Les infortunes de la condition des femmes (XVIIe - XIXe siècles), par Patrice Geniffey
By Napoleonica® la chaîne, de la Fondation Napoléon
Summary
Topics Covered
- Le XVIIIe siècle : le siècle le plus féminin de l'histoire de France
- La Révolution a trahi les femmes en restaurant la liberté des anciens
- Olympe de Gouge : "Si la femme a le droit de monter sur l'échafaud, elle doit avoir également le droit de monter à la tribune"
- Le Directoire : un rayon de soleil entre la Terreur et le Consulat
- Napoléon et Joséphine incarnent la mutation entre ancien régime et révolution
Full Transcript
Bonjour à tous et même à toutes. Et pour
suivre les consignes qui m'ont été données, je vais m'efforcer de ne pas dépasser le temps qui m'est imparti.
Donc une fois n'est pas coutume, je vais lire mon texte parce que je sais qu'il rentre dans les limites euh du temps qui m'a été donné.
Vous avez le titre compliqué ici.
Victor Cousin est aujourd'hui tombé dans un oubli largement mérité.
Au temps du roi Louis-Philippe, on le considérait pourtant comme un philosophe de premier plan.
Alors, il tenait boutique à l'enseigne de l'éclectisme, mauvais brouet mais qui convenait à une époque lasse des grandes aventures.
Toutes les modes finissent heureusement par passer et c'est à peine si l'on se souvenait de Victor Cousin lorsque sous le second empire apparurent aux deventures des libraires des ouvrages
qui portaient son nom.
Le temps de l'éclectisme philosophique était loin et Cousin avait tourné son attention vers les grandes dames du 17e siècle.
Flaubert qui le détestait a raison de dire que le fond, je cite le fond du cœur de cet homme-là était froid et vide.
Inutile de dire que sous la plume de cousin, les vies passionnées de Jacqueline Pascal et de mademoiselle de Scudéri, les vies agitées de madame de Longeville, de madame de Hautefor, de la
duchesse de Chevreuse perdent de leur couleur. On s'y ennuit. Compté par
couleur. On s'y ennuit. Compté par
cousin, le 17e siècle ne fait absolument pas envie.
Si le but était d'étudier les passions du grand siècle, moment charnière pris entre l'anarchie des guerres de religion et l'endormissement de l'absolutisme
Louis XIV, s'était raté.
Ces biographies de femmes lancées dans les troubles civils les plus violents que la France est jamais connue en devenait presque un témoignage qui qui n'intéresse personne sur la passion un
peu sénile que Victor Cousin éprouvait pour les aventurières de jadis.
Il faut dire que s'il osaient évoquer les péripéties hautes en couleur de leur existence, ce n'était pas s'en prendre d'infinies précautions.
Pouvait-on évoquer en effet la turbulente du chaise de Chevreuse sans risquer d'offrir un déplorable modèle aux jeunes filles des années 1850 ?
Heureusement, disa-t-il, le temps des Chevreuses et des hautes Fort était loin. Je cite "Le foyer où s'allumaient
loin. Je cite "Le foyer où s'allumaient de pareilles passions est éteint. Il n'y
aura plus de madame de Chevreuse ni de madame de Longueville.
Le moule en est brisé pour toujours et les belles dames du faubourg Saint-Germain peuvent lire aujourd'hui sans danger le récit des orages de ses vies extraordinaires.
On préférera Alexandre Duma qui dit de la duchesse de Chevreuse qu'à 45 ans, je cite, elle était toujours la même folle créature qui avait jeté sur ses amours
un tel cachet d'originalité qu'elles en sont presque devenues une illustration pour sa famille.
Néanmoins, les biographies des femmes de femmes de Victor Cousin sont précieuses.
Elles témoignent, mais il est vrai que le théâtre de Corneille et de Racines offre de pareills exemples à fois d'un temps qui par la violence des passions à
l'œuvre et la liberté qui l'aurait consentie contraste avec ce qui a suivi.
On ne retrouvera par la suite en effet rien de comparable à la duchesse de Chevreuse.
Le siècle du grand condé et de monsieur le coadjuteur voit le crépuscule de cette liberté des anciens que Benjamin Constan devait plus tard théoriser en
lui opposant l'irrésistible avènement de la liberté des modernes, autrement dit le triomphe du commerce, des sentiments pacifiques et des affections privées.
Si l'on veut mesurer le chemin parcouru en ce qui concerne les femmes, en moins d'un siècle, la duchesse de Chevreuse s'est éteinte en 1679, il faut lire La femme au 18e siècle,
publiée en 1886 par ces deux vieux garçons malpropres que furent Edmond et Jules de Goncour.
En fait de femme, il connaissait surtout les prostituées qu'il partageait fraternellement et leur bonne rose malingre dont ils découvrirent après sa mort que non seulement elle les avait
volé avec application des années durant mais qu'elle s'étaient vendues à tout le quartier.
Il leur fallait bien remonter aux belles à perruque du siècle de Louis XV pour concevoir une idée des femmes qui les changea de celle avec qui ils aimaient se vautrer.
À suivre les gonours, ce ne sont pas les femmes qui comparées à leur devancière du temps de la fronde sont devenues moins fortes, mais les hommes qui sont devenus plus faibles. De vrais
chiffmoles.
L'empire secret de Madame de Maintenon sur un roi soleil déclinant annonce le pouvoir supposé de maîtresse ambitieuses ou de reines frivoles sur des monarques faibles.
Madame de Pompadour et Marie- Anoinette dominent le siècle et donnent le là comme si du haut en bas de la société, la jante masculine, faute de grandes
aventures collectives, avait abdiqué.
Je cite les concours. L'âme de ce temps, le point d'où tout rayonne, l'image sur laquelle tout se modèle, c'est la femme.
La femme est le principe qui gouverne, la raison qui dirige, la voix qui commande. Elle est la cause universelle
commande. Elle est la cause universelle et fatale.
Rien ne lui échappe et elle tient tout.
Le roi et la France, la volonté du souverain et l'autorité de l'opinion.
Les Goncours bien sûr exagèrent.
Cependant, frondeur et frondeuse du siècle précédent ayant été transformé en courtisans, les femmes jouèrent au siècle suivant, il est vrai, un rôle
plus pacifique, tout en exerçant un magistère d'autant plus impérieux que le temps des rêtres était passé et que venait le temps des petits
maîtres poudrés. tenu à l'écart des
maîtres poudrés. tenu à l'écart des affaires publiques, ceux-ci s'adonnait comme les femmes à la figuration sociale, à la cour comme à la ville. Le 18e
siècle fut certainement le siècle le plus féminin de l'histoire de France.
C'est à cette époque d'ailleurs que l'on voit le mieux combien la différence des sexes a longtemps été peu marquée en France.
Sans doute la situation changeait du tout au tout entre le sommet et la base de l'échelle sociale.
L'égalité même relative vaut certainement pour le petit monde des courtisans qui sera si bien rendu dans le film ridicule où l'univers guère plus étendu des salons mais pas vraiment
au-delà.
Il suffit d'ailleurs de lire la vie de mon père de rétifretne pour mesurer combien la société de la fin de l'ancien régime demeurait patriarcale.
L'autorité du patère familial s'y était quasi absolue, celui-ci régnant en seigneur tout-puissant sur femme, progéniture et valtail.
Ici, comme dans beaucoup d'autres domaines, la révolution ne fera que passer par-dessus ce monde rural où vivaient plus des 8 dièes des Français.
Pourtant, les étrangers étaient toujours fort surpris de l'espèce de familiarité qui régnait en France entre les hommes et les femmes. C'était très différent chez eux.
Monaouf a dit que c'était l'un des bienfaits paradoxaux d'une différenciation sociale plus forte qu'ailleurs.
Les mémoires de Saint-Simon en témoignent. On a du mal à se retrouver
témoignent. On a du mal à se retrouver dans ces infinies nuances qui déterminaient la position de chacun.
Comparé à la France, les autres sociétés européennes paraissaient simples.
La France, c'était la patrie des différences et des inégalités.
si nombreuse et si subtile que la différence entre les sexes n'y apparaissait que comme une différence parmi d'autres, une différence de plus
et pas la plus importante si l'on songe aux inégalités d'état ou de conditions.
La monopolisation de l'action politique par le roi et la cascade du mépris caractéristique de la société française au siècle des Lumières n'explique pas
tout. Une véritable révolution s'était
tout. Une véritable révolution s'était produite dans les esprits.
Contradictoire à bien des égards avec les tendances que je viens d'évoquer.
On pariait dans l'ordre social sur les bienfaits du commerce, aussi bien celui des biens que celui des idées. Qui,
assurait-on, ferait tomber les barrières qui séparaient les hommes comme les peuples et les dressaient les uns contre les autres.
La paix perpétuelle semblait au bout du chemin et grâce à elle l'avènement désiré d'un monde plus harmonieux. Bon
ça ça serait pas arrivé au 18e siècle.
Donc la paix perpétuelle semblait au bout du chemin et grâce à elle, l'avènement désiré d'un monde plus harmonieux, plus vertueux ne relevait plus tout à fait de l'utopie
où vertus guerrière succéderaient les vertus domestiques et privées centrées sur l'amour, la famille et l'éducation des enfants.
La jeune madame Manon Roland dont il vient d'être question avant d'être emportée par le tourbillon révolutionnaire rêvera elle aussi d'une petite vie entre soin du ménage et soin des enfants qui
n'en deviendrait pas moins sa grande œuvre. Rousseau était passé par là.
œuvre. Rousseau était passé par là.
Société industrieuse vouée au petit bonheur de la vie privée.
Les parents Lisaient Émile, les jeunes femmes la nouvelle Elloïse et le jeune Bonaparte versait des larmes à la lecture de la mort de la très pudique Virginie qui préféra se noyer plutôt que
de se dévêtir pour nager plus facilement.
En ce temps-là, les larmes avaient le goût du bonheur.
Le vieil héroïsme à la condée imité des anciens avait du plomb dans l'aile et tout autant les Amazones du grand siècle.
L'époque cultivait l'idée d'utilité sociale et certainement Parmier l'emportait sur Condé et la mère de famille sur la duchesse de Chevreuse.
Lorsque l'auteur de Paul et Virginie, Bernardin de Saint-Pierre, dessina le plan d'un Élysée conforme aux valeurs nouvelles, il plaça le cercle des mères tout près du centre dédié à cet
anti-héros que serait le citoyen vertueux que personne ne connaît.
S'il eut un moment où l'on put croire que la femme serait l'avenir de l'homme, c'est bien celui-là. Le futur semblait décidément à la civilisation.
Soudain, sans crier gare ou presque, l'orage éclata.
Les femmes en furent significativement les premières victimes. Si elles
n'avaient jamais pleinement possédé le pouvoir que leur prêtent les concours, elles avaient du moins contribué plus que tout au reflux relatif de la
violence dans cette société des lumières que la monarchie absolue avait progressivement désarmée.
Les hommes de 89, en relevant la figure héroïque du citoyen soldat dévoué au service de la cité et de la patrie, suivent une voix contraire à celle
qu'avait emprunté le siècle des lumières.
Les femmes vont y perdre leur couronne.
Plus que jamais, l'espace privé et domestique sera leur royaume.
D'institutrices, civilité et d'arbitre des élégances, les voici assigné au rôle de maire des
Gracs. La révolution les invisibilise.
Gracs. La révolution les invisibilise.
On a brutalement changé de siècle et de la liberté des modernes promises, on est brutalement revenu à la liberté des anciens que l'on disait appartenir à un
passé révolu.
La scène se remplit d'hommes et plus exactement de frères qui 5 années durant vont s'entretuer avec un acharnement proprement effarant.
Liberté égalité fraternité.
Autant les deux premiers termes ne posent pas de vraies difficultés d'interprétation, autant le dernier fraternité a toujours paru énigmatique.
C'est la révolution de 1848 qui lui donnera le sens que l'on connaît.
Mais dans le contexte de 89, le psychanalyste Jacques André en publiant en 1993 la révolution fratricide a donné l'un des livres les
plus intéressants que l'on n jamais écrit sur la décennie révolutionnaire.
L'idée de fraternité renvoie à un mot d'ordre et un seul : sois mon frère ou je te tue.
La fraternité obligatoire, la fraternité commandant l'unanimité parfaite. La
fraternité condamnant toute forme de dissidence comme toute forme de différence.
La fraternité sanctionnée par la mort, la fraternité sans la médiation du roi-père déchu, la fraternité sans sœur surtout ne pouvait aboutir qu'au massacre
généralisé.
En chassant de l'espace public les femmes si présentes dans l'imaginaire social du 18e siècle, la Révolution française a entraîné une régression radicale,
peut-être sans exemple dans l'histoire, en tout cas dans l'histoire de la France.
Les figures féminines, object-on, ne manquent pourtant pas dans la révolution. Les femmes meurent comme les
révolution. Les femmes meurent comme les hommes sur les chafaux en Vendé ailleurs. Auam de Gouge en tirera
ailleurs. Auam de Gouge en tirera prétexte pour réclamer l'égalité politique en déclarant "Si la femme a le droit de monter sur
l'échafaud, elle doit avoir également le droit de monter à la tribune."
Il était bien normal, il était logique que la contestation des inégalités dans tous les domaines favorise le développement d'un mouvement favorable aux droits des femmes.
Les poissardes des journées d'octobre 89 demandaient plutôt du pain que des droits. Les téroignes de Micour, Olmam
droits. Les téroignes de Micour, Olmam de Gouge, Claire Lacombe, Pauline Léon et beaucoup d'autres se jetteront à corps perdu dans la révolution,
espérant d'elle un changement de condition et ignorant qu'elles finiront les unes sur les chafaux, les autres internées comme folles à la salle pétrière.
Les Jacobins ne veulent connaître les femmes que sous les traits de Corné. Et
certainement, ils applaudissaient au propos d'une Marie Martin déclarant en 1790 à la tribune du club des dames citoyennes. Je cite "Heureuses sont les
citoyennes. Je cite "Heureuses sont les femmes qui, donnant des enfants à la patrie et serrant dans leurs bras ces tendres fruits d'un amour conjugal
feront sucer avec le lait ses grands principes d'égalité, cet amour ardent pour la patrie, pour la liberté et cet attachement inviolable à la Constitution."
Constitution." Maternité. Oui. Éducation oui politique
Maternité. Oui. Éducation oui politique non. La femme homme qui se mêle de
non. La femme homme qui se mêle de politique n'est guerre populaire. La
foule fouettera téroigne et Manon Roland montera les chafaux sous les colibis. Un
siècle plus tard, les historiens de la révolution, imitant les Jacobins, détestent encore les gériondins.
Pleine d'esprit et valant mille fois mieux que ceux qui l'assassinèrent, elle avait dit drôlement. Le ciel a voulu que les tyrans fussent cruels, les maris jaloux, les femmes légères et moi prêcheuses.
Et que dire de madame de Stal que Napoléon persécutera avec une constance qui rappelle le robespieriste qu'il avait été.
On conviendra toutefois que l'empereur avait quelques raisons de se méfier.
À Copè, elle perpétuait ce 18e siècle gracieux et un peu efféminé dont le jacobinisme avait l'horreur, entouré de garnement qui s'ébattait en piaillant
dès que Minette, comme il l'appelait, tournait le dos. À Paris, elle avait ressuscité dans les premières années de la révolution le type de la frondeuse.
La duchesse de Longeville avait trouvé une héritière.
Germaine avait trempé dans toutes les intrigues pour pousser au pouvoir son amant du moment, le compte de Narbon.
et œuvrer ainsi à la ruine de la monarchie.
Mais saletant pour les femmes si l'on peut dire, le meurtre barbare de la princesse de l'ambal et le traitement réservé à la reine en détention comme devant ses juges en disent plus long que
n'importe quel discours sur les relations entre la révolution et les femmes.
Une femme pourtant devait les devait venger ses conceurs et en une fois Charlotte Cordet qui eu le courage de poignarder la bête dans son bain
ressuscitant ainsi la noble tradition du tyranicide.
Madame Roland apprenant en prison la mort de Mara s'écria que le couteau de Charlotte méritait l'admiration de l'univers.
La République n'a pas toujours bon goût.
Elle a préféré mettre au pantthéon Condorsa plutôt que Charlotte Cordet.
C'est ainsi.
La nuit finira, disait le titre d'un livre d'Henry Freet sur des héros d'un temps plus proche du autre.
Le jour finit par se levèr en effet le 10 termidor en deux lorsque le couprès trancha la tête de Robespèpierre et celle de ses partisans. Il était temps
de revivre. Un Michelet dépité notera
de revivre. Un Michelet dépité notera que quelques jours plus tard, les voitures de maître avaient réapparu à l'entrée des théâtres.
Bonaparte lui écrit : "On ne se souvient de la terreur que comme d'un rêve.
On dirait que chacun a s'indemniser du temps qu'il a souffert et que l'incertitude de l'avenir porte à ne rien épargner au plaisir du présent."
C'est la vérité. On dénombrera bientôt 644 balles rien qu'à Paris, ville qui dépasse alors à peine le million d'habitants.
Bonaparte qui n'avait jusqu'alors vu la capitale que fugitivement.
avait l'air d'un provincial, c'est certain. Et il faut l'imaginer lorsqu'il
certain. Et il faut l'imaginer lorsqu'il écrit à son frère à l'été 95, ce grand peuple s'adonne au plaisir danser, aller au spectacle, faire des parties à la
campagne et faire la cour aux femmes qui sont ici les plus belles du monde est la grande occupation. Le luxe, l'aisance,
grande occupation. Le luxe, l'aisance, le théâtre, tout a repris.
La fêteorienne commençait de battre son plein. Ce n'était pas la fête pour tout
plein. Ce n'était pas la fête pour tout le monde. On n' jamais eu aussi froid
le monde. On n' jamais eu aussi froid que sous le directoire et jamais on a enregistré autant de suicide. Pourtant,
c'était le retour à la vie. On jetait le tuto avec les frusques du sangulotisme et chaque soir, on courait les théâtres pour rire des bourreaux dont on avait eu si peur.
La société française avait un drôle d'air à ce moment.
C'est aux années termidoriennes que les Goncours ont consacré leur meilleur livre intitulé Histoire de la société française sous le directoire.
C'est un fouilli inextricable d'anecdotes tirées des correspondances et des journaux, mais qui rend bien compte du chaos qui régnait après la fin de la terreur dans un pays guéri pour un
moment des grands principes et qui ne songeait qu'à vivre et quand il le pouvait à s'amuser.
C'était en fait une société qui entreprenait de se reconstruire.
Elle avait tout à réapprendre. Point
d'état. Les nouvelles institutions à peine mises en place agonisaient.
L'administration avait pour ainsi dire disparu. Le personnel dirigeant était
disparu. Le personnel dirigeant était discrédité par sa participation à la terreur et personne ou presque ne voulait du retour du roi.
Et sans doute ce vide politique générateur, il est vrai, d'une criminalité galopante qui explique la vitalité d'une société livré à elle-même et le retour des femmes sur le devant de
la scène.
Entre la terreur qui les guillotinait et le consulat qui les renverra à la cuisine, la période du directoire est pour elle comme un rayon de soleil. Mais
il faut dire que les hommes n'ont pas fier allure. Ce sont des rescapés aussi
fier allure. Ce sont des rescapés aussi corrompus qu'on peut l'être. C'est la le révolution qui s'en est sortie vivante.
Baras n'est le roi du directoire que parce que les autres sont encore moins présentable que lui. Il fait l'intérim entre Robespierre et Bonaparte.
En revanche, le directoire a des reennes autour desquelles gravitent politiciens infinis, parvenus enrichi, banquiers verreux, généraux heureux, débris de
l'ancien régime, sans compter quelques hommes de l'être.
Ces reenes s'appellent Thérèse Atalien dont le compositeur Auber un mot que j'aime beaucoup disait que lorsqu'elle entrait dans un salon, elle faisait le jour pour elle et la nuit pour tous les
autres.
Fortuné Hamelin, Joséphine de Boirnet, Juliette Récamier, Julie Talma. Et c'est
autour d'elle que la société française renaît sans pour autant redevenir ce qu'elle était avant la révolution.
Tout était à l'envers et les concours toujours grincheux décrivent un monde carnavalesque dans lequel les laquets auraient pris la place des maîtres. Ce
n'est pas faux. Les anciens maîtres ont été décapités.
Les deux frères se délectent de tout ce qui marque l'abaissement général des mœurs. Ils font leur miel des
mœurs. Ils font leur miel des tromperies, des coucheries, des divorces, des scandales d'argent et il ne rate pas l'épouse du général Lefèvre qui, entrant dans un salon s'exclame en
montrant les meubles. Ça a dû coûter gros. On se croirait avec Gervez et
gros. On se croirait avec Gervez et Coupeau visitant le musée du Louvre dans la Saumoire.
N'en déplaise à ces deux affreux bons hommes, les Laquets ne réussissent pas trop mal leur apprentissage. Tous les
témoignages nous parlent du luxe et de l'élégance, celle aussi bien de la mode que des manières, qui caractérisaiit ce monde entièrement nouveau, qui s'efforçait de rivaliser avec le monde
qui avait disparu.
et loin d'imiter les grandeurs de l'ancien régime. Les héritiers de la
l'ancien régime. Les héritiers de la révolution inventé nouvelle faite de ce mélange singulier de culture aristocratique et d'esprit démocratique
qui fera l'originalité et la grandeur du 19e siècle.
La parenthèse des années 95 à 99 se referme sous le consulat.
La liberté régnant du temps des incroyables et des merveilleuses ne plaisit pas trop au nouveau maîtres. Il
s'empressera de discipliner la société nouvelle imposant aux femmes plus de discrétions vestimentaires et recourant au service de revenant de l'ancien régime madame de Jeanliss et Madame de
Montesson notamment pour rétablir une étiquette. Le directoire avait été
étiquette. Le directoire avait été libre. L'empire sera guindé.
libre. L'empire sera guindé.
Pour autant, la continuité l'emporte sur la rupture.
L'épopée impériale prolonge à sa manière la révolution. Les passions guerrières
la révolution. Les passions guerrières occupant l'espace déserté par les passions politiques de l'an des unes aux autres, c'est le même regain de la liberté des anciens.
Mais d'un autre côté, il n'est pas indifférent que l'histoire de Napoléon soit indissociable de celle du couple qu'il forme avec Joséphine. Napoléon est véritablement né
Joséphine. Napoléon est véritablement né en 1796 lorsqu'il la rencontre. Il forme
certainement, en tout cas au début le couple le plus dépareillé et le plus désaccordé qu'on puisse imaginer.
Mais en eux se marie les grandes tendances du temps. Elle appartient au monde aristocratique qui s'en va. lui au
monde démocratique qui vient. Elle est
du 18e siècle, lui est déjà du 19e siècle. Si lui représente, comme
siècle. Si lui représente, comme disanique la dernière flèche tirée vers le passé, elle incarne à la perfection les idées et les valeurs qui avaient été
celles du siècle des lumières. Et à eux d'eux, ils incarnent la grande mutation de la société française entre ancien régime et révolution, entre liberté des
ancien et liberté des modernes. Je vous
remercie.
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