelle régionale on appuie en fait à l'évaluation des risques en appui aux
stratégies d'adaptation le volume d'eau il porte sur les impacts les risques et les leviers d'action en termes d'adaptation et le troisième volume donc toujours en 2022 comment permettre à
chacune et chacun de vivre décemment tout en réduisant massivement les émissions de gaz à effet de serre donc encore une fois un focus qui est mis sur
les solutions qui existent et les l'état des connaissances donc à chaque fois ce sont des rapports rédigés par au total plus d'un millier de scientifiques dans le monde des milliers de contributeurs
qui examinent les éléments probants ont tout de 85 000 publications scientifiques chaque rapport est relu à plusieurs reprises par la communauté scientifique ce qui permet de faire une
évaluation plus complète plus rigoureuse c'est aussi relu par les experts nommés par les gouvernements qui au départ ont exprimé leurs besoins de connaissances et de ces rapports donc là c'est
typiquement 5-600 pages chacun là c'est plutôt de l'ordre 2000 3000 pages chacun on distille en fait un résumé dit à l'intention des décideurs d'une trentaine de pages qui a prouvé mot par
mot phrase par phrase par les représentants de tous les pays et là on vient de mettre le bouquet final de ce cycle d'évaluation donc une synthèse un rapport détaillé de 100 pages un rapport
donc un résumé d'une quarantaine de pages ça a été rendu public le 20 mars dernier à l'issue d'une session marathon pendant 133 heures en Suisse où chaque
mot chaque phrase a été scrutée pour s'assurer de la rigueur bien sûr de cette information scientifique et pour ce rapport qui constitue un socle scientifique reconnu par tous les pays du monde qui ont bien sûr des intérêts
divergents géopolitique des risques différents des capacités d'action différents mais ce socle scientifique commun il est là et il permettra aussi de faire le point
notamment sur le premier inventaire de l'accord de Paris sur le climat qui est prévu l'automne prochain dans la prochaine réunion internationale de la Convention des Nations Unies sur le
changement climatique alors moi je résume ce rapport en trois points gravité et on va le voir l'état de la situation aujourd'hui urgence à agir par rapport à un certain
nombre de risques majeurs si on ne parvient pas à changer d'échelle dans l'action et enfin détermination à agir avec les leviers d'action efficaces
faisable disponible aujourd'hui alors le président du GIEC lui il a utilisé le terme d'espoir mais moi je préfère le terme détermination alors donc première partie où est-ce que
nous en sommes aujourd'hui et bien sûr la manière dont nous interférons avec le fonctionnement du climat c'est en modifiant la composition de l'atmosphère et en injectant des gaz à effet de serre
mais c'est aussi par rapport à la manière dont nous sommes concernés nos vulnérabilités nos expositions au risque climatiques et l'action qui est mise en place pour limiter ses risques et nous y
adapter et partout dans le monde on est devant une action pour le climat qui monte en puissance une baisse régulière des émissions de gaz à effet de serre même en tenant compte des importations
dans plus de 18 pays comme en France des politiques publiques qui ont permis d'éviter d'émettre plusieurs milliards de tonnes de CO2 équivalents chaque année dans le monde des progrès
technologiques notamment pour les énergies renouvelables ou les batteries avec une baisse des coûts une augmentation des capacités à installer donc qui permettent de décarboner la production d'électricité de décarboner
les mobilités des options qui sont abordables avec une forte acceptabilité l'efficacité énergétique la maîtrise de la demande en France on parle de sobriété la réduction
du gaspillage alimentaire des travaux faits dans les villes par exemple pour améliorer le confort d'été on les verdissant un ralentissement dans le monde de la déforestation nette plus
de la moitié des émissions de gaz à effet de serre dans le périmètre de politique publique des progrès pour planifier l'adaptation la mettre en oeuvre mais des réponses qui sont souvent fragmentées ce que nous on
appelle incrémentiel c'est à dire quand on est touché par un événement on se prépare pour le même événement s'il survient à nouveau mais pas pour les événements qui vont s'intensifier dans un climat qui va continuer à changer et
un décalage croissant entre l'adaptation qui est mise en place et les besoins avec aussi des maladaptations c'est à dire des choses qu'on met en place mais qui ont des effets indésirables par exemple pour les écosystèmes ou qui
peuvent être socialement injustes aujourd'hui ou dans le temps long ou qui verrouille des pratiques et en fait qui bloquent des transformations plus profondes des flux financiers qui montent mais qui sont insuffisants
plutôt orientés vers la baisse des émissions de gaz à effet de serre que vers l'adaptation et qui ne donne pas accès au levier d'action notamment à ceux qui sont les plus fragiles
donc une action qui monte en puissance mais le rythme et l'ampleur des actions mises en oeuvre mais aussi des engagements actuels des différents gouvernements du monde sont aujourd'hui insuffisants pour limiter les risques
liés au changement climatique alors premier volet donc les activités humaines émettent des gaz à effet de serre si l'on regarde depuis la révolution
industrielle ici à partir de 1850 ce sont les émissions de gaz à effet de serre dans le monde en milliards de tonnes d'équivalent CO2 par an donc vous voyez la montée en puissance des
émissions de gaz à effet de serre liées au charbon au pétrole au gaz la production de ciment donc le premier facteur c'est lié aux énergies fossiles
avec un ralentissement du rythme d'augmentation sur la dernière décennie on a également donc une stabilisation en fait des émissions de CO2 du fait des
changements d'utilisation des terres notamment la déforestation la destruction de tourbières dans le monde mais qui se poursuit dans certaines régions et puis on a également donc des
émissions d'autres gaz à effet de serre notamment issus aux activités des activités agricoles Occident qui pour certains continuent à augmenter
donc cette augmentation qui se poursuit malgré l'action qui a été mise en place dans le monde c'est aussi la conséquence de tendance non soutenable l'utilisation
d'énergie fossile l'utilisation des terres des modes de consommation de production des styles de vie en fait qui ne sont pas soutenables sinon regarde ces émissions de gaz à
effet de serre dans le monde elles sont marquées par une distribution très inégale alors là en fait on va regarder le cumul des émissions de CO2 par région du monde depuis la révolution
industrielle jusqu'à aujourd'hui pourquoi est-ce que c'est important c'est parce qu'en fait c'est de cette manière là que nos émissions de CO2 agissent sur le climat c'est le cumul
des émissions passées présentes et futures de CO2 avec cet effet cumulatif qui seront le facteur dominant du réchauffement à venir
donc dans le monde les régions du monde qui ont le plus contribué historiquement c'est l'Amérique du Nord l'Europe l'Asie de l'Est notamment avec des émissions fortement à la hausse du côté de la
Chine et vous voyez des contributions qui restent très limitées de nombreuses régions du monde historiquement en Afrique ou en Asie du Sud par exemple ensuite on peut aussi regarder dans les
différentes régions du monde la taille de la population et les émissions par personne par personne il y a des régions du monde avec des émissions de gaz à effet de serre qui sont de l'ordre de 20
tonnes par personne et par an notamment en Amérique du Nord mais aussi dans certains pays du Proche-Orient voir davantage donc on a si on regarde du côté de l'Europe on est à des émissions
par personne de CO2 seul et de CO2 équivalent pardon qui sont autour d'une dizaine de tonnes équivalent par personne et par an c'est au-dessus de la moyenne planétaire et on a des régions
du monde où les émissions par personne de gaz à effet de serre reste très faible notamment du côté de l'Afrique ou de l'Asie du Sud donc on a une distribution inégale donc des
responsabilités inégales des capacités à agir inégales entre les pays au cours du temps mais aussi à l'intérieur de chaque pays et dans le monde 10% des ménages à
l'empreinte carbone la plus élevée représente environ 40% des émissions mondiales de gaz à effet de serre deux tiers de ces personnes sont dans les pays développés donc c'est là bien sûr qu'il y a une capacité à agir pour
réduire ses émissions bien plus grandes et la moitié des personnes dans le monde souvent qui vivent dans des contextes hautement vulnérables avec un manque d'accès à des services de base pour
l'énergie pour l'éducation la santé ou l'eau ne représente qu'environ 15% des émissions de gaz à effet de serre et nos rapports montrent clairement que donner accès à une énergie moderne et propre
dans les régions du monde où elle manque n'aurait quasiment pas d'effets sur les émissions mondiales de gaz à effet de serre l'enjeu c'est bien sûr de les réduire là on a les capacités à agir là
où on a aussi les émissions par personne les plus élevées donc nos rejets continuent à augmenter la concentration des gaz à effet de serre continue à augmenter dans l'atmosphère donc ici
elle est montrée depuis 1850 jusqu'à aujourd'hui pour le dioxyde de carbone le méthane l'oxyde nitreux les niveaux actuels sont une rupture complète par rapport aux enregistrements issus des glaces de
l'Antarctique dont on dispose aujourd'hui sur 800 000 ans et je veux rendre hommage à un grand scientifique français dont on a appris le décès la semaine dernière Claude Lorius qui a été
un des pionniers de cette science des carottes de glace et qui a pris parmi les premiers la mesure de l'ampleur de la perturbation que l'on faisait en comparant cette augmentation récente aux
variations glaciaires interglaciaires de la composition atmosphérique sur 100000 ans puis 400000 ans et maintenant on a 800000 ans d'enregistrement et en fait en regardant cette fois pas seulement dans les glaces mais les sédiments
marins on se rend compte que pour le niveau de CO2 dans l'atmosphère pour trouver un moment à l'échelle géologique où il y en avait autant il faut remonter quasiment 3 millions d'années en arrière
donc c'est surtout la vitesse de l'injection dans l'atmosphère qui est spectaculaire alors la taille de ces différents graphes est calé pour montrer le poids de chacun de ces gaz à effet de
serre dans le réchauffement actuel donc premier facteur dioxyde de carbone dont une partie de nos émissions chaque année et repris par l'océan qui s'acidifie et
une partie est repris par la végétation et les sols donc là c'est la réponse naturelle des puits de carbone qui nous aident en fait qui amortit l'effet de nos émissions sur la composition
atmosphérique mais c'est plus de carbone sont aussi sensibles au climat et en cas de fort réchauffement leur efficacité va diminuer donc si l'on regarde le réchauffement
observé à la surface de la Terre donc toujours par rapport à la période ici 1850 1900 comprend comme référence donc on a ce réchauffement qui est observé
qui se poursuit depuis les années 70 au rythme de 0,2 0,3 degrés de plus par 10 ans et qui attend sur la période la plus récente on a réactualisé notre
estimation 1,15° sur la dernière décennie qui s'arrête en 2022 donc ce réchauffement observé c'est une rupture sur les
derniers 2001 on a des reconstitutions précises de la variabilité naturelle passée du climat et on est même en train de sortir de la plage de la période la
plus douce de la période depuis la fin de la dernière glaciation il y a environ 6000 ans donc ce réchauffement qui est observé quels sont les facteurs qui le
déterminent pour le faire on a deux méthodes qui convergent une première méthode qui consiste à comprendre comment différents facteurs affectent le bilan d'énergie de la Terre et puis la
réponse du climat et une deuxième méthode qu'utilise une représentation numérique du climat de la Terre ce qu'on appelle des modèles de climat où on va rejouer l'histoire du climat depuis la
période préindustrielle en ne tenant compte que des facteurs naturels en ne tenant compte que de l'influence humaine des deux ce qui permet dans un système complexe qui réagit aux perturbations
par des mécanismes amplificateurs et stabilisateurs de comprendre les causes et les conséquences et le constat il est très net si l'on tient compte de la variabilité spontanée du climat les
échanges entre l'océan et l'atmosphère bien sûr ça va jouer d'une année à l'autre même sur plusieurs décennies à l'échelle régionale mais ça n'explique en rien l'accumulation de chaleur dans
le système climatique pas uniquement le réchauffement de l'air mais aussi de l'océan les changements des zones enneigées en glacées les modifications de du vivant de la biosphère si on
examine le rôle des petites variations de l'activité du soleil et puis de temps en temps l'effet parasol des particules émises par les grosses éruptions volcaniques bien sûr ça va moduler cette
tendance au réchauffement mais ça n'explique en rien l'accumulation de chaleur quand on tient compte des différents facteurs par lesquels nos activités affectent le climat le rejet
de gaz à effet de serre qui va empêcher une partie de la chaleur de la terre de partir vers l'espace mais aussi les particules de pollution qui ont un effet pour faire simple parasol les modifications de la manière dont on
utilise les terres notre meilleur estimation c'est que l'effet de l'influence humaine sur le réchauffement sur la dernière décennie est égale au réchauffement observé et j'entends
souvent des personnes me dire oui je comprends que l'influence humaine joue peut-être elle joue à hauteur de 20% peut-être à hauteur de la moitié de ce qui observait non en fait les éléments scientifiques ils sont très clairs il
n'y a aucun facteur naturel qui puisse expliquer l'accumulation de chaleur et ce résultat la compréhension du rôle de l'influence humaine sur le climat elle a
émergé depuis les années 1970 elle s'est affinée au cours du temps et la value aux scientifiques qui ont construit ces méthodes et les premiers modèles de climat le prix Nobel de physique en 2021
enfin on comprend aussi de mieux en mieux la manière dont l'influence humaine sur le climat ce ne sont pas que des tendances graduelles à grande échelle mais cela dope un certain nombre
d'événements extrêmes donc ça c'est une représentation simplifiée du monde nous on est ici en Europe de l'Ouest là c'est le tour de la Méditerranée un hexagone une grande région les Caraïbes ici donc
chaque hexagone qui apparaît en rouge c'est là où on observe une intensification des extrêmes chauds notamment les vagues de chaleur et plus il y a de petits pointillés plus notre
degré de confiance est élevé sur le fait que c'est l'influence humaine sur le climat qui rend plus probable donc plus fréquents et plus intense ces extrêmes
chauds donc c'est généralisé 45 degrés dans le sud de la France en juin 2019 plus de 40 degrés à Londres l'été dernier 45 degrés au nord du Canada des événements de ce type là auraient une
probabilité infime de se produire dans un climat pré-industriel non perturbé par nos activités donc on a également une baisse des extrêmes froids en contrepartie on a une
augmentation des plus extrêmes parce que par degré en plus l'atmosphère elle peut contenir 7% de vapeur d'eau en plus si on regarde le sud de la France c'est 20%
de plus sur les records de pluie vous avez les épisodes seven à l'automne qui sont observés depuis les années 1960 donc un nouveau type en fait d'événements de pluie intense et
ruissellement rapides qui amplifiée par l'urbanisation l'imperméabilisation des sols l'urbanisation aussi dans les centres villes vous savez par les effets d'îlot de chaleur elle exacerbe les
extrêmes chauds notamment la nuit et puis un climat plus chaud c'est aussi un climat ou l'atmosphère entraîne plus d'évaporation elle vide plus rapidement les sols de leur humidité et donc ça
augmente aussi la fréquence et l'intensité des sécheresses agricoles donc qui concerne l'humidité des sols avec certaines régions qui ressortent nettement du côté de la Californie
beaucoup de régions en Afrique le tour de la Méditerranée mais aussi l'Europe de l'Ouest qui est une des régions affectées plus le climat se réchauffe plus on a des événements chauds secs venteux
propices aux incendies c'est pas ça qui déclenche l'incendie mais ça rend en cas de déclenchement par inadvertance criminel ou foudre ça rend en fait une intensité plus forte une saison plus
longue ou des nouvelles régions concernées par le risque d'incendie de forêt donc là ce que je vous décrivais c'est dans un climat qui change on a des facteurs climatiques des tendances des
événements des extrêmes qui changent dont on sait qu'ils ont des impacts donc dans ce cas là on les appelle des aléas ça va interagir avec les vulnérabilités
avec l'exposition avec nos réponses pour affecter les impacts qui sont observés et quand on regarde les vulnérabilités ce graphique qui montre la question
vraiment importante de justice lié aux questions climat pourquoi donc un rond c'est un pays du monde pour chaque pays du monde on regarde les émissions de CO2
par personne en 2019 dans ce pays donc là c'est le Qatar par exemple là c'est beaucoup de pays développés payés européens et vous voyez que dans de très nombreuses régions du monde on a des émissions de gaz à effet de serre par
personne très faible en ce que j'expliquais tout à l'heure et l'axe vertical c'est un indice de vulnérabilité aux aléases naturelles par personne par pays donc voyez qu'en fait
on a quasiment la moitié de la population mondiale qui vit dans des contextes de vulnérabilité très haute donc des personnes souvent qui ont des moyens de subsistance petites exploitations agricoles
familiales communautés de pêcheurs très sensible en fait par rapport aux conséquences d'un climat qui se réchauffe avec déjà la moitié de la population mondiale notamment dans une région semi-harides qui fait face
plusieurs mois par an à des situations de graves pénurie d'eau donc les aléas qui changent interagissent avec ces vulnérabilités pour les personnes mais
aussi pour les écosystèmes et entraîne une généralisation d'un pacte grave et de perte et de dommages attribués au changement climatique donc une accentuation de situation de pénurie
d'eau dans de nombreuses régions des effets négatifs sur les rendements de culture notamment de céréales des effets sur la santé la productivité des animaux d'élevage par exemple la production de
lait est contrainte quand on a des températures élevées par la réponse en fait physiologique des vaches on a également des effets négatifs sur le rendement de l'aquaculture de pêcherie
notamment dans les régions tropicales on a en fait lors de la chaleur extrême des effets directs sur la santé morbidité mortalité liée à la chaleur beaucoup de personnes notamment avec une
augmentation des inondations nourries par des pluies plus intenses sont forcés de se déplacer et cela affecte leur santé mentale ces conditions d'inondation peuvent aussi être
favorables à des situations de maladies infectieuses provoquent des dommages pour les infrastructures on observe aussi une augmentation de la proportion des cyclones tropicaux les plus intenses
et après ce type d'événements donc une intensité très forte des vents des pluies très intenses les dommages sont tels pour les infrastructures que ils affectent le développement économique
plusieurs années par la suite et enfin les changements sont généralisés pour les écosystèmes et la biodiversité la moitié des espèces étudiées se déplacent on a des changements dans la phénologie
vous le savez la végétation qui démarre plutôt qui est davantage exposée par exemple au gel tardif on a également le changement des aires de répartition de
ces écosystèmes de leur structure des mortalités de masse les coraux tropicaux les gorgones en Méditerranée avec les vagues de chaleur marine mais aussi des mortalités d'arbres avec des conditions
chaudes et sèches qui en fait entravent le fonctionnement hydrologique des arbres et parfois conduisent aussi à des dépérissements de forêt et donc ça ça affecte bien sûr les sociétés qui
dépendent de ces écosystèmes c'est un point qui ressort très clairement dans les récents rapports du GIEC la manière dont on dépend nous de la santé des écosystèmes de leur fonction et de leur
service donc ces impacts sont dus au changement de multiples caractéristiques physiques des extrêmes chauds l'acidification de surface de l'océan la montée du niveau des mers qui a un résultat du réchauffement de l'océan de
la fonte des glaces continentales et qui a accéléré le recul généralisé des glaciers qui affecte les risques locaux et les ressources en eau les inondations aussi composites quand la mer a monté la
même tempête elle va donner lieu à un niveau marin extrême et des pluies intenses à terre donc des inondations composites qui sont compliquées à gérer pour les villes du littoral et puis les
autres aspects dont j'ai parlé tout à l'heure et la chose importante c'est que ces caractéristiques qui sont observées attribuées à l'influence humaine sur le climat elle s'intensifie en fait pour chaque incrément de réchauffement de
plus et donc elles vont affecter aussi bien sûr les risques d'impact qui sont déjà là et donc sur cette partie du constat de la situation actuelle je
termine avec cette représentation qui vous montre le réchauffement observé donc c'est une année une barre donc sur les 1,1 degré 1,15 degrés observé jusqu'à aujourd'hui et ensuite là c'est
une représentation des futurs possibles en regardant cinq scénarios des missions de gaz à effet de serre dans le monde très contrasté pour l'avenir
des scénarios d'émissions élevés ou très élevés donc recours massif aux énergies fossiles notamment au charbon la bonne nouvelle c'est que ces scénarios de très
fortes émissions sont aujourd'hui moins plausibles moins plausible du fait des politiques publiques qui sont en place moins plausibles aussi parce que la production par exemple d'électricité
renouvelable devient compétitif compétitif compétitive par rapport à la production d'électricité à partir de fossiles donc on peut pas les exclure mais ils sont moins plausibles le
scénario intermédiaire il ressemble aux politiques publiques qui sont actuellement mises en place dans le monde si on les prolonge s'il y a pas un rehaussement de l'ambition à agir partout dans le monde et dans ce cas là
le niveau de réchauffement planétaire atteindrait et dépasserait 1,5 degrés dans le début des années 2030 dépasserait environ 2 degrés autour des
années 2050 et serait autour de 3 degrés en fin de siècles ça c'est notre meilleur estimation alors juste pour fixer les idées deux
degrés en 2050 au niveau planétaire ça veut dire 3 degrés de plus en France le réchauffement est amplifié en France par rapport à la moyenne planétaire ça veut dire que l'année 2022 qui est l'année la
plus chaude d'enregistrée à ce jour ce serait autour de 2050 2060 l'année moyenne donc je vous laisse imaginer les records de la période 2050 2060 pour
essayer de montrer en fait comment traduire localement ce que veut dire un certain niveau de réchauffement planétaire et enfin si on a des émissions de gaz à effet de serre qui baisse ou qui baisse
très fortement dans le monde dans ce cas là sur une vingtaine d'années on peut voir un effet discernable et une stabilisation du rythme de réchauffement avec des bénéfices d'ailleurs plus
rapides sur la composition atmosphérique et la qualité de l'air et donc on a représenté différentes générations par rapport à cette évolution observée et
future du climat donc les conditions à venir ça va être les conditions dans lesquelles les générations adultes aujourd'hui vont vieillir et ça va être les conditions tout au long de la vie
des plus jeunes des générations actuelles et cette représentation à l'échelle humaine elle donne tout le sens à la responsabilité que l'on a nous
maintenant et la capacité à agir pour assurer en fait un monde vivable en limitant les risques climatiques pour les plus jeunes et l'un d'entre vous m'a fait part de la naissance d'un petit
Gaston ce matin je pense que c'est important de penser à tous les enfants qui naissent aujourd'hui et de ce que cela nous motive à faire pour justement leur
construire un monde vivable dans les décennies qui viennent donc je vous propose de faire voilà un temps d'échange sur cette situation actuelle avant de voyager davantage dans
les futurs possibles merci beaucoup pour ce constat frappant quand même je sais pas ce que ça donne quand on est scientifique et qu'on passe sa journée dans le dans les dans les chiffres
2050 [Musique] j'espère qu'il fait beau est-ce que déjà il y a des questions sur cette thématique sur la thématique du constat
alors c'est peut-être la partie sur laquelle on est tous le plus à l'aise oui j'arrive merci
je me présente je sais pas je dois ou ok bonjour Christophe Griveaux en fait je travaille pas très loin au kit Carros je suis j'appartiens à la Commission européenne
au directorat nucléaire c'est autre chose mais bon on est un petit peu aussi en corrélation avec ça pour d'autres pour d'autres choses j'avais vu une question sur le climat et
sur l'aspect anthropocène et typiquement l'histoire du méthane contribution méthane depuis 10 ans on va dire est-ce que parce que ça sort des
théories qui sont ressorties récemment sur le fait que le couplage par exemple donc de l'activité humaine depuis cinq à six millions depuis l'invention de l'agriculture donc il pourrait renforcer
justement l'idée qu'effectivement c'est bien un forçage entre de l'activité humaine donc par exemple maximum médiéval et le corrélé on va
dire au progrès de des populations surtout en Europe et en moyenne je prends en Amérique pardon en Asie et la partie aussi la petite période glaciaire après la grande peste est-ce que sont
des théories qui sont utilisées un petit peu pour corréler les modèles à plus longues périodes sur on va dire 3 4000 ans ou pas et la deuxième ça sera peut-être après ça sera sur limite du
groupe mais bon la limite alta la croissance et la corrélation avec la pollution et le climat les boucles d'oreilles traction merci
merci donc en fait vous faites référence aux théories qui ont été construites par un scientifique américain qui s'appelle Bill rudyman et lui qui a fait l'hypothèse que les changements d'utilisation des terres depuis
plusieurs milliers d'années pouvaient avoir déjà affecté légèrement la composition atmosphérique donc là ça a fait l'objet de beaucoup de travaux qui en fait refusent en partie cette
proposition notamment sur le fait que ça aurait pu avoir un effet sur le climat échelle planétaire donc c'est quelque chose qui n'est aujourd'hui pas établi ensuite donc quand on regarde depuis à peu près 10 000 ans l'évolution du
climat à l'échelle planétaire c'est essentiellement dominé par les variations de la trajectoire de la Terre autour du Soleil le moteur des grandes glaciations et les réponses régionales contrastées ce qui est très différent de
l'effet des gaz à effet de serre qui entraîne un signal cohérent à grande échelle et d'ailleurs le réchauffement récent en fait il fait suite à une tendance sur plusieurs milliers d'années au refroidissement qui a culminé vers
justement la période 1750 1850 et ce réchauffement est une rupture par rapport à l'histoire en fait des variations naturelles du climat et
l'autre point que auquel vous faisiez référence c'était la relation par exemple l'émission de gaz à effet de serre croissance je pense ou dans l'autre sens qu'est-ce qui permettrait de fortement réduire les émissions de
gaz à effet de serre c'est des bassins donc pour l'instant on est plutôt en termes de l'influence humaine sur le climat on est sur plutôt quelque chose en sur la perturbation radiative qui augmente relativement
régulièrement et la réponse du climat et les relativement proportionnelle à cette perturbation du bilan d'énergie de la Terre c'est pas quelque chose qui est exponentiel c'est quelque chose qui est régulier le seul point sur lequel on
observe une accélération c'est le rythme de montée du niveau de la mer et puis localement l'intensification des extrêmes après donc sur le méthane donc il est certain que le niveau de méthane
qui augmente notamment depuis la révolution industrielle un deux fois et demi de plus que toutes les périodes interglaciaires des derniers 800000 ans c'est la conséquence des activités
humaines l'augmentation du méthane et les notamment tirée à la hausse par les émissions liées aux fuites dans les mines de charbon sur l'exploitation la distribution du pétrole et du gaz et
aussi par l'augmentation de l'élevage de ruminants dans le monde mais il y a aussi une contribution de zones humides qui émettent plus ou moins de effectivement les émissions de méthane
c'est pas la trajectoire récente en fait ça pourrait permettre assez rapidement d'effacer de l'ordre d'un dixième peut-être 2/10 de réchauffement mais à
l'échelle d'une ou quelques décennies alors par contre il y a une chose importante à expliquer mais je vais revenir dessus par la suite donc dans les trajectoires qui permettent de limiter le réchauffement la condition
clé la première c'est diminuer les émissions de CO2 et avoir des émissions dû aux activités humaines de COD = 0 nets parce que comme ça le cumul arrête d'augmenter et on aurait vraiment une
possibilité de limiter le réchauffement pour le méthane qui a un gaz à court durée de vie il s'agit simplement de réduire les émissions mais pas d'atteindre des émissions qui soient égales à zéro donc on est sur aussi des
des conditions géophysiques en fait pour stabiliser le réchauffement qui sont différentes en fonction de la durée de vie des gaz tout à fait c'est pas la vie humaine qui compte c'est à la fois les
systèmes de production énergétique agricoles la gestion des déchets qui ce sont les sources liées aux activités humaines qui pèsent qui modifient la composition atmosphérique tout à fait
prends une dernière question sur ce thème bonsoir si j'ai bien compris il y a eu en fait une accélération de quelque part de vos prévisions ces dernières années
puisque ce qui était à l'horizon 2050 il y a encore 5 6 ans c'est un réchauffement qui maintenant est à l'horizon 2030 alors sur le fait d'atteindre par exemple un degré et demi
de réchauffement dans le rapport de 2018 on extrapolait simplement les tendances récentes ce qui est pas hyper satisfaisant et on disait ce serait atteint avec cette méthode là sur une
plage allant de 2030 à 2050 et dans le rapport sur un degré et demi quand on regardait le travail fait sur des scénarios et des projections on était plutôt autour de 2030 2040 et donc cet
aspect là on l'a affiné plus récemment en s'appuyant sur des simulations à partir de l'état actuel du climat sur le fait de contraindre les projections en
utilisant les observations pour réduire la plage d'incertitude et un ensemble de scénarios d'émissions de gaz à effet de serre de particules de changement d'utilisation des terres et avec l'ensemble de ces méthodes on arrive
plutôt sur la période 2030 2035 merci merci pour cette réponse mais ma question c'était est-ce que cette projection comme vous le dites qui est
affiné par des calculs et des méthodes plus précises est-ce qu'elle risque de changer encore et que dans trois ou quatre ans vous disiez ben non finalement l'échéance est encore plus proche je ne le pense pas parce qu'en
fait la communauté scientifique l'exercice de modélisation du climat elle l'aurait actualise à peu près tous les 10 ans notamment en amont de la rédaction de rapport du GIEC c'est
vraiment le travail de la communauté scientifique qui produit ces nouvelles connaissances avec les méthodes les plus avancées aujourd'hui et ce qu'on a fait notamment dans le rapport sur la partie physique du climat on a pris l'ensemble
des résultats des modèles de climat et ensuite c'est quelque chose qui est nouveau on les a contraints on les a contraint par rapport à notre meilleur évaluation de la réponse du climat au perturbations et pour ça on tient compte
des climats passés des observations récentes et de chaque boucle de rétroaction donc on utilise en fait toutes les sources de connaissances disponibles aujourd'hui et ça ça nous permet de réduire
quasiment d'un facteur 2 l'incertitude sur la réponse du climat pour un scénario d'émission de gaz à effet de serre donnée et de la même manière les milliers de trajectoires socio-économiques qui sont publiés dans
le monde qui passent ensuite d'un certain nombre de tests pour être retenu ce travail là il va pas être réactualisé en quelques années donc qu'est-ce que ça veut dire je vais
déclarer par la suite en fait on va pouvoir se passer à la suite je pense ok donc on va voyager un peu dans le temps dans les futurs possibles et pas simplement sur l'état du climat mais
aussi sur ses implications alors pour ce qui compte apparemment il y a quand même une ultime question pardon une ultime question très courte c'est parti très très concise
merci beaucoup excusez-moi il y a trois ans le monde s'est arrêté pendant plusieurs mois est-ce que vous en avez vu les conséquences donc le monde il s'est pas complètement arrêté on était coincé chez nous mais
les systèmes de production énergétique continuaient donc ce qui a ralenti c'est les transports terrestres les transports aériens et puis certaines activités industrielles mais le reste le système alimentaire tout le reste a continué à
fonctionner donc ce qu'on a vu c'était une baisse temporaire importante des émissions mondiales de CO2 de l'ordre de 5% puis après dans un rebond donc l'image que je vais prendre pour comprendre comment ça affecte la
composition atmosphérique c'est une sorte de baignoire l'atmosphère c'est la baignoire elle se vide par l'absorption par l'océan un quart la végétation les sols 30% de ce qu'on met et elle se remplit par tout ce qu'on aimait nous
dans l'atmosphère donc vous imaginez cette baignoire on a le robinet grand ouvert le niveau monte c'est le niveau dans l'atmosphère pendant l'année des confinements on réduit un peu le rythme du robinet puis on le remet bah le
niveau dans la baignoire est continue à monter si on veut que le niveau se stabilise bah il faut baisser le robinet baisser le robinet baisser le robinet et puis c'est comme ça que graduellement ça montera de moins en moins vite et ça va se stabiliser
alors ce qu'on a vu aussi pendant les confinements c'est dans certaines régions une amélioration rapide spectaculaire de la qualité de l'air mais c'est éphémère parce qu'à partir du moment où on a de nouveau l'activité industrielle qui reprend les transports
on réaimer les particules de pollution mais j'ai des collègues dans beaucoup de régions du monde notamment du côté de l'Inde qui pour la première fois de leur vie ont vu ce que c'était un progrès de
qualité de l'air et comprennent ce qu'on peut gagner non pas par la privation de liberté mais par des transformations qu'on construit qu'on porte pour justement à la fois baisser les
émissions de CO2 et de polluants et améliorer à la fois la qualité de l'air et contribue à stabiliser le réchauffement et ça c'est une motivation très forte et si on regarde par exemple l'action pour le climat de la Chine une
des premières motivations c'était améliorer la qualité de l'air qui était irrespirable dans un certain nombre de centres urbains donc en fait les deux actions peuvent être menées de concert à
condition de bien y réfléchir parfois on a eu des actions pour améliorer la qualité de l'air on émet toujours autant de CO2 mais moins de particules et donc dans ce cas là on perd l'effet refroidissant des
particules on émet toujours autant de CO2 donc là ça joue dans les deux sens vers le réchauffement donc bénéfique pour la santé mais pas bon pour le climat alors qu'en fait on peut avoir des actions qui jouent dans les deux
tableaux à condition de bien intégrer donc l'exemple en ce moment c'est le transport maritime ou en fait ils enlèvent le soufre dans les carburants donc moins de particules mieux pour les ports là où les bateaux sont garés mais
par contre Ben toujours autant de CO2 donc là c'est on voit bien que ça va pas dans les deux tableaux suffisamment vite bon alors on passe au futur possible donc tout à l'heure je vous ai montré
différents scénarios des petites barres qui montrent le niveau de réchauffement planétaire donc ça c'est la version résultat sur l'évolution de la température à la surface de la Terre donc là c'est le scénario intermédiaire
que je décrivais tout à l'heure donc un niveau de réchauffement qui se poursuit tout au long de ce siècle avec des émissions notamment de CO2 qui stagne aux quelques décennies proches du niveau actuel avant de baisser lentement
en bas vous avez les scénarios qui permettent de stabiliser le réchauffement donc par exemple sous degrés ou après un léger dépassement proche de 1 degré et demi et stabiliser
le réchauffement dans quelques décennies ça n'est possible qu'avec une baisse forte ou très forte des émissions de CO2 et le climat se stabilise quand on attend des émissions égales à 0.net de
CO2 et si on veut revenir en arrière après un léger dépassement il faut être capable d'éliminer du CO2 de l'atmosphère au lieu d'en émettre et le stocker de manière durable en ce qui
pose des questions de faisabilité de coûts de méthodes par rapport au fait de parvenir à faire ce type d'effort en quelques décennies alors ce que je
voulais donc souligner qu'est-ce que ça veut dire un monde qui va vers 1° et demi de réchauffement ça veut dire que dans les années à venir notamment s'il y a un très gros événement de ninio la
possibilité d'atteindre un niveau de 1,3,4 1,5 degrés va augmenter avec la tendance graduelle moduler par la variabilité naturelle du climat et
autour des années 2030 on estime que la probabilité pour chaque année donnée serait de l'ordre de 40 à 60% donc une chance sur deux d'être au dessus d'un degré et demi et c'est comme ça qu'on saura qu'on aura atteint ce niveau là de
réchauffement donc ce que je voulais mentionner c'est bien sûr là ce sont des tendances graduelles localement à court terme c'est aussi moduler par la variabilité naturelle du climat c'est important d'en
tenir compte pour les stratégies d'adaptation si on a par exemple une ou plusieurs grosses éruptions volcaniques ça va faire de manière temporaire des petits coups de froid donc c'est important aussi de s'y préparer c'est
quelque chose que j'avais souligné sur par exemple la stratégie pour le mix électrique français vers la neutralité carbone ou la réflexion était de dire bon la demande de chauffage va un peu
baisser la demande de refroidissement en été fait un petit peu augmenter donc c'était très centré sur ces projections climatiques mais intégrer aussi la variabilité naturelle y compris l'occurrence d'éruption volcanique c'est
important pour que nos systèmes énergétiques ils soient résilients tenant compte aussi de cette variabilité naturelle alors on va passer sur ce que ça veut dire quelques incréments de
réchauffement en plus donc qu'est-ce que c'est un monde à un degré et demi 3°c ou 4 degrés plus chaud donc 4 degrés on peut pas l'exclure si par exemple la réponse du climat est vraiment dans la
fourchette la plus haute de ce qu'on peut évaluer même sur un scénario intermédiaire alors je précise qu'en fait un niveau de réchauffement de plus de 2 degrés et demi n'a pas été rencontré au cours des
derniers millions d'années donc on est vraiment sur des conditions inédites pas simplement par la température moyenne mais la vitesse à laquelle ces changements se produisent et c'est ça
qui est vraiment un facteur de stress notamment pour les écosystèmes les animaux les plantes dont les capacités d'adaptation ont été façonnées par les variations lentes glaciaires
interglaciaires du passé pas des variations aussi rapides que celle là donc pour chaque incrément de plus et bien c'est une augmentation des extrêmes chauds notamment de la température du
jour le plus chaud donc c'est pas la température en moyenne annuelle c'est vraiment celle des jours les plus chauds et vous voyez que une des régions ça augmente le plus c'est tout autour de la Méditerranée avec des conditions à la
fois plus chaudes et plus sèches qui favorisent la surchauffe parce que on n'a pas l'évaporation qui limite le réchauffement de surface si on regarde l'humidité en moyenne
annuelle des sols donc ça reflète les changements de pluviométrie et aussi les changements d'évaporation donc là c'est pas les extrêmes c'est vraiment la moyenne annuelle de l'humidité des sols
toutes les régions qui apparaissent en brun ce sont des régions où on s'attend à une baisse de l'humidité moyenne des sols donc une forme d'aridification et donc c'est le cas pour l'Amazonie le sud
de l'Afrique le pourtour méditerranéen l'Europe de l'Ouest l'Amérique latine certaines grandes plaines américaines etc donc un climat qui se réchauffe pour chaque incrément
de plus c'est un stress thermique plus important c'est une baisse en moyenne d'humidité des sols dans ces régions et même dans les régions qui s'assent c'est une augmentation des
précipitations plus intenses donc là on regarde les changements sur la quantité de pluie pour le jour depuis les plus abondants de chaque année et c'est marqué par une intensification donc un
des messages vraiment importants qui sort de l'état actuel des connaissances c'est se préparer à un cycle de l'eau qui s'intensifie en fait et qui devient aussi plus variable avec plus d'événements et de saisons très humide
et très sec donc un vrai défi sur la gestion de l'eau dans beaucoup de régions du monde si l'on regarde les limites aussi physiologiques pour la santé humaine
pour le travail physique en extérieur nos organismes en fait ont des limites en termes de seuil de chaleur et d'humidité qui rendent une activité physique en extérieur impossible donc
aujourd'hui en fait c'est atteint plusieurs jours par an notamment dans les régions tropicales vous le voyez ici donc le nombre de jours par an où c'est seuils de chaleur dangereux seront
atteints va augmenter pour chaque demi degré de réchauffement supplémentaire et tout particulièrement dans les régions tropicales donc là les enjeux c'est la capacité de travail physique en
extérieur les revenus de ceux qui sont salariés ou qui travaillent dans le monde agricole qui travaillent dans le bâtiment quand les conditions de température d'humidité ne permettent pas
d'avoir une telle activité physique et si on regarde les risques en termes de santé liés à la chaleur dans le monde les risques en fait sont déjà là modérés augmente avec chaque incrément de
réchauffement en plus y compris à nos latitudes on l'a vu en 2003 on l'a revu l'été dernier avec une surmortalité importante en France avec la série de vagues de chaleur les risques en fait
pour la santé lié à la chaleur extrême ne dépendent pas que du niveau de réchauffement planétaire mais aussi dépendent des réponses d'adaptation donc assurer le confort thermique dans les
villes notamment par le verdissement des villes l'effet d'îlot de fraîcheur assurer des systèmes de santé qui puissent répondre aux besoins lors des
périodes par exemple de pics de canicule donc on voit en fait que les réponses en termes d'adaptation par les systèmes de santé la planification de l'adaptation peuvent permettre de limiter les risques
à un niveau modéré mais cela va dépendre de l'intégration de la mise en œuvre de ces réponses si l'on regarde le vivant non humain là
c'est un exemple d'une étude quantifiée sur le pourcentage d'espèces animales donc des oiseaux des mammifères des reptiles des poissons des organismes marins et des herbiers marins donc qui
seront exposés à des conditions de température potentiellement dangereuses donc avec un risque de perte d'espèces donc ce n'est pas le seul facteur climatique qui affecte le vivant il y en
a d'autres un lot ce qui se passe du côté des zones enneigées en glacées ça n'est pas pris en compte et enfin cela fait l'hypothèse que les espèces restent au même endroit alors qu'en réalité aujourd'hui la moitié des espèces
étudiées sur terre comme en mer se déplace pour essayer de conserver leurs aires adéquates climatiques donc si l'on regarde ces conséquences là ce que vous
voyez c'est une augmentation des risques liés à une température élevée d'abord dans les régions tropicales par exemple pour les coraux mais aussi dans les régions continentales qui augmentent
fortement et ensuite qui se se déplace vers d'autres bandes de latitude donc les enjeux en fait c'est un risque de perte de diversité biologique et notamment dans les régions tropicales
avec des enjeux considérables pour enlever les autres facteurs de stress et quand on regarde la manière dont nos activités affectent le vivant les écosystèmes la biodiversité ce qui compte le plus c'est la destruction des
habitants les sources de pollution locale le changement climatique c'est un de ces facteurs là ça monte et donc les enjeux c'est aussi de réduire les autres facteurs de stress avec les questions de
conservation de protection de restauration d'écosystèmes mais aussi de corridor pour permettre aux espèces de se déplacer dans les meilleures conditions possibles
et si l'on prend un focus ici sur les écosystèmes terrestres ce que l'on voit c'est que pour les écosystèmes sur les continents on a un ensemble de risques qui augmentent directement avec le
niveau de réchauffement planétaire notamment les dommages pour les forêts liés au risque d'incendie la dégradation des sols gelés les risques de perte de biodiversité la pénurie d'eau dans les
régions arides l'augmentation de la mortalité d'arbres donc avec les effets hydrauliques de conditions chaudes et sèches et au final des risques de perte de carbone donc ça ça illustre le fait
que nous dépendons des fonctions aussi de régulation de ces milieux naturels et limiter le niveau de réchauffement c'est important pour tirer le maximum parti de
la capacité notamment de stockage de la végétation et des sols qui est fragilisée dans un climat qui se réchauffe et je l'utilise ce graphique pour souligner en fait que
même si l'adaptation elle est indispensable on ne peut pas que s'appuyer sur l'adaptation parce que en cas de réchauffement important typiquement plus de 2 degrés autour de
250 on va toucher des limites dures aux réponses d'adaptation alors pourquoi notamment parce que le recul de l'enneigement au montagne le recul des
glaciers qui alimente les cours d'eau pendant les saisons sèches en été quand le manteau neigeux aura disparu quand il y aura moins de glaciers on aura moins d'approvisionnements en eau et on estime
que ça va diminuer à peu près 20% la quantité d'eau disponible autour de 250 en été dans de nombreux cours d'eau alimenté par les montagnes ça concerne le sud-est le sud-ouest de la France
dans le monde à peu près 2 milliards de personnes et beaucoup de zones irriguées et ça c'est une limite dure en fait la quantité d'eau disponible par rapport au partage de l'eau pour l'industrie pour
les villes les besoins des populations mais aussi pour l'irrigation qui est une solution d'adaptation pour maintenir des rendements agricoles dans un climat qui se réchauffe
si l'on regarde pour l'Europe de l'Ouest les quatre risques majeurs identifiés dans un climat qui se réchauffe sont les risques associés aux extrêmes chauds donc pour la santé la santé au travail
également pour les milieux marins les écosystèmes terrestres les risques de perte de production agricoles donc sur les activités de culture et d'élevage
les risques de pénurie d'eau d'abord en Europe du Sud je sais pas si vous avez vu l'été dernier la situation de la vallée du pot en Italie donc qui affecte toutes les activités économique par
manque d'eau ou bien l'effet de l'étiage très bas sur le rein qui a aussi affecté l'activité économique le transport de marchandises et puis enfin un ensemble de risques d'inondation notamment donc
par pluie plus intense et ruissellement pour le littoral du fait de la montée du niveau de la mer avec l'augmentation du risque d'inondation chronique amareo tout de submersion avec des enjeux
particuliers parce qu'en fait on Europe vous le savez en fait nos villes notre patrimoine il a été construit le long des cours d'eau sur le littoral il est particulièrement exposé avec des enjeux
de conservation de notre patrimoine historique particulièrement marqué alors j'ai esquissé les questions et les enjeux liés à la sécurité alimentaire on
va juste creuser un petit peu ce volet là donc aujourd'hui sur les espèces qui sont cultivées notamment le maïs il existe en fait des seuils de température à partir desquelles on a des chutes de
rendement notamment au-delà de 35 degrés pour le maïs qui est cultivé dans de nombreuses régions du monde donc sur les résultats de modèles agronomiques dans un climat qui se réchauffe on s'attend
dans les régions qui apparaissent ici en dégradé de rose et de mauve à une diminution de la production de maïs mais vous voyez que les zones qui sont hachurées correspondent encore
maintenant à une incertitude qui reste importante donc des risques de perte de rendement qui augmente avec chaque incrément de réchauffement supplémentaire et ce qui apparaît en bas
c'est l'estimation du potentiel de prise de pêche dans les différentes régions littorales du monde donc avec des gens maintenant une baisse du potentiel de prise de pêche durable dans les océans
Tropic du fait des effets d'un climat qui change donc vous voyez que plus le niveau de réchauffement est important plus ce risque de perte augmente alors on pourrait se dire que tout va bien
puisque la région arctique sera pléthorique en ressources de poissons donc là c'est un résultat que les auteurs eux-mêmes de ses études amènent à regarder avec beaucoup de prudence
parce que ce qui est regardé ici là c'est essentiellement l'effet de la température de la mer mais pas tous les effets complexes liés par exemple au recul de la glace de mer et aux
dynamique entre les écosystèmes qui sont encore très difficiles à anticiper complètement donc à retenir dans un climat qui se réchauffe des risques précoces et importants de baisse de
rendement notamment sur certaines cultures clés risque de perte de production donc et d'enjeux de sécurité nutritionnelle pour les protéines et les nutriments que dans
beaucoup de régions du monde on tire des produits de la mer et si on regarde en fait les enjeux en termes de sécurité alimentaire sur la disponibilité de l'alimentation et l'accès ce que l'on voit c'est que bien
sûr ces risques augmentent avec le niveau de réchauffement planétaire mais il dépendent profondément des choix des types de développement qui sont mis en place donc ce qui diminue les risques
liés au changement climatique c'est une maîtrise de la croissance démographique donc un accent mis sur l'accès au système de santé l'éducation qui sont les conditions pour permettre de
maîtriser la fécondité des revenus élevés et répartis de sorte à réduire les inégalités notamment l'extrême pauvreté des systèmes de production alimentaire résilients donc qui ont
intégré l'adaptation à un climat qui change et à faible émission une réglementation efficace de l'utilisation des terres donc préserver le foncier agricole ce qui est un enjeu majeur et
une force forte capacité d'adaptation notamment pour les petites exploitations et les producteurs et à l'inverse les tendances opposées peuvent exercer exacerber les risques
pour la sécurité alimentaire liée au changement climatique par exemple si vous avez une partie importante de la population mondiale avec des revenus plus élevés qui consomment de plus en plus de viande ça va tirer à la hausse
la pression sur l'utilisation des terres notamment pour l'alimentation animale si on a des inégalités très fortes on aura aussi une partie importante de la population mondiale avec des conditions
d'extrême pauvreté donc très peu de capacités à faire face aux situations de choc notamment dans les régions les plus fragiles où on sait que ça conduit parfois les familles à quitter les zones
rurales pour rejoindre en fait la périphérie des villes pour simplement s'assurer d'un revenu minimum et donc ça ça fragilise aussi les systèmes agricoles dans le monde et c'est le dernier point que je voulais
souligner on est devant des situations en fait de risques composites complexes en cascade qui sont déjà en fait de plus en plus difficiles à gérer donc par exemple avec des événements de chaleur
extrême et de sécheresse plus fréquents plus intense ça peut affecter l'humidité moyenne des sols mais aussi l'état des sols leur qualité ça peut affecter les rendements la qualité des cultures par
exemple la quantité de protéines de nutriments dans les céréales pour les personnes qui dépendent des conditions en extérieur pour leur revenu des conditions extrêmes comme on a eu au
Pakistan ou en Inde au printemps dernier on peut pas travailler en extérieur pas de travail pas de revenus en fait et avec des rendements plus faibles une hausse du prix de l'alimentation
localement en fait ce sont des facteurs qui se conjuguent et qui peuvent conduire à une réduction de la sécurité alimentaire une augmentation de malnutrition malnutrition notamment quand cela concerne les jeunes enfants
les femmes enceintes on sait que ça peut avoir des effets à long terme en fait sur la qualité de vie donc ce que j'essaie de décrire là c'est des situations ou si on ne renforce pas les
capacités d'adaptation si on accompagne pas les plus fragiles si on ne limite pas le niveau de réchauffement planétaire ce qui va se produire c'est des pièges de pauvreté en fait ou à les efforts de développement seront sapés
simplement par les effets de crise croissante qui vont toucher de plein fouet les plus vulnérables dernier volet ce que l'on fait maintenant ça n'a pas que des conséquences immédiates et notamment
parce que les glaciers mettent des dizaines d'années à s'ajuster au climat d'aujourd'hui l'océo profond c'est des siècles le Groenland de l'Antarctique c'est des siècles et des milliers d'années les conséquences en termes de
montée du niveau de la mer elles vont se dérouler à l'échelle de la fin de ce siècle des siècles suivants et des millénaires suivants donc par les émissions passer de gaz à effet de serre on a déjà acté plusieurs dizaines de
centimètres de monter du niveau de la mer sur plusieurs siècles à horizon 2050 vous voyez que la montée du niveau de la mer en moyenne va assez peu dépendre des trajectoires
d'émissions de gaz à effet de serre par contre à horizon 2100 il y a un facteur 2 50 cm ou un mètre par rapport à l'ampleur des émissions de gaz à effet de serre
et dernière source d'incertitude le risque de rupture notamment dans l'écoulement de certains secteurs de l'Antarctique on sait qu'ils sont potentiellement instables on sait qu'il
y a des effets de seuil on ne sait pas où sont ces effets de seuil plus le niveau de réchauffement augmente plus l'histoire géologique de la Terre nous montre que c'est possible de les
franchir et d'avoir une déglaciation en fait de nombreux secteurs de l'Antarctique notamment l'Antarctique de l'Ouest typiquement pour un réchauffement maintenu entre 2 et 3
degrés et donc là on a représenté l'exploration de ce que serait une éventualité à haut risque pour les littoraux associé à une incertitude
profonde si les processus d'instabilité des calottes de glace sont déclenchées maintenant alors ça peut vous sembler étrange mais en fait dans l'analyse de risque pour les villes côtières qui se développent
pour les infrastructures portuaires quand elles sont construites c'est pas pour 50 ans c'est pour plusieurs siècles quand on met en place par exemple des centrales nucléaires sur le littoral on
doit s'assurer de les préserver de situation de risque à venir et donc ce type d'éventualité donc dont la probabilité est difficile à quantifier mais le niveau de gravité serait
important c'est une demande que nous ont faites un certain nombre d'États de pays notamment pour tenir compte de ces scénarios à très haut risque dans les stratégies d'aménagement et ceux qui ont
les premiers développés ces approches là en fait ce sont des scientifiques qui ont conseillé la ville de New York sur les stratégies de gestion de risques
pour le littoral alors la montée du niveau de la mer c'est un effet sur les écosystèmes côtiers c'est une augmentation des événements de marée
haute de submersion lors très haute et puis lors des événements de tempête donc des extrêmes de niveau marin qui vont aussi augmenter à mesure du niveau moyen
les énervements qui se produisaient une fois partielle dans le siècle passé autour de 2050 donc de record de niveau marin seront 20 30 fois plus fréquents donc il y a un enjeu majeur un notamment
en France en métropole sur les littoraux mais aussi dans les outre-mer les zones de Basse-Terre les grandes Delta agricoles les petites îles c'est un enjeu majeur parfois d'habitabilité de
certains endroits avec une sorte de course contre-la-montre parce que pour faire face à la montée du niveau de la mer on a des réponses qu'on peut déployer rapidement bouger des sédiments
restaurer des dunes des écosystèmes mais là en fait leur capacité elle va être fortement réduite si on a une forte hausse du niveau de la mer
on a des réponses de type des ouvrages de protection des barrières ou le repli stratégique mais ça ça demande parfois des dizaines d'années à être conçu
financé réalisé et donc en fait ça pose aussi la question de la planification à long terme pour éviter en fait d'avoir des situations croissantes de gestion de
crise pour les littoraux donc je reviens sur le point que je mentionnais tout à l'heure la relation étroite entre le cumul des émissions de CO2 et le niveau de réchauffement
planétaire donc bien sûr les autres gaz à effet de serre jour jouent mais c'est celui qui est le poids le plus important sur le réchauffement à venir et sur le réchauffement à ce jour donc là c'est la
période historique depuis 1850 on a déjà rejeté 2400 milliards de tonnes de CO2 dans l'atmosphère on en met à peu près 40 milliards chaque année
si on veut limiter le réchauffement à différents niveaux bien en fait ça se traduit avec une marge de manœuvre qui est ce qu'on peut émettre dans l'avenir pour limiter le réchauffement à tel ou
tel niveau et pour illustrer la difficulté de stabilisation du réchauffement vous avez là la marge de manœuvre qui nous reste si on veut limiter le réchauffement à 1 degré et
demi si les émissions de gaz à effet de serre restent au niveau de 2019 pendant 10 ans on aura tout utilisé donc inéluctablement on dépassera ce niveau de réchauffement planétaire si on
utilise les infrastructures d'énergie fossile existantes sur toute leur durée de vie prévue sans éliminer leurs émissions de gaz à effet de serre on émettra plus de CO2 que ce qui est
compatible avec le fait de limiter le réchauffement à 1 degré et demi et les infrastructures d'énergie fossile existantes est prévue à elle seule elles émettrai quasiment la marge de manœuvre
qui nous reste si on veut limiter le réchauffement largement sous degrés avec une forte chance d'y parvenir comment est-ce qu'on peut lire ça en fait on peut lire ça en se disant chaque fois comment on place quelque chose qui
utilise du charbon du pétrole et du gaz on verrouille des émissions à venir on limite la possibilité de limiter le réchauffement à un niveau bas toute installation d'énergie fossile tout
exploitation d'énergie fossile nouvelle elle n'est pas compatible avec le fait de limiter le réchauffement à un niveau très proche de l'actuel sauf à condition d'être capable de capter et stocker le
CO2 ce qui est pas fait à grande échelle ce qui entraîne des surcoûts et ce qui rend l'utilisation des énergies fossiles moins compétitives par rapport à d'autres formes de production
d'électricité ou de chaleur bas carbone donc dernière chose si on veut limiter le réchauffement et notamment en lien avec les objectifs de l'accord de Paris sur le climat largement sous degrés
proche de 1 degré et demi ça a été formulé pour éviter un certain nombre de risques ingérables qu'est-ce qu'il faudrait faire donc vous voyez là les trajectoires des missions tout gaz à
effet de serre et un zoom sur le CO2 seul et le méthane seul en vert qui permettrait de limiter le réchauffement soude degrés avec deux chances sur trois dix parvenir et en bleu à un niveau
proche d'un degré et demi avec une chance sur deux d'y parvenir et vous voyez la situation de la réalité aujourd'hui en noir les émissions
récentes les estimations en 2015 les estimations en 2019 donc ça a continué à augmenter les promesses faites par les différents
pays dans le cadre de l'accord de Paris sur le climat horizon 2025-2030 donc vous voyez que si toutes ces promesses étaient mises en oeuvre c'était fait avant l'invasion de l'Ukraine alors en
fait on pourrait attendre une légère diminution des émissions mondiales de gaz à effet de serre à horizon 2030 donc il y a un décalage entre l'effort qui est promis et l'effort qui serait
nécessaire pour tenir les engagements que les pays ont formulé et il y a aussi un décalage entre les promesses et la réalité des politiques publiques qui sont mises en oeuvre qui elle-même s'il
y a pas plus d'augmentation de l'action conduirait à ce que je décrivais tout à l'heure ou des émissions mondiales qui stagne proche du niveau actuel pendant plusieurs décennies et qui amènerait
proche de 3 degrés en fin de siècle pour la France quels sont les engagements qui ont été formulés donc si on veut limiter le réchauffement dans le monde à un niveau
proche d'un degré et demi il faudrait atteindre des émissions net 0 mondiales de CO2 autour de 2005 ans et net 0 tout gaz à effet de serre autour quelques
décennies plus tard donc l'engagement de la France qui tient compte de sa responsabilité historique de sa capacité à agir c'est d'atteindre autour de 2050 la neutralité tout gaz à effet de serre
et l'enjeu c'est d'agir à hauteur de cette ambition et de faire en sorte que ce qui est mis en place maintenant dans les années à venir donne une chance raisonnable de tenir les objectifs qui
ont été affichés et concrètement ça veut dire multiplié par deux multiplié par 3 le rythme de baisse des émissions de gaz à effet de serre qui a déjà été là dans les années qui viennent donc c'est
vraiment le défi qui est devant nous si on veut nous-mêmes agir à hauteur des engagements qui ont été pris pour se donner en tout cas à hauteur de notre capacité à agir la possibilité de
contribuer à la limitation du réchauffement alors ça j'ai déjà indiqué et donc on peut peut-être prendre un temps de questions avant de passer à la partie suivante sur les leviers d'action qu'il
est possible de déployer pour changer d'échelle alors merci beaucoup ce qui est assez saisissant c'est de se dire que même si demain par magie on arrêtait complètement les émissions de gaz à effet de serre il y a quand même une
forme d'inertie ah non ça c'est la bonne nouvelle d'accord c'est-à-dire si on mettait les émissions de gaz à effet de serre à zéro ce qui sera en fait une catastrophe enfin pour nous sur notre manière de vivre mais par un jeu de
l'esprit il y aurait quasiment pas de réchauffement supplémentaire dans les tuyaux d'accord irréversible par exemple pour le Groenland sur la montée du niveau de la mer mais
par rapport au niveau de réchauffement planétaire si on a des émissions notamment de CO2 = 0 il y a pas de réchauffement supplémentaire attendu et ça c'est quelque part la bonne nouvelle
ça va pas non plus parvenir et c'est vraiment le défi pour les générations d'aujourd'hui de construire les conditions d'y parvenir alors on a regardé les différents futurs
je pense qu'on a tous un scénario préféré est-ce que vous avez des questions sur ce sujet alors on en prendra que quelques-unes de ce que je pense qu'on a tous hâte de savoir les solutions et comment on peut comment on
peut agir c'était très clair que dire vous voulez pas rester dans ses futurs possibles vous voulez revenir au présent je crois qu'il y a une question là-bas bonjour
moi j'ai une question j'ai cru comprendre que vous étiez intervenu auprès des politiques en particulier en France mais j'imagine aussi dans d'autres pays
tout ce que vous expliquer ça a l'air clair et pourquoi on a l'impression que je sais pas qui vous ont qu'ils ont pas
compris ou qui ou est-ce que ils ont compris mais on comprend pas ce qu'ils font ou pourquoi on a cette impression que c'est rentré d'un côté et que c'est sorti de l'autre
je suis un peu du mal à comprendre je pense qu'il faudrait leur poser la question je peux pas répondre pour eux mais en fait on est beaucoup en fait de
scientifiques à être disponible à partager les connaissances les ce que je vous montre là c'est en partie dans les programmes de lycée c'est enseigné dans les formations aussi ça fait partie de
formation maintenant continue qui est mise en place dans les cabinets ministériels dans les directeurs parmi les directeurs et directrices d'administration centrale qui vont être généralisées pour la fonction publique
et donc le fait de savoir c'est pas forcément ce qui permet d'agir le fait de comprendre les causes les conséquences les implications c'est pas forcément ce qui fait la feuille de
route qui permet de mettre en place une action résolue soutenue collectivement largement et qui permettra de transformations de fond ça c'est vraiment des questions de
choix collectifs de politique publique de vie démocratique aussi et moi ce qui m'avait frappé notamment l'année dernière c'est que les questions d'action pour le climat d'adaptation
d'atténuation ont été très peu débattus dans le cadre des débats pour l'élection présidentielle ou pour les élections législatives et c'est vraiment dommage parce que je pense que c'est vraiment
des questions où on a besoin sur la base d'éléments scientifiques factuels comme j'ai essayé de les transmettre de comparer des programmes d'action leur ce
qui a acceptable ce qui est souhaitable ce qu'on souhaite mettre en place dans chaque contexte et ça manquait et moi ma lecture mais je suis physicienne je suis pas sûr de politicienne ma lecture c'est que
souvent en fait quand il y a pas un programme clair avant qu'on soit élu il se passe pas forcément grand chose donc la question c'est aussi quel est le quelle est la construction de plan d'action de programme qu'est-ce qui va être proposé qu'est-ce qui va être
soutenu et ensuite qui peut être décliné mis en œuvre parce que je pense que vraiment il y a pas que le volet technique mais aussi ce volet collectif de choix de société qui
importe bon je peux pas je peux pas ne pas dire que j'ai ressenti une certaine frustration après avoir essayé d'être très clair quand j'ai entendu qui aurait
pu prévoir parce qu'en fait c'est vrai que c'est difficile de prévoir une année à l'avance qui va se passer l'été suivant ça c'est aussi la variabilité naturelle
qui fait que comme ça s'ajoute aux tendances dues à l'influence humaine de temps en temps on a l'impression que ça se calme et puis de temps en temps que ça s'accentue mais le constat scientifique qui est là il a été construit depuis des décennies il n'a
fait que s'affiner voilà c'est c'est ce point là qui est assez frustrant sur la manière dont on arrive à partager l'état des connaissances largement oui
on regarde de toutes les cartes que nous avons montré il semblerait que dans un scénario moyen ou pessimiste la zone
équatoriale devienne carrément invivable et une zone qui est assez qui a l'air assez protégé ce serait le Groland est-ce que c'est là qu'il faut investir
en fait c'est effectivement quelque chose qui qui existe il y a des réflexions sur par exemple les airs qui seront plus adéquates pour tel outils de culture donc par exemple on en parlait
cet après-midi les airs les plus propices pour le champagne elles seront plus forcément dans la région est mais elles pourront se déplacer vers le nord donc pour certains bah c'est ça peut
être un risque majeur pour une activité économique pour d'autres ça peut être une opportunité et parfois en fait certains pays arctiques avaient pensé au départ que le
changement climatique serait une opportunité meilleure croissance des forêts zone plus adéquate pour des cultures mais en fait c'est plus complexe ce que l'on voit par exemple
sur les forêts du nord de l'Europe ou de l'Alaska ou du Canada c'est des dynamiques prédateurs proies complexes avec des nouveaux insectes qui s'installent qui ont pas toujours les
prédateurs et donc le la vision un peu optimiste plus doux meilleure saison de croissance et les parfois remise en cause et du côté même du nord de la
Russie on a des voix de transport sur les fleuves gelés qui sont plus difficiles à pratiquer dans un climat qui se réchauffe donc ça joue en fait sur le transport par exemple
à l'automne au printemps qui devient plus difficile on a des conditions parfois de sécheresse qui s'installent même d'incendie dans des régions qui avaient pas le retour d'expérience donc
c'est pas simplement des conditions plus douces qui seront propices dans des régions aujourd'hui plutôt hostiles et enfin le Groenland c'est globalement recouvert de glace il y a quelques
fjords avec des sols assez fragiles qui font déjà l'objet d'activité d'élevage de moutons un petit peu de culture dans la partie sud mais le potentiel va pas aller beaucoup plus loin pourtant il y a quelques années alors
c'était plutôt pour des raisons énergétiques mais le Donald Trump était d'accord avec vous et il a proposé au Danemark lui racheter le Groenland sans succès pour le moment
j'ai une question sur les sur le courant Norat logique on a tous appris quand on était en cours de géographie qui avait le golf stream et que le golf stream
permettait d'avoir en Europe un climat d'où vivable et qu'il influençait énormément le climat chez nous et on entend maintenant qu'il y a un risque sur la circulation nord-atlantique donc
sur le golf stream si vous pouviez un peu éclairer là dessus oui donc en fait le golf stream lui c'est un courant chaud de surface qui est surtout lié à la rotation de la Terre et lui qui va
persister et la douceur du climat par exemple de Bordeaux par rapport à Montréal c'est pas simplement le goalstream c'est aussi la circulation atmosphérique sur les vents d'ouest quand on est à l'ouest d'un continent on
a aussi le transport de chaleur et d'humidité de l'atmosphère un climat moins continental que quand on est sur le bord est d'un continent donc ça c'est juste pour les éléments de contexte donc
ensuite ce qui va jouer c'est ce qu'on appelle la circulation méridienne de retournement ou la circulation thermo Alline de l'océan Atlantique donc là c'est une espèce de grand tapis roulant
donc avec de l'eau chaude qui monte vers le nord qui se refroidit puis avec la formation de banquise qui devient plus salée et qui plonge et ensuite on a une espèce de grande boucle qui parcourt
ainsi comme un tapis roulant géant l'ensemble de l'océan Atlantique donc cette circulation là on sait que dans le passé notamment pendant les périodes glaciaires elle a été marquée par des
ralentissements brutaux et puis des remises en route avec des effets contrastés sur les variations du climat entre l'hémisphère nord et l'hémisphère sud donc qu'est-ce que ce qu'est ce qu'on
peut dire sur un climat futur donc dans les modèles de climat dans un climat qui se réchauffe cette circulation thermo Alline elle sera lentille elle ne montre pas d'arrêt brutal à
l'échelle de ce siècle mais on ne peut pas exclure un arrêt brutal notamment du fait d'apport d'eau douce par la fonte du Groenland ou de l'Antarctique qui peut changer les gradient de densité et
donc les mouvements de cette circulation océanique donc ça fait partie du risque de changement abrupt pour lesquels notre degré de confiance en fait reste encore très bas par rapport au modèle dont on
dispose par rapport à ce qui est pris en compte et donc dans les rapports du GEC on le décrit sous forme de narratif encore une fois donc si jamais cette circulation thermoline s'interrompait brutalement ce qu'on peut provoquer en
fait en rajoutant de l'eau douce dans les modèles de climat qu'est-ce que ça impliquerait et donc ça impliquerait un monde qui continue à se réchauffer ça impliquerait un décalage des rails de tempête dans l'océan
Atlantique et plutôt un assèchement de l'Europe ça impliquerait aussi un décalage des bandes de pluie tropicales donc des zones de mousson du côté du Sahel du côté de l'Amérique du Sud avec
des effets majeurs sur la répartition de la pluviométrie dans ces régions alors vous avez peut-être vu un film qui s'appelle le jour d'après un film d'Hollywood bon tout est faux en fait voilà
c'est une vision d'Hollywood de narratif mais qui est pas inscrit sur l'état des connaissances telles qu'on les a maintenant par contre c'est un film qui montre le risque de rupture et qui
ramasse les questions sur le climat sur un temps très court donc c'est un artifice on va dire narratif oui on y voit des immigrés américains
qui demandent le refuge au Mexique c'est assez jouissif alors il y a une dernière question ici il y a aussi une remarque qui fait beaucoup rire les scientifiques de mon domaine ou un des héros à un père
qui est Paléo climatologue et donc qui dit aux autres il faut l'écouter son père et pas Léo climatologue j'ai essayé de faire ça avec mes filles ça marche pas du tout en fait moi j'avais une petite question vous
avez dit tout à l'heure que le dernier réchauffement majeur qu'on a observé qui était aussi fort c'était il y a quelques millions d'années donc le niveau moyen de température
aussi de degré et demi de plus que le climat pré-industriel oui c'était au Pliocène ok est-ce qu'on a des traces que ça a eu sur la biodiversité pour tout à fait c'est d'ailleurs comme ça
qu'on peut reconstituer les variations passées du climat notamment au dessus des continents donc par l'analyse des assemblages fossiles des assemblages de faune de certains vestiges de pollen qui
permettent de caractériser les aires de répartition d'espèces continentales et puis d'estimer les variations de température ou d'humidité et puis dans les sédiments marins sont les restes des petits organismes marins qui sont
déposés qu'on peut étudier qui nous permettent de reconstituer à la fois certains aspects de la vie marine limité et aussi les conditions par exemple de température ou de salinité et on utilise
en fait ces périodes géologiques anciennes les reconstitutions de l'état du climat comme un test sur les mêmes modèles de climat qu'on utilise pour le climat futur c'est là par contre ce qu'on sait c'est pas le côté transitoire
c'est à l'équilibre sur plusieurs milliers d'années qu'est-ce que ça va impliquer et pour moi un élément important de la confiance que j'accorde au projections de climat futur c'est le fait que les modèles de climat qu'on
utilise pour cela on les teste sur les variations des derniers millénaires donc la réponse les variations de l'activité du soleil des éruptions volcaniques c'est surtout les éruptions volcaniques
en fait qui compte ensuite on les teste par rapport aux grandes variations glaciaires interglaciaires et on les teste par rapport aux périodes géologiques notamment chaudes pour pour
essayer de d'évaluer leur plausibilité en fait donc si ça vous intéresse il y a un encadrer sur le climat du Pliocène notamment dans le rapport du groupe indigiec qui vous donne pas mal
d'éléments précis dans dans la forêt primaire qu'on est en train de détruire banquise bactéries qu'est-ce qui va nous
arriver parce que ça c'est un danger qu'on en parle pas là pour l'instant vous parlez du pergélisol du permafros oui d'accord
de tout ce qui tout ce qui est caché par par la glace qui risque enfin la glace et la forêt primaire aussi apparemment
qui serait plus les virus en fait qui sont en béton que les bactéries on l'a vu récemment et donc effectivement il y a des travaux de recherche à l'interface santé climat qui pose la question par exemple de nouvelles zones c'est-à-dire
des maladies qui ont des vecteurs animaux qui pourraient passer aux humains présentés des risques ou aux animaux d'élevage d'ailleurs et donc moi tel que je le comprends c'est pas mon domaine donc on trouve effectivement des formes de virus qu'on
connaissait pas dans les sols gelés de l'Arctique c'est pas forcément ça qui présente un risque aujourd'hui aiguë de contamination aujourd'hui en fait les risques de zono c'est qu'on quand on a
des activités humaines à proximité de réservoir animaux notamment les chauves-souris dans certains de grottes donc c'est en fait la déforestation le contact répété avec des activités humaines les marchés avec des animaux
vivants et l'urbanisation qui en fait peut très vite faciliter justement l'émergence le changement d'espèces et puis la propagation via le transport
d'animaux via les échanges humains très vite et ce que j'ai aussi noté c'est que donc conditions plus chaudes elles vont aussi augmenter donc parfois les aires de répartition de certains vecteurs de
maladies donc bah vous l'avez vu les moustiques tigres les conditions sont propices même en Alsace ça a été plus vite que ce qui était anticipé et on a maintenant des cas de dingues autochtones c'est-à-dire des gens qui
sont contaminés sans avoir voyagé dans les régions tropicales voilà donc c'est au fait aussi partie des choses qui sont moins comment dire spectaculaires mais qui sont déjà là et qui posent la question de l'adaptation des systèmes de
santé et enfin on a aussi par exemple les virus ou les bactéries contenues dans des eaux qui se reproduisent plus vite dans un climat plus chaud c'est par exemple le cas sur les bactéries dans
l'éthique donc qui peuvent être plus présentes aussi dans un climat qui se réchauffe donc c'est aussi pour nous ramener aussi aux choses immédiates qu'on commence à comprendre un tout
petit peu mieux au-delà de risques parfois important mais qu'on connaît mal alors on passe aux enjeux de transformation alors dans les rapports du Gex qu'on
montre c'est qu'il y a des options d'action qui sont efficaces faisable abordables disponibles aujourd'hui et si on les déploie dans leur ensemble elles peuvent permettre de diviser par deux
les émissions mondiales de gaz à effet de serre donc on n'est pas dans la situation où on ne sait pas ce qui fonctionne et on ne sait pas ce qui est disponible d'autre part il y a des options d'adaptation qui ont été testées
avec un retour d'expérience qui ont souvent de nombreux bénéfices pour la résilience de nos systèmes de production pour la santé le bien-être et qui peuvent également être déployés et donc
ce que vous trouverez dans les rapports du Gex c'est pas la feuille de route clé en main pour vous c'est pas ce qu'on fait on ne fournit pas de recommandations mais simplement pour ces options d'action on évalue leur
potentiel leur bénéfices leurs effets indésirables leur coûts et leurs limites et on le transmet de la manière la plus factuelle possible donc premier enjeu si on veut réduire massivement les émissions de gaz à effet de serre à
avoir des sociétés qui soient résilientes c'est des transitions dans le secteur de la production d'énergie et ces transitions de système ce qui est important c'est de les penser résilient
dans un climat qui change donc avec des enjeux de fiabilité de système résilients qui vont fonctionner même avec des températures par exemple très élevées avec une meilleure efficacité de l'utilisation de l'eau pour pas être
contraint en cas de situation de pénurie et en déployant les leviers d'action qui vont être propres au contexte qui feront l'objet de choix de stratégie collective
donc la barre ça donne une idée du potentiel de baisse d'émissions de gaz à effet de serre dans le monde et la couleur ça donne une idée de l'estimation des coûts sachant que les
coûts en réalité dépendent bien sûr de chaque contexte de la mise en oeuvre donc ce qui est identifié comme parmi les leviers d'action important pour la baisse des émissions ce sont les énergies renouvelables c'est aussi le
fait d'éliminer les émissions fugitives associées à l'utilisation des hydrocarbures pour le méthane c'est utiliser dans certains contextes de manière durable de la biomasse pour
produire de l'électricité c'est aussi pour la chaleur la géothermie la production d'électricité hydraulique pour les contextes qui s'y prêtent des
potentiels d'action sur l'électricité nucléaire un potentiel qui est assez limité en fait sur le captage et le stockage de carbone fossiles mais qui existe et qui est un des leviers
d'action pour des pays dont l'économie dépend de l'exportation d'énergie fossile pour parvenir à utiliser ces faux cils sans émettre de gaz à effet de serre c'est quelque chose qui peut faire
partie de leur stratégie d'action ensuite si on regarde le deuxième système le plus important aujourd'hui le système alimentaire dans le monde c'est à peu près un tiers des émissions de gaz à effet de serre on a en fait un certain
nombre de leviers d'actions sur l'efficacité l'efficience des systèmes d'élevage la gestion des terres cultivées de l'eau des ressources en eau l'intégration de la gestion de la
biodiversité de la connectivité et pour les écosystèmes tout ce qui porte sur l'agroforesterie notamment l'utilisation de ha par exemple à l'intérieur des
systèmes de culture les approches durables pour l'aquaculture et la pêche l'adaptation qui peut être fondée sur les forêts par exemple pour freiner l'écoulement de l'eau ou pour assurer
par l'évaporation de la transpiration et le recyclage de l'eau un rôle sur les systèmes hydrauliques régionaux pour le littoral les approches de gestion
intégrée qui s'appuient aussi sur les écosystèmes mais aussi les ouvrages en dur et pour limiter les émissions de gaz à effet de serre de ce secteur mais aussi augmenter les puits de carbone
liés à l'utilisation des terres la première chose c'est freiner la conversion d'écosystèmes naturels notamment la destruction de forêts primaires mais aussi de tourbières en Europe c'est aussi l'arrêter le
retournement des prairies qui a un point important augmenté le stockage de carbone dans les sols tout ce qui porte sur la restauration des écosystèmes alors ce qui fonctionne
le mieux c'est la reforestation c'est à dire renforcer des forêts dégradées là où il y a vraiment des points de vigilance c'est planter des forêts à la place d'autres écosystèmes ou d'autres
cultures où ça peut venir en concurrence avec la production alimentaire ou les droits des populations locales donc les rapports du Gex souligne que c'est pas nécessairement une solution qu'on peut
appeler fondée sur la nature il y a bien sûr des enjeux de gestion des forêts à la fois pour les ressources bois énergie bois-construction mais aussi stockage de carbone avec parfois
des compromis à trouver par rapport à ces différents enjeux la baisse des émissions de méthane et d'oxyde ni trop des activités agricoles et vous voyez les bars en gris ce sont des leviers
d'actions qui portent plus sur le secteur de la demande le fait d'agir par rapport aux pertes et au gaspillage alimentaires et l'évolution de l'alimentation avec plus de protéines
végétales moins de protéines animales produites dans des systèmes résilients faibles émissions mais aussi donc des systèmes d'alimentation plus locaux des
produits de saison diversifiés ça fait vraiment partie des leviers d'action important pas uniquement la production mais aussi le choix de l'alimentation dans les autres leviers d'action on a
bien sûr à l'échelle des villes et des infrastructures tout ce qui porte sur la gestion de l'eau dans les villes les infrastructures vertes on en parlait en tout à l'heure verdir les villes pour
éviter les îlots de de chaleur mais aussi la forme des villes qui peut rapprocher les lieux de vie des lieux de travail et qui jouent un rôle important sur l'utilisation d'énergie sur les
besoins de mobilité et quand on regarde à la fois dans le secteur bâtiment transport et ville donc on voit qu'il y a des leviers d'actions importants qui
sont sur la rénovation les bâtiments qui soient performants mais avec un coût élevé sur les transports voyez qu'il y a pas une seule solution qui est qui sort c'est un ensemble de leviers d'action
sur des véhicules efficaces l'électrification de voiture avec des batteries taille raisonnable et en utilisant de l'électricité bas carbone
c'est pour ça qu'en fait le on a en fait une barre d'incertitude qui existe c'est aussi l'efficacité de tous les systèmes d'équipements les transports en commun
les mobilités actives il y a un certain potentiel sur les agro-carburants mais attention avec les compétitions sur l'utilisation cancer ou cela peut
entraîner des risques spécifiques et sur par exemple le transport maritime ou aérien les leviers d'action de décarbonation à court terme ils sont très limités donc il y aura des gains d'efficacité sur les moteurs mais si on
veut vraiment baisser les émissions de ces secteurs-là la question de la demande en fait hein elle est vraiment importante c'est-à-dire le nombre de passagers le nombre de kilomètres la quantité de marchandises déplacée à
grande distance et puis encore une fois le secteur de la demande le fait de d'intégrer la sobriété dans la conception des infrastructures c'est un levier d'action avec un coût limité et
un potentiel important alors il y a des leviers d'action spécifiques à l'industrie notamment l'économie circulaire les approches d'efficacité et vous voyez là par exemple certains aspects n'apparaissent pas complètement
on sait que pour décarboner l'industrie lourde on va passer par de nouveaux vecteurs dont l'hydrogène mais là ce qui est illustré c'est les leviers d'action à horizon 2030 donc ils peuvent être déployés tout de suite et dans certains
cas on a aujourd'hui la construction de de nos recherches de développement de démonstrateurs dont on sait qu'ils ne pourront se déployer à grande échelle que plus tard que la décennie suivante
et enfin dans les choix de société il y a un ensemble d'aspects notamment par exemple dans le monde agricole la diversification des moyens de subsistance qui permet de d'assurer un revenu plus stable par rapport à des
risques de choc sur les rendements qui peuvent se répéter on a aussi tous les systèmes d'alerte précoce les services climatiques qui sont la co-construction d'information on appuie à la prise de
décision utile en fait localement pour avoir une information climatique permettant de construire des stratégies d'adaptation avec une information robuste et
l'incertitude associé et après il y a tous les aspects d'intégrer finalement l'adaptation à un climat qui change dans les filets de protection sociale parce que ce qu'on a peut-être enfin je sais pas si j'étais très claire tout à
l'heure mais un des risques majeurs dans un climat qui se réchauffe c'est que ça exacerbe les inégalités c'est à dire ceux qui sont aujourd'hui vulnérables et une durabilité accrue que ça s'appe
encore plus leurs moyens de subsistance et donc le fait de d'intégrer l'adaptation à un climat qui change avec les systèmes d'assurance de mutilation de risque de filets de protection
sociale ils sont vraiment importants sur les enjeux de solidarité pour permettre d'éviter d'exacerber les inégalités donc les actions qu'on va mettre en place maintenant elles peuvent faire toute la
différence et notamment les politiques publiques les infrastructures qui permettent de jouer sur les demandes donc éviter des demandes d'énergie de
matériaux d'utilisation des terres d'eau donc l'intégration de la sobriété dans les stratégies d'action c'est un levier d'action qui est extrêmement important et si on regarde par exemple pour
l'alimentation pour le transport terrestre ou le bâtiment en fait le potentiel de baisse des missions de gaz à effet de serre il est en fait à 40 à
70% du côté de la demande donc la sobriété c'est pas simplement quelque chose pour gérer une situation de pénurie d'approvisionnement associé à la guerre en Ukraine la question
d'intégrer la sobriété la maîtrise de la demande dans les politiques publiques c'est en fait un levier d'action extrêmement important qui permet de contribuer sur le long terme à la
décarbonation et je termine sur un point qui est très important au niveau mondial donc un certain nombre de conditions clés donc tout à l'heure j'ai essayé d'illustrer que on a un enjeu d'innovation
technologique on a un enjeu qui porte sur la demande et on a un enjeu qui est par exemple sur les pratiques d'agroécologie on va s'appuyer sur les écosystèmes et ça ça demande d'avoir des
financements et des conditions de coopération entre les pays et ce qui est illustré par les bars en gris c'est une estimation des besoins de flux financiers donc d'investissement chaque
année pour que les solutions qui existent puissent être déployés à horizon 2030 uniquement pas sur l'adaptation il s'est encore difficile à chiffrer mais sur la
baisse des émissions de gaz à effet de serre et en fait dans le monde il y a un manque d'un facteur 3 à 6 entre ce qui est mis sur la table pour que ces
solutions se déploient et ce qui serait nécessaire entre maintenant et 2030 et là où en fait le besoin de financement et le plus important là où on a le décalage le plus grand entre ce qui est
mis en place et ce qui serait nécessaire c'est notamment dans le secteur de l'appui au transformation dans le secteur de l'utilisation des terres des forêts et de l'agriculture le besoin en
fait de ressources supplémentaires il est particulièrement marqué dans les pays en développement plus que dans les pays en développés et quand on regarde par région du monde là où on a aussi un
décalage particulièrement important ça va être par exemple en Asie du Sud-Est ou en Afrique où là en fait on peut faire toute la différence alors pourquoi
parce que les transferts de technologie le fait de passer le plus vite possible pour répondre aux besoins de base pour l'énergie pour l'assainissement pour les
besoins de base qui ne sont pas remplis aujourd'hui aux technologies les plus propres ça peut permettre en fait de franchir plus rapidement des étapes de développement vers des technologies
propres l'analogie qu'on peut faire c'est dans certains pays du monde on n'est pas passé sur des réseaux filaires pour le téléphone on est passé directement au réseau de téléphonie portables qui répondent aux besoins des
gens et donc on n'est pas obligé de passer par la case voiture polluante on peut aussi passer plus rapidement sur des mobilités de légères électrifiées plus rapidement mais ça ça demande aussi
les transferts de technologie pour que les brevets qui sont un frein en fait au développement de ces solutions technologiques soit plus rapidement accessible
donc je termine j'espère vous avoir montré qu'on est dans une situation grave qu'on a une urgence à agir par rapport aux conséquences du statut quo si on n'a pas de sursaut collectivement
pour éviter d'atteindre des limites à l'adaptation donc l'escalade des risques et des coûts associés je l'ai pas souligné mais beaucoup d'actions qui permettent de réduire les émissions de gaz à effet de serre ont de nombreux
bénéfices pour la santé la qualité de l'air une alimentation saine des mobilités actives donc en fait l'action pour le climat ça pourrait être aussi vu comme une politique de santé publique et
davantage intégré on a également en fait beaucoup de bénéfices à l'adaptation sur la productivité agricole la sécurité alimentaire la préservation du vivant
mais aussi des revenus dans ces secteurs la santé et le bien-être et donc les enjeux c'est aussi pour construire des stratégies d'action qui soient souhaitables qui soit efficaces c'est
d'arriver à réconcilier des intérêts où il manque un S divergent des visions et des valeurs différentes tout le temps donc avoir des espaces de délibération d'échanges pour construire en fait dans
chaque contexte dans chaque territoire une vision partagée et ensuite que tout les potentiels de mise en place des stratégies d'action se déploient avec
bien sûr des enjeux de politique publique intégrés qui intègre adaptation atténuation choix de société et actions pour le climat qui mettent bien sûr en
priorité les enjeux d'équité et d'inclusion parce que si l'action pour le climat et les perçu comme un juste elle conduit à des freins en fait qui retarde les transformations possibles et
donc nous on souligne l'importance des processus de transition juste donc par exemple si vous avez une politique publique qui peut peser plus sur ceux qui ont des revenus contraints comment
les accompagner si on a des transformations industrielles qui vont conduire à l'arrêt de certaines activités comment anticiper les reconversions vers les secteurs qui
seront porteurs et donc là aussi des enjeux d'articuler des stratégies pour l'emploi associé avec l'anticipation la construction de ces transformations
donc finalement il est possible de construire un avenir qui soit viable qui soit soutenable en agissant rapidement donc en tenant compte de l'impératif de changer d'échelle sur la baisse des
émissions de gaz à effet de serre d'anticiper les conséquences d'un climat qui change tenir compte des différentes dimensions de la soutenabilité notamment l'extrême pauvreté les enjeux d'emploi
durable d'accès à l'énergie les enjeux aussi de protection de la biodiversité et des écosystèmes et c'est nous ce qu'on formule comme un développement qui soit vraiment résilient face au climat
et donc on est sur une situation aujourd'hui on l'a bien vu qui est pas tenable on a besoin vraiment de transformer les tendances récentes et
chaque situation de choc de crise elle peut amener à verrouiller plus d'émissions de gaz à effet de serre parfois plus de vulnérabilité donc des situations de plus en plus compliquées à gérer où elle peut permettre plus
rapidement finalement de transformer les grands systèmes dont on mais aussi nos normes nos valeurs de sorte à aller plus vite et collectivement construire ses
choix courageusement en fait qui vont permettre d'assurer des conditions de vie pour les plus jeunes d'aujourd'hui les meilleurs possibles donc différents choix différentes trajectoires dans
chaque contexte ça peut donner lieu à des résultats très contrastés dans le meilleur des cas on porte des transformations on se voit comme acteur on les déploie on peut réussir si c'est
fait à grande échelle à limiter les risques climatiques à permettre d'atteindre les objectifs de développement durable et pour cela il y a un certain nombre de conditions clés
donc le fait de s'appuyer sur les mécanismes de délibération de participation pour construire les choix le fait d'avoir des espaces un peu comme ce soir pour le partage des connaissances donc moi j'arrive avec mes
connaissances académiques mais vous vous avez des connaissances locales propres à chaque contexte donc la question c'est comment construire des cadres pour s'appuyer sur ensemble des systèmes de
connaissances qui sont disponibles il y a besoin je les souligné de financement d'innovation d'approches intégrée de réfléchir au développement qu'on souhaite construire et d'y intégrer
l'action pour le climat et puis ensuite il y a la question aussi des changements de comportement c'est-à-dire non pas être spectateurs passif d'un climat qui change ou de politique publique qu'on
perçoit parfois comme s'imposant mais de réfléchir à la manière dont on a des leviers d'action dans son cadre personnel dans son cadre professionnel de les déployer pour aussi avoir la
fierté de contribuer chacun à sa hauteur assez transformations profondes et on a aussi des contraintes et des obstacles les contraintes les plus grandes en fait
c'est les situations d'extrême pauvreté on n'a pas les ressources ni pour s'adapter ni pour porter des choix il y a un certain nombre de barrières économiques la réorientation des
investissements parfois institutionnels il y a pas mal de freins les élus cet après-midi exprimé un certain nombre d'obstacles les deux freins qui existent par rapport au fait d'aller plus vite sur les politiques publiques il y a un
besoin de nouvelles compétences pour pouvoir agir et puis parfois ce qui peut être aussi des freins c'est les compromis qui vont être nécessaires entre différentes dimensions de soutenabilité et là où un moment donné
on va mettre le curseur par rapport à d'autres et ça c'est quelque chose qui est compliqué à faire parce qu'il y a pas une solution parfaite il y a un ensemble de choses à intégrer en cherchant les meilleurs compromis
possibles à chaque endroit donc je termine en fait en soulignant à quel point on a des leviers d'action on a un retour d'expérience on sait aussi quelle politique publique peuvent fonctionner
peut permettre de changer d'échelle à condition d'être soutenu par l'ensemble de la société et puis la responsabilité que l'on a parce que les choix que l'on fait ou qu'on ne fait pas collectivement
auront des répercussions non pas à court terme mais aussi pour les écosystèmes pour la montée du niveau de la mer à des échelles de temps de siècles et de milliers d'années et donc ça souligne
aussi la responsabilité que l'on a sur ce qu'on peut mettre en place maintenant dans chaque année qui vient et dans les décennies qui viennent merci [Applaudissements] [Musique]
merci beaucoup est-ce qu'il y a des questions sur ce sujet sur cette ouh là il y en a vous avez déjà eu trois questions pour simplifier des choses moi j'aime bien
dire c'est la végétation qui fait le climat et pas l'inverse à quel point c'est juste jusqu'où c'est juste alors en fait les aires de répartition des espèces qu'on a sur Terre elles sont contraintes par les
conditions climatiques l'histoire géologique du climat de la Terre ça a aussi façonné la végétation certaines capacités d'adaptation mais aussi des limites et donc moi j'ai
plutôt tendance à parler de couplage donc d'une part la végétation de dépend de l'état du climat mais aussi le type de couvert de sol qu'on met en place à des conséquences sur les
caractéristiques climatiques locales les propriétés réfléchissantes des surfaces le fait de freiner ou pas l'écoulement de l'air en surface le recyclage de l'humidité l'écoulement de
l'eau donc en fait ça marche dans les deux sens et en fait la biosphère le vivant c'est en fait un des rouages de la machine climatique en fait est-ce qu'il y a une autre question
bon bah si si ça va venir le pape François en 2015 a écrit une encyclique la Hoda aussi où il parle
d'écologie intégrale et donc la question c'est qu'est-ce que qu'est-ce que vous en pensez et comment on peut
la mettre en oeuvre dans le quotidien et j'avais une question par rapport à l'économie on parle aussi beaucoup d'économies
sociales et solidaires et en quoi cette économie là et vertueuse et en quoi elle peut profiter au climat enfin empêcher le réchauffement alors
sur la première question donc vous demandez une scientifique de commenter un texte d'un homme de foi donc ce que j'ai noté quand j'avais lu l'encyclique à l'époque c'est que le
pape c'était appuyé sur beaucoup de scientifiques en sciences du climat notamment qui ont travaillé à l'Académie pontificale mais ensuite il a intégré avec ça une réflexion morale une réflexion éthique aussi ou quelque part
il essaie de donner une dimension très humaniste à l'action pour le climat avec la formulation qu'il a choisi de faire et on a d'autres autorités religieuses d'autres obédiences qui ont aussi
construit une réflexion similaire notamment il y a un livre des églises protestantes de France sur la notion de justice climatique qui a été publiée récemment et qui apporte aussi d'autres visions d'autres éclairages par rapport
aux dimensions morales et éthiques il y a eu également des réflexions dans le monde musulman notamment au moment de la Coop 21 donc de théologue qui aussi
avait apporté un éclairage assez similaire en fait et donc après moi ce que je peux souligner c'est qu'il y a des éléments factuels de connaissances scientifique ce qui est ce que je
présente et après chacun là-dessus peut construire sa vision du monde l'intégrer et l'intégrer aussi avec des valeurs avec des réflexions éthiques
morales multiples mais je pense que la dimension d'humanisme c'est peut-être quelque chose d'extrêmement important qui s'appuie sur les choses qui nous relient notamment l'empathie et qui est
une forte motivation à agir c'est quelque chose qui ressortait beaucoup et je veux rebondir aussi sur certains démos des échos délégués de cet après-midi qui sont plus jeunes et qui
eux disaient ne pas comprendre pourquoi il y a autant d'indifférence ou d'ignorance j'avais entendu aussi parfois des plus jeunes qui disaient ne pas réussir à dialoguer avec leurs parents leurs
grands-parents et se trouver dans un état de détresse important parce que il y avait pas d'espace de dialogue ou l'impression que face à cette situation il y a tellement d'inertie que ils ont
l'impression que le poids de la charge de l'action pour le climat sur leurs épaules et moi chaque fois je leur dis le contraire de l'empathie c'est le cynisme en fait c'est pas forcément une
valeur qu'on a envie de voir largement répandue et l'autre chose que je soulignais c'est que c'est pas au plus jeune de porter la charge mentale de l'action pour le climat c'est pas non
plus aux scientifique moi je suis pas là comme boussole des choix de société la charge de l'action pour le climat il doit être partagée chacun d'entre vous vous avez des leviers d'action vous
votez vous pouvez vous engager dans la vie associative ou autre et vous soulignez aussi l'économie sociale et solidaire donc dans certains aspects de l'économie sociale et solidaire il y a
cette idée aussi de réduire l'empreinte environnementale de sortir les plus fragiles de l'extrême pauvreté avec aussi la dignité par le travail puis un travail qui a un sens il y a toutes
l'économie notamment du recyclage du de la deuxième vie des objets qui s'appuie beaucoup sur cette économie là et qui peut correspondre à un certain nombre d'enjeux sur la maîtrise de la demande augmenter la durée de vie des objets
plutôt que les laisser stocker ou ou les mettre en décharge c'est un enjeu majeur par rapport à cet aspect qui porte sur la demande et la sobriété là sont des contraints par le temps donc une
dernière question je fais partie d'une association environnementale qui se bat actuellement contre certaines pratiques
dans notre région par exemple la construction du usine XXL de méthanisation
et lithium c'est à dire que maintenant nous allons être confrontés au lithium après avoir été confrontés à la
méthanisation la méthanisation c'est la spoliation des terres agricoles qui nous garantira plus notre souveraineté alimentaire parce que si on
multiplie les les usines de méthanisation pour faire du gaz par exemple qui n'est pas tout à fait décarbonés ça c'est pas du du gaz
bio comme comme on entend on aura plus de place pour nous pour pour nous alimenter à cause de ces terres et si on rajoute du lithium
l'extraction du lithium qui sont des usines hyper grandes 15 hectares c'est quand même pas mal quel est votre question moi ce que je veux dire c'est
que qu'est-ce que vous pensez de tout ça parce que un moment donné on aura plus de terrain agricole et c'est la forêt amazonienne qui va tout prendre donc à
un moment donné il y a certaines politiques qui devraient être revues par rapport à ça aussi et ça ça doit être pris en compte aussi ok votre point de préoccupations par
rapport à l'utilisation des terres et par rapport à ce que vous percevez comme de nouvelles formes de développement industriel sur le territoire et d'un autre côté aujourd'hui notre
approvisionnement d'énergie qui dépend beaucoup d'importation de pétrole de gaz de produits fabriqués avec du charbon dans d'autres pays il a aussi un coup environnemental mais qui est pas toujours visible notamment par
l'exploitation des hydrocarbures par les émissions de gaz à effet de serre par les pollutions locales dans les lieux où ces produits et je crois la moitié à peu près du transport par bateau c'est du transport d'hydrocarbures mais qu'on ne
voit pas et donc la question de la transition écologique quelque part elle pose aussi la question de produire nous-mêmes de l'énergie et donc d'avoir aussi nous-mêmes plus les nuisances
liées à la production qui n'étaient pas nécessairement sur le territoire français avec les importations d'hydrocarbures donc sur la partie méthanisation moi je
voudrais juste faire référence aux analyses en cycle de vie qui ont été faites notamment par l'inrae qui montre un potentiel qui peut permettre dans certains cas une diversification de revenus pour des activités agricoles
mais à condition que il y a une réflexion vraiment sur l'utilisation durable de la biomasse les résidus mais pas faire aspirateur à de nouvelles formes de culture par exemple on va remplacer des cultures alimentaires par
des cultures pour l'énergie donc c'est plutôt la question de comment le penser de manière raisonnée soutenable à l'intérieur d'un territoire et le département où j'habite par exemple en
Essonne à monter un partenariat avec l'Université Paris Saclay avec un gros ParisTech et d'autres écoles pour essayer d'évaluer en fait le potentiel d'utilisation de biomasse de déchets et
autres donc vraiment dans une réflexion d'économie circulaire durable de sorte à avoir des politiques publiques qui intègrent ces contraintes
et puis sur sur le lithium après la question qui se pose c'est dans quelles conditions opère les mines les mines qui opèrent en Europe elle respectent des cahiers des charges plus strictes sur les normes sociales sur les normes
environnementales que des mines qui seront dans des pays avec une gouvernance beaucoup plus fragile donc à chaque fois il y a un mélange qui est pas du tout évident d'opportunités parfois économique en terme d'emploi de
poids environnemental personne n'a envie d'avoir un truc polluant dans son jardin en fait mais il y a aussi la question d'agir de manière responsable et de produire aussi une partie de ce qu'on consomme et pas simplement de l'emporter
donc il y a pas une réponse univoque en fait mais il y a peut-être des réflexions à mener sur les critères multiples qui peuvent rendre certains projets acceptables tenant compte des
risques et des actions qui sont mises pour les limiter donc c'est pas une réponse simple mais je pense que vous avez l'occasion de discuter de ces questions dans le territoire et ces espaces là ils sont importants en fait c'est peut-être ça le point le plus
important moi je suis là comme un regard un peu extérieur mais avoir des espaces pour échanger pour dialoguer pour croiser les perspectives et puis après un moment donné il y a des choix qui
doivent être offerts fait tenues et c'est vraiment l'importance d'avoir ces espaces de réflexion collective qui est important merci beaucoup [Applaudissements]
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